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EMC · Classe de Terminale

Environnement et responsabilité collective

Protéger l'environnement : enjeux écologiques, action publique et engagement citoyen (EMC Tle, thème La société)

À propos de cette page
Ce cours de emc en terminale sur « Environnement et responsabilité collective » suit le programme officiel de emc de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La crise écologique : un défi pour nos sociétés, La responsabilité : individuelle, collective, intergénérationnelle, Les grands principes du droit de l'environnement, L'environnement, un enjeu constitutionnel : la Charte de 2004. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en emc.
Au programme
1 · La crise écologique : un défi pour nos sociétés
2 · La responsabilité : individuelle, collective, intergénérationnelle
3 · Les grands principes du droit de l'environnement
4 · L'environnement, un enjeu constitutionnel : la Charte de 2004
5 · L'action publique : de l'État aux collectivités
6 · La coopération internationale : COP et accords climatiques
7 · L'engagement citoyen et la citoyenneté écologique
1La crise écologique : un défi pour nos sociétés

Depuis la révolution industrielle, l'activité humaine a profondément transformé la planète : réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, pollutions de l'air, de l'eau et des sols, épuisement des ressources. Les scientifiques parlent d'anthropocène pour désigner une époque où l'humanité est devenue une force capable de modifier durablement les équilibres de la Terre.

Définition. La crise écologique désigne l'ensemble des déséquilibres environnementaux provoqués par les activités humaines, qui menacent à la fois les écosystèmes et les conditions de vie des sociétés humaines.

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) établit, depuis 1988, que le réchauffement est sans équivoque d'origine humaine : il est dû aux émissions de gaz à effet de serre (CO₂, méthane) liées aux énergies fossiles. Ses conséquences sont déjà visibles : canicules, montée des eaux, sécheresses, événements extrêmes.

Exemple. Les rapports du GIEC montrent que limiter le réchauffement à 1,5 °C suppose de réduire fortement et rapidement les émissions mondiales. Au-delà, certains phénomènes deviennent irréversibles : fonte des calottes glaciaires, disparition d'espèces.
2La responsabilité : individuelle, collective, intergénérationnelle

Face à la crise écologique, la notion centrale est celle de responsabilité. Mais qui est responsable ? Chaque individu par ses choix de consommation ? Les États et les entreprises ? Et envers qui sommes-nous responsables : les contemporains, mais aussi les générations futures ?

Responsabilité individuelleChacun, par ses comportements (transports, alimentation, déchets, énergie), contribue à la dégradation ou à la protection de l'environnement.
Responsabilité collectiveLes problèmes écologiques sont globaux : ils dépassent l'individu et engagent la société entière, les entreprises et les États.
Responsabilité intergénérationnelleNous sommes responsables envers les générations futures, qui subiront nos choix sans avoir pu y participer.
Attention ! Ne réduis pas l'écologie aux seuls « gestes individuels ». Les petits gestes comptent, mais l'essentiel des émissions dépend de choix collectifs (politiques énergétiques, industrie, urbanisme). La responsabilité est partagée, pas seulement individuelle.
Notion. Le philosophe Hans Jonas a formulé un « principe responsabilité » (1979) : nous devons agir de façon que les effets de nos actes soient compatibles avec la permanence d'une vie humaine authentique sur Terre. C'est une éthique tournée vers l'avenir.
3Les grands principes du droit de l'environnement

Pour organiser cette responsabilité, le droit s'est progressivement doté de principes spécifiques à l'environnement. Ils guident l'action publique et figurent dans le Code de l'environnement.

PréventionAnticiper et éviter les atteintes connues à l'environnement à la source.
PrécautionEn cas de risque grave et incertain (mal connu scientifiquement), prendre des mesures pour éviter le dommage, sans attendre une certitude totale.
Pollueur-payeurCelui qui pollue doit supporter le coût de la réparation et de la dépollution.
ParticipationLe public a le droit d'être informé et de participer aux décisions ayant un impact sur l'environnement.
Non-régressionLa protection de l'environnement ne peut que progresser : on ne peut revenir en arrière sur les acquis.
Attention ! Ne confonds pas prévention et précaution. La prévention s'applique à un risque connu et avéré ; la précaution s'applique à un risque incertain, encore mal établi scientifiquement.
4L'environnement, un enjeu constitutionnel : la Charte de 2004

En France, la protection de l'environnement a acquis une valeur juridique majeure. En 2004, la Charte de l'environnement a été adossée à la Constitution : ses principes ont donc une valeur constitutionnelle, au même titre que la Déclaration des droits de l'homme de 1789.

Repère. La Charte de l'environnement (2004) proclame notamment que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » (art. 1) et inscrit dans la Constitution le principe de précaution (art. 5).

La Charte affirme aussi des devoirs : « toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement » (art. 2). L'environnement devient ainsi à la fois un droit et un devoir pour chaque citoyen.

Astuce. Retiens la double dimension : la Charte de 2004 garantit un droit (vivre dans un environnement sain) et impose un devoir (contribuer à le préserver). Droit et responsabilité vont de pair.
5L'action publique : de l'État aux collectivités

La protection de l'environnement passe par une action publique à plusieurs niveaux. L'État légifère, planifie et contrôle ; les collectivités locales agissent au plus près du terrain.

ÉtatVote les lois (ex. loi Climat et résilience de 2021), fixe des objectifs (neutralité carbone en 2050), crée des taxes et des normes.
Collectivités territorialesCommunes, départements, régions gèrent transports, déchets, urbanisme, énergies renouvelables au niveau local.
Agences et organismesL'ADEME (agence de la transition écologique), les parcs naturels, l'Office français de la biodiversité.
JusticeLe juge sanctionne les atteintes à l'environnement ; le Conseil constitutionnel veille au respect de la Charte.
Exemple. En 2021, dans l'affaire dite de l'« Affaire du siècle », la justice administrative a reconnu une carence fautive de l'État français qui n'avait pas tenu ses engagements de réduction des émissions. C'est un exemple de responsabilité de l'État en matière climatique.
Attention ! L'action publique doit concilier des objectifs parfois contradictoires : protéger l'environnement et préserver l'emploi, le pouvoir d'achat, la compétitivité. Ces tensions expliquent la lenteur ou les compromis des politiques écologiques.
6La coopération internationale : COP et accords climatiques

Le climat est un bien commun mondial : aucune frontière n'arrête la pollution. La lutte contre le réchauffement exige donc une coopération internationale. C'est l'objet des COP (Conférences des Parties), réunions annuelles des États sous l'égide de l'ONU.

Repère. L'accord de Paris, adopté en 2015 à la COP21, fixe l'objectif de limiter le réchauffement nettement en dessous de 2 °C, et de poursuivre les efforts pour le contenir à 1,5 °C. Chaque État y prend des engagements (contributions nationales).

Mais la coopération internationale se heurte à des difficultés :

  • les engagements ne sont pas contraignants : aucun gendarme mondial ne peut sanctionner un État qui ne tient pas parole ;
  • la justice climatique oppose pays riches (gros émetteurs historiques) et pays pauvres (premières victimes) ;
  • le passager clandestin : chaque État est tenté de profiter des efforts des autres sans faire le sien.
Astuce. Le climat est un exemple de « tragédie des biens communs » : un bien partagé par tous (l'atmosphère) risque d'être détruit si chacun agit selon son seul intérêt. D'où la nécessité de règles collectives.
7L'engagement citoyen et la citoyenneté écologique

La responsabilité collective ne repose pas seulement sur les institutions : elle suppose aussi l'engagement des citoyens. Une nouvelle citoyenneté écologique se développe, qui élargit la citoyenneté politique aux enjeux environnementaux.

Associations & ONGGreenpeace, WWF, France Nature Environnement : alertent, informent, agissent en justice.
Mobilisations citoyennesMarches pour le climat, pétitions, grèves scolaires (mouvement initié par la jeunesse).
Démocratie participativeEx. la Convention citoyenne pour le climat (2019-2020) : des citoyens tirés au sort élaborent des propositions.
Désobéissance civileActions militantes parfois illégales mais non violentes, au nom de l'urgence écologique : débat sur leur légitimité.
Attention ! La désobéissance civile pose un dilemme : peut-on enfreindre la loi au nom d'une cause jugée supérieure ? Elle interroge la frontière entre engagement légitime et atteinte à l'État de droit. C'est un sujet de débat argumenté classique.

L'engagement écologique illustre une idée centrale de l'EMC : la citoyenneté ne se limite pas au vote ; elle se vit aussi par la participation, l'information, la responsabilité quotidienne et la solidarité avec les générations futures.

À retenir
En bref :
• La crise écologique (réchauffement, perte de biodiversité, pollutions) est d'origine humaine : le GIEC l'établit. Nous vivons dans l'anthropocène.
• La responsabilité est à la fois individuelle, collective et intergénérationnelle (Hans Jonas, « principe responsabilité »).
• Le droit de l'environnement repose sur des principes : prévention, précaution, pollueur-payeur, participation, non-régression.
• La Charte de l'environnement (2004), adossée à la Constitution, garantit un droit (environnement sain) et un devoir (le préserver).
• L'action se mène à plusieurs niveaux : État, collectivités, et coopération internationale (COP, accord de Paris 2015 : objectif < 2 °C, idéalement 1,5 °C).
• La citoyenneté écologique (associations, mobilisations, démocratie participative, désobéissance civile) prolonge la citoyenneté politique.
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