À propos de cette page
Ce cours de emc en terminale sur « Géopolitique et droit international » suit le programme officiel de emc de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Géopolitique : de quoi parle-t-on ?, L'État souverain, acteur central des relations internationales, Qu'est-ce que le droit international ?, L'ONU et le maintien de la paix. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en emc.
Au programme
1 · Géopolitique : de quoi parle-t-on ?
2 · L'État souverain, acteur central des relations internationales
3 · Qu'est-ce que le droit international ?
4 · L'ONU et le maintien de la paix
5 · Le droit international humanitaire et la justice pénale internationale
6 · Multilatéralisme et nouveaux acteurs
7 · Les défis du droit international aujourd'hui
1Géopolitique : de quoi parle-t-on ?
Les États ne vivent pas isolés : ils coopèrent, négocient, mais aussi rivalisent et parfois s'affrontent. Comprendre ces relations suppose d'articuler la géographie (territoires, ressources, frontières), l'histoire (héritages, mémoires) et le pouvoir (qui décide, qui domine). C'est l'objet de la géopolitique.
Définition. La géopolitique est l'étude des rivalités de pouvoir sur des territoires, entre des acteurs (États, organisations, groupes armés, firmes…), en tenant compte des facteurs géographiques, historiques, économiques et idéologiques.
La géopolitique s'intéresse aux enjeux concrets de puissance :
- le contrôle de territoires et de ressources (pétrole, eau, terres rares) ;
- les frontières, les zones disputées et les conflits ;
- l'influence (diplomatique, militaire, culturelle, économique) qu'un acteur exerce sur d'autres.
Exemple. Le contrôle des routes maritimes (détroit d'Ormuz, canal de Suez) est un enjeu géopolitique majeur : une grande partie du commerce mondial y transite. Bloquer un détroit, c'est exercer un pouvoir sur l'économie d'autres États.
Attention ! La géopolitique n'est pas seulement militaire. Le soft power (influence par la culture, la langue, les idées) compte autant que le hard power (force militaire et économique).
2L'État souverain, acteur central des relations internationales
Depuis les traités de Westphalie (1648), l'acteur de base des relations internationales est l'État souverain. C'est autour de lui que s'organise le droit international.
Définition. La souveraineté est le pouvoir suprême d'un État : il n'existe, en théorie, aucune autorité au-dessus de lui. On distingue la souveraineté interne (l'État fait la loi sur son territoire) et externe (il est indépendant et égal aux autres États).
| Territoire | Un espace délimité par des frontières reconnues. |
| Population | Des habitants soumis à son autorité. |
| Gouvernement | Une autorité politique effective qui exerce le pouvoir. |
| Reconnaissance | L'admission par les autres États et les organisations internationales. |
Attention ! La souveraineté connaît des limites : en adhérant à des traités ou en intégrant l'Union européenne, un État accepte librement de partager ou d'encadrer une partie de ses compétences. La souveraineté n'est pas l'isolement.
Le principe d'égalité souveraine des États figure dans la Charte des Nations unies : juridiquement, un petit État vaut un grand. Mais, dans les faits, la puissance reste très inégale (économie, armée, influence).
3Qu'est-ce que le droit international ?
Comment des États souverains, qui ne reconnaissent aucune autorité supérieure, peuvent-ils vivre ensemble sans que règne la loi du plus fort ? La réponse est le droit international, qui pose des règles communes.
Définition. Le droit international public est l'ensemble des règles qui régissent les relations entre les États et les organisations internationales. Il vise à organiser la coexistence pacifique, la coopération et le règlement des différends.
Ses principales sources sont :
| Les traités | Accords écrits entre États (ex. Charte de l'ONU, accords de Paris sur le climat). Ils n'engagent que les États signataires. |
| La coutume | Pratiques répétées et acceptées comme du droit (ex. immunité des diplomates). |
| Les principes généraux | Principes communs aux grands systèmes juridiques (bonne foi, respect de la parole donnée). |
| La jurisprudence | Décisions des juridictions internationales (ex. Cour internationale de justice). |
Attention ! La grande faiblesse du droit international, c'est l'absence d'un « gendarme mondial ». Il n'existe pas de police internationale capable d'imposer le respect des règles à un État puissant qui refuse de s'y soumettre. Son efficacité repose largement sur le consentement des États.
Astuce. Ne confonds pas droit international public (relations entre États) et droit international privé (relations entre particuliers de nationalités différentes : mariage, contrats). En EMC, on parle surtout du droit international public.
4L'ONU et le maintien de la paix
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les États ont voulu se doter d'une organisation capable de préserver la paix. C'est l'Organisation des Nations unies (ONU), créée par la Charte de San Francisco en 1945.
Repère. L'ONU a quatre grands buts : maintenir la paix et la sécurité internationales, développer la coopération entre les nations, promouvoir les droits humains et favoriser le progrès économique et social.
| Assemblée générale | Réunit tous les États membres (un État = une voix). Elle débat et adopte des résolutions, sans pouvoir contraignant. |
| Conseil de sécurité | Organe central pour la paix : 15 membres, dont 5 permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) disposant du droit de veto. |
| Secrétariat | Dirigé par le Secrétaire général ; administre l'ONU et mène la diplomatie. |
| Cour internationale de justice (CIJ) | Règle les différends entre États (siège à La Haye). |
Attention ! Le droit de veto des 5 membres permanents peut bloquer toute décision du Conseil de sécurité. C'est l'une des principales critiques adressées à l'ONU : un seul grand État peut paralyser l'action collective.
Pour faire respecter la paix, le Conseil de sécurité peut décider de sanctions (embargos), envoyer des casques bleus (opérations de maintien de la paix) ou autoriser le recours à la force.
5Le droit international humanitaire et la justice pénale internationale
Le droit international ne se contente pas d'organiser la paix : il encadre aussi la guerre et punit les crimes les plus graves.
Définition. Le droit international humanitaire (DIH), ou « droit de la guerre », est l'ensemble des règles qui protègent, en temps de conflit, les personnes qui ne combattent pas (civils, blessés, prisonniers). Il repose notamment sur les Conventions de Genève.
Le DIH pose des principes essentiels :
- Distinction : on doit distinguer les combattants des civils et ne viser que des objectifs militaires ;
- Proportionnalité : les pertes civiles ne doivent pas être excessives par rapport à l'avantage militaire ;
- Protection des prisonniers, des blessés et du personnel médical.
Repère. La Cour pénale internationale (CPI), créée par le traité de Rome (1998) et siégeant à La Haye, juge les individus (et non les États) responsables des crimes les plus graves : génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et crime d'agression.
Attention ! Ne confonds pas la CIJ (Cour internationale de justice : juge des différends entre États) et la CPI (Cour pénale internationale : juge des individus pour crimes graves). Les deux siègent à La Haye, mais leur rôle est différent.
Exemple. La CPI a poursuivi plusieurs chefs d'État ou responsables militaires pour crimes de guerre. Mais elle n'a pas de force de police propre : elle dépend de la coopération des États pour arrêter et lui remettre les accusés, ce qui limite son efficacité.
6Multilatéralisme et nouveaux acteurs
Face à des problèmes qui dépassent les frontières (climat, terrorisme, pandémies, économie), les États ne peuvent agir seuls. Ils recourent au multilatéralisme.
Définition. Le multilatéralisme est la coopération organisée entre plusieurs États (au moins trois) pour traiter des questions communes, par des règles, des traités et des organisations. Il s'oppose à l'unilatéralisme (un État agit seul) et au bilatéralisme (deux États).
Les relations internationales ne se résument plus aux seuls États. De nouveaux acteurs jouent un rôle majeur :
| Organisations internationales | ONU, OMC, OMS, FMI : elles produisent des règles et coordonnent les États. |
| Organisations régionales | Union européenne, Union africaine : intégration et coopération à l'échelle d'une région. |
| ONG | Amnesty International, Médecins sans frontières : elles défendent des causes et alertent l'opinion. |
| Firmes transnationales | Multinationales dont le poids économique peut dépasser celui de certains États. |
Astuce. Retiens que la France est un acteur très investi dans le multilatéralisme : membre permanent du Conseil de sécurité, membre fondateur de l'UE, et l'un des États qui défendent un « ordre international fondé sur le droit ».
7Les défis du droit international aujourd'hui
Le droit international et la coopération multilatérale traversent une période de tensions. Plusieurs défis mettent à l'épreuve « l'ordre international fondé sur des règles ».
| Le retour de la force | Des conflits armés (invasions, annexions) violent ouvertement le droit international et la Charte de l'ONU. |
| La paralysie du Conseil de sécurité | Le veto des grandes puissances empêche souvent une réponse collective. |
| Le repli unilatéral | Certains États se retirent de traités ou contestent les institutions internationales. |
| Les défis globaux | Climat, cyberattaques, terrorisme, migrations : ils exigent une coopération que les rivalités freinent. |
Attention ! Le débat central : le droit international est-il efficace ou n'est-il qu'un « droit des faibles » que les puissants ignorent quand cela les arrange ? La réponse est nuancée : il est souvent violé, mais il fixe une norme, légitime les sanctions et structure la diplomatie.
Pour la démocratie, l'enjeu est essentiel : un monde sans règles communes, c'est le retour de la loi du plus fort ; un monde régi par le droit protège mieux les États faibles, les civils et les valeurs universelles (droits humains, dignité). C'est pourquoi des États comme la France défendent le multilatéralisme et le respect du droit.
★À retenir
En bref :
• La géopolitique étudie les rivalités de pouvoir sur des territoires entre des acteurs (États, organisations, groupes), avec leurs facteurs géographiques, historiques et économiques.
• L'État souverain (territoire, population, gouvernement, reconnaissance) est l'acteur central ; le principe d'égalité souveraine côtoie de fortes inégalités de puissance.
• Le droit international public (traités, coutume, principes, jurisprudence) organise les relations entre États, mais souffre de l'absence de « gendarme mondial » : il repose sur le consentement.
• L'ONU (1945) maintient la paix ; le Conseil de sécurité (5 membres permanents avec droit de veto) peut sanctionner ou envoyer des casques bleus.
• Le droit humanitaire (Conventions de Genève) protège les civils ; la CPI (1998) juge les individus pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
• Les défis actuels : retour de la force, paralysie du Conseil de sécurité (veto), repli unilatéral, défis globaux (climat, terrorisme) : le multilatéralisme est en débat.