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Collège · 3ᵉ · SVT

Biodiversité et activités humaines

Érosion de la biodiversité et stratégies de préservation

À propos de cette page
Ce cours de svt en troisième sur « Biodiversité et activités humaines » suit le programme officiel de svt de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La biodiversité, trois niveaux imbriqués, Mesurer la biodiversité et son état, Une sixième crise d'extinction ?, Les cinq pressions exercées par l'être humain. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en svt.
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La biodiversité, trois niveaux imbriqués

Biodiversité (diversité biologique) : l'ensemble de la diversité du vivant, à trois niveaux. Diversité des écosystèmes (forêt, récif, mare, sol) ; diversité des espèces au sein d'un écosystème ; diversité génétique entre individus d'une même espèce.

Environ 2 millions d'espèces sont décrites, pour un total estimé entre 8 et 10 millions : la plupart des espèces vivantes sont encore inconnues, surtout parmi les insectes, les champignons et les micro-organismes. Beaucoup disparaissent avant d'avoir été nommées.

Attention ! La diversité génétique compte autant que le nombre d'espèces. Une espèce réduite à quelques centaines d'individus tous cousins (guépard, panthère de l'Amour) résiste mal aux maladies et aux changements du milieu : elle peut s'éteindre même si on cesse de la chasser.
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Mesurer la biodiversité et son état

Mesurer, c'est d'abord inventorier : relevés sur des parcelles, pièges photographiques, captures-marquages, écoute des chants, et aujourd'hui ADN environnemental (traces d'ADN filtrées dans l'eau ou le sol). Deux grandeurs sont toujours distinguées :

  • La richesse spécifique : le nombre d'espèces présentes.
  • L'abondance : le nombre d'individus de chaque espèce. Un milieu peut garder toutes ses espèces tout en perdant 80 % de ses individus.

Pour suivre l'évolution dans le temps, on répète le même protocole chaque année au même endroit : c'est le principe du suivi des oiseaux communs (STOC, depuis 1989 en France) ou de l'Indice Planète Vivante, qui suit des milliers de populations de vertébrés dans le monde et a reculé en moyenne de 73 % entre 1970 et 2020.

Liste rouge de l'UICNClassement mondial des espèces évaluées selon leur risque d'extinction : Préoccupation mineure (LC) → Quasi menacée (NT) → Vulnérable (VU) → En danger (EN) → En danger critique (CR) → Éteinte à l'état sauvage (EW) → Éteinte (EX). Les trois catégories en gras = « espèces menacées ».
CritèresTaille de la population, vitesse de déclin, surface de l'aire de répartition, fragmentation.
Exemple. En France métropolitaine, l'UICN classe menacés environ un tiers des oiseaux nicheurs et un quart des mammifères évalués ; le vison d'Europe est « en danger critique », le lynx « en danger ».
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Une sixième crise d'extinction ?

L'extinction fait partie de l'histoire de la vie : une espèce dure en moyenne quelques millions d'années, et le taux naturel (« de fond ») est de l'ordre d'une extinction par million d'espèces et par an. Les fossiles enregistrent en plus cinq crises majeures, où plus de 70 % des espèces ont disparu en un temps géologiquement court.

Depuis 1500, plusieurs centaines d'extinctions de vertébrés sont documentées : dodo de l'île Maurice (fin du XVIIe siècle), grand pingouin (1844), pigeon migrateur, jadis l'oiseau le plus abondant d'Amérique (1914), thylacine (1936). Le rythme actuel est estimé 100 à 1 000 fois supérieur au taux de fond, et le rapport de l'IPBES (2019) juge qu'environ un million d'espèces sont menacées à moyen terme. C'est pourquoi on parle de sixième extinction et d'érosion de la biodiversité.

Nuance. Le mot « extinction » cache l'essentiel : bien avant de disparaître, une espèce devient rare, puis absente d'une région (extinction locale), et cesse de jouer son rôle dans l'écosystème. Le déclin des abondances est le vrai signal d'alarme.
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Les cinq pressions exercées par l'être humain

L'IPBES classe les causes directes par ordre d'importance actuelle.

1. Changement d'usage des terres et des mersDéforestation (Amazonie, Bornéo pour l'huile de palme), drainage des zones humides, artificialisation (en France, l'équivalent d'un département tous les 10 à 15 ans est bétonné), chalutage de fond. Destruction et fragmentation des habitats.
2. Exploitation directeSurpêche (thon rouge, morue de Terre-Neuve effondrée en 1992), chasse et braconnage (ivoire, pangolin), cueillette, commerce d'animaux de compagnie.
3. Changement climatiqueBlanchissement des coraux, décalage des saisons, remontée des espèces en altitude et en latitude ; les espèces de montagne « n'ont plus où monter ».
4. PollutionsPesticides (néonicotinoïdes et pollinisateurs), engrais et marées vertes, plastiques, lumière artificielle la nuit, bruit sous-marin.
5. Espèces exotiques envahissantesRat et chat sur les îles (première cause d'extinction d'oiseaux insulaires), frelon asiatique, écrevisse de Louisiane, caulerpe en Méditerranée.
Attention ! Ces pressions se cumulent : une population fragmentée par les routes, affaiblie par les pesticides, résiste moins à une canicule. Derrière elles, les causes indirectes : croissance de la population humaine et surtout de la consommation par personne, commerce mondial, choix politiques.
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Pourquoi cela nous concerne : les services écosystémiques

Services écosystémiques : bénéfices que les sociétés humaines tirent gratuitement du fonctionnement des écosystèmes.
Approvisionnementnourriture, eau douce, bois, fibres, molécules de médicaments (aspirine issue du saule, taxol de l'if, pénicilline d'une moisissure)
Régulationpollinisation (les trois quarts des cultures vivrières en dépendent au moins en partie), épuration de l'eau par les zones humides, protection contre les crues et l'érosion, stockage du carbone, contrôle des ravageurs par leurs prédateurs
Culturelsloisirs, tourisme, paysages, valeur symbolique et spirituelle, inspiration scientifique

Chaque espèce a une fonction ; certaines, les espèces clés de voûte, en soutiennent beaucoup d'autres : la loutre de mer, en mangeant les oursins, sauve les forêts d'algues et tous les poissons qui y vivent ; les vers de terre aèrent et fertilisent les sols. Retirer une pièce peut faire tomber l'édifice.

Exemple. Dans des réserves naturelles d'Allemagne, la biomasse des insectes volants capturés a chuté de 76 % en 27 ans (1989-2016). Moins d'insectes, c'est moins de pollinisation, moins de nourriture pour les oiseaux (les oiseaux des milieux agricoles français ont perdu près de 30 % de leurs effectifs en 30 ans) et moins de décomposition de la matière organique.
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Préserver : protéger, réglementer, restaurer

Protéger des espacesParcs nationaux (11 en France : Port-Cros 1963, Calanques 2012…) avec un cœur strictement protégé ; réserves naturelles ; sites Natura 2000 (réseau européen) ; parcs naturels régionaux (usage durable). Objectif mondial de la COP15 (Kunming-Montréal, 2022) : 30 % des terres et des mers protégées d'ici 2030.
Protéger des espècesListes d'espèces protégées (interdiction de détruire, capturer, déranger) ; convention CITES (1973) qui encadre le commerce international des espèces menacées ; quotas de pêche et de chasse.
ReconnecterTrames vertes et bleues, corridors, passages à faune, haies replantées, effacement de barrages pour les poissons migrateurs.
Restaurer et réintroduireVautour fauve dans les Grands Causses (1981), bouquetin, castor ; remise en eau de marais ; élevage conservatoire et banques de graines (réserve mondiale du Svalbard, 2008).
Changer les pratiquesAgroécologie (haies, rotations, moins de pesticides), pêche durable, consommation locale et de saison, sciences participatives (comptage des oiseaux des jardins).
Le point clé. Protéger une espèce sans protéger son habitat ne sert à rien ; et une aire protégée isolée, sans corridor, se vide peu à peu. Les mesures efficaces agissent sur les pressions, pas seulement sur les symptômes.
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Des choix collectifs et des conflits d'usage

Préserver la biodiversité, c'est arbitrer entre des intérêts : le loup, protégé depuis son retour naturel en 1992, et les éleveurs ; les herbiers de posidonie et les ancres des bateaux de plaisance ; une zone humide et un projet de zone commerciale ; les filets dérivants et les emplois de la pêche. La science mesure et prévoit ; la décision est politique et se discute.

Le cadre de ces arbitrages est le développement durable (rapport Brundtland, 1987) : répondre aux besoins d'aujourd'hui sans compromettre ceux des générations futures, en tenant ensemble l'environnement, l'économie et le social.

Exemple. Dans le parc national des Calanques, la pêche est interdite dans des zones de non-prélèvement ; en dix ans, les poissons y sont devenus plus nombreux et plus gros, et ils « débordent » vers les zones voisines où la pêche reste autorisée. Protection et activité économique peuvent se renforcer.
Attention ! « Laisser la nature tranquille » n'est pas toujours la meilleure protection : une prairie fleurie disparaît si on cesse de la faucher, un étang se comble si on ne l'entretient pas. Beaucoup de milieux riches d'Europe sont le produit de pratiques agricoles anciennes qu'il faut maintenir.
En bref
  • Biodiversité = diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes ; 2 millions d'espèces décrites sur 8 à 10 millions.
  • On la mesure par la richesse spécifique et l'abondance ; la Liste rouge UICN classe le risque d'extinction (VU, EN, CR = menacées).
  • Taux d'extinction actuel 100 à 1 000 fois le taux naturel : sixième crise, la première causée par une espèce.
  • Cinq pressions : changement d'usage des terres, exploitation directe, climat, pollutions, espèces exotiques envahissantes.
  • Les écosystèmes rendent des services (approvisionnement, régulation, culturels) ; les espèces clés de voûte en soutiennent d'autres.
  • Préserver = aires protégées (30 % en 2030), espèces protégées, corridors, restauration, pratiques durables ; des choix qui se discutent.
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