Exercice 1 — Vocabulaire des espaces à fortes contraintes
Définitions attendues (1 point chacune) :
- Contrainte naturelle : un obstacle naturel qui rend difficile l'installation ou la vie des êtres humains dans un milieu. Exemples de contraintes : froid extrême, aridité (manque d'eau), altitude élevée.
- Oasis : un point d'eau (source ou nappe phréatique souterraine) situé au cœur d'un désert. L'oasis permet le développement de cultures (palmiers-dattiers, céréales) et d'un habitat permanent, formant une « île de vie » dans l'aridité.
- Permafrost (ou pergélisol) : sol gelé en permanence, caractéristique des zones polaires et subpolaires (Arctique, Sibérie). Il empêche l'eau de s'infiltrer dans le sol et rend la construction très difficile car les bâtiments peuvent s'enfoncer lorsque la surface dégèle en été.
- Désertification : processus par lequel des terres fertiles se transforment progressivement en désert, sous l'effet conjugué du changement climatique et des activités humaines (surpâturage, déforestation, irrigation excessive). Elle menace notamment le Sahel, zone au sud du Sahara.
Exercice 2 — Identifier et classer les espaces à fortes contraintes
2.1 Tableau (3 pts)
| Espace | Type de contrainte principale | Exemple de peuple |
|---|
| Le Sahara | Aridité / sécheresse (moins de 100 mm de pluie/an) | Les Touaregs (ou Berbères) |
| L'Arctique | Froid extrême et glaces permanentes (températures pouvant descendre à −40 °C) | Les Inuits (ou Samis, Yakoutes) |
| L'Himalaya | Altitude élevée (jusqu'à 8 849 m), froid, manque d'oxygène, pentes raides | Les Sherpas (ou Tibétains) |
Justification : Chaque espace possède une contrainte physique dominante différente : l'eau manque dans le Sahara, la chaleur est absente en Arctique, et l'oxygène se raréfie à l'Himalaya. Dans les trois cas, la densité de population est inférieure à 1 hab/km².
2.2 Peu peuplés mais pas inhabités (2 pts)Ces espaces sont
peu peuplés parce que les conditions naturelles extrêmes (froid, aridité, altitude) rendent difficile l'installation humaine permanente. La densité de population y est souvent inférieure à 1 habitant par km². Cependant, ils ne sont pas
inhabités : des peuples ont su y développer des adaptations remarquables pour y survivre depuis des millénaires.
Exemple : Les Inuits habitent l'Arctique canadien (territoire du Nunavut) depuis des millénaires, grâce à des techniques de chasse, de construction (igloo) et de vêtements (fourrures multicouches) parfaitement adaptées au grand froid.
Exercice 3 — Les adaptations humaines aux milieux extrêmes
3.1 Deux adaptations par milieu (3 pts — 1 pt par milieu)
- Le désert (Sahara) :
① Le nomadisme : les Touaregs se déplacent régulièrement pour trouver des points d'eau et des pâturages pour leurs troupeaux de chameaux et de chèvres, car les ressources sont dispersées dans l'espace.
② L'oasis : des populations sédentaires s'installent autour des points d'eau naturels (nappes phréatiques) et y pratiquent une agriculture irriguée (palmiers-dattiers, céréales).
(Autres réponses acceptées : habitat en tente légère et ventilée, vêtements couvrants contre le soleil et le vent de sable.) - Le milieu polaire (Arctique) :
① L'igloo : abri en blocs de neige en forme de dôme qui piège la chaleur corporelle à l'intérieur grâce aux propriétés isolantes de la neige.
② La chasse et la pêche : les Inuits chassent le phoque et l'ours polaire, et pêchent sous la glace pour se nourrir et se vêtir (fourrures, peaux imperméables).
(Autres réponses acceptées : vêtements en fourrure multicouche, traîneaux à chiens, motoneiges.) - La haute montagne (Andes) :
① Les terrasses agricoles : paliers horizontaux taillés dans les pentes pour créer des surfaces planes cultivables et limiter l'érosion (construites par les Incas, encore utilisées aujourd'hui).
② L'élevage adapté : les populations andines élèvent des lamas et des alpagas, animaux adaptés à l'altitude (résistants au froid et au manque d'oxygène), qui fournissent laine, viande et servent de bêtes de somme.
(Autres réponses acceptées : transhumance, adaptation physiologique — capacité pulmonaire plus grande —, polyculture étagée selon l'altitude.)
3.2 La transhumance (2 pts)La
transhumance est le déplacement
saisonnier des troupeaux (et parfois des bergers) entre deux espaces complémentaires :
- En hiver : les troupeaux restent dans les vallées ou les plaines, où il fait moins froid et où la nourriture est accessible.
- En été : les troupeaux montent vers les alpages (pâturages d'altitude), où l'herbe est fraîche et abondante.
Cette pratique est répandue principalement en
milieu de montagne : dans les Alpes, les Pyrénées, l'Atlas (Maghreb) et, sous des formes comparables, dans d'autres chaînes montagneuses du monde (Andes, Himalaya). Elle permet de tirer parti des ressources de pâturage selon les saisons et d'éviter la surexploitation d'un seul espace.
Exercice 4 — Analyse d'une situation géographique
Rappel du contexte : Abu Dhabi (Émirats arabes unis), en plein désert arabique, dépasse 45 °C en été, mais compte plus de 1,5 million d'habitants, gratte-ciels, hôtels de luxe et piste de ski en intérieur.
a) Les contraintes naturelles de ce milieu (1 pt)
- L'aridité : le désert arabique reçoit très peu de précipitations (moins de 100 mm/an) ; l'eau douce est quasi absente à l'état naturel.
- La chaleur extrême : les températures dépassent régulièrement 45 °C en été, rendant toute activité extérieure dangereuse.
- L'absence de végétation et de sols fertiles : le sable et le sol pierreux ne permettent pas l'agriculture sans irrigation artificielle.
b) Les facteurs ayant permis le développement de la ville (1,5 pt)- Les revenus pétroliers : la découverte et l'exploitation du pétrole au XXe siècle ont procuré une richesse considérable, finançant toutes les infrastructures (routes, bâtiments, aéroport, réseau électrique).
- Les technologies modernes : la climatisation rend les bâtiments et les espaces publics supportables malgré la chaleur ; la dessalinisation de l'eau de mer (traitement de l'eau du Golfe Persique) fournit l'eau douce nécessaire à la population ; les transports aériens permettent d'importer nourriture et matériaux.
- L'appel à une main-d'œuvre internationale : des millions de travailleurs étrangers ont été recrutés pour construire et faire fonctionner cette ville.
c) Ce développement est-il possible partout ? (1,5 pt)Non, ce modèle n'est pas reproductible dans tous les déserts du monde. Il repose sur deux conditions très spécifiques :
- Une richesse en pétrole ou en ressources minérales qui génère les revenus nécessaires pour financer les infrastructures et les technologies coûteuses (dessalement, climatisation).
- Un accès à la mer ou à une source d'eau permettant la dessalinisation.
Des déserts comme le Sahara central ou le désert du Gobi ne disposent pas de ces ressources et de ces conditions. Le développement d'Abu Dhabi est donc une
exception liée à des conditions géographiques et économiques très particulières.
Exercice 5 — Question de synthèse rédigée
Éléments attendus dans la réponse :
- Annonce de position claire : Non, les espaces à fortes contraintes ne sont pas condamnés à rester vides ; les hommes peuvent les habiter et les valoriser, à condition de s'y adapter.
- Argument 1 — les adaptations traditionnelles : depuis des millénaires, des populations ont trouvé des solutions pour vivre dans ces milieux. Exemple : les Touaregs dans le Sahara pratiquent le nomadisme et utilisent les oasis ; les Inuits de l'Arctique ont mis au point l'igloo, la chasse au phoque et des vêtements en fourrure pour survivre au froid extrême ; les populations andines ont créé des terrasses agricoles pour cultiver sur les pentes raides.
- Argument 2 — la valorisation économique moderne : ces espaces renferment des ressources précieuses. La découverte du pétrole dans les déserts du Moyen-Orient a permis la naissance de mégapoles (Abu Dhabi, Dubaï) grâce aux technologies modernes (climatisation, dessalement). Les montagnes sont valorisées par le tourisme (stations de ski dans les Alpes, randonnée).
- Nuance : ces milieux restent fragiles et leur valorisation pose des questions (changement climatique, droits des peuples autochtones, désertification).
- Conclusion : les espaces à fortes contraintes sont donc habités et valorisés, mais ils exigent des adaptations spécifiques, qu'elles soient traditionnelles ou technologiques.
Critères de notation :- 1 pt : au moins deux milieux différents illustrés avec des exemples précis (noms de peuples, de lieux, de techniques).
- 1 pt : rédaction organisée (introduction, développement, conclusion ou minimum 6 lignes) avec un vocabulaire géographique correct (contrainte, adaptation, ressource, nomadisme, oasis, permafrost, terrasse agricole…).