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EMC · Classe de Terminale

Développement durable et justice intergénérationnelle

Concilier développement, environnement et solidarité entre les générations : un défi démocratique et éthique (EMC Tle, thème La société)

À propos de cette page
Ce cours de emc en terminale sur « Développement durable et justice intergénérationnelle » suit le programme officiel de emc de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que le développement durable ?, Les trois piliers du développement durable, La justice intergénérationnelle, Les grands principes : précaution, prévention, responsabilité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en emc.
Au programme
1 · Qu'est-ce que le développement durable ?
2 · Les trois piliers du développement durable
3 · La justice intergénérationnelle
4 · Les grands principes : précaution, prévention, responsabilité
5 · La gouvernance mondiale : de Rio aux ODD
6 · Les accords climatiques et leurs limites
7 · S'engager : citoyenneté et transition écologique
1Qu'est-ce que le développement durable ?

Depuis la révolution industrielle, la croissance économique a transformé les sociétés, mais au prix d'une pression croissante sur la planète : épuisement des ressources, réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, pollutions. Peut-on continuer à se développer sans détruire les conditions de vie sur Terre ? Et que devons-nous à ceux qui viendront après nous ? Telles sont les questions du développement durable.

Définition. Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Cette définition est issue du rapport Brundtland (ONU, 1987), intitulé Notre avenir à tous.

L'idée centrale est qu'on ne peut plus opposer l'économie et l'écologie : un développement qui détruit son environnement n'est pas soutenable à long terme. Le développement durable cherche un équilibre entre trois exigences souvent en tension : produire des richesses, réduire les inégalités et protéger la planète.

Exemple. Surexploiter une forêt rapporte de l'argent à court terme, mais détruit une ressource pour les décennies à venir. Une gestion durable consiste à n'exploiter que ce que la forêt peut renouveler : on satisfait des besoins présents sans priver les générations futures.
2Les trois piliers du développement durable

Le développement durable repose sur l'articulation de trois dimensions indissociables, souvent représentées comme trois cercles qui se recouvrent. Un projet n'est durable que s'il est à la fois viable, vivable et équitable.

Pilier économiqueProduire des richesses de façon durable, sans gaspiller les ressources ni hypothéquer l'avenir.
Pilier socialRéduire les inégalités, garantir l'accès à la santé, à l'éducation, à un travail décent : la solidarité.
Pilier environnementalPréserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat pour le long terme.
Astuce. Retiens les trois mots-clés à l'intersection des piliers : viable (économie + environnement), vivable (social + environnement), équitable (économie + social). Le développement durable est au centre des trois.
Attention ! Le développement durable n'est pas seulement « écologique ». Réduire la pauvreté ou garantir l'égalité fait aussi partie du développement durable : oublier le pilier social, c'est trahir l'esprit de la démarche.
3La justice intergénérationnelle

Le développement durable introduit une idée morale nouvelle : nous avons des devoirs envers des personnes qui n'existent pas encore. C'est le cœur de la justice intergénérationnelle.

Définition. La justice intergénérationnelle est l'exigence d'équité entre les générations : la génération présente ne doit pas léguer aux générations futures un monde appauvri, pollué ou endetté au point qu'elles ne puissent plus satisfaire leurs besoins fondamentaux.

Cette idée repose sur une forme de solidarité dans le temps. De même que la justice sociale concerne l'équité entre les membres d'une même génération (les contemporains), la justice intergénérationnelle concerne l'équité entre les générations successives.

Exemple. La dette publique, l'épuisement des énergies fossiles ou le réchauffement climatique sont des « fardeaux » que la génération actuelle peut transmettre à ses descendants. À l'inverse, préserver un parc naturel ou financer la recherche sur les énergies propres, c'est transmettre un héritage positif.
Attention ! Les générations futures ne peuvent ni voter, ni se défendre, ni signer de contrat : elles sont les « grandes absentes » de la décision politique. C'est pourquoi certains philosophes (comme Hans Jonas, Le Principe responsabilité, 1979) appellent à une éthique de la responsabilité qui prenne en compte les effets lointains de nos actes.
4Les grands principes : précaution, prévention, responsabilité

Pour traduire ces idées en règles d'action, le droit s'appuie sur plusieurs principes. En France, ils figurent dans la Charte de l'environnement, adossée à la Constitution depuis 2005 (valeur constitutionnelle).

PréventionFace à un risque connu, agir en amont pour l'éviter (ex. traiter les eaux usées).
PrécautionFace à un risque grave et incertain (mal connu scientifiquement), prendre des mesures sans attendre la preuve définitive du danger.
Pollueur-payeurCelui qui pollue doit supporter le coût des dommages et de la réparation.
ResponsabilitéChacun (individu, entreprise, État) répond des conséquences de ses actes sur l'environnement.
Attention ! Ne confonds pas prévention et précaution. La prévention concerne un risque avéré (on sait qu'il existe) ; la précaution concerne un risque incertain mais potentiellement grave (on n'a pas encore toutes les preuves). C'est un piège classique.
Exemple. Imposer une ceinture de sécurité relève de la prévention (le risque d'accident est connu). Limiter un produit chimique soupçonné, sans certitude, d'être cancérigène relève de la précaution.
5La gouvernance mondiale : de Rio aux ODD

Les problèmes environnementaux ignorent les frontières : un gaz émis dans un pays réchauffe toute la planète. Leur traitement exige donc une coopération internationale. Cette gouvernance mondiale s'est construite progressivement.

Repère. Le Sommet de la Terre de Rio (1992) consacre le développement durable au niveau mondial et lance la Convention-cadre sur les changements climatiques. En 2015, l'ONU adopte l'Agenda 2030 et ses 17 Objectifs de développement durable (ODD).
  • 1972 : conférence de Stockholm (premier sommet mondial sur l'environnement).
  • 1987 : rapport Brundtland (définition du développement durable).
  • 1992 : Sommet de la Terre de Rio.
  • 2015 : adoption des 17 ODD (Agenda 2030) par l'ONU.

Les ODD couvrent les trois piliers : lutte contre la pauvreté et la faim (social), travail décent et croissance (économique), action pour le climat et vie sous l'eau / sur terre (environnemental). Ils s'adressent à tous les pays, riches comme pauvres.

6Les accords climatiques et leurs limites

La lutte contre le réchauffement climatique illustre à la fois la nécessité et la difficulté de la coopération internationale. Chaque année se tient une COP (Conférence des Parties), réunissant les États signataires de la convention de Rio.

Protocole de Kyoto (1997)Premier traité fixant des objectifs chiffrés et contraignants de réduction des gaz à effet de serre, mais pour les seuls pays développés.
Accord de Paris (COP21, 2015)Engage tous les pays à limiter le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C », voire 1,5 °C, par rapport à l'ère préindustrielle.
LimitesEngagements souvent non contraignants juridiquement, dépendant de la bonne volonté des États ; tensions entre pays développés (responsables historiques) et pays en développement.
Attention ! L'Accord de Paris fixe un cap commun, mais les engagements nationaux (les « contributions ») sont volontaires : aucune sanction réelle n'est prévue si un État ne les respecte pas. C'est la grande faiblesse de la gouvernance climatique.

Ces difficultés posent une question de justice : les pays riches ont le plus pollué historiquement, tandis que les pays pauvres, souvent les plus exposés (sécheresses, montée des eaux), ont peu contribué au problème. D'où le principe de « responsabilités communes mais différenciées ».

7S'engager : citoyenneté et transition écologique

Le développement durable n'est pas seulement l'affaire des États : il engage chaque citoyen. La transition écologique désigne le passage d'un modèle fondé sur les énergies fossiles et le gaspillage vers un modèle sobre, renouvelable et solidaire.

Définition. La citoyenneté écologique est l'engagement de chacun en faveur de l'environnement et des générations futures : par ses choix de consommation, sa participation au débat public, l'action associative ou le vote.

Les formes d'engagement sont multiples :

  • individuelles : sobriété, tri, mobilité douce, consommation responsable ;
  • collectives : associations, ONG (Greenpeace, WWF), pétitions, manifestations ;
  • institutionnelles : voter, participer à une convention citoyenne (ex. la Convention citoyenne pour le climat, 2019-2020), saisir la justice.
Exemple. Des citoyens et des associations engagent désormais des recours en justice contre les États jugés trop inactifs : en France, l'« Affaire du siècle » (2021) a conduit le tribunal administratif à reconnaître un manquement de l'État dans la lutte contre le réchauffement. La justice devient un outil de la responsabilité environnementale.
À retenir
En bref :
• Le développement durable (rapport Brundtland, 1987) répond aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures.
• Il repose sur trois piliers : économique (viable), social (équitable), environnemental, articulés par une double solidarité entre les peuples et entre les générations.
• La justice intergénérationnelle est l'équité entre générations : nous avons des devoirs envers les générations futures, « grandes absentes » de la décision (éthique de la responsabilité, Hans Jonas).
• Principes clés : prévention (risque connu), précaution (risque incertain et grave), pollueur-payeur ; en France, Charte de l'environnement (valeur constitutionnelle depuis 2005).
• Gouvernance mondiale : Rio (1992), 17 ODD (Agenda 2030, 2015), Accord de Paris (COP21) ; limites = engagements peu contraignants. La transition écologique engage aussi chaque citoyen.
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