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SVT · Classe de 4ᵉ

L'évolution de la vie

Mécanismes de l'évolution et sélection naturelle

À propos de cette page
Ce cours de svt en quatrième sur « L'évolution de la vie » suit le programme officiel de svt de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La théorie de l'évolution : historique et fondements, Les preuves de l'évolution : fossiles et anatomie comparée, La variation et l'hérédité : base génétique de l'évolution, La sélection naturelle : mécanisme et exemples. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en svt.
Au programme
1 · La théorie de l'évolution : historique et fondements
2 · Les preuves de l'évolution : fossiles et anatomie comparée
3 · La variation et l'hérédité : base génétique de l'évolution
4 · La sélection naturelle : mécanisme et exemples
5 · La dérive génétique et les autres mécanismes évolutifs
6 · La spéciation : comment apparaissent les nouvelles espèces
7 · La parenté des êtres vivants et l'arbre du vivant
1La théorie de l'évolution : historique et fondements

L'évolution biologique désigne la modification progressive des caractères héréditaires d'une population au cours des générations. Cette idée, aujourd'hui solidement établie, a mis du temps à s'imposer dans le monde scientifique.

Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829) fut l'un des premiers à proposer que les êtres vivants se transforment au cours du temps. Il pensait que les caractères acquis par un individu au cours de sa vie pouvaient être transmis à sa descendance (hérédité des caractères acquis). Cette idée est aujourd'hui réfutée.

C'est Charles Darwin (1809-1882) qui, avec Alfred Russel Wallace, propose en 1859 la théorie de la sélection naturelle dans son ouvrage De l'origine des espèces. Darwin s'appuie sur ses observations lors de son voyage à bord du Beagle (1831-1836), notamment aux îles Galápagos.

Définition. L'évolution est la modification des caractères héréditaires d'une population au fil des générations, sous l'effet de mécanismes comme la sélection naturelle, les mutations et la dérive génétique.

Au XXe siècle, la théorie synthétique de l'évolution (néodarwinisme) associe la théorie de Darwin aux lois de la génétique mendelienne et à la génétique des populations. Elle constitue le cadre explicatif actuel de la biologie évolutive.

2Les preuves de l'évolution : fossiles et anatomie comparée

Plusieurs types de preuves convergentes soutiennent la réalité de l'évolution des espèces.

Les fossiles sont des restes ou empreintes d'organismes anciens, conservés dans les roches sédimentaires. Ils permettent de :

  • Prouver l'existence d'espèces disparues (ex. : dinosaures, trilobites).
  • Observer des formes intermédiaires entre des groupes modernes (ex. : Archaeopteryx, intermédiaire entre reptiles et oiseaux).
  • Reconstituer les grandes étapes de l'histoire de la vie.
Exemple. Archaeopteryx, qui a vécu il y a environ 150 millions d'années, présente à la fois des caractères de reptile (dents, griffes aux ailes, longue queue osseuse) et d'oiseau (plumes, furcula). Il témoigne du lien évolutif entre dinosaures à plumes et oiseaux actuels.

L'anatomie comparée révèle des structures homologues : des organes de forme très différente peuvent avoir la même origine embryologique et le même plan d'organisation (ex. : le bras humain, la nageoire de dauphin et l'aile de chauve-souris ont tous un même schéma d'os : humérus, radius-cubitus, carpe, métacarpe, phalanges). Ces organes homologues témoignent d'une origine commune.

La biologie moléculaire apporte également des preuves : la comparaison des séquences d'ADN ou de protéines (comme l'hémoglobine) entre espèces révèle des similitudes proportionnelles à leur parenté évolutive.

Astuce. Plus deux espèces sont proches dans l'arbre du vivant, plus leurs séquences génétiques sont similaires. L'ADN humain et celui du chimpanzé sont identiques à plus de 98 %.
3La variation et l'hérédité : base génétique de l'évolution

L'évolution n'est possible que s'il existe de la variation héréditaire au sein des populations. Cette variation est la matière première sur laquelle agit la sélection naturelle.

Les sources de variation :

  • Les mutations : modifications aléatoires de la séquence d'ADN, dues à des erreurs de copie lors de la réplication ou à des agents mutagènes (rayonnements UV, substances chimiques). La plupart des mutations sont neutres ou défavorables ; certaines sont avantageuses.
  • Le brassage génétique lors de la reproduction sexuée (crossing-over lors de la méiose, fécondation aléatoire) produit de nouvelles combinaisons d'allèles.
Définition. Un allèle est une version d'un gène. Un individu peut porter deux allèles différents d'un même gène. La fréquence des allèles dans une population peut changer au cours des générations : c'est l'évolution au sens génétique.

Hérédité : seules les variations portées par les cellules reproductrices (gamètes) sont transmises à la descendance. Les modifications acquises par un individu durant sa vie (muscles renforcés par le sport, par exemple) ne sont pas héritables.

Attention ! Les mutations apparaissent au hasard, sans « intention » de s'adapter. La sélection naturelle n'agit qu'après leur apparition, en favorisant ou en éliminant les individus qui les portent.
4La sélection naturelle : mécanisme et exemples

La sélection naturelle est le principal mécanisme de l'évolution adaptative. Elle repose sur trois observations :

  1. Les individus d'une population varient pour de nombreux caractères.
  2. Certaines variations sont héréditaires (transmises par les gènes).
  3. Les individus sont en compétition pour les ressources ; ceux qui ont des caractères favorables survivent mieux et se reproduisent davantage (survie du plus adapté).

Résultat : les allèles favorables deviennent plus fréquents dans la population au fil des générations.

Exemple classique — Le phalène du bouleau (Biston betularia). Avant la révolution industrielle en Angleterre, la forme claire de ce papillon de nuit était dominante (camouflage sur les lichens clairs). Après l'industrialisation, la pollution noircit les troncs. La forme sombre, autrefois rare, devint majoritaire car elle était mieux camouflée contre les prédateurs. Cet exemple illustre la sélection naturelle en action.
Exemple — Résistance aux antibiotiques. Dans une population bactérienne, quelques individus portent aléatoirement une mutation conférant la résistance à un antibiotique. Lors d'un traitement, les bactéries sensibles meurent ; les résistantes survivent et se reproduisent. La population devient rapidement résistante : c'est de la sélection naturelle à l'échelle des bactéries.

La sélection naturelle peut agir de trois façons :

TypeEffet sur la population
StabilisanteMaintien de la forme intermédiaire (ex. : poids de naissance chez l'humain)
DirectionnelleDéplacement vers un extrême (ex. : phalène du bouleau)
DisruptiveFavorise les deux extrêmes (peut mener à la spéciation)
5La dérive génétique et les autres mécanismes évolutifs

La sélection naturelle n'est pas le seul mécanisme de l'évolution. La dérive génétique joue un rôle important, surtout dans les petites populations.

Définition. La dérive génétique est la variation aléatoire des fréquences alléliques d'une génération à l'autre, due aux fluctuations du hasard lors de la reproduction. Elle est indépendante de la valeur adaptative des allèles.

Dans une petite population, certains allèles peuvent disparaître ou se fixer (fréquence = 100 %) par pur hasard. L'effet fondateur illustre ce phénomène : lorsqu'une petite population colonise un nouveau territoire, elle n'emporte qu'une fraction des allèles de la population d'origine.

D'autres mécanismes évolutifs :

  • Les mutations : elles créent de nouveaux allèles (source primaire de variabilité).
  • Le flux de gènes (migration) : le déplacement d'individus entre populations modifie les fréquences alléliques locales.
  • La sélection sexuelle : certains caractères (plumage du paon, crinière du lion) sont favorisés parce qu'ils augmentent le succès reproducteur, même s'ils réduisent la survie.
Astuce. Mémorise le sigle MADE pour les quatre forces évolutives : Mutation, Accouplement non aléatoire (sélection sexuelle), Dérive génétique, Emigration/migration (flux de gènes) — auxquelles s'ajoute la sélection naturelle.
6La spéciation : comment apparaissent les nouvelles espèces

La spéciation est le processus par lequel une population se divise en deux espèces distinctes qui ne peuvent plus se reproduire entre elles.

Le mécanisme le plus courant est la spéciation allopatrique :

  1. Une population est géographiquement isolée (montagne, mer, fleuve…).
  2. Les deux sous-populations évoluent indépendamment sous l'effet de la sélection naturelle, de la dérive génétique et des mutations.
  3. Après des millénaires, leurs génomes diffèrent suffisamment pour qu'il y ait isolement reproducteur : elles ne peuvent plus se croiser et donner une descendance fertile.
  4. Ce sont désormais deux espèces différentes.
Exemple — Les pinsons de Darwin. Aux îles Galápagos, Darwin observa 14 espèces de pinsons aux becs de formes variées (graines dures, cactus, insectes…). Toutes descendent d'une population ancestrale venue du continent sud-américain. L'isolement géographique entre îles a conduit à leur diversification (radiation adaptative).
Définition. Une espèce est un ensemble d'individus capables de se reproduire entre eux et de donner une descendance fertile, dans les conditions naturelles.

La spéciation sympatrique (sans isolement géographique) est possible, par exemple via la polyploïdie chez les plantes (multiplication du nombre de chromosomes lors d'une fécondation entre espèces proches).

7La parenté des êtres vivants et l'arbre du vivant

L'évolution implique que tous les êtres vivants descendent d'un ancêtre commun universel qui a vécu il y a environ 3,8 milliards d'années. Cette idée est résumée dans le principe de l'unité du vivant : tous les organismes partagent le même code génétique, les mêmes acides aminés, les mêmes molécules d'ADN.

La phylogénèse est la science qui reconstitue les liens de parenté entre espèces. Elle construit des arbres phylogénétiques (ou arbres du vivant) à partir de :

  • Caractères morphologiques partagés (homologies anatomiques).
  • Séquences d'ADN et de protéines.
  • Données paléontologiques (fossiles).
Exemple. L'arbre phylogénétique des vertébrés montre que les mammifères et les reptiles partagent un ancêtre commun (amniotes), et que les amphibiens se sont séparés plus tôt. Les groupes frères (qui partagent le même ancêtre commun direct) partagent des caractères dérivés communs appelés synapomorphies.

Les trois domaines du vivant (Bactéries, Archées, Eucaryotes) ont été identifiés grâce à la comparaison d'ARN ribosomaux. L'être humain appartient aux Eucaryotes → Animaux → Vertébrés → Mammifères → Primates → Homo sapiens.

À retenir. Deux espèces sont d'autant plus proches (apparentées) que leur ancêtre commun est récent. L'homme et le chimpanzé partagent un ancêtre commun d'il y a ~7 Ma ; l'homme et un champignon partagent un ancêtre d'il y a ~1,5 milliard d'années.
À retenir
En bref :
• L'évolution est la modification des caractères héréditaires des populations au fil du temps.
• Les fossiles, l'anatomie comparée et la génétique prouvent la réalité de l'évolution.
• La sélection naturelle favorise les individus aux caractères héréditaires avantageux (Darwin, 1859).
• Les mutations et le brassage génétique produisent la variabilité sur laquelle agit la sélection.
• La dérive génétique est une évolution par hasard, surtout importante dans les petites populations.
• La spéciation est l'apparition de nouvelles espèces, souvent par isolement géographique.
• Tous les êtres vivants partagent un ancêtre commun universel et sont reliés par des arbres phylogénétiques.
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