Protéger l'environnement : enjeux écologiques, action publique et engagement citoyen (EMC Tle, thème La société)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Maîtriser les notions de la responsabilité environnementale
Attendus :
1. La crise écologique est l'ensemble des déséquilibres environnementaux d'origine humaine (réchauffement, perte de biodiversité, pollutions) menaçant écosystèmes et sociétés. On parle d'anthropocène car l'humanité est devenue une force capable de modifier durablement les équilibres planétaires (définition + idée d'empreinte humaine majeure).
2. La prévention s'applique à un risque connu et avéré : on agit pour éviter un dommage identifié. La précaution s'applique à un risque grave mais incertain (mal établi scientifiquement) : on agit sans attendre la certitude. La distinction repose sur le degré de connaissance du risque.
3. La Charte de 2004 donne à la protection de l'environnement une valeur constitutionnelle : elle garantit un droit (vivre dans un environnement sain, art. 1), impose un devoir (préserver l'environnement, art. 2) et constitutionnalise le principe de précaution (art. 5). Ses principes s'imposent au législateur sous le contrôle du Conseil constitutionnel.
Exercice 2 — Argumentation problématisée : la responsabilité écologique, individuelle ou collective ?
Attendus (argumentation : thèse + antithèse + nuance) :
Thèse — la responsabilité individuelle compte : chacun, par ses choix (transports, alimentation, consommation, déchets, énergie), contribue à dégrader ou à protéger l'environnement ; les gestes quotidiens et les comportements responsables ont un effet réel et expriment une éthique personnelle. La Charte rappelle d'ailleurs le devoir de chacun (art. 2).
Antithèse — la responsabilité est avant tout collective : l'essentiel des émissions dépend de choix collectifs (politiques énergétiques, industrie, urbanisme, transports), qui échappent à l'individu isolé ; les causes et les solutions sont globales (« tragédie des biens communs »). Sans action des États, des entreprises et de la coopération internationale (COP, accord de Paris), les gestes individuels restent insuffisants.
Position nuancée attendue : les deux dimensions sont complémentaires et indissociables : la responsabilité est partagée. L'engagement individuel a du sens, mais il doit s'inscrire dans une action collective organisée (lois, institutions, citoyenneté écologique, coopération mondiale). On valorise une copie qui mobilise des exemples précis (Affaire du siècle, Convention citoyenne, accord de Paris) et des notions du cours (responsabilité intergénérationnelle, principe responsabilité de Jonas).
Exercice 3 — Analyse de cas : agir au nom du climat
Attendus :
1. Il s'agit d'un acte de désobéissance civile : une action militante non violente mais illégale, menée au nom d'une cause jugée supérieure (ici l'urgence écologique).
2. Tensions (deux parmi) : la liberté d'expression et d'engagement contre le respect de la loi / de l'État de droit ; l'urgence écologique et l'intérêt général contre la liberté d'entreprendre / l'ordre public ; la responsabilité collective envers les générations futures contre la légalité immédiate.
3. Réponse argumentée : on valorise une position cohérente et nuancée. Pour la légitimité : la désobéissance civile peut alerter face à l'inaction, elle est non violente et assume sa sanction, dans la tradition de mouvements historiques. Pour la critique : enfreindre la loi remet en cause l'État de droit et peut nuire à d'autres droits (liberté de circulation, propriété) ; le débat démocratique offre des voies légales. Conclusion : toute position argumentée est acceptée si elle distingue clairement légalité et légitimité, et mobilise les notions du cours.
Exercice 4 — L'État face à ses engagements climatiques
Attendus :
1. Dans l'« Affaire du siècle », la justice administrative a reconnu une carence fautive de l'État, qui n'avait pas respecté ses propres objectifs de réduction des émissions. Cela révèle que l'État a une responsabilité juridique en matière climatique : ses engagements ne sont pas seulement déclaratifs, il peut être sanctionné par le juge, à l'initiative de citoyens et d'associations.
2. Idées attendues : la coopération est nécessaire car le climat est un bien commun mondial que la pollution franchit toutes les frontières ; aucun État ne peut résoudre seul le problème. Mais elle est difficile car les engagements pris lors des COP ne sont pas réellement contraignants (pas de sanction mondiale), parce que se pose le problème du passager clandestin (profiter des efforts des autres) et celui de la justice climatique (inégalités entre pays riches émetteurs et pays pauvres victimes).
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