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Collège · 4ᵉ · Français

Les temps du récit

Imparfait, passé simple, plus-que-parfait & présent de narration

À propos de cette page
Ce cours de français en quatrième sur « Les temps du récit » suit le programme officiel de français de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : À quoi servent les temps du récit ?, L'imparfait : le temps de l'arrière-plan, Le passé simple : le temps de l'action, Imparfait ou passé simple ? L'alternance. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en français.
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À quoi servent les temps du récit ?

Quand on raconte au passé, on n'emploie pas un seul temps : chaque temps a une place et une fonction dans le récit.

Le système du passé.
• L'imparfait installe le cadre : descriptions, habitudes, actions qui durent (arrière-plan).
• Le passé simple raconte les actions qui se succèdent et font avancer l'histoire (premier plan).
• Le plus-que-parfait exprime ce qui s'est passé avant (antériorité).
Exemple. La nuit tombait (imparfait : cadre). Léa avait fermé les volets (plus-que-parfait : avant). Soudain, on frappa à la porte (passé simple : événement).
Astuce. Le passé simple est surtout un temps de l'écrit ; à l'oral et dans un récit familier, on le remplace par le passé composé (voir le chapitre sur les valeurs des temps).
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L'imparfait : le temps de l'arrière-plan

Formation. Radical de « nous » au présent + -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient : nous finissons → je finissais ; nous prenons → il prenait. Un seul irrégulier : être → j'étais.
ValeurExemple
description (décor, portrait)La maison dormait sous la neige ; le vieux portait un manteau troué.
durée, action en coursIl lisait depuis une heure.
habitude, répétitionChaque soir, elle fermait la boutique à sept heures.
actions simultanées de fondLes enfants jouaient, les mères bavardaient.
action interrompueIl traversait la rue quand la voiture surgit.
Attention ! Verbes en -ger et -cer : nous mangions mais il mangeait ; il commençait. Verbes en -ier, -yer : nous criions, vous payiez.
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Le passé simple : le temps de l'action

Formation.
• 1er groupe : -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent (je chantai, ils chantèrent).
• 2e groupe et beaucoup du 3e : -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent (je finis, il prit, ils virent).
• Autres verbes du 3e groupe : -us, -us, -ut, -ûmes, -ûtes, -urent (il voulut, ils purent, elle fut).
venir, tenir : -ins, -ins, -int, -înmes, -întes, -inrent (il vint, ils tinrent).
ValeurExemple
actions successives (elles font avancer le récit)Il ouvrit la porte, entra, referma derrière lui.
action ponctuelle, soudaineSoudain, le téléphone sonna.
action bornée (début et fin connus, même longue)Il régna quarante ans. Elle attendit tout l'hiver.
Piège. À la 1re personne des verbes en -er : je chantai (passé simple, sans s) ≠ je chantais (imparfait). Et il fitil fît (subjonctif) : pas d'accent circonflexe au passé simple de la 3e personne du singulier.
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Imparfait ou passé simple ? L'alternance

ImparfaitPassé simple
arrière-plan, décorpremier plan, événement
action qui dure, sans limites précisesaction ponctuelle ou bornée
habitudefait unique
« pendant que… »« soudain, alors, puis… »
Exemple. Le marché battait son plein ; les marchands criaient, les clients marchandaient. Tout à coup, un cheval s'emballa, renversa un étal et disparut dans la ruelle. Trois imparfaits plantent le décor ; trois passés simples racontent l'incident.
Test. Si tu peux ajouter « pendant que », « à cette époque », « d'habitude » → imparfait. Si tu peux ajouter « soudain », « puis », « à ce moment-là » → passé simple. Le même verbe change de sens selon le temps : Elle savait la vérité (état) / Elle sut la vérité (elle l'apprit à un moment précis).
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Le plus-que-parfait : revenir en arrière

Formation. Auxiliaire avoir ou être à l'imparfait + participe passé : j'avais fini, elle était partie, nous avions vu. Mêmes règles d'accord qu'au passé composé.
ValeurExemple
antériorité par rapport à un autre fait passéQuand il arriva, le train était déjà parti.
retour en arrière (explication d'une situation)Elle tremblait : elle avait reçu une lettre le matin même.
résultat acquis dans le passéIl avait appris à nager ; il ne craignait plus l'eau.
Astuce. Le plus-que-parfait répond à la question « qu'est-ce qui s'était passé avant ? ». Il se combine avec l'imparfait et le passé simple, jamais seul dans tout un récit.
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Le présent de narration

Définition. Le présent de narration raconte au présent des faits passés, pour les rendre plus vivants, comme si le lecteur y assistait.
Exemple. Il marchait depuis des heures dans la forêt. Soudain, une branche craque. Il s'immobilise, retient son souffle : deux yeux jaunes brillent entre les arbres. Le passage au présent au moment décisif crée un effet de direct.
Où le trouve-t-on ?Effet
dans un récit au passé, au moment fortaccélération, suspense, le lecteur « y est »
dans un récit entièrement au présent (nouvelle, roman moderne)impression de vivre l'action en même temps que le personnage
dans un récit historique (« En 1789, le peuple prend la Bastille »)rend le passé actuel
Attention ! Si le récit est au présent de narration, l'antériorité s'exprime au passé composé (il a fermé la porte, il s'assoit) et l'arrière-plan reste au présent ou à l'imparfait.
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La cohérence des temps

Un récit doit rester dans un système de temps cohérent.

SystèmePremier planArrière-planAntériorité
récit au passé (littéraire)passé simpleimparfaitplus-que-parfait
récit au passé (oral, courant)passé composéimparfaitplus-que-parfait
récit au présentprésentprésent / imparfaitpassé composé
Erreurs à éviter.
• Mélanger passé simple et passé composé pour des actions de même niveau : Il entra et il a crié ✗ → Il entra et cria.
• Sauter du passé au présent sans raison : Elle ouvrit la porte et elle voit… ✗ (sauf effet voulu de présent de narration, maintenu ensuite).
• Oublier le plus-que-parfait pour un fait antérieur : Quand il arriva, le train partait (= il était en train de partir) ≠ était parti (= déjà parti).
À retenir
  • Imparfait = arrière-plan : décor, durée, habitude, action interrompue (nous chant-ons → il chantait).
  • Passé simple = premier plan : actions successives, ponctuelles, bornées (-ai/-a/-èrent ; -is/-it/-irent ; -us/-ut/-urent ; vint, tint) ; je chantai sans s.
  • Plus-que-parfait = antériorité, retour en arrière (avoir/être à l'imparfait + participe).
  • Présent de narration : des faits passés racontés au présent pour l'effet de direct ; antériorité alors au passé composé.
  • Un récit garde un système cohérent : passé simple + imparfait + plus-que-parfait (écrit) ou passé composé + imparfait (oral).
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