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Collège · 5ᵉ · Histoire

La société féodale et seigneuriale

Seigneurs, paysans et clercs dans l'ordre féodal

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « La société féodale et seigneuriale » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Après les Carolingiens : le pouvoir se morcelle, Le lien féodal : hommage, fief, vassal, La seigneurie : la terre et les hommes, Ce que le paysan doit : redevances, corvées, banalités. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
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Après les Carolingiens : le pouvoir se morcelle

Au IXe siècle, l'empire de Charlemagne se disloque (traité de Verdun, 843), tandis que Vikings, Hongrois et Sarrasins ravagent l'Europe. Les rois sont trop loin et trop faibles pour protéger qui que ce soit : les habitants se tournent vers le seigneur le plus proche, celui qui possède un château et des hommes armés.

Vers l'an 1000, le pouvoir réel s'est ainsi émietté en des centaines de seigneuries. Pour ne pas sombrer dans l'anarchie, les puissants se lient entre eux par des serments personnels : c'est la féodalité.

Féodalité. Organisation de la société où les puissants sont unis par des liens personnels de fidélité : un vassal promet service à un seigneur, qui lui remet un fief. Le mot vient de feodum, le fief.
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Le lien féodal : hommage, fief, vassal

Le lien féodal naît d'une cérémonie précise, l'hommage, qui se déroule en trois temps.

Le vassal doitl'aide : combattre pour son seigneur (l'ost, 40 jours par an), payer sa rançon, contribuer au mariage de sa fille aînée et à l'adoubement de son fils aîné ; le conseil : siéger à sa cour, le conseiller, juger avec lui.
Le seigneur doitla protection (défendre son vassal) et l'entretien, assuré par le fief : le plus souvent une terre avec ses paysans, parfois un revenu, un droit, un château.

Un vassal peut être lui-même seigneur d'autres vassaux : on obtient une pyramide féodale, avec le roi au sommet — en théorie. Si l'une des parties ne tient pas sa parole, on parle de félonie : le seigneur peut reprendre le fief, le vassal peut se dégager.

Attention ! Le fief n'est pas un cadeau : il est prêté en échange d'un service, et le seigneur reste son maître. Mais dès le Xe siècle, les fiefs deviennent héréditaires dans les faits : le fils reprend le fief du père en renouvelant l'hommage.
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La seigneurie : la terre et les hommes

Seigneurie. Ensemble des terres sur lesquelles un seigneur exerce son pouvoir : il en tire des revenus et y commande aux habitants. Un seigneur peut être un noble, mais aussi un évêque ou une abbaye.

La seigneurie comprend deux parties.

La réserveles terres que le seigneur garde pour lui, avec le château, le moulin, le four, les bois et les étangs ; elles sont travaillées par ses domestiques et par les corvées des paysans
Les tenures (ou manses)les parcelles concédées aux familles paysannes, qui les cultivent pour elles-mêmes contre des redevances ; en pratique, la tenure se transmet de père en fils

Le seigneur y détient le ban : le droit de commander, de juger et de punir. Il rend la justice pour les affaires courantes, organise la défense, fixe les dates des récoltes et des vendanges. En échange, il est censé protéger ses paysans, notamment en les accueillant dans l'enceinte du château en cas de danger.

Exemple. Une seigneurie de taille moyenne regroupe quelques villages et quelques centaines d'habitants. Le seigneur peut être un simple chevalier ; les grands seigneurs — ducs, comtes — en possèdent des dizaines, et les confient en fief à leurs vassaux.
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Ce que le paysan doit : redevances, corvées, banalités

Le paysan verse au seigneur une part importante de ce qu'il produit — et il verse en plus la dîme à l'Église.

Le censune somme d'argent fixe, versée chaque année pour la tenure
Le champartune part de la récolte, souvent entre le sixième et le douzième des gerbes
Les corvéesdes journées de travail gratuit sur la réserve ou pour entretenir routes et fossés
Les banalitésl'obligation d'utiliser, contre paiement, le moulin, le four et le pressoir du seigneur
La tailleun impôt levé quand le seigneur en a besoin, pour la guerre ou une construction
Les péagesdes taxes sur les ponts, les routes et les marchés
Astuce. « Banalités » vient du ban, le pouvoir de commander : un four banal est un four que le seigneur impose. Et souviens-toi que la dîme n'est pas dans ce tableau : elle va à l'Église, pas au seigneur.

Au total, entre le seigneur et l'Église, le paysan perd souvent plus du tiers de sa récolte. Les années de mauvaise récolte, c'est la famine.

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Serfs et vilains : libres ou non

Tous les paysans dépendent d'un seigneur, mais ils ne sont pas tous égaux.

Le vilainLe serf
Statutpaysan librepaysan non libre, attaché à la terre
Peut-il partir ?oui, s'il a payé ce qu'il doitnon, sans l'accord du seigneur
Charges particulièresaucunele chevage (taxe par tête), le formariage (taxe pour se marier hors de la seigneurie), la mainmorte (le seigneur récupère une part de l'héritage)
Attention ! Le serf n'est pas un esclave : il a une famille, une maison, une tenure qu'il transmet, et le seigneur ne peut ni le vendre ni le tuer. Son statut est une dépendance, pas une propriété. Et « vilain » signifie simplement « habitant de la villa », le domaine : le sens péjoratif vient plus tard.

La proportion de serfs varie beaucoup selon les régions et diminue à partir du XIIe siècle, quand les seigneurs accordent des affranchissements, souvent contre paiement.

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Le château et le chevalier

Le château est d'abord une motte castrale : une butte de terre artificielle, surmontée d'une tour de bois et entourée d'une palissade et d'un fossé (Xe-XIe siècle). Puis le bois cède la place à la pierre : le donjon, puis l'enceinte à tours. Le château est à la fois résidence du seigneur, forteresse et symbole de son pouvoir sur le pays alentour.

Le chevalier est un guerrier à cheval, lourdement équipé : cheval de guerre, cotte de mailles, heaume, lance, épée, écu. Cet équipement coûte le prix de plusieurs fermes — seuls les fils de la noblesse y accèdent. Vers 16-20 ans, le jeune homme reçoit l'adoubement : on lui remet ses armes, et il reçoit la colée, un coup du plat de la main ou de l'épée sur la nuque.

Entre deux guerres, le chevalier s'entraîne aux tournois et chasse. L'Église cherche à canaliser cette violence : la Paix de Dieu (989) protège les non-combattants, la Trêve de Dieu (vers 1027) interdit de se battre du mercredi soir au lundi matin ; et l'idéal du chevalier courtois, chanté dans les romans de Chrétien de Troyes (Lancelot, Perceval), lui demande de défendre l'Église, les faibles et les dames.

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Un monde qui change : défrichements et chartes de franchise

Du XIe au XIIIe siècle, l'Occident connaît un essor sans précédent. Les paysans gagnent des terres sur la forêt et les marais : ce sont les grands défrichements, souvent encouragés par les seigneurs et les abbayes qui attirent des colons en leur promettant des conditions favorables (les villeneuves).

Des progrès techniques accompagnent ce mouvement : la charrue à roues et à versoir, qui retourne les sols lourds du Nord ; le collier d'épaule, qui permet au cheval de tirer sans s'étrangler ; l'assolement triennal, qui ne laisse en jachère qu'un tiers des terres au lieu de la moitié ; la multiplication des moulins à eau puis à vent.

Plus nombreux, plus utiles, les paysans négocient : les seigneurs leur accordent des chartes de franchise, qui fixent par écrit les redevances et suppriment les charges les plus arbitraires. La charte de Lorris (1155), accordée par le roi Louis VII, sert de modèle à des centaines de villages.

Exemple. La charte de Lorris limite le cens à six deniers par maison, dispense les habitants de la taille et des corvées, et interdit de les convoquer à l'armée s'ils ne peuvent rentrer le soir même.
En bref
  • Après 843, le pouvoir royal s'efface : les seigneurs et leurs châteaux protègent et commandent.
  • Féodalité = liens personnels entre puissants : l'hommage (mains, serment de foi, investiture) fait d'un homme le vassal d'un seigneur, qui lui remet un fief. Le vassal doit aide et conseil ; le seigneur, protection.
  • La seigneurie = la réserve du seigneur + les tenures des paysans. Le seigneur y détient le ban (commander, juger, punir).
  • Le paysan verse le cens, le champart, la taille, fait des corvées, subit les banalités (four, moulin, pressoir) — et paie la dîme à l'Église.
  • Vilain = paysan libre ; serf = paysan non libre (chevage, formariage, mainmorte), mais pas un esclave.
  • Le château : motte de terre et bois → donjon et enceinte de pierre. Le chevalier est adoubé ; l'Église encadre sa violence (Paix et Trêve de Dieu, idéal courtois).
  • XIe-XIIIe s. : défrichements, charrue, assolement triennal ; la population double presque. Les chartes de franchise (Lorris, 1155) allègent les charges.
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