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SVT · Classe de 3ᵉ

Biodiversité et activités humaines

Érosion de la biodiversité et stratégies de préservation

À propos de cette page
Ce cours de svt en troisième sur « Biodiversité et activités humaines » suit le programme officiel de svt de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Définir la biodiversité à trois niveaux, Mesurer et estimer la biodiversité, Les activités humaines : premières causes de l'érosion, Les conséquences sur les espèces et les écosystèmes. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en svt.
Au programme
1 · Définir la biodiversité à trois niveaux
2 · Mesurer et estimer la biodiversité
3 · Les activités humaines : premières causes de l'érosion
4 · Les conséquences sur les espèces et les écosystèmes
5 · Les indicateurs de l'état de la biodiversité
6 · Stratégies de préservation : Aires protégées et réglementation
7 · Développement durable et biodiversité
1Définir la biodiversité à trois niveaux

Le terme biodiversité (contraction de « diversité biologique ») désigne l'ensemble de la diversité du vivant sur Terre. Elle s'exprime à trois niveaux imbriqués :

  • La diversité des espèces : le nombre et la variété des espèces vivantes dans un milieu ou sur la planète. On estime qu'il existe environ 8 à 10 millions d'espèces sur Terre, dont seulement 1,8 million sont décrites scientifiquement.
  • La diversité génétique : la variété des gènes au sein d'une même espèce. Les individus d'une même espèce présentent des différences héréditaires (couleur du pelage, résistance aux maladies…). Cette diversité est indispensable à l'adaptation de l'espèce.
  • La diversité des écosystèmes : la variété des milieux de vie (forêts, prairies, récifs coralliens, zones humides…) et des relations entre les êtres vivants et leur environnement.
Définition. La biodiversité est la diversité du vivant à l'échelle des gènes, des espèces et des écosystèmes. Elle est le résultat de milliards d'années d'évolution.

La biodiversité est dynamique : elle a évolué au cours du temps, avec des phases d'extinction de masse (comme celle des dinosaures il y a 66 millions d'années) et de diversification. Aujourd'hui, les scientifiques parlent d'une sixième extinction de masse, dont la cause principale est l'activité humaine.

2Mesurer et estimer la biodiversité

Évaluer la biodiversité est une tâche complexe car la plupart des espèces ne sont pas encore connues des scientifiques. Plusieurs méthodes sont utilisées :

  • L'inventaire des espèces : les biologistes recensent les espèces présentes dans un milieu (comptages, piégeage photographique, ADN environnemental…).
  • L'indice de Shannon : un indice mathématique qui tient compte à la fois du nombre d'espèces et de leur abondance relative dans un milieu.
  • La Liste rouge de l'UICN : l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature classe les espèces en catégories selon leur risque d'extinction (Non menacée, Quasi menacée, Vulnérable, En danger, En danger critique, Éteinte à l'état sauvage, Éteinte).
Exemple. En France, environ 14 % des vertébrés sont menacés d'extinction selon la Liste rouge nationale (oiseaux, amphibiens, reptiles…). Parmi eux, le gypaète barbu dans les Alpes ou le vison d'Europe dans le Sud-Ouest.

La biodiversité n'est pas répartie uniformément sur la planète. Certaines régions concentrent un grand nombre d'espèces endémiques (présentes uniquement dans cette zone) et sont particulièrement menacées : on les appelle les points chauds de biodiversité (hotspots). Les forêts tropicales abritent plus de la moitié des espèces terrestres sur environ 7 % de la surface terrestre.

À retenir. L'endémisme désigne une espèce que l'on ne trouve que dans une zone géographique précise. Ces espèces sont particulièrement vulnérables car leur aire de répartition est limitée.
3Les activités humaines : premières causes de l'érosion

L'érosion de la biodiversité désigne la diminution accélérée du nombre et de la variété des espèces. Les activités humaines en sont la principale cause. On distingue cinq grandes menaces, résumées par l'acronyme HIPPO :

LettreMenaceExemple
HHabitat destruction (destruction des habitats)Déforestation en Amazonie pour l'agriculture
IInvasive species (espèces invasives)Le frelon asiatique en Europe
PPollutionPesticides détruisant les insectes pollinisateurs
PPopulation humaine croissanteUrbanisation, consommation accrue
OOver-exploitation (surexploitation)Surpêche du thon rouge en Méditerranée

La destruction des habitats est la première cause : défrichage, artificialisation des sols, assèchement des zones humides réduisent ou font disparaître les milieux de vie des espèces.

La fragmentation des habitats (découpage par les routes, les villes) isole les populations d'animaux, empêchant les échanges génétiques et les migrations, ce qui réduit la diversité génétique.

Attention ! Le changement climatique est désormais reconnu comme une menace croissante de premier plan : il modifie les conditions de vie (température, précipitations), décale les saisons et peut provoquer la disparition des espèces qui ne s'adaptent pas assez vite.

Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont introduites volontairement ou accidentellement dans un nouvel écosystème où elles n'ont pas de prédateurs naturels. Elles peuvent éliminer les espèces locales par compétition ou prédation (ex. : le ragondin, la jussie dans les zones humides françaises).

4Les conséquences sur les espèces et les écosystèmes

La perte de biodiversité entraîne des conséquences à plusieurs échelles :

  • L'extinction des espèces : le taux actuel d'extinction est estimé de 100 à 1 000 fois supérieur au taux naturel. On estime qu'une espèce disparaît toutes les heures.
  • La réduction de la diversité génétique : lorsque les populations deviennent trop petites, la consanguinité augmente, rendant l'espèce plus vulnérable aux maladies et aux changements environnementaux.
  • La déstabilisation des écosystèmes : chaque espèce joue un rôle fonctionnel dans son écosystème (prédateur, proie, pollinisateur, décomposeur…). La disparition d'une espèce clé de voûte peut provoquer l'effondrement de tout l'écosystème.
Exemple. La disparition des abeilles (pollinisateurs essentiels) compromettrait la reproduction de 75 % des plantes à fleurs cultivées et sauvages, menaçant la sécurité alimentaire mondiale.

La biodiversité rend des services écosystémiques essentiels à l'humanité :

  • Services d'approvisionnement : nourriture, eau douce, bois, médicaments (30 % des médicaments actuels sont d'origine végétale ou animale).
  • Services de régulation : purification de l'air et de l'eau, régulation du climat, pollinisation, décomposition des déchets.
  • Services culturels : valeur esthétique, spirituelle, récréative de la nature.
Définition. Les services écosystémiques sont les bénéfices que les humains tirent gratuitement du fonctionnement des écosystèmes. Leur perte aurait un coût économique et humain considérable.
5Les indicateurs de l'état de la biodiversité

Pour suivre l'évolution de la biodiversité, les scientifiques et les organismes internationaux utilisent divers indicateurs :

  • La Liste rouge de l'UICN : elle recense le statut de conservation de plus de 150 000 espèces et est actualisée régulièrement. C'est la référence mondiale.
  • L'Indice Planète Vivante (IPV) du WWF : il mesure l'évolution des populations de vertébrés sauvages. Entre 1970 et 2020, il a diminué de 69 %, signalant un effondrement des populations animales.
  • L'empreinte écologique : mesure la pression exercée par l'humanité sur les ressources naturelles de la planète.
  • Les indicateurs d'abondance d'espèces communes (STOC en France) : comptages réguliers d'oiseaux communs pour mesurer la santé des écosystèmes ordinaires.
Astuce. Les oiseaux communs sont des bioindicateurs : leur abondance reflète la santé globale de l'écosystème. En France, les oiseaux des milieux agricoles ont diminué de 30 % en 30 ans (MNHN, 2023).

Au niveau international, la COP15 sur la biodiversité (Kunming-Montréal, 2022) a adopté le cadre « 30x30 » : protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030. Ces indicateurs permettent d'évaluer les progrès vers ces objectifs.

6Stratégies de préservation : Aires protégées et réglementation

Face à l'érosion de la biodiversité, les sociétés humaines ont mis en place différentes stratégies de préservation :

1. Les aires protégées

  • Parcs nationaux : zones où la nature est strictement protégée (cœur du parc) tout en permettant des activités touristiques encadrées en périphérie. En France : Parc national de Port-Cros, Parc national des Calanques (près de Marseille).
  • Réserves naturelles : espaces protégés où les activités humaines sont limitées pour préserver des espèces ou des milieux particuliers.
  • Zones Natura 2000 : réseau européen de sites naturels qui abritent des espèces ou des habitats menacés à l'échelle de l'Union européenne.

2. La réglementation internationale

  • La Convention CITES (Washington, 1973) réglemente le commerce international des espèces sauvages menacées (ivoire, coraux, perroquets…).
  • La Convention sur la Diversité Biologique (Rio, 1992) engage les pays signataires à préserver la biodiversité et à partager équitablement les bénéfices issus de son utilisation.

3. Les actions de restauration et de conservation ex situ

  • Restauration des habitats : replantation de haies bocagères, réhabilitation de zones humides, création de corridors écologiques (trames vertes et bleues en France).
  • Conservation ex situ : élevages en captivité, banques de graines (Svalbard Global Seed Vault), jardins botaniques pour sauvegarder des espèces très menacées.
Exemple. En France, la Trame verte et bleue (TVB) est un réseau écologique national visant à permettre aux espèces animales et végétales de se déplacer entre leurs différents habitats (corridors forestiers, rivières…), malgré la fragmentation du territoire.
7Développement durable et biodiversité

La préservation de la biodiversité est un enjeu central du développement durable. Ce concept, défini par le rapport Brundtland (1987), vise à « répondre aux besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Il repose sur trois piliers :

  • L'environnement : préserver les ressources naturelles et la biodiversité.
  • L'économie : assurer une croissance durable et équitable.
  • Le social : garantir le bien-être humain et l'équité.
Développement durable. Développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. La biodiversité en est un pilier fondamental.

Des pratiques agricoles alternatives contribuent à préserver la biodiversité :

  • Agriculture biologique : sans pesticides de synthèse, favorise les insectes et la flore sauvage.
  • Agroécologie : combine productivité agricole et préservation des écosystèmes (rotations de cultures, haies, bandes fleuries).
  • Pêche durable : quotas de pêche, zones de repos biologique pour reconstituer les stocks.

Chaque citoyen peut agir : consommer local et de saison, réduire sa consommation de viande (l'élevage intensif est une cause majeure de déforestation), planter des espèces mellifères pour les pollinisateurs, signaler des espèces rares via des applications comme iNaturalist ou l'Observatoire de la Biodiversité.

À retenir. La préservation de la biodiversité est l'affaire de tous : États, entreprises, agriculteurs et citoyens. Elle est indissociable de la lutte contre le changement climatique et du développement durable.
À retenir
En bref :
• La biodiversité se définit à trois niveaux : génétique, des espèces et des écosystèmes.
• Les activités humaines provoquent une sixième extinction de masse (HIPPO : destruction des habitats, espèces invasives, pollution, croissance démographique, surexploitation).
• La Liste rouge de l'UICN et l'Indice Planète Vivante (−69 % entre 1970 et 2020) mesurent cette érosion.
• La biodiversité rend des services écosystémiques essentiels (nourriture, pollinisation, eau propre, médicaments).
• Les stratégies de préservation incluent les aires protégées (parcs nationaux, Natura 2000), la réglementation (CITES, CBD) et la restauration des habitats (Trame verte et bleue).
• Le développement durable vise à répondre aux besoins présents sans compromettre l'avenir : agroécologie, pêche durable, gestes citoyens.
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