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Collège · 5ᵉ · Français

Imaginer, sentir, raisonner : des histoires pour plaire et instruire (contes, fables, apologues)

Perrault, Grimm, Andersen, Les Mille et Une Nuits, La Fontaine : structure, morale, personnification, écrire un conte ou une fable

À propos de cette page
Ce cours de français en cinquième sur « Imaginer, sentir, raisonner : des histoires pour plaire et instruire (contes, fables, apologues) » suit le programme officiel de français de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Plaire et instruire : l'apologue, Le conte : Perrault, Grimm, Andersen, Les Mille et Une Nuits, La fable : La Fontaine et ses modèles, Les procédés de la fable. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en français.
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Plaire et instruire : l'apologue

Définition. Un apologue est un récit court, souvent imaginaire, qui contient une leçon : on lit une histoire (pour le plaisir) et l'on en tire un enseignement (pour réfléchir). La fable, le conte à morale et la parabole sont des apologues.

La Fontaine résume lui-même ce double but dans Le Pâtre et le Lion (livre VI, 1668) : « Une morale nue apporte de l'ennui : / Le conte fait passer le précepte avec lui. » L'histoire est le sucre qui fait avaler le remède.

PlaireInstruire
merveilleux, animaux qui parlent, suspense, humour, vers rythmésmorale, leçon de prudence, critique des puissants, des flatteurs, des naïfs
Astuce. Pour analyser un apologue, pose deux questions : qu'est-ce qui plaît dans le récit ? qu'est-ce qui instruit le lecteur ?
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Le conte : Perrault, Grimm, Andersen, Les Mille et Une Nuits

Auteur / recueilÀ savoirTitres
Charles Perrault (1628-1703), FranceContes de ma mère l'Oye (1697) : contes populaires réécrits, chacun suivi d'une moralité en versLe Petit Chaperon rouge, Cendrillon, Le Chat botté, La Barbe bleue, Le Petit Poucet
Jacob et Wilhelm Grimm, AllemagneContes de l'enfance et du foyer (1812-1815) : contes collectés auprès de conteurs, versions souvent plus duresBlanche-Neige, Hansel et Gretel, Le Vaillant Petit Tailleur, Raiponce
Hans Christian Andersen (1805-1875), Danemarkcontes inventés par l'auteur, souvent tristes et poétiquesLa Petite Sirène, Le Vilain Petit Canard, La Petite Fille aux allumettes, Les Habits neufs de l'empereur
Les Mille et Une Nuits, recueil anonyme arabetraduit par Antoine Galland (1704-1717) ; Shéhérazade raconte chaque nuit une histoire au sultan pour retarder sa mort : le récit sauve la vieSindbad le marin, Aladdin, Ali Baba et les quarante voleurs
Les marques du conte. Formule d'ouverture (Il était une fois) et de clôture ; temps et lieux indéterminés ; merveilleux accepté sans surprise (fées, ogres, objets magiques) ; personnages typés (le héros, l'opposant, l'adjuvant) ; schéma narratif en cinq étapes : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, résolution, situation finale.
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La fable : La Fontaine et ses modèles

Jean de La Fontaine (1621-1695) publie ses Fables en trois recueils (1668, 1678-1679, 1694), soit douze livres et environ 240 fables. Il s'inspire des fabulistes antiques Ésope (Grèce, VIe siècle av. J.-C.) et Phèdre (Rome, Ier siècle), dont les fables étaient de courts récits en prose, et il les transforme en petits poèmes vivants.

Structure d'une fable.
• Un récit bref, avec une situation, un dialogue, un retournement.
• Une morale : explicite quand elle est formulée (« Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l'écoute », Le Corbeau et le Renard), implicite quand le lecteur doit la déduire du récit.
• La morale peut ouvrir la fable (« La raison du plus fort est toujours la meilleure », Le Loup et l'Agneau) ou la conclure.
Exemple. Dans Le Corbeau et le Renard (I, 2), le récit plaît par la ruse du renard et la vanité du corbeau ; la morale instruit : méfie-toi des flatteurs.
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Les procédés de la fable

ProcédéDéfinitionEffet
personnificationun animal ou une chose parle, raisonne, ressent comme un humaincritiquer les hommes (le lion = le roi, le renard = le rusé, l'agneau = le faible) sans les nommer
dialogueles personnages parlent au discours directrendre la scène vivante, proche du théâtre
vers variésLa Fontaine mêle alexandrins (12 syllabes), octosyllabes (8), décasyllabes (10)donner du rythme, accélérer ou ralentir le récit
chuteretournement final, souvent en une lignesurprendre et faire réfléchir
intervention du fabulistele narrateur commente, s'adresse au lecteursouligner la leçon
Compter les syllabes. « Maî/tre/ Cor/beau/, sur/ un/ ar/bre/ per/ché » = 10 syllabes (décasyllabe) ; « La/ rai/son/ du/ plus/ fort/ est/ tou/jours/ la/ meil/leure » = 12 syllabes (alexandrin). Le e muet compte devant une consonne, pas en fin de vers.
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Ce que ces histoires nous apprennent

Contes et fables parlent du monde réel derrière le merveilleux :

  • Le pouvoir et l'injustice : dans Le Loup et l'Agneau, le fort invente des prétextes pour dévorer le faible.
  • La ruse et la flatterie : le renard, le Chat botté ou Shéhérazade triomphent par l'intelligence, non par la force.
  • La prudence et la désobéissance : Le Petit Chaperon rouge, Barbe-Bleue ou Hansel et Gretel avertissent des dangers.
  • Le mérite caché : le Vilain Petit Canard, Cendrillon montrent que la valeur ne se voit pas d'abord.
  • Le regard critique : dans Les Habits neufs de l'empereur (Andersen), un enfant ose dire que le roi est nu.
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Écrire un conte ou une fable

Pour un conte : formule d'ouverture, temps du récit (imparfait / passé simple), un élément perturbateur clair, un objet ou un être merveilleux, une situation finale qui répond à la situation initiale, éventuellement une moralité.
Pour une fable : des animaux personnifiés, un dialogue, une chute, une morale formulée en une ou deux phrases (au présent de vérité générale : Il ne faut jamais…, Qui … finit par…).
Attention ! La morale n'est pas un résumé de l'histoire : c'est une règle générale valable pour tous, sans les noms des personnages.
À retenir
  • Un apologue (fable, conte à morale, parabole) est un récit qui plaît et instruit.
  • Contes : Perrault (1697, moralités en vers), Grimm (1812, contes collectés), Andersen (contes inventés, à partir de 1835), Les Mille et Une Nuits (Shéhérazade ; traduction de Galland, 1704). Marques : formule d'ouverture, merveilleux, schéma narratif en cinq étapes.
  • Fables : La Fontaine (1668-1694) reprend Ésope et Phèdre ; récit + morale explicite ou implicite ; personnification, dialogue, vers variés, chute.
  • Une morale est une règle générale au présent, pas un résumé.
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