À propos de cette page
Ce cours de géographie en cinquième sur « Les risques naturels » suit le programme officiel de géographie de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Aléa, vulnérabilité et risque : comprendre les notions clés, Les séismes et les tsunamis, Les éruptions volcaniques, Les cyclones tropicaux. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en géographie.
Au programme
1 · Aléa, vulnérabilité et risque : comprendre les notions clés
2 · Les séismes et les tsunamis
3 · Les éruptions volcaniques
4 · Les cyclones tropicaux
5 · Les inondations et les glissements de terrain
6 · Une vulnérabilité inégale selon les territoires
7 · Prévenir, prévoir et gérer les risques naturels
1Aléa, vulnérabilité et risque : comprendre les notions clés
Un risque naturel est la possibilité qu'un phénomène naturel cause des dommages à une société humaine. Il résulte de la rencontre entre un aléa et une vulnérabilité.
Définitions essentielles.
• Aléa : phénomène naturel d'origine géologique, météorologique ou climatique qui peut être dangereux (séisme, éruption volcanique, cyclone, inondation…).
• Vulnérabilité : degré d'exposition et de fragilité d'une société face à un aléa. Elle dépend de la densité de population, de la qualité des constructions, des systèmes d'alerte, des ressources économiques.
• Risque = Aléa × Vulnérabilité. Un désert peut connaître un fort aléa sismique sans risque majeur faute de population.
Le catastrophe naturelle est la réalisation du risque : quand l'aléa frappe une société vulnérable, il provoque des pertes humaines, des destructions matérielles et des dommages environnementaux. L'enjeu désigne tout ce qui peut être endommagé : populations, infrastructures, biens économiques.
Exemple. Le séisme de magnitude 7 de 2010 en Haïti a fait plus de 200 000 morts, alors qu'un séisme comparable en Nouvelle-Zélande (2011, Christchurch) a causé beaucoup moins de victimes : la différence tient à la vulnérabilité bien plus forte d'Haïti (pauvreté, constructions fragiles, institutions affaiblies).
2Les séismes et les tsunamis
Un séisme (ou tremblement de terre) est une vibration soudaine du sol produite par la libération d'énergie accumulée dans la lithosphère. Il résulte du mouvement des plaques tectoniques : leur friction ou leur collision provoque des ruptures le long de failles.
Mots clés.
• Foyer (hypocentre) : point souterrain d'où part le séisme.
• Épicentre : point à la surface terrestre situé à la verticale du foyer, où les secousses sont les plus fortes.
• Magnitude : mesure de l'énergie libérée (échelle de Richter). Chaque degré = 32 fois plus d'énergie.
• Répliques : secousses plus faibles qui suivent le séisme principal.
Les zones les plus sismiques du monde se trouvent autour de l'océan Pacifique (la « Ceinture de feu »), en Méditerranée, dans l'Himalaya et au Moyen-Orient. En France, les régions les plus exposées sont les Antilles, les Pyrénées, les Alpes et la région de Nice.
Attention ! La magnitude mesure l'énergie du séisme. L'intensité mesure ses effets à un endroit précis (destructions, ressentis). Un séisme de forte magnitude peut avoir une faible intensité à la surface s'il est très profond.
Un tsunami est une vague géante déclenchée par un séisme sous-marin, une éruption volcanique ou un glissement de terrain. Les vagues peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres à la côte. Le tsunami de 2004 dans l'océan Indien a causé environ 230 000 morts dans 14 pays. Celui de 2011 (Tōhoku, Japon) a provoqué des vagues de plus de 10 mètres et déclenché la catastrophe nucléaire de Fukushima.
3Les éruptions volcaniques
Un volcan est une zone de la surface terrestre par laquelle du magma (roche en fusion provenant des profondeurs du manteau) remonte et se libère sous forme de lave, de cendres ou de gaz. Les volcans se situent principalement aux frontières des plaques tectoniques ou au-dessus de points chauds.
Deux grands types d'éruptions.
• Éruptions effusives : coulées de lave fluide, peu explosives. Elles sont spectaculaires mais laissent souvent le temps d'évacuer (ex. Piton de la Fournaise à La Réunion, Kilauea à Hawaï).
• Éruptions explosives : projections de cendres, de roches, de gaz à haute température. Elles produisent des nuées ardentes (coulées de gaz brûlants et de débris) particulièrement meurtrières (ex. Vésuve en 79 ap. J.-C., Montagne Pelée en 1902 à la Martinique).
Les dangers volcaniques incluent les coulées de lave, les nuées ardentes, les projections de bombes volcaniques, les lahars (coulées de boue mêlée de cendres), les chutes de cendres et les tsunamis déclenchés par les effondrements volcaniques. Les éruptions peuvent aussi perturber le trafic aérien à l'échelle mondiale (comme l'éruption de l'Eyjafjallajökull en Islande en 2010).
Astuce. Pour retenir les deux types : « effusif = fluide, explosif = violent ». Les volcans de la Ceinture de feu sont souvent explosifs ; les volcans en points chauds (Hawaï, La Réunion) sont souvent effusifs.
La surveillance volcanique permet aujourd'hui de détecter les signes précurseurs (tremblements de terre, déformation du sol, émission de gaz) et d'évacuer les populations avant les éruptions dangereuses.
4Les cyclones tropicaux
Un cyclone tropical (appelé ouragan dans l'Atlantique ou typhon dans le Pacifique nord) est un système météorologique tourbillonnant qui se forme au-dessus des océans tropicaux chauds (température de surface supérieure à 26 °C). L'évaporation intense de l'eau de mer fournit l'énergie nécessaire.
Caractéristiques.
• Vents très violents, de plus de 118 km/h (catégorie 1) à plus de 250 km/h (catégorie 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson).
• Pluies torrentielles pouvant causer des inondations catastrophiques.
• Onde de tempête (ou submersion marine) : surélévation du niveau de la mer qui inonde les côtes basses.
• Œil du cyclone : zone centrale calme entourée par le mur de l'œil, zone des vents les plus violents.
Les cyclones frappent principalement les régions tropicales : Antilles, golfe du Mexique, Madagascar, îles de l'Indien, Asie du Sud-Est. Les saisons cycloniques varient selon les bassins (juin-novembre dans l'Atlantique). L'ouragan Katrina (2005, États-Unis) a ravagé La Nouvelle-Orléans et causé plus de 1 800 morts ; le cyclone Idai (2019, Mozambique, Zimbabwe) a illustré l'extrême vulnérabilité des pays en développement.
Exemple : les Antilles françaises. La Guadeloupe et la Martinique sont régulièrement touchées par des cyclones. L'ouragan Irma (2017, catégorie 5) a dévasté Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Ces territoires ont développé des plans de prévention et des systèmes d'alerte pour réduire les pertes humaines.
5Les inondations et les glissements de terrain
Les inondations sont les risques naturels les plus fréquents dans le monde. Elles surviennent quand les cours d'eau débordent (crues), quand des pluies intenses saturent les sols ou quand des submersions marines se produisent. Les zones à risque sont les plaines alluviales, les deltas, les zones côtières basses et les espaces imperméabilisés par l'urbanisation.
En France métropolitaine, les inondations représentent le premier risque naturel en termes de populations exposées et de dommages économiques. Le fleuve Loire, la Seine, le Rhône ou encore les cours d'eau cévenols (crues rapides = « crues éclairs ») provoquent régulièrement des catastrophes. Les crues de la Seine à Paris (1910, 2016, 2018) restent des références.
Attention ! L'urbanisation aggrave les risques d'inondation : l'imperméabilisation des sols par le béton et l'asphalte empêche l'infiltration de l'eau et accélère le ruissellement.
Les glissements de terrain et les coulées de boue surviennent quand un sol saturé d'eau ou fragilisé par un séisme se déplace. Ils menacent souvent les zones de montagne et les versants déboisés. Les avalanches (masses de neige) constituent un risque spécifique aux zones alpines.
Types de mouvements de terrain.
• Glissement de terrain : déplacement lent ou rapide d'une masse de sol ou de roche sur un versant.
• Coulée de boue : mélange d'eau et de matériaux meubles qui descend rapidement un versant.
• Éboulement : chute brutale de blocs rocheux.
6Une vulnérabilité inégale selon les territoires
Face aux mêmes aléas, tous les territoires ne sont pas également vulnérables. Plusieurs facteurs expliquent ces inégalités.
| Facteur | Effet sur la vulnérabilité |
|---|
| Niveau de développement économique | Les pays pauvres ont moins de ressources pour se protéger, reconstruire, disposer de systèmes d'alerte performants. |
| Qualité des constructions | Les bâtiments aux normes parasismiques résistent mieux ; les habitations précaires s'effondrent. |
| Gouvernance et institutions | Un État solide organise mieux les secours, l'évacuation, la reconstruction. |
| Densité de population | Plus la densité est forte, plus les enjeux humains sont importants. |
| Exposition géographique | Les zones côtières, les deltas, les régions volcaniques sont plus exposées. |
La comparaison Haïti/Chili illustre parfaitement ces inégalités : en 2010, le séisme de magnitude 7 en Haïti a causé environ 222 000 morts ; quelques semaines plus tard, un séisme de magnitude 8,8 au Chili (bien plus puissant) a causé environ 500 morts. Le Chili avait des normes parasismiques strictes, des plans d'évacuation et un système d'alerte performant.
Astuce mémo. Pour analyser la vulnérabilité d'un territoire, pensez à trois dimensions : physique (qualité des bâtiments, localisation), économique (niveau de développement, ressources) et sociale (organisation de la société, accès à l'information, gouvernance).
7Prévenir, prévoir et gérer les risques naturels
Les sociétés humaines ont développé trois grands types de réponses face aux risques naturels.
Prévention, prévision, gestion de crise.
• Prévention : ensemble de mesures prises à l'avance pour réduire la vulnérabilité (normes de construction parasismiques, plan de prévention des risques, aménagement des cours d'eau, reboisement, éducation des populations).
• Prévision : surveillance des phénomènes naturels pour anticiper leur déclenchement (réseaux de sismographes, météorologie, satellites, capteurs de montée des eaux). Elle permet l'alerte précoce et l'évacuation.
• Gestion de crise : organisation des secours après la catastrophe (plans ORSEC en France, aide internationale, reconstruction).
En France, les Plans de Prévention des Risques (PPR) définissent les zones dangereuses et réglementent l'urbanisme. Le Dossier Départemental des Risques Majeurs (DDRM) informe les citoyens sur les risques de leur département. Le dispositif Vigicrues surveille les crues, Météo-France émet des vigilances météorologiques. Les Plans Particuliers de Mise en Sûreté (PPMS) permettent aux établissements scolaires de gérer les situations d'urgence.
Exemple : le Japon, un modèle de gestion des risques. Le Japon est l'un des pays les plus exposés au monde (séismes, tsunamis, volcans, typhons). Il a développé une culture du risque exemplaire : bâtiments parasismiques, entraînements réguliers, système d'alerte aux tsunamis (alerte diffusée en quelques minutes), éducation dès le plus jeune âge. Malgré cela, le tsunami de 2011 a montré les limites de toute prévention face à des phénomènes extrêmes.
À l'échelle internationale, des organisations comme l'ONU coordonnent l'aide humanitaire et définissent des cadres de réduction des risques (Cadre de Sendai 2015-2030 pour la réduction des risques de catastrophes).
★À retenir
À retenir :
• Le risque naturel = aléa (phénomène naturel) × vulnérabilité (fragilité de la société).
• Principaux aléas : séismes et tsunamis, éruptions volcaniques, cyclones, inondations, glissements de terrain.
• La vulnérabilité est inégale : les pays pauvres ont moins de moyens pour se protéger et reconstruire.
• Trois réponses : prévention (normes, PPR), prévision (surveillance, alerte), gestion de crise (secours, reconstruction).
• Le Japon est un exemple de pays très exposé mais bien préparé ; Haïti illustre la forte vulnérabilité des pays en développement.