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Histoire · Classe de 6ᵉ

Les premières civilisations : Mésopotamie et Égypte

Naissance de l'écriture, des États et des villes

À propos de cette page
Ce cours de histoire en sixième sur « Les premières civilisations : Mésopotamie et Égypte » suit le programme officiel de histoire de sixième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La Mésopotamie : berceau des premières civilisations, Les Sumériens et la naissance des cités-États, L'invention de l'écriture cunéiforme, Babylone et le code d'Hammurabi. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de sixième à réussir en histoire.
Au programme
1 · La Mésopotamie : berceau des premières civilisations
2 · Les Sumériens et la naissance des cités-États
3 · L'invention de l'écriture cunéiforme
4 · Babylone et le code d'Hammurabi
5 · L'Égypte ancienne : le Nil et ses civilisations
6 · Le pharaon, un dieu sur terre
7 · Les pyramides et la religion égyptienne
8 · L'écriture hiéroglyphique
1La Mésopotamie : berceau des premières civilisations

La Mésopotamie est une région du Proche-Orient ancien, dont le nom grec signifie « pays entre les fleuves ». Elle est traversée par deux grands fleuves : le Tigre et l'Euphrate, qui correspondent aujourd'hui au territoire de l'Irak.

Mésopotamie. Du grec mesos (milieu) et potamos (fleuve) : « pays entre les fleuves ». Territoire situé entre le Tigre et l'Euphrate, dans l'actuel Irak.

Dès le IVe millénaire av. J.-C. (c'est-à-dire vers 4000–3000 av. J.-C.), des communautés agricoles sédentarisées se développent dans cette région. Les crues annuelles des fleuves déposent un limon fertile qui permet des récoltes abondantes. Des canaux d'irrigation sont creusés pour maîtriser l'eau et irriguer les champs.

Cette richesse agricole permet d'accumuler des surplus alimentaires, de nourrir des spécialistes (artisans, prêtres, guerriers) et de faire naître les premières villes. La Mésopotamie est ainsi considérée comme l'un des principaux berceaux de la civilisation humaine.

Exemple. La ville d'Ourouk (ou Uruk), vers 3300 av. J.-C., est l'une des premières grandes villes du monde : elle compte peut-être 50 000 habitants et est entourée d'une muraille de plus de 9 km de long.
2Les Sumériens et la naissance des cités-États

Les Sumériens sont le premier peuple dont on connaît la civilisation grâce aux nombreux documents écrits qu'ils nous ont laissés. Ils vivent en Mésopotamie méridionale (le sud de l'Irak actuel) à partir d'environ 3500 av. J.-C.

Cité-État. Ville autonome qui se gouverne elle-même et exerce son pouvoir sur le territoire environnant. La Mésopotamie est divisée en plusieurs cités-États indépendantes.

Les Sumériens organisent leur société en cités-États : Our (Ur), Ourouk, Lagash, Nippur… Chaque cité est dominée par un temple (la ziggourat), résidence du dieu protecteur de la ville. Le roi (lugal en sumérien) gouverne la cité au nom du dieu.

ÉlémentRôle
ZiggouratGrand temple en terrasses, demeure du dieu protecteur de la cité
Lugal (roi)Chef militaire et politique, représentant du dieu sur terre
ScribesSpécialistes de l'écriture, gardiens des archives et comptes
MarchandsAnimateurs du commerce régional et lointain

La société sumérienne est hiérarchisée : en haut, le roi, les prêtres et les grands propriétaires ; en bas, les paysans, les artisans et les esclaves. Des règles de droit apparaissent pour organiser la vie en commun.

Astuce. Pour mémoriser les cités sumériennes : « Our, Ourouk, Lagash » — trois villes clés à connaître pour l'examen.
3L'invention de l'écriture cunéiforme

Vers 3300 av. J.-C., les Sumériens inventent l'écriture cunéiforme — la première écriture de l'humanité dont on conserve des traces abondantes. Elle naît d'un besoin pratique : comptabiliser les réserves de grain et de bétail dans les greniers des temples.

Cunéiforme. Du latin cuneus (coin) : écriture formée de signes en forme de clous ou de coins, tracés à l'aide d'un roseau taillé (calame) sur des tablettes d'argile fraîche, puis séchées ou cuites.

À l'origine, l'écriture cunéiforme est pictographique : chaque signe représente un objet ou une idée (un bœuf, un poisson…). Progressivement, les signes se stylisent et deviennent syllabiques : ils transcrivent des sons. L'écriture peut alors noter des langues, des textes littéraires et des lois.

  • Les tablettes d'argile sont les principaux supports ; des dizaines de milliers ont été retrouvées lors de fouilles archéologiques.
  • Des scribes apprennent à écrire dans des écoles spécialisées appelées edubba (« maison des tablettes »).
  • Les textes les plus anciens sont des listes de marchandises ; les plus célèbres sont les tablettes de l'épopée de Gilgamesh.
Exemple. L'Épopée de Gilgamesh (~2100 av. J.-C.) est l'une des premières œuvres littéraires de l'humanité. Elle raconte les aventures du roi de la cité d'Ourouk et comprend un récit de déluge très proche de celui de la Bible.
Attention ! L'écriture cunéiforme n'est pas l'alphabet. L'alphabet (qui note des sons) sera inventé bien plus tard, vers 1200 av. J.-C., par les Phéniciens.
4Babylone et le code d'Hammurabi

Vers 1900 av. J.-C., un nouveau peuple, les Amorrites, prend le contrôle de la Mésopotamie et fait de Babylone leur capitale. Le roi Hammurabi (vers 1792–1750 av. J.-C.) est le souverain le plus célèbre de cette époque.

Hammurabi unifie la Mésopotamie sous son autorité et fait rédiger un recueil de lois, connu sous le nom de code d'Hammurabi, vers 1750 av. J.-C.

Code d'Hammurabi. Ensemble de 282 lois gravées sur une stèle de basalte noir de 2,25 m de hauteur. Il réglemente la vie sociale, commerciale, familiale et pénale en Mésopotamie. On peut la voir aujourd'hui au musée du Louvre.

Le code d'Hammurabi repose sur un principe de justice par le talion (« œil pour œil, dent pour dent »), mais les peines varient aussi selon le statut social de la victime et du coupable. Il témoigne de l'existence d'un État organisé avec des lois écrites.

DomaineExemple de loi
CommerceRègle les prêts d'argent et les contrats de vente
FamilleFixe les droits des femmes et le droit au divorce
PénalPunit les voleurs, les faux témoins, les assassins
TravailFixe les salaires des artisans et des médecins
5L'Égypte ancienne : le Nil et ses civilisations

L'Égypte ancienne est une autre grande civilisation du monde antique. Elle se développe le long du Nil, le plus long fleuve du monde, dans le nord-est de l'Afrique. Le géographe grec Hérodote dira : « L'Égypte est un don du Nil. »

Chaque année, le Nil connaît une crue (inondation) qui dépose sur ses rives un limon noir et fertile. Cette richesse agricole nourrit la population et permet l'émergence d'une civilisation puissante. L'Égypte se divise en deux régions :

  • La Haute Égypte : au sud, vallée étroite du Nil (couronne blanche).
  • La Basse Égypte : au nord, le delta du Nil, plus large et plus fertile (couronne rouge).
Unification de l'Égypte. Vers 3150 av. J.-C., le roi Narmer (ou Ménès) unifie la Haute et la Basse Égypte sous une seule autorité. Il est le premier pharaon de l'histoire d'Égypte.

La civilisation égyptienne dure plus de 3 000 ans (de 3150 av. J.-C. environ à 31 av. J.-C., date de la conquête romaine). Elle est organisée en dynasties (familles de rois qui se succèdent), regroupées en grandes périodes : l'Ancien Empire, le Moyen Empire et le Nouvel Empire.

Astuce. Retiens la chronologie : 3150 av. J.-C. = unification ; 2700–2200 = Ancien Empire (pyramides) ; 1550–1069 = Nouvel Empire (Toutankhamon, Ramsès II).
6Le pharaon, un dieu sur terre

En Égypte, le souverain porte le titre de pharaon. Il est bien plus qu'un simple roi : il est considéré comme un dieu vivant, fils du dieu solaire , et incarnation du dieu Horus sur terre. À sa mort, il rejoint Osiris, dieu des morts.

Pharaon. Du mot égyptien Per-aâ (la « Grande Maison »), qui désigne d'abord le palais royal, puis par extension le roi lui-même. Le pharaon est à la fois chef politique, militaire et religieux.

Les pouvoirs du pharaon sont illimités : il dirige l'armée, rend la justice, contrôle l'économie et assure le maintien de l'ordre cosmique (Maât). Les scribes et les fonctionnaires l'aident à administrer ce vaste pays.

SymboleSignification
Double couronne (pschent)Union de la Haute et la Basse Égypte
Sceptre et flagellumAutorité royale et pouvoir de châtiment
Barbe posticheSigne de divinité (même pour les reines pharaons)
CartoucheOvale entourant le nom du pharaon, le protégeant magiquement

Parmi les pharaons célèbres : Ramsès II (1279–1213 av. J.-C.), grand conquérant et bâtisseur ; Toutankhamon (XIVe s. av. J.-C.), dont la tombe intacte fut découverte en 1922 par Howard Carter ; et Cléopâtre VII, dernier pharaon (51–30 av. J.-C.).

7Les pyramides et la religion égyptienne

Les pyramides sont l'un des symboles les plus connus de l'Égypte ancienne. Ce sont des tombeaux monumentaux construits pour les pharaons lors de l'Ancien Empire (vers 2700–2200 av. J.-C.).

La plus célèbre est la pyramide de Khéops, construite vers 2560 av. J.-C. à Gizeh. Haute de 138 m aujourd'hui (147 m à l'origine), elle est composée de plus de 2 millions de blocs de pierre pesant chacun environ 2,5 tonnes.

Momification. Technique de conservation du corps du défunt, pratiquée en Égypte ancienne. Les Égyptiens croient que l'âme (ka) du mort doit pouvoir retrouver son corps pour vivre éternellement dans l'au-delà.

La religion égyptienne est polythéiste : les Égyptiens adorent de nombreux dieux, souvent représentés mi-humains, mi-animaux :

  • (ou Rà) : dieu solaire, créateur du monde.
  • Osiris : dieu des morts et de la résurrection.
  • Isis : déesse de la maternité et de la magie, épouse d'Osiris.
  • Horus : dieu faucon, fils d'Osiris, protecteur du pharaon.
  • Anubis : dieu à tête de chacal, gardien des morts.
Exemple. Selon la religion égyptienne, après la mort, le cœur du défunt est pesé sur une balance par le dieu Anubis, face à la plume de la déesse Maât (symbole de la vérité). Si le cœur est plus léger que la plume, le défunt accède au paradis.
8L'écriture hiéroglyphique

L'Égypte ancienne possède sa propre écriture : les hiéroglyphes, dont le nom vient du grec et signifie « signes sacrés gravés ». Cette écriture naît vers 3300 av. J.-C., à peu près au même moment que le cunéiforme mésopotamien.

Hiéroglyphes. Écriture égyptienne mêlant des signes-images (idéogrammes) et des signes phonétiques (qui notent des sons). On compte environ 700 signes utilisés couramment, et plusieurs milliers au total.

Les hiéroglyphes s'écrivent de gauche à droite, de droite à gauche ou de haut en bas, selon l'orientation des personnages dessinés. Ils servent surtout aux textes officiels et religieux gravés sur les temples, les tombeaux et les obélisques.

Pour les textes courants, les scribes utilisent une écriture simplifiée : le hiératique, tracé à l'encre sur des feuilles de papyrus (fabriquées à partir d'une plante du Nil). Plus tard apparaît le démotique, encore plus simplifié, pour l'usage quotidien.

Exemple. La pierre de Rosette, découverte en 1799 lors de la campagne d'Égypte de Napoléon, porte un même texte en hiéroglyphes, en démotique et en grec. C'est grâce à elle que le Français Champollion déchiffre les hiéroglyphes en 1822.
Attention ! Les hiéroglyphes ne sont pas un alphabet comme le nôtre. Ils combinent des pictogrammes, des signes syllabiques et des déterminatifs (signes sans son qui précisent le sens).
À retenir
À retenir :
Mésopotamie = pays entre le Tigre et l'Euphrate ; premières villes (Ourouk) vers 3500–3300 av. J.-C.
Sumériens : inventeurs de l'écriture cunéiforme (~3300 av. J.-C.) et des cités-États.
Hammurabi : roi de Babylone (~1750 av. J.-C.) ; auteur du plus ancien code de lois connu.
Égypte unifiée vers 3150 av. J.-C. par Narmer ; civilisation du Nil fondée sur la crue annuelle.
• Le pharaon est roi et dieu vivant ; les pyramides sont ses tombeaux (Khéops, ~2560 av. J.-C.).
• Religion polythéiste égyptienne : Rê, Osiris, Isis, Horus, Anubis.
• Écriture hiéroglyphique (~3300 av. J.-C.) déchiffrée par Champollion en 1822 grâce à la pierre de Rosette.
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