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Collège · 5ᵉ · Histoire

Les croisades et les contacts entre chrétienté et islam

Échanges, conflits et influences mutuelles en Méditerranée

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « Les croisades et les contacts entre chrétienté et islam » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Pourquoi partir ? L'appel de Clermont (1095), La première croisade et la prise de Jérusalem (1096-1099), Les États latins d'Orient : une bande côtière fragile, Saladin et la reprise de Jérusalem (1187). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
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Pourquoi partir ? L'appel de Clermont (1095)

Depuis des siècles, des chrétiens d'Occident vont en pèlerinage à Jérusalem, où se trouve le tombeau du Christ. Dans la seconde moitié du XIe siècle, la situation se tend : les Turcs seldjoukides, récemment convertis à l'islam, écrasent l'armée byzantine à Manzikert en 1071, s'emparent de l'Anatolie puis de Jérusalem. L'empereur byzantin Alexis Ier Comnène demande alors des renforts à l'Occident.

Le 27 novembre 1095, au concile de Clermont, le pape Urbain II appelle les chevaliers d'Occident à partir délivrer les Lieux saints. La foule répond, dit-on, « Deus lo vult ! » — « Dieu le veut ! ». Ceux qui s'engagent cousent une croix de tissu sur leur vêtement : d'où, bien plus tard, le mot croisade.

Croisade. Expédition militaire menée par des chrétiens d'Occident, décidée et bénie par le pape, pour reprendre les Lieux saints. Elle est présentée comme une guerre sainte : le pape promet la rémission des péchés (l'indulgence) à ceux qui partent.
Attention ! Les contemporains ne disent pas « croisade » : ils parlent du voyage, du pèlerinage ou du passage d'outre-mer. Le mot français apparaît seulement au XVIIe siècle. Attention aussi à la motivation : la foi est réelle, mais beaucoup de cadets de familles nobles, qui n'hériteront d'aucune terre, espèrent aussi en conquérir une.
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La première croisade et la prise de Jérusalem (1096-1099)

Au printemps 1096 partent d'abord des bandes de pauvres mal armées, entraînées par le prédicateur Pierre l'Ermite : elles pillent sur leur route, massacrent des communautés juives en Rhénanie, et sont anéanties en Anatolie. À l'automne suivent les véritables armées de chevaliers, conduites entre autres par Godefroy de Bouillon, Raymond de Saint-Gilles et Bohémond de Tarente.

La marche est longue de près de 4 000 km et dure trois ans : Nicée tombe en 1097, Antioche après huit mois de siège en 1098. Le 15 juillet 1099, les croisés prennent Jérusalem et massacrent une grande partie de ses habitants, musulmans et juifs. Godefroy de Bouillon refuse le titre de roi et se fait appeler avoué du Saint-Sépulcre ; c'est son frère Baudouin Ier qui devient roi de Jérusalem en 1100.

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Les États latins d'Orient : une bande côtière fragile

Les vainqueurs se partagent les terres conquises et fondent quatre États latins, organisés à l'occidentale, avec fiefs, vassaux et châteaux.

ÉtatFondation
Comté d'Édesse1098 — le plus au nord, le plus exposé
Principauté d'Antioche1098
Royaume de Jérusalem1099-1100 — le plus prestigieux
Comté de Tripoli1109

Ces États ne forment qu'une étroite bande de côte, large de quelques dizaines de kilomètres, coincée entre la mer et les puissances musulmanes. Les Francs y sont une petite minorité au milieu de populations musulmanes, juives et de chrétiens d'Orient. Pour tenir, ils construisent d'immenses forteresses — le Krak des Chevaliers — et s'appuient sur les ordres militaires, des moines-soldats : les Templiers (créés vers 1120) et les Hospitaliers de Saint-Jean.

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Saladin et la reprise de Jérusalem (1187)

Face aux Francs, les pouvoirs musulmans sont d'abord divisés. Tout change avec Saladin (Salāh al-Dīn), un chef de guerre d'origine kurde qui devient maître de l'Égypte en 1171, puis de la Syrie : il réunit les deux pays autour de lui et prêche le djihad contre les croisés.

Le 4 juillet 1187, il écrase l'armée franque à Hattin, près du lac de Tibériade : les chevaliers, épuisés par la soif, sont anéantis. Privé d'armée, le royaume s'effondre, et Jérusalem capitule le 2 octobre 1187. Cette fois, il n'y a pas de massacre : les habitants peuvent racheter leur liberté, et Saladin laisse les pèlerins chrétiens accéder aux Lieux saints.

L'Occident réagit par la troisième croisade (1189-1192), avec trois souverains : l'empereur Frédéric Barberousse (qui se noie en route, en 1190), le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion. Ils reprennent Acre en 1191, mais échouent devant Jérusalem. Le traité de Jaffa (1192) scelle un compromis : la ville reste musulmane, mais les pèlerins chrétiens peuvent s'y rendre librement.

Astuce. Saladin a été admiré jusque chez ses adversaires, qui louaient sa parole tenue et sa générosité. Pour un historien, cela n'a rien de sentimental : les deux camps partagent un même code de l'honneur guerrier, et chacun a intérêt à se montrer grand face à un adversaire grand.
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Des croisades qui s'égarent (1202-1291)

On compte huit grandes croisades entre 1096 et 1270. Les dernières s'éloignent de leur but affiché.

  • La deuxième (1147-1149), lancée après la chute d'Édesse en 1144 et conduite par Louis VII et Conrad III, échoue devant Damas.
  • La quatrième (1202-1204) n'atteint jamais la Terre sainte : détournée par Venise, elle pille Constantinople en 1204 — une ville chrétienne — et y installe un empire latin. Le schisme de 1054 devient une rupture définitive dans les mémoires.
  • Louis IX (Saint Louis) part deux fois : en Égypte en 1248-1254, où il est fait prisonnier à Mansourah en 1250, puis en 1270 vers Tunis, où il meurt de maladie.

En 1291, la chute de Saint-Jean-d'Acre, dernière grande place franque, met fin aux États latins d'Orient : deux siècles de présence pour un résultat militaire nul.

Attention ! Ne confonds pas avec la Reconquista : c'est la reconquête de la péninsule Ibérique par les royaumes chrétiens, du Xe siècle à la prise de Grenade en 1492. Autre espace, autre durée, même justification religieuse.
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La Méditerranée, mer de guerre et de commerce

Pendant que l'on se bat, on commerce — parfois entre ennemis. Les villes italiennesVenise, Gênes, Pise — transportent les croisés, les ravitaillent, et obtiennent en échange des quartiers et des privilèges dans les ports d'Orient. Elles deviennent très riches.

De l'Orient vers l'Occidentépices (poivre, cannelle, girofle), soie, coton, sucre, parfums, tapis, papier, teintures
De l'Occident vers l'Orientdraps de laine de Flandre, bois, fer, armes, esclaves, argent

Ces produits arrivent d'abord par les caravanes venues d'Asie, puis passent par Alexandrie, Damas ou Acre avant d'être embarqués. Revendus en Europe au prix de l'or, ils nourrissent l'essor des foires de Champagne.

Exemple. Notre vocabulaire garde la trace de ces échanges : amiral, arsenal, douane, magasin, sucre, coton, orange, abricot, sirop, chiffre, zéro, algèbre viennent tous de l'arabe.
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Ce que l'Occident a appris du monde musulman

Les contacts les plus féconds n'ont pas lieu sur les champs de bataille, mais là où les cultures se côtoient durablement : en Sicile, à Tolède en Espagne reconquise, dans les ports d'Orient. Des traducteurs y font passer de l'arabe au latin des ouvrages grecs et arabes.

DomaineCe que l'Europe reçoit
Mathématiquesles chiffres dits arabes (nés en Inde), le zéro, l'algèbre d'al-Khwarizmi
Médecinele Canon de la médecine d'Ibn Sina (Avicenne), enseigné en Europe pendant des siècles
PhilosophieAristote, redécouvert grâce aux commentaires d'Ibn Rushd (Averroès)
Techniquesle papier, la boussole, l'astrolabe, le moulin amélioré, de nouvelles cultures (canne à sucre, agrumes)
Attention ! Ne crois pas que les croisades ont « apporté » tout cela : ce sont surtout l'Espagne et la Sicile, où l'on vit côte à côte, qui jouent ce rôle de passeur. La guerre, elle, ferme les portes plus qu'elle ne les ouvre.
En bref
  • 1095 : au concile de Clermont, le pape Urbain II appelle à la croisade et promet l'indulgence (le pardon des péchés).
  • 15 juillet 1099 : prise de Jérusalem, suivie d'un massacre. Quatre États latins sont fondés : Édesse, Antioche, Jérusalem, Tripoli — une simple bande côtière.
  • Pour tenir : des forteresses (Krak des Chevaliers) et des moines-soldats, Templiers et Hospitaliers.
  • 1187 : Saladin, maître de l'Égypte et de la Syrie, écrase les Francs à Hattin et reprend Jérusalem sans massacre.
  • 1189-1192 : 3e croisade (Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion) ; le traité de Jaffa laisse la ville musulmane mais ouverte aux pèlerins.
  • 1204 : la 4e croisade pille Constantinople, ville chrétienne. 1270 : mort de Louis IX devant Tunis. 1291 : chute d'Acre, fin des États latins.
  • Malgré la guerre, la Méditerranée reste une mer d'échanges : épices, soie, sucre, papier ; Venise, Gênes, Pise s'enrichissent.
  • Transmissions décisives par l'Espagne et la Sicile : chiffres et zéro, algèbre (al-Khwarizmi), médecine (Avicenne), Aristote (Averroès).
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