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Les systèmes hypothétiques complexes (si + imparfait du subjonctif / conditionnel)
L'irréel et le potentiel en espagnol : maîtriser les phrases conditionnelles de type 2 et 3 (programme de Tle LVB)
À propos de cette page
Rappel express, puis le système mixte
Une phrase hypothétique associe une prótasis (la condition, en si) et une apódosis (la conséquence). Les trois systèmes de base, vus en première, sont rappelés ci-dessous ; le chapitre porte sur ce qui vient ensuite.
| Valeur | Prótasis (si…) | Apódosis | Exemple |
|---|---|---|---|
| Réel | présent de l'indicatif | présent ou futur | Si tengo tiempo, te llamo. (Si j'ai le temps, je t'appelle.) |
| Potentiel / irréel du présent | imperfecto de subjuntivo (-ra ou -se) | condicional simple | Si tuviera tiempo, te llamaría. (Si j'avais le temps, je t'appellerais.) |
| Irréel du passé | pluscuamperfecto de subjuntivo | condicional compuesto | Si hubiera tenido tiempo, te habría llamado. (Si j'avais eu le temps, je t'aurais appelé.) |
Rien n'oblige la condition et la conséquence à se situer à la même époque. Quand les deux dates diffèrent, on combine librement les formes : c'est le système mixte, très fréquent à l'écrit comme à l'oral.
Condition passée → conséquence présente :
Si hubiera estudiado medicina, ahora sería médico. (Si j'avais fait médecine, je serais médecin aujourd'hui.)
Si no hubiéramos perdido el tren, ya estaríamos en Sevilla. (Si nous n'avions pas raté le train, nous serions déjà à Séville.)
Condition permanente → conséquence passée :
Si fuera más prudente, no habría tenido ese accidente. (S'il était plus prudent, il n'aurait pas eu cet accident.)
Si supiera conducir, habría venido en coche. (S'il savait conduire, il serait venu en voiture.)
Les repères de temps font le tri : ahora, hoy, todavía, ya tirent l'apodose vers le condicional simple ; ayer, entonces, aquel día la tirent vers le condicional compuesto.
De + infinitif et de haber + participe
L'espagnol remplace très souvent la proposition en si par une construction à l'infinitif, plus brève et plus soutenue : de + infinitif pour une condition actuelle ou future, de haber + participe pour une condition passée non réalisée.
De ser cierto, lo cambiaría todo. (Si c'était vrai, cela changerait tout.) = Si fuera cierto…
De haber sabido la verdad, no habría firmado. (Si j'avais su la vérité, je n'aurais pas signé.) = Si hubiera sabido la verdad…
De no ser por ti, no lo habríamos conseguido. (Sans toi, nous n'y serions pas arrivés.)
Les pronoms compléments se collent à l'infinitif : De haberlo sabido…, De habérmelo dicho antes… (Si tu me l'avais dit plus tôt…). Le sujet, quand il est exprimé, se place après l'infinitif : De haberlo sabido yo…. La tournure a no ser por est synonyme de de no ser por : A no ser por su ayuda, aún estaríamos allí. (Sans son aide, nous serions encore là-bas.)
Cette construction n'est possible que si le sujet reste clair. Dès que la phrase change de sujet en cours de route, on revient à si + subjonctif, plus explicite.
Como si et ni que : la comparaison hypothétique
Como si (comme si) et ni que (on dirait que, non mais !, avec une nuance d'ironie) introduisent une comparaison irréelle. Ils sont toujours suivis du subjonctif, et de deux temps seulement : l'imperfecto de subjuntivo pour un fait simultané, le pluscuamperfecto de subjuntivo pour un fait antérieur.
Habla como si fuera el jefe. (Il parle comme s'il était le chef.)
Me miró como si no me hubiera reconocido. (Il m'a regardé comme s'il ne m'avait pas reconnu.)
Gasta el dinero como si le sobrara. (Il dépense l'argent comme s'il en avait de trop ; sobrar = être en excédent.)
¡Ni que fuéramos millonarios! (On dirait que nous sommes millionnaires !)
Jamais como si es, como si sea ni como si será : même lorsque la principale est au présent, como si exige fuera / fuese ou hubiera / hubiese sido.
Mêmes règles avec igual que si (tout comme si) et lo mismo que si (exactement comme si) : Me trató igual que si no nos conociéramos. (Il m'a traité tout comme si nous ne nous connaissions pas.)
Por si, en caso de que, a no ser que : les autres portes de l'hypothèse
Au-delà de si, l'espagnol dispose d'une série de connecteurs qui imposent chacun leur mode. Le tableau ci-dessous donne le sens, le mode obligatoire et un exemple type.
| Connecteur | Sens | Mode | Exemple |
|---|---|---|---|
| por si (acaso) | au cas où, des fois que | indicatif, ou imperfecto de subjuntivo si l'éventualité est lointaine | Llévate el paraguas por si llueve. (Prends le parapluie au cas où il pleuvrait.) |
| en caso de que | au cas où, si jamais | subjonctif obligatoire | En caso de que no llegue a tiempo, empezad sin mí. (Au cas où je n'arriverais pas à temps, commencez sans moi.) |
| a no ser que, a menos que, salvo que | à moins que | subjonctif obligatoire | No iré a no ser que vengas tú también. (Je n'irai pas à moins que tu ne viennes aussi.) |
| siempre que, con tal de que, mientras | à condition que, pourvu que | subjonctif obligatoire | Te lo presto siempre que me lo devuelvas mañana. (Je te le prête à condition que tu me le rendes demain.) |
Deux connecteurs changent de sens selon le mode : siempre que + indicatif signifie « chaque fois que » (Siempre que viene, trae un regalo.) et mientras + indicatif signifie « pendant que » (Mientras cocinaba, escuchaba la radio.). Avec le subjonctif, les deux deviennent conditionnels.
Deux calques du français à bannir : en el caso que (on dit en caso de que) et por si llueva (on dit por si llueve ou por si lloviera : jamais de présent du subjonctif après por si). Devant un infinitif, on emploie en caso de : En caso de duda, pregunta.
Aunque : concession réelle ou hypothèse
Aunque se traduit par bien que ou par même si selon le mode qui le suit. L'indicatif présente le fait comme réel et comme une information nouvelle pour l'interlocuteur. Le subjonctif présente le fait comme une hypothèse, ou comme une information déjà connue que l'on minimise.
| Forme | Valeur | Traduction |
|---|---|---|
| Aunque llueve, salimos. | fait réel, information nouvelle | Bien qu'il pleuve, nous sortons. |
| Aunque llueva, saldremos. | hypothèse sur l'avenir, ou fait déjà connu et minimisé | Même s'il pleut, nous sortirons. |
| Aunque lloviera, saldríamos. | hypothèse peu probable, sur le présent | Même s'il pleuvait, nous sortirions. |
| Aunque hubiera llovido, habríamos salido. | hypothèse écartée, sur le passé | Même s'il avait plu, nous serions sortis. |
Aunque me lo juraras, no te creería. (Même si tu me le jurais, je ne te croirais pas.)
Aunque tuviera todo el dinero del mundo, seguiría viviendo en este barrio. (Même s'il avait tout l'argent du monde, il continuerait à vivre dans ce quartier.)
Même logique avec a pesar de que, por mucho que, por más que et por muy + adjectif + que : Por mucho que insistas, no cambiaré de opinión. (Tu auras beau insister, je ne changerai pas d'avis.) Por muy caro que sea, lo compraré. (Si cher que ce soit, je l'achèterai.)
Les hypothèses enchâssées dans un récit
Dans un récit au passé ou au style indirect, l'hypothèse se décale d'un cran : le présent devient imparfait, le futur devient condicional. En revanche, les formes de subjonctif du système irréel ne bougent pas, puisqu'elles sont déjà des formes de passé.
«Si puedo, iré a verte», me prometió. → Me prometió que, si podía, iría a verme. (Il m'a promis que, s'il pouvait, il viendrait me voir.)
«Si tuviera dinero, viajaría», repetía siempre. → Repetía siempre que, si tuviera dinero, viajaría.
El testigo declaró que, de haber visto algo, lo habría contado. (Le témoin a déclaré que, s'il avait vu quelque chose, il l'aurait raconté.)
Dans une narration, les hypothèses s'emboîtent souvent les unes dans les autres : Pensó que, si se hubiera quedado en el pueblo, ahora no estaría solo, aunque tampoco habría conocido a Marta. (Il pensa que, s'il était resté au village, il ne serait pas seul aujourd'hui, mais qu'il n'aurait pas non plus rencontré Marta.) Méthode : repère d'abord chaque couple condition / conséquence, puis date chacun des deux membres avant de traduire.
Attention à si non hypothétique, celui de l'interrogation indirecte : il accepte l'indicatif et même le futur. No sé si vendrá mañana. (Je ne sais pas s'il viendra demain.) Ce si-là n'a aucune contrainte de mode.
Pièges à éviter
1. Jamais de conditionnel après si. On écrit Si tuviera dinero, viajaría, jamais si tendría dinero. Le français parlé tolère « si j'aurais » : l'espagnol, non, et l'erreur est sanctionnée au bac.
2. Jamais de présent du subjonctif après si. Si tenga, si venga n'existent pas. Après si, on a soit l'indicatif (système réel), soit l'imperfecto ou le pluscuamperfecto de subjuntivo.
3. -ra et -se ne sont pas toujours interchangeables. Dans la prótasis, les deux se valent : si tuviera = si tuviese. Dans l'apódosis d'un irréel du passé, hubiera cantado peut remplacer habría cantado, mais hubiese cantado y est évité en langue soignée.
Réflexe de relecture : souligne chaque si, como si, aunque, por si et en caso de que, puis vérifie le mode juste après. En deux minutes, tu récupères l'essentiel des points de langue du devoir.
- Système mixte : la condition et la conséquence peuvent être à deux époques différentes — Si hubiera estudiado, ahora sería médico.
- De + infinitif et de haber + participe remplacent si en langue soutenue — De haberlo sabido, no habría venido.
- Como si et ni que : toujours imperfecto ou pluscuamperfecto de subjuntivo, jamais de présent.
- En caso de que, a no ser que, siempre que, con tal de que : subjonctif obligatoire ; por si : indicatif ou imperfecto de subjuntivo.
- Aunque + indicatif = fait réel présenté comme nouveau ; + subjonctif = hypothèse ou fait minimisé.
- Après si hypothétique : ni conditionnel, ni présent du subjonctif.
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