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Collège · 4ᵉ · SVT

Dynamique des populations

Population au sens écologique, natalité, mortalité et migrations, croissance et capacité du milieu, facteurs d'influence (ressources, prédation, climat, activités humaines)

À propos de cette page
Ce cours de svt en quatrième sur « Dynamique des populations » suit le programme officiel de svt de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'une population ?, Les quatre paramètres qui font varier l'effectif, Croissance d'une population et capacité du milieu, Les ressources et la compétition. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en svt.
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Qu'est-ce qu'une population ?

Définition. En écologie, une population est l'ensemble des individus d'une même espèce vivant dans un même milieu à un moment donné, et pouvant se reproduire entre eux.

On parle de la population de loups du Mercantour, de la population de morues de Terre-Neuve, de la population de coquelicots d'un champ. Le nombre d'individus est l'effectif ; rapporté à la surface, c'est la densité (par exemple 3 chevreuils par km²).

Attention ! Une population ne réunit qu'une seule espèce. « Les animaux de la forêt » n'est pas une population : c'est un peuplement, formé de nombreuses populations qui interagissent. L'ensemble des populations et de leur milieu forme l'écosystème.
Exemple. Les mésanges bleues du parc Borély à Marseille forment une population ; les mésanges bleues de Corse en forment une autre, séparée par la mer : les deux ne se reproduisent pas entre elles.
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Les quatre paramètres qui font varier l'effectif

L'effectif d'une population n'est jamais figé : la dynamique d'une population, c'est l'évolution de son effectif au cours du temps. Elle résulte de quatre paramètres.

Augmentent l'effectifDiminuent l'effectif
Natalité : nombre de naissancesMortalité : nombre de décès
Immigration : individus qui arrivent d'ailleursÉmigration : individus qui partent
Bilan. Variation de l'effectif = (naissances + immigrants) − (décès + émigrants). Si le résultat est positif, la population croît ; s'il est nul, elle est stable ; s'il est négatif, elle décline.
Exemple. Une colonie de 400 goélands : 120 poussins à l'envol, 35 adultes morts, 10 arrivants, 25 départs. Bilan : (120 + 10) − (35 + 25) = + 70. L'effectif passe à 470.
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Croissance d'une population et capacité du milieu

Dans un milieu neuf et riche, une population croît d'abord de plus en plus vite : chaque génération est plus nombreuse que la précédente (croissance exponentielle). Mais aucun milieu n'est infini : la nourriture, l'espace et les abris viennent à manquer. La natalité baisse, la mortalité monte, et l'effectif se stabilise autour d'un plafond.

Définition. La capacité d'accueil (ou capacité du milieu) est l'effectif maximal qu'un milieu peut faire vivre durablement, compte tenu de ses ressources. La courbe de croissance a alors une forme en S.
Exemple : les lapins d'Australie. En 1859, un colon relâche 24 lapins près de Melbourne. Sans prédateur ni maladie, la population explose : plusieurs centaines de millions d'individus en un demi-siècle, ravageant les pâturages. Une croissance exponentielle ne dure jamais : ici, ce sont les humains qui ont fini par introduire un virus (myxomatose, 1950) pour la stopper.
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Les ressources et la compétition

Les ressources sont tout ce dont les individus ont besoin et qui existe en quantité limitée : nourriture, eau, lumière (pour les plantes), sites de nidification, abris, territoires. Quand elles manquent, les individus entrent en compétition.

Compétition intraspécifiqueEntre individus de la même espèce. Ex. : deux cerfs pour un territoire ; des plants de tournesol trop serrés qui restent petits.
Compétition interspécifiqueEntre espèces différentes pour une même ressource. Ex. : l'écureuil gris américain a chassé l'écureuil roux de la plus grande partie de l'Angleterre.
Expérience. Dans un bois, on installe 50 nichoirs : la population de mésanges, limitée jusque-là par le manque de cavités, double en trois ans. La ressource limitante était le site de nidification, pas la nourriture. Une seule ressource manquante suffit à bloquer une population.
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Prédateurs, parasites et maladies

Un prédateur se nourrit d'individus d'une autre espèce (la proie). La population de proies limite celle des prédateurs (moins de proies, moins de nourriture) et, en retour, les prédateurs limitent les proies : les deux effectifs sont liés.

Les parasites et les maladies agissent de même : ils se propagent d'autant plus vite que la population est dense. La myxomatose a tué plus de 90 % des lapins de garenne en France dans les années 1950.

À retenir. Un prédateur ne fait pas disparaître ses proies : s'il en restait trop peu, il mourrait de faim le premier. Il maintient la population de proies sous la capacité d'accueil, ce qui évite l'épuisement du milieu.
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Le climat et les événements naturels

Le climat fixe les limites de la zone où une espèce peut vivre et se reproduire. Un hiver très rigoureux, une sécheresse, une inondation, un incendie ou une éruption volcanique peuvent faire chuter brutalement un effectif, sans lien avec la densité de la population.

Exemple : le moustique tigre. Originaire d'Asie, Aedes albopictus est repéré en France à Menton en 2004. Ses œufs résistent au froid modéré ; avec des hivers plus doux et des étés plus longs, il colonise le pays du sud vers le nord : près de 80 départements en 2024. Le climat, modifié par le réchauffement, a élargi son milieu favorable.
Exemple. Le hérisson, le hibou petit-duc ou la rainette ne survivent pas aux hivers du nord de la Scandinavie : leur aire de répartition s'arrête là où le climat cesse de leur convenir.
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Les activités humaines, facteur majeur

Les humains modifient les populations plus vite et plus fort que tout autre facteur, dans les deux sens.

Action humaineEffet sur la populationExemple
Surexploitation (chasse, pêche)Mortalité supérieure à la natalité → effondrementMorue de Terre-Neuve : captures record en 1968 (810 000 t), stock effondré à moins de 1 % en 1992, pêche interdite depuis
Destruction des milieuxPerte de ressources et d'abris → déclinOiseaux des campagnes françaises : − 30 % en 30 ans (haies arrachées, pesticides)
Introduction d'espècesEspèce invasive sans prédateur → explosion, au détriment des espèces localesFrelon asiatique (arrivé en 2004 dans le Lot-et-Garonne, toute la France en 2020), ragondin, écrevisse de Louisiane, jussie
ProtectionMortalité réduite, milieux préservés → remontéeBouquetin des Alpes : moins de 100 individus vers 1820, plus de 50 000 aujourd'hui ; loup en France : retour naturel en 1992, environ 1 000 en 2023
Attention ! Protéger une espèce ne suffit pas toujours : si son milieu (forêt, zone humide, récif) a disparu, la population ne peut pas remonter. Ressources et abris restent la condition de tout.
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Étudier une population : compter et modéliser

Compter tous les individus est rarement possible. Les écologues utilisent des échantillons (comptage sur quelques parcelles puis extrapolation), la capture-marquage-recapture (on marque des individus, on les relâche, et la proportion de marqués dans une seconde capture donne l'effectif total), les pièges photographiques, les traces, l'ADN dans les crottes ou l'eau.

Capture-marquage-recapture. On capture et marque 50 truites d'un étang. Une semaine plus tard, on en capture 60, dont 12 marquées. Les marquées représentent 12/60 = 1/5 de la population : l'effectif est d'environ 50 × 5 = 250 truites.

Les données permettent de construire des modèles : des calculs qui prévoient l'évolution de l'effectif selon différents scénarios (quota de pêche, réchauffement, retour d'un prédateur). C'est ainsi qu'on fixe les quotas de pêche ou qu'on décide de la protection d'une espèce.

En bref
  • Population = individus d'une même espèce, dans un même milieu, à un moment donné. Effectif, densité.
  • Variation = (naissances + immigration) − (décès + émigration).
  • Croissance d'abord exponentielle, puis plateau : la capacité d'accueil du milieu (courbe en S).
  • Facteurs : ressources (compétition intra- et interspécifique), prédateurs, parasites et maladies, climat et événements naturels.
  • Activités humaines : surexploitation (morue), destruction des milieux, espèces invasives (frelon asiatique, lapins d'Australie), mais aussi protection (bouquetin, loup).
  • On estime les effectifs par échantillonnage ou capture-marquage-recapture, et on modélise pour prévoir et décider (quotas, protection).
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