06 29 33 79 32 Je réserve ici
Terminale

Ressources · Terminale ·

L'évolution humaine

Place d'Homo sapiens parmi les primates, ancêtres communs, lignée humaine (fossiles, bipédie, cerveau), Néandertal et Denisova, apports de la paléogénomique (programme d'enseignement scientifique de Terminale)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « L'évolution humaine » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, Homo sapiens, un primate parmi d'autres, Dater l'ancêtre commun : l'horloge moléculaire, La lignée humaine : fossiles, bipédie, cerveau. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Des caractères emboîtés

Facile

On observe les caractères suivants chez différentes espèces : (1) poils et glandes mammaires ; (2) pouce opposable aux autres doigts ; (3) ongles plats à l'extrémité des doigts ; (4) absence de queue ; (5) bipédie permanente ; (6) orbites orientées vers l'avant.

  1. a) Indiquer les caractères partagés par tous les primates.
  2. b) Parmi les caractères restants, lequel est partagé par l'Homme et les grands singes, mais pas par les autres primates ?
  3. c) Lequel est propre à l'espèce humaine parmi les espèces actuelles ?
  4. d) Expliquer pourquoi le caractère (1) ne permet pas d'affirmer que l'Homme est plus proche du chimpanzé que de la souris.

a) Tous les primates possèdent une main à pouce opposable (2), des ongles plats (3) et des orbites orientées vers l'avant (6), qui donnent une vision binoculaire. Caractères des primates : (2), (3) et (6).

b) L'absence de queue se retrouve chez l'Homme, les gibbons, les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés et les bonobos, mais pas chez les macaques ni les lémuriens. Il s'agit du caractère (4), qui définit les hominoïdes.

c) Les grands singes actuels ne marchent debout qu'occasionnellement ; seule l'espèce humaine se déplace en permanence sur ses deux membres inférieurs. Le caractère (5) est propre à l'espèce humaine parmi les espèces actuelles.

d) Les poils et les glandes mammaires sont présents chez tous les mammifères : l'Homme, le chimpanzé et la souris les possèdent tous les trois. Un caractère partagé par l'ensemble d'un groupe ne permet pas de distinguer des parentés à l'intérieur de ce groupe. Seul un caractère dérivé partagé par un sous-groupe (par exemple le pouce opposable ou l'absence de queue, absents chez la souris) rapproche l'Homme du chimpanzé plutôt que de la souris.

Exercice 2 — Lire un arbre des primates

Facile

Un arbre de parenté peut s'écrire avec des parenthèses emboîtées : chaque paire de parenthèses regroupe des espèces qui sont seules à partager un même ancêtre commun. Arbre étudié : (Macaque, (Gibbon, (Orang-outan, (Gorille, (Homme, (Chimpanzé, Bonobo)))))).

  1. a) Quelles sont les espèces actuelles les plus proches parentes de l'Homme ? Justifier.
  2. b) Le chimpanzé est-il plus proche parent du gorille ou de l'Homme ? Justifier.
  3. c) Quelle espèce de cet arbre n'est pas un hominoïde ? Justifier par un caractère.
  4. d) Un camarade affirme : « D'après cet arbre, l'Homme descend du chimpanzé. » Expliquer l'erreur.

a) La plus petite parenthèse qui contient l'Homme est (Homme, (Chimpanzé, Bonobo)) : l'Homme partage avec le chimpanzé et le bonobo un ancêtre commun qu'aucune autre espèce de l'arbre ne partage. Les plus proches parents actuels de l'Homme sont le chimpanzé et le bonobo, à égalité.

b) Le chimpanzé et l'Homme sont réunis dans la parenthèse (Homme, (Chimpanzé, Bonobo)), qui exclut le gorille : leur ancêtre commun est plus récent que celui qu'ils partagent avec le gorille. Le chimpanzé est plus proche parent de l'Homme que du gorille.

c) Le macaque est le seul à se brancher en dehors du groupe (Gibbon, …, Bonobo). Il possède une queue, alors que tous les hominoïdes en sont dépourvus. Le macaque n'est pas un hominoïde.

d) Dans un arbre, les espèces actuelles sont toutes à l'extrémité des branches : aucune n'est l'ancêtre d'une autre. L'Homme et le chimpanzé descendent d'un ancêtre commun, et chacune des deux lignées a évolué pendant la même durée depuis la séparation. L'Homme ne descend pas du chimpanzé : ils sont cousins, issus d'un ancêtre commun qui n'était ni un Homme ni un chimpanzé.

Exercice 3 — Une journée pour 7 millions d'années

Facile

EspècePériode d'existence (fossiles)
Homo erectusde 1,9 Ma à 0,1 Ma
Homo neanderthalensisde 400 000 ans à 40 000 ans
Sahelanthropus tchadensisvers 7 Ma
Homo sapiensde 300 000 ans à aujourd'hui
Australopithecus afarensis (Lucy : 3,2 Ma)de 3,9 Ma à 2,9 Ma
On ramène les 7 derniers millions d'années à une journée de 24 h : il y a 7 Ma correspond à 0 h, aujourd'hui correspond à minuit (24 h). Les heures sont arrondies à la minute.

  1. a) Ranger ces espèces de la plus ancienne à la plus récente, d'après leur apparition.
  2. b) À quelle heure de cette journée vit Lucy ? À quelle heure apparaît Homo sapiens ?
  3. c) Pendant combien de temps, au maximum, Néandertal et Homo sapiens ont-ils coexisté sur Terre ?
  4. d) Expliquer pourquoi la « marche du progrès », file d'espèces qui se remplacent l'une l'autre, est une représentation fausse.

a) En comparant les dates d'apparition : 7 Ma, 3,9 Ma, 1,9 Ma, 400 000 ans, 300 000 ans. Sahelanthropus tchadensis, Australopithecus afarensis, Homo erectus, Homo neanderthalensis, Homo sapiens.

b) 24 h représentent 7 Ma. Lucy vit il y a 3,2 Ma, soit 7 − 3,2 = 3,8 Ma après le début de la journée : 24 × 3,8 ÷ 7 ≈ 13,029 h, et 0,029 h × 60 ≈ 1,7 min. Lucy vit vers 13 h 02. Homo sapiens apparaît 7 − 0,3 = 6,7 Ma après le début : 24 × 6,7 ÷ 7 ≈ 22,971 h, et 0,971 h × 60 ≈ 58,3 min. Homo sapiens apparaît vers 22 h 58, à peine une heure avant minuit.

c) Sapiens existe depuis 300 000 ans et Néandertal disparaît il y a 40 000 ans : les deux espèces vivent en même temps sur Terre de −300 000 à −40 000 ans, soit 300 000 − 40 000 = 260 000 ans. Coexistence maximale : 260 000 ans (sur des continents en partie différents : en Europe, la coexistence n'a duré que quelques milliers d'années).

d) Les périodes d'existence se chevauchent : Homo erectus vit encore quand Néandertal et sapiens sont présents, et Néandertal coexiste avec sapiens. Les espèces ne se remplacent donc pas une à une : plusieurs rameaux coexistent, la plupart s'éteignent sans descendance. L'histoire de la lignée humaine est buissonnante, pas linéaire.

Exercice 4 — Construire un arbre à partir d'une matrice

Moyen

On compare un fragment d'ADN de 1 000 nucléotides chez quatre hominoïdes. Le tableau donne le nombre de nucléotides différents entre deux espèces.

HommeChimpanzéGorilleOrang-outan
Homme0131834
Chimpanzé01733
Gorille035

  1. a) Exprimer chaque différence en pourcentage du fragment.
  2. b) Construire l'arbre de parenté des quatre espèces en détaillant chaque étape.
  3. c) Montrer que l'Homme, le chimpanzé et le gorille sont à des distances voisines de l'orang-outan, puis expliquer pourquoi ce résultat est attendu.
  4. d) Un élève remarque que le gorille est plus proche du chimpanzé (17) que de l'Homme (18) et en conclut que gorille et chimpanzé forment un groupe. Expliquer son erreur.

a) Pourcentage = nombre de différences ÷ 1 000 × 100. Homme–chimpanzé 1,3 % ; Homme–gorille 1,8 % ; chimpanzé–gorille 1,7 % ; Homme–orang-outan 3,4 % ; chimpanzé–orang-outan 3,3 % ; gorille–orang-outan 3,5 %.

b) Étape 1 : la plus petite distance est 13 (Homme–chimpanzé) : on forme le groupe (Homme, Chimpanzé), dont les membres partagent l'ancêtre commun le plus récent.
Étape 2 : distance du groupe au gorille : (18 + 17) ÷ 2 = 17,5 ; à l'orang-outan : (34 + 33) ÷ 2 = 33,5 ; distance gorille–orang-outan : 35. La plus petite est 17,5 : le gorille rejoint le groupe.
Étape 3 : il reste l'orang-outan, qui se branche en dernier, à une distance moyenne de (34 + 33 + 35) ÷ 3 = 34.
Arbre : (Orang-outan, (Gorille, (Homme, Chimpanzé))).

c) Les distances à l'orang-outan valent 34, 33 et 35 : elles s'écartent d'au plus 2 différences sur 1 000, soit 0,2 %. Les trois espèces partagent le même ancêtre commun avec l'orang-outan ; depuis cette séparation, la même durée s'est écoulée sur chaque lignée, donc, si les mutations s'accumulent à vitesse à peu près constante, le même nombre de différences s'est accumulé. Des distances voisines sont bien celles attendues pour des espèces qui ont le même ancêtre commun avec l'orang-outan.

d) On ne regroupe pas une espèce avec celle dont elle est le plus proche, mais la paire qui présente la plus petite distance de toute la matrice. Or Homme–chimpanzé (13) est plus petit que chimpanzé–gorille (17) : le chimpanzé est d'abord regroupé avec l'Homme. L'écart entre 17 et 18 est d'ailleurs trop faible pour être significatif. Le gorille est à égale distance du groupe (Homme, Chimpanzé) : il ne forme pas de groupe avec le chimpanzé.

Exercice 5 — Dater deux divergences

Moyen

Sur un même gène nucléaire, l'Homme diffère de 3,6 % de l'orang-outan, de 1,7 % du chimpanzé et de 2,0 % du gorille. D'après les fossiles, la divergence entre la lignée de l'orang-outan et celle de l'Homme date de 15 Ma. Résultats arrondis au dixième.

  1. a) Calculer la vitesse d'accumulation des différences sur ce gène, en % par million d'années.
  2. b) Estimer la date de divergence des lignées Homme–chimpanzé et Homme–gorille.
  3. c) Toumaï, daté d'environ 7 Ma, est considéré comme un représentant de la lignée humaine. Montrer que le résultat du b) est compatible avec cette interprétation.
  4. d) Préciser les deux hypothèses sur lesquelles reposent ces calculs.

a) En 15 Ma, 3,6 % de différences se sont accumulées entre les deux lignées : v = 3,6 ÷ 15 = 0,24. La vitesse est de 0,24 % par million d'années.

b) On divise la différence par la vitesse. Homme–chimpanzé : t = 1,7 ÷ 0,24 ≈ 7,08. Homme–gorille : t = 2,0 ÷ 0,24 ≈ 8,33. Divergence Homme–chimpanzé : environ 7,1 Ma ; Homme–gorille : environ 8,3 Ma.

c) Pour que Toumaï appartienne à la lignée humaine, il faut qu'il ait vécu après la séparation des lignées de l'Homme et du chimpanzé, c'est-à-dire que cette séparation soit plus ancienne que 7 Ma. L'horloge donne environ 7,1 Ma, valeur supérieure (de peu) à l'âge de Toumaï. Le résultat est compatible avec l'appartenance de Toumaï à la lignée humaine, mais la marge est faible : Toumaï serait très proche de la divergence.

d) Première hypothèse : la vitesse d'accumulation des mutations est constante au cours du temps et identique dans toutes les lignées comparées. Seconde hypothèse : la date d'étalonnage (15 Ma) fournie par les fossiles est exacte. Si l'une de ces hypothèses est fausse, les dates obtenues sont décalées.

Exercice 6 — Un squelette de bipède ?

Moyen

Le tableau compare quelques caractères du squelette du chimpanzé, d'Homo sapiens et d'un fossile X découvert en Afrique de l'Est.

CaractèreChimpanzéHomo sapiensFossile X
Trou occipitalen arrière du crânesous le crâne, centréavancé, presque centré
Bassinhaut et étroitcourt et large, en cuvettecourt et large
Angle entre fémur et verticale≈ 1°≈ 9°≈ 11°
Gros orteilécarté, opposablealigné avec les autresaligné avec les autres
Bras / jambesbras plus longs que les jambesbras plus courts que les jambesbras presque aussi longs que les jambes

  1. a) Pour chaque caractère, indiquer si le fossile X ressemble davantage au chimpanzé ou à Homo sapiens.
  2. b) En déduire, en argumentant, le mode de locomotion du fossile X.
  3. c) Expliquer en quoi un fémur oblique est avantageux pour la marche bipède.
  4. d) Peut-on affirmer que le fossile X appartient au genre Homo ? Justifier.

a) Trou occipital avancé, bassin court et large, fémur oblique (11°, proche des 9° de sapiens et loin du 1° du chimpanzé), gros orteil aligné : ces quatre caractères rapprochent X d'Homo sapiens. Les bras presque aussi longs que les jambes le rapprochent plutôt du chimpanzé. X ressemble à sapiens pour le crâne, le bassin, le fémur et le pied, au chimpanzé pour les proportions des membres.

b) Un trou occipital centré indique que la tête était en équilibre au sommet d'une colonne verticale ; un bassin court et large soutient les viscères en position debout ; le fémur oblique et le gros orteil aligné sont des adaptations à la marche. Ces indices convergents montrent une station debout habituelle. Les bras longs suggèrent en outre une bonne aptitude à grimper. X était un bipède, qui conservait probablement une part de vie arboricole.

c) Un fémur oblique rapproche les genoux sous le centre de gravité du corps. Lors de la marche, le corps repose alternativement sur une seule jambe : les pieds étant placés près de l'axe du corps, le balancement latéral est réduit et l'équilibre est plus facile à maintenir. Le fémur oblique rend la marche bipède stable et économe en énergie.

d) La bipédie est partagée par toutes les espèces de la lignée humaine, bien avant l'apparition du genre Homo : elle ne suffit pas. Le genre Homo se reconnaît notamment à un volume cérébral accru, une face réduite et une mâchoire en parabole, caractères que le tableau ne renseigne pas ; de plus, les bras longs sont plutôt un caractère d'australopithèque. On peut rattacher X à la lignée humaine, mais pas affirmer qu'il appartient au genre Homo.

Exercice 7 — Volume cérébral et masse du corps

Moyen

EspèceVolume cérébral moyen (cm³)Masse corporelle moyenne (kg)
Chimpanzé39048
Australopithecus afarensis44032
Homo habilis61035
Homo erectus95058
Homo neanderthalensis1 48070
Homo sapiens1 34062
Valeurs moyennes estimées. Résultats arrondis au dixième.

  1. a) Par quel facteur le volume cérébral a-t-il été multiplié entre Australopithecus afarensis et Homo sapiens ? Exprimer aussi cette évolution en pourcentage.
  2. b) Calculer, pour chaque espèce, le rapport volume cérébral / masse corporelle (en cm³ par kg).
  3. c) Montrer que, rapporté à la masse du corps, le cerveau d'Homo sapiens est au moins aussi développé que celui de Néandertal.
  4. d) Un élève affirme : « Néandertal avait un plus gros cerveau que nous, il était donc plus évolué. » Expliquer l'erreur.

a) Facteur : 1 340 ÷ 440 ≈ 3,05. Variation relative : (1 340 − 440) ÷ 440 = 900 ÷ 440 ≈ 2,045, soit environ 204,5 %. Le volume a été multiplié par environ 3,0, soit une hausse d'environ 204,5 %.

b) Chimpanzé : 390 ÷ 48 ≈ 8,1 ; A. afarensis : 440 ÷ 32 ≈ 13,8 ; H. habilis : 610 ÷ 35 ≈ 17,4 ; H. erectus : 950 ÷ 58 ≈ 16,4 ; Néandertal : 1 480 ÷ 70 ≈ 21,1 ; H. sapiens : 1 340 ÷ 62 ≈ 21,6. Rapports en cm³/kg : 8,1 ; 13,8 ; 17,4 ; 16,4 ; 21,1 ; 21,6. On note que ce rapport n'augmente pas régulièrement (H. erectus est en dessous de H. habilis).

c) En volume absolu, Néandertal dépasse sapiens de 1 480 − 1 340 = 140 cm³. Mais Néandertal était aussi plus lourd : rapporté à la masse, on obtient 21,1 cm³/kg contre 21,6 cm³/kg pour sapiens. Rapporté à la masse du corps, le cerveau de sapiens est légèrement plus développé que celui de Néandertal ; l'écart est faible compte tenu de l'incertitude des estimations.

d) D'une part, un volume absolu doit être rapporté à la taille du corps : un organisme plus massif a un cerveau plus volumineux sans que cela traduise une capacité supérieure. D'autre part, l'évolution n'est pas une échelle orientée vers un « plus évolué » : Néandertal et sapiens sont deux lignées sœurs, chacune adaptée à son milieu, et l'organisation du cerveau compte autant que son volume. Le volume cérébral ne mesure pas un degré d'évolution.

Exercice 8 — Ce que nos génomes gardent de Néandertal et de Denisova

Difficile

Document 1 — Part du génome d'origine archaïque (valeurs moyennes arrondies, données simplifiées).

Population actuelleADN néandertalien (%)ADN dénisovien (%)
Yoruba (Nigeria)0,3≈ 0
Français1,8≈ 0
Han (Chine)2,30,2
Papous (Nouvelle-Guinée)1,94,4
Document 2 — Répartition des lignées. Néandertal : fossiles d'Europe, du Proche-Orient et d'Asie centrale, de ≈ 400 000 à ≈ 40 000 ans. Denisova : restes dans l'Altaï (Sibérie) et sur le plateau tibétain. Homo sapiens : apparu en Afrique vers 300 000 ans ; principale dispersion hors d'Afrique il y a environ 60 000 à 50 000 ans, par le Proche-Orient ; arrivée en Nouvelle-Guinée vers 50 000 ans.

  1. 1. Comparer la part d'ADN néandertalien dans les quatre populations.
  2. 2. Proposer, à l'aide du document 2, un scénario expliquant que cette part soit presque nulle chez les Yoruba et voisine chez les Français, les Han et les Papous.
  3. 3. Expliquer pourquoi les Papous portent de l'ADN dénisovien alors que les Français n'en portent pratiquement pas.
  4. 4. Montrer que ces données prouvent que les croisements entre lignées ont produit des descendants fertiles.
  5. 5. Un élève affirme : « Les Papous descendent des Dénisoviens plutôt que d'Homo sapiens. » Expliquer l'erreur à l'aide d'un calcul.

1. La part d'ADN néandertalien est très faible chez les Yoruba (0,3 %) et comprise entre 1,8 % et 2,3 % dans les trois populations non africaines, soit 6 à 8 fois plus. L'ADN néandertalien est présent surtout hors d'Afrique, à un niveau voisin (≈ 2 %) chez les Européens, les Asiatiques et les Océaniens.

2. Néandertal n'a jamais vécu en Afrique subsaharienne ; il était présent au Proche-Orient, par où sont passés les sapiens sortis d'Afrique il y a 60 000 à 50 000 ans. Des croisements ont pu avoir lieu à ce moment, dans la population qui venait de quitter l'Afrique, avant qu'elle ne se divise en populations européennes, asiatiques et océaniennes : toutes ont donc hérité d'une part voisine d'ADN néandertalien. Les populations restées en Afrique n'en ont pas reçu ; les 0,3 % des Yoruba peuvent s'expliquer par de faibles migrations ultérieures d'Eurasiens vers l'Afrique. Scénario : un métissage précoce au Proche-Orient, juste après la sortie d'Afrique, puis la dispersion des descendants.

3. Les Dénisoviens vivaient en Asie. Les ancêtres des Papous ont traversé l'Asie avant d'atteindre la Nouvelle-Guinée vers 50 000 ans : un second métissage, avec des Dénisoviens, a eu lieu sur ce trajet. Les ancêtres des Français, partis vers l'Europe, n'ont pas rencontré de Dénisoviens. Les 0,2 % des Han suggèrent des contacts plus limités en Asie orientale. L'ADN dénisovien trace les croisements survenus en Asie sur la route de l'Océanie.

4. Un segment d'ADN néandertalien ou dénisovien présent aujourd'hui, environ 2 000 générations plus tard, a été transmis de génération en génération. Cela suppose que les hybrides de première génération ont eu eux-mêmes des enfants, puis que ces descendants se sont reproduits à leur tour. La présence d'ADN archaïque dans les génomes actuels prouve que les hybrides étaient fertiles.

5. Chez les Papous, l'ADN d'origine archaïque représente 1,9 + 4,4 = 6,3 % du génome ; les 100 − 6,3 = 93,7 % restants proviennent d'ancêtres Homo sapiens. Les Papous sont donc des Homo sapiens, dont une petite partie du génome a été héritée par croisements. L'essentiel de leur génome vient de sapiens : ils descendent de sapiens qui se sont ponctuellement métissés avec des Dénisoviens.

Exercice 9 — L'ADN mitochondrial de Néandertal

Difficile

Document 1 — Nombre de différences sur un segment d'ADN mitochondrial de 800 nucléotides.

ComparaisonNombre de différences
entre deux humains actuelsde 0 à 4
entre un humain actuel et un Néandertalien11 en moyenne
entre un humain actuel et un chimpanzé120 en moyenne
Document 2. La divergence entre les lignées de l'Homme et du chimpanzé est estimée à 6,5 Ma. Les plus anciens fossiles présentant des caractères néandertaliens ont environ 430 000 ans ; les plus anciens fossiles d'Homo sapiens, environ 300 000 ans.

  1. 1. Calculer la vitesse d'accumulation des différences sur ce segment, en nombre de différences par million d'années.
  2. 2. Estimer la date de divergence des lignées d'Homo sapiens et de Néandertal. Arrondir au millier d'années.
  3. 3. Montrer que cette estimation est compatible avec les données fossiles du document 2.
  4. 4. Montrer que Néandertal ne peut pas être considéré comme un ancêtre direct d'Homo sapiens.
  5. 5. Présenter deux limites de cette estimation.

1. En 6,5 Ma, 120 différences en moyenne se sont accumulées entre les lignées de l'Homme et du chimpanzé : v = 120 ÷ 6,5 ≈ 18,46. La vitesse est d'environ 18,5 différences par million d'années sur ce segment.

2. t = 11 ÷ 18,46 ≈ 0,596 Ma, ou directement t = 6,5 × 11 ÷ 120 ≈ 0,5958 Ma. La divergence sapiens–Néandertal date d'environ 596 000 ans.

3. La séparation des deux lignées doit précéder l'apparition des caractères propres à chacune. Or 596 000 ans est plus ancien que les premiers fossiles néandertaliens (430 000 ans) et que les premiers fossiles de sapiens (300 000 ans). L'estimation est compatible avec les fossiles : la divergence précède l'apparition des deux lignées dans le registre fossile.

4. Entre deux humains actuels, on compte au plus 4 différences, ce qui correspond à 4 ÷ 18,46 ≈ 0,217 Ma : les ADN mitochondriaux actuels dérivent tous d'un ancêtre commun ayant vécu il y a environ 217 000 ans. Avec 11 différences, Néandertal se situe nettement en dehors de cette variabilité : sa lignée s'est séparée de celle de sapiens bien avant l'origine de la diversité humaine actuelle. Néandertal forme une lignée sœur de sapiens, issue d'un ancêtre commun plus ancien, et non un ancêtre direct.

5. D'abord, la vitesse d'accumulation peut varier au cours du temps et d'une lignée à l'autre ; ensuite, sur une longue durée (6,5 Ma), plusieurs mutations successives au même site masquent des différences, ce qui sous-estime la distance au chimpanzé et fausse l'étalonnage. Enfin, l'ADN mitochondrial n'est transmis que par la mère : il ignore les croisements visibles dans l'ADN nucléaire. La date obtenue est un ordre de grandeur (quelques centaines de milliers d'années), pas une valeur précise.

Exercice 10 — Le fossile F, une mosaïque de caractères

Difficile

Document — Caractères du fossile F (Afrique de l'Est, daté de 3,5 Ma) : volume crânien 410 cm³ ; trou occipital avancé ; bassin court et évasé ; angle entre fémur et verticale ≈ 14° ; gros orteil aligné avec les autres ; phalanges des mains nettement courbées ; bras longs par rapport aux jambes ; canines de petite taille. Pour comparaison, chez le chimpanzé, le fémur est presque vertical ; chez l'Homme actuel, il est oblique.

  1. 1. Montrer, à l'aide de trois caractères, que le fossile F était bipède.
  2. 2. Identifier les caractères qui indiquent une aptitude à grimper et justifier.
  3. 3. Expliquer pourquoi on parle de « mosaïque » de caractères à propos de ce fossile.
  4. 4. Discuter l'appartenance de F à la lignée humaine, puis au genre Homo.
  5. 5. Un élève affirme : « La bipédie est apparue d'un coup, quand nos ancêtres ont quitté les arbres. » Expliquer l'erreur.

1. Le trou occipital avancé place la tête en équilibre au-dessus d'une colonne verticale ; le bassin court et évasé soutient les organes en position debout et offre des points d'attache aux muscles de la marche ; le fémur oblique (14°, comme chez l'Homme et contrairement au chimpanzé) ramène les genoux sous le centre de gravité ; le gros orteil aligné fait du pied un levier de propulsion. Ces caractères convergents montrent que F était bipède.

2. Les phalanges courbées facilitent la prise sur des branches ; des bras longs par rapport aux jambes favorisent la suspension et l'escalade, comme chez les grands singes actuels. Phalanges courbées et bras longs indiquent que F grimpait encore aux arbres.

3. F associe des caractères présents chez l'Homme actuel (bassin, fémur, pied, trou occipital, petites canines) et des caractères présents chez les grands singes (petit cerveau de 410 cm³, bras longs, phalanges courbées). Ces caractères n'ont pas évolué au même rythme. F réunit des caractères dérivés et des caractères ancestraux : c'est une mosaïque.

4. La bipédie permanente est le caractère dérivé qui définit la lignée humaine : F, plus proche de sapiens que du chimpanzé par ce caractère, appartient donc à la lignée humaine. En revanche, son volume crânien de 410 cm³ est du même ordre que celui d'un chimpanzé, ses bras sont longs et il a 3,5 Ma, soit bien avant les premiers Homo connus (≈ 2,8 Ma). F appartient à la lignée humaine, mais pas au genre Homo ; il ressemble plutôt à un australopithèque.

5. F, comme Lucy, montre qu'il y a plus de 3 Ma des espèces étaient déjà bipèdes tout en restant de bons grimpeurs ; Toumaï suggère même une bipédie dès ≈ 7 Ma, alors que la bipédie exclusive, avec des bras courts, n'apparaît que plus tard dans le genre Homo. La bipédie s'est mise en place progressivement, sur plusieurs millions d'années, en coexistant longtemps avec une vie en partie arboricole.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Soutien scolaire à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs