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Changement climatique : effet de serre, causes et conséquences

L’effet de serre et les gaz qui le renforcent ; les climats du passé, glaciations et interglaciaires ; le cycle du carbone déséquilibré par les activités humaines ; les preuves de l’origine humaine du réchauffement ; ses conséquences sur les océans, les glaces et les êtres vivants, et les rétroactions ; atténuer, s’adapter et décider.

À propos de cette page
Ce cours de SVT de 3e explique le changement climatique en six parties : le trajet de l’énergie dans l’effet de serre et les gaz qui le renforcent, les climats du passé lus dans les carottes de glace, les pollens et les blocs erratiques, le cycle du carbone avec ses réservoirs, ses flux et ses puits, les arguments qui prouvent l’origine humaine du réchauffement, ses conséquences sur l’océan, les glaces et les êtres vivants, et les mesures pour prévenir, protéger, s’adapter et atténuer.
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L’effet de serre : un équilibre d’énergie

Rappel (6e). L’effet de serre est naturel et indispensable : sans lui, la surface de la Terre serait en moyenne à environ −18 °C au lieu de +15 °C (chapitre « Le réchauffement climatique récent »). En 3e, on explique d’où vient l’énergie, ce que font les gaz et pourquoi en ajouter réchauffe la planète.

Ce qu’il faut savoir Le Soleil envoie surtout de la lumière visible, qui traverse l’atmosphère presque sans être arrêtée. Le sol et les océans l’absorbent et chauffent.
La surface chauffée émet à son tour un rayonnement invisible, les infrarouges. Certains gaz, les gaz à effet de serre, absorbent une partie de ces infrarouges et en renvoient une partie vers la surface : elle se refroidit moins vite.
Le diazote et le dioxygène, qui forment 99 % de l’air sec, ne retiennent pas les infrarouges : l’effet de serre est dû à des gaz minoritaires.
La Terre perd vers l’espace autant d’énergie qu’elle en reçoit. Si l’on ajoute des gaz à effet de serre, une partie plus grande des infrarouges est retenue : la surface se réchauffe jusqu’à retrouver cet équilibre.
Soleilatmosphèresol et océans : ils absorbent la lumière et chauffentune partie part vers l’espaceune partie estrenvoyée versle solCO₂H₂OCH₄lumière visible du Soleil : elle traverse l’airinfrarouges émis par la surface chaufféegaz à effet de serre : il absorbe puis renvoie

Les gaz à effet de serre ne se valent pas

GazPrincipales sourcesDurée dans l’airRéchauffement d’1 kg, comparé à 1 kg de CO₂ (sur 100 ans)
dioxyde de carbone CO₂combustion du charbon, du pétrole et du gaz, déforestation, cimentune partie reste des siècles, voire plus de mille ans1 (référence)
méthane CH₄ruminants, rizières, décharges, fuites de gaz naturelenviron 12 ansenviron 30
protoxyde d’azote N₂Oengrais azotés, élevageenviron 110 ansenviron 270
gaz fluorésclimatiseurs, réfrigérateursselon le gaz, jusqu’à des dizaines de milliers d’annéesselon le gaz, jusqu’à plus de 20 000
vapeur d’eau H₂Oévaporation de l’eauune dizaine de jourspremier gaz à effet de serre naturel, mais amplificateur : sa quantité dépend de la température

Durées et pouvoirs de réchauffement : GIEC, 6e rapport (2021). Le calcul d’un bilan en « équivalent CO₂ » se fait en chimie (voir « Pour aller plus loin »).

Un air plus chaud peut contenir plus de vapeur d’eau ; or la vapeur d’eau retient les infrarouges. Elle ne déclenche donc pas le réchauffement, mais elle l’amplifie : on n’en émet pas assez pour changer sa quantité, c’est la température qui la fixe.

Modéliser l’effet de serre par une expérience

Deux bouteilles transparentes identiques, fermées, munies d’un thermomètre, sont placées à la même distance d’une même lampe : l’une contient de l’air, l’autre de l’air enrichi en CO₂. On ne fait varier qu’un seul facteur, le CO₂ ; la bouteille d’air sert de témoin. Si la bouteille au CO₂ chauffe plus, c’est le CO₂ qui retient davantage la chaleur. C’est un modèle : il montre le principe, mais la bouteille garde aussi l’air chaud entre ses parois, et la quantité de CO₂ y est bien plus forte que dans l’air.

Exemples

Suivre l’énergie : lumière visible du Soleil → absorbée par le sol, qui chauffe → infrarouges émis par le sol → une partie absorbée par la vapeur d’eau, le CO₂ ou le méthane, puis renvoyée vers le sol.

L’air sec contient environ 0,04 % de CO₂ : une toute petite part. Pourtant c’est lui, et non le diazote (78 %), qui retient les infrarouges. Une petite quantité d’un gaz à effet de serre suffit donc à changer la température.

Comparer deux gaz : une tonne de méthane réchauffe beaucoup plus qu’une tonne de CO₂, mais elle quitte l’air en une dizaine d’années ; une partie du CO₂ émis aujourd’hui sera encore là dans plusieurs siècles. Réduire le méthane agit vite, réduire le CO₂ agit pour longtemps.

Réflexe — pour expliquer l’effet de serre, je suis l’énergie dans l’ordre : lumière visible → surface chauffée → infrarouges émis → infrarouges absorbés et renvoyés par les gaz à effet de serre.

Attention — les gaz à effet de serre n’arrêtent pas la lumière du Soleil : elle les traverse. Ils retiennent les infrarouges émis par la Terre. Et dans une expérience, si deux facteurs changent à la fois (le gaz et la distance à la lampe), on ne peut rien conclure.

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Les climats du passé : glaciations et réchauffements naturels

« Le climat a toujours changé » : c’est vrai. Mais comment le sait-on, à quelle vitesse changeait-il, et pourquoi ? Les scientifiques lisent les climats du passé dans des archives naturelles.

Ce qu’il faut savoir Depuis environ 800 000 ans, la Terre alterne des périodes glaciaires, froides, pendant lesquelles d’immenses calottes de glace couvrent le nord de l’Amérique et de l’Europe, et des périodes interglaciaires, plus chaudes et plus courtes. Un cycle dure environ 100 000 ans. Nous vivons dans un interglaciaire qui a commencé il y a environ 11 700 ans.
Lors du dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans, la planète était en moyenne environ 6 °C plus froide qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer au moins 120 m plus bas : l’eau était stockée dans les calottes.
Ces changements naturels ont pour origine de lentes variations de l’orbite de la Terre et de l’inclinaison de son axe, sur des dizaines à des centaines de milliers d’années : elles changent la répartition de l’énergie du Soleil. Le CO₂ et les glaces amplifient ensuite le refroidissement ou le réchauffement.
ArchiveCe qu’on y mesureCe qu’on en déduit
carotte de glace (Antarctique, Groenland)les bulles d’air emprisonnées quand la neige s’est tassée en glace ; la composition de la glace elle-mêmela teneur en CO₂ et en méthane de l’air ancien ; la température de l’époque
sédiments d’un lac ou d’une tourbièreles grains de pollen fossiles, couche après couchela végétation, donc le climat : forêts de feuillus en climat doux, steppes en climat froid
paysagemoraines (amas de débris laissés par un glacier) et blocs erratiques (gros blocs transportés loin de leur roche d’origine)l’étendue des anciens glaciers

La carotte européenne EPICA, forée au Dôme C en Antarctique sur plus de 3 km de glace, couvre 800 000 ans : le CO₂ y a varié entre 172 et 300 ppm (parties par million), bas en période glaciaire, haut en interglaciaire. En 2025, l’air en contient environ 426 ppm en moyenne mondiale (Global Carbon Project).

Exemples

Lire une archive : dans la carotte composite de l’Antarctique, l’air d’il y a environ 20 000 ans contenait 194 ppm de CO₂ ; celui d’il y a 2 000 ans, 278 ppm. Hausse : 278 − 194 = 84 ppm, en environ 18 000 ans : c’est le passage d’une période glaciaire à un interglaciaire.

Un indice dans une ville : le « Gros Caillou », à Lyon, est un bloc de quartzite de 24 tonnes, une roche des hautes vallées de Savoie. Il a été transporté par un glacier il y a environ 140 000 ans : les glaciers des Alpes descendaient alors jusqu’à Lyon. C’est un bloc erratique.

Comparer des vitesses : en sortant d’une glaciation, la Terre s’est réchauffée de 4 à 7 °C en environ 5 000 ans (NASA). Le réchauffement actuel est environ dix fois plus rapide que ce rythme moyen.

Réflexe — pour lire un climat passé, je nomme l’archive, ce qu’on y mesure, puis le climat que j’en déduis ; et je compare toujours la vitesse : des milliers d’années autrefois, quelques décennies aujourd’hui.

Attention — « le climat a toujours changé » ne prouve pas que les humains n’y sont pour rien. Les variations de l’orbite agissent sur des milliers d’années ; elles conduisent même, depuis environ 6 000 ans, à un lent refroidissement (NASA). Le réchauffement actuel, rapide, a une autre cause.

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Le cycle du carbone déséquilibré

Le carbone ne disparaît pas : il passe d’un réservoir à l’autre. Comprendre ce cycle, c’est comprendre pourquoi le CO₂ s’accumule.

Ce qu’il faut savoir Le carbone circule entre plusieurs réservoirs : l’atmosphère (CO₂), les océans (CO₂ dissous), les êtres vivants et les sols (matière organique), les roches et les combustibles fossiles. Ses passages d’un réservoir à l’autre sont des flux.
La photosynthèse fait entrer le carbone de l’air dans les végétaux ; la respiration des êtres vivants et la décomposition de la matière morte le rendent à l’air ; l’océan échange du CO₂ avec l’atmosphère. Sans les humains, ces flux sont à peu près équilibrés.
Les activités humaines ajoutent deux flux : la combustion des combustibles fossiles, qui rend à l’air un carbone enfoui depuis des millions d’années, et la déforestation.
Un réservoir qui absorbe plus de carbone qu’il n’en rend est un puits de carbone : les océans et la végétation absorbent environ la moitié du CO₂ émis ; l’autre moitié s’accumule dans l’air.
AtmosphèreCO₂ de l’airVégétationet solsOcéansCO₂ dissousCharbon, pétrole, gazenfouis dans les rochesphotosynthèserespiration,décompositionéchangescombustiondes fossilesflux naturels, à peu près équilibrés sans les humainsflux ajouté par les activités humaines

Stock et flux. La quantité de CO₂ dans l’air est un stock ; les émissions et les absorptions sont des flux. Comme l’eau d’une baignoire, le stock monte tant que le flux qui entre dépasse le flux qui sort, même si le robinet ne s’ouvre pas plus. Pour que le CO₂ de l’air cesse d’augmenter, il faut que les émissions descendent jusqu’au niveau des absorptions : c’est le zéro net.

Qui émet ? En 2019, les gaz à effet de serre émis dans le monde représentaient 59 milliards de tonnes d’équivalent CO₂ (GIEC, 2022).

SecteurPart des émissions mondiales (2019)
production d’énergie (électricité, chaleur, extraction du charbon, du pétrole et du gaz)34 %
industrie24 %
agriculture, forêts et autres usages des sols22 %
transports15 %
bâtiments6 %

Émissions directes de chaque secteur, d’après le GIEC (6e rapport, 2022) ; les parts, arrondies, ne font pas exactement 100 %.

Exemples

Une baignoire reçoit 12 L par minute et en perd 5 par la bonde : son niveau monte de 12 − 5 = 7 L par minute. Si l’on réduit le robinet à 9 L par minute, elle monte encore de 9 − 5 = 4 L par minute. Elle ne cesse de monter qu’à 5 L par minute, quand l’entrée égale la sortie.

Brûler une forêt pour cultiver : le carbone des arbres part dans l’air en CO₂, et un puits disparaît. La déforestation agit deux fois.

Le CO₂ que rejette une vache en respirant vient de l’herbe, qui l’avait pris dans l’air quelques semaines plus tôt : ce flux est équilibré. Le CO₂ d’un moteur vient d’un pétrole enfoui depuis des millions d’années : il s’ajoute au cycle.

Réflexe — je repère le réservoir, le flux qui entre et le flux qui sort ; si l’entrée dépasse la sortie, le stock augmente.

Attention — stabiliser les émissions ne stabilise pas la quantité de CO₂ dans l’air : elle continue de monter tant que l’on émet plus que ce que les puits absorbent. Et la respiration des êtres vivants n’est pas la cause du réchauffement : elle rend à l’air un carbone pris peu avant par la photosynthèse.

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Les preuves de l’origine humaine

Rappel (6e). La température moyenne de la planète a augmenté d’environ 1,1 °C entre 1850-1900 et 2011-2020, et la hausse se lit aussi dans le recul des glaciers et la montée de la mer (chapitre « Le réchauffement climatique récent »). Reste à prouver la cause.

Ce qu’il faut savoir Les scientifiques comparent plusieurs hypothèses et les confrontent aux mesures :
• le mécanisme est connu : en laboratoire, le CO₂ absorbe les infrarouges ;
• le CO₂ ajouté vient des fossiles : leur carbone, très ancien, ne contient plus de carbone 14 (une forme de carbone qui disparaît lentement) ; or la part de carbone 14 du CO₂ de l’air baisse ;
• les causes naturelles ne suffisent pas : le rayonnement reçu du Soleil a même un peu baissé depuis une quarantaine d’années (satellites de la NASA) ; les volcans émettent au moins 60 fois moins de CO₂ que les activités humaines (NOAA, d’après l’USGS) ; l’orbite de la Terre change trop lentement ;
• les modèles climatiques (simulations par ordinateur) ne reproduisent la hausse observée qu’en y mettant les émissions humaines ; avec les seules causes naturelles, la température resterait presque stable.
En 2021, le GIEC conclut que l’influence humaine sur le réchauffement est « sans équivoque ». En 2019, le CO₂ de l’air était plus élevé qu’à aucun moment depuis au moins 2 millions d’années.

Corrélation n’est pas causalité

Deux grandeurs qui augmentent ensemble sont corrélées. Cela ne prouve pas que l’une cause l’autre : une troisième peut causer les deux, ou ce peut être une coïncidence. Pour établir une causalité, il faut un mécanisme vérifié et écarter les autres explications.

Exemples

Une corrélation trompeuse : dans une ville, les ventes de ventilateurs et de boissons fraîches montent ensemble en juillet. Aucune ne cause l’autre : la chaleur cause les deux.

Tester une hypothèse : « c’est le Soleil » prédit un rayonnement solaire en hausse depuis les années 1980. Les satellites mesurent une légère baisse : l’hypothèse est écartée.

Raisonner par élimination : mécanisme connu + carbone fossile retrouvé dans l’air + causes naturelles écartées + modèles qui ne marchent qu’avec les émissions humaines → la cause principale du réchauffement actuel est humaine.

Réflexe — pour juger une cause, je formule l’hypothèse, je cherche ce qu’elle prédit, je compare aux mesures ; une corrélation seule ne suffit jamais.

Attention — une canicule record ne prouve pas à elle seule le réchauffement, et un hiver froid ne le contredit pas : seule la tendance sur des décennies renseigne sur le climat. Les preuves de la cause, elles, s’additionnent.

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Les conséquences : océans, glaces, êtres vivants

Une planète plus chaude, ce n’est pas seulement « quelques degrés de plus » : l’océan, les glaces et les êtres vivants réagissent, et certaines réactions accélèrent le réchauffement.

Ce qu’il faut savoir L’océan absorbe environ 91 % de la chaleur en excès (Organisation météorologique mondiale) : il se réchauffe, se dilate et connaît des vagues de chaleur marines. Avec la fonte des glaces posées sur les continents, sa dilatation fait monter la mer (vu en 6e). L’océan profond et les calottes réagissent lentement : même si les émissions cessaient, la mer continuerait de monter pendant des siècles (GIEC, 2021).
Un air plus chaud contient plus de vapeur d’eau : les pluies intenses deviennent plus fortes ; canicules et sécheresses deviennent plus fréquentes.
Une rétroaction positive est une conséquence qui renforce sa propre cause : la glace et la neige, blanches, renvoient la plus grande partie de la lumière ; quand elles fondent, l’océan ou le sol, sombres, l’absorbent et chauffent davantage. De même, le pergélisol (sol gelé en permanence de l’Arctique), qui contient environ deux fois plus de carbone que l’atmosphère, libère du CO₂ et du méthane en dégelant ; et les puits de carbone, affaiblis par la chaleur, absorbent moins.
Pour les êtres vivants : des espèces se déplacent vers les pôles ou en altitude (vu en 6e), les calendriers se décalent, et deux espèces liées peuvent ne plus se retrouver au bon moment ; les écosystèmes très sensibles à la chaleur, comme les récifs de coraux, déclinent.

Les coraux, une association qui se rompt

Un corail vit en symbiose avec des algues microscopiques logées dans ses tissus : elles lui fournissent l’essentiel de sa nourriture par photosynthèse. Quand l’eau dépasse d’environ 1 °C la température maximale habituelle de l’été pendant plusieurs semaines, le corail expulse ses algues : il devient blanc, c’est le blanchissement. Si la chaleur dure, il meurt de faim. D’après le GIEC (2018), 70 à 90 % des récifs disparaîtraient à +1,5 °C, plus de 99 % à +2 °C.

Toutes les régions ne se réchauffent pas au même rythme : le bassin méditerranéen se réchauffe environ 20 % plus vite que la moyenne mondiale (réseau d’experts MedECC, 2019).

Exemples

Un décalage de calendrier (données imaginées) : en 30 ans, le pic de chenilles d’une forêt avance de 15 jours, la ponte d’un oiseau insectivore de 6 jours. L’écart se creuse de 15 − 6 = 9 jours : les petits naissent après le pic de nourriture.

Une boucle de rétroaction : réchauffement → la neige fond plus tôt au printemps → le sol sombre absorbe plus de lumière → la région se réchauffe davantage → la neige fond encore plus tôt.

Un récif où l’eau atteint habituellement 28 °C au plus fort de l’été commence à blanchir si elle reste vers 29 °C pendant des semaines : le seuil dépend de chaque récif.

Réflexe — pour une conséquence, j’enchaîne : hausse de température → changement physique (eau, glace, air) → effet sur les êtres vivants ; puis je me demande si cet effet renforce le réchauffement.

Attention — « positive » ne veut pas dire « bonne » : une rétroaction positive amplifie le changement. Et le seuil de blanchissement des coraux n’est pas une température fixe : c’est environ 1 °C au-dessus du maximum habituel de chaque récif.

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Agir : prévenir, protéger, s’adapter, atténuer

Rappel (6e). L’atténuation agit sur la cause (réduire les émissions), l’adaptation sur les effets ; l’accord de Paris (2015) vise un réchauffement bien en dessous de 2 °C, si possible 1,5 °C (chapitre « Le réchauffement climatique récent »). En 3e, on apprend à choisir et à justifier des mesures.

Ce qu’il faut savoir Face à un risque lié au climat (submersion, canicule, sécheresse), on combine :
• la prévention : connaître le risque, informer, alerter, ne pas construire dans les zones exposées ;
• la protection : des ouvrages qui réduisent les dégâts (digues, bassins de rétention) ;
• l’adaptation : changer l’organisation pour vivre avec le climat qui vient (déplacer des habitations, choisir d’autres cultures, végétaliser les villes) ;
• l’atténuation : réduire les émissions ou renforcer les puits, seule action qui limite le réchauffement lui-même.
Le budget carbone est la quantité de CO₂ que l’humanité peut encore émettre pour garder une chance de rester sous un seuil : pour 1,5 °C, il ne restait qu’environ 170 milliards de tonnes début 2026, à peine quatre années d’émissions (Global Carbon Project).
L’avenir dépend des émissions : selon le GIEC, la planète serait vers 2081-2100 environ 1,4 °C plus chaude qu’en 1850-1900 avec des émissions très faibles, 2,7 °C avec des émissions intermédiaires, 4,4 °C avec des émissions très élevées.
Qui ?Engagement ou décision
le mondeavec les politiques actuelles, environ +2,8 °C en 2100 ; avec tous les engagements tenus, +2,3 à +2,5 °C (Programme des Nations unies pour l’environnement, 2025)
l’Union européenne−55 % d’émissions en 2030 par rapport à 1990, neutralité climatique en 2050 (loi européenne sur le climat, 2021) ; objectif de −90 % en 2040 voté par le Parlement européen en février 2026
la Francese prépare à un réchauffement de +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 dans l’Hexagone (trajectoire de référence pour l’adaptation, 2025)

Pourquoi se préparer à +4 °C en visant 1,5 °C ? Parce que l’adaptation doit couvrir le pire raisonnable, et parce que le réchauffement déjà engagé continuera. Mais sans atténuation, l’adaptation atteint ses limites : on ne rehausse pas une digue indéfiniment. Les deux sont nécessaires, et les mesures collectives (électricité, transports, bâtiments, industrie) pèsent bien plus que la somme des gestes isolés. Les leviers de l’énergie (sobriété, efficacité, sources bas carbone) sont détaillés dans le chapitre « Ressources énergétiques : combustibles fossiles et alternatives ».

Exemples

Une commune littorale : elle cartographie les zones submersibles et installe une alerte (prévention), rehausse sa digue (protection), déplace un camping trop exposé (adaptation) et remplace ses bus au gazole par des bus électriques (atténuation).

Comparer des avenirs : entre le scénario d’émissions très élevées et celui d’émissions très faibles, l’écart est de 4,4 − 1,4 = 3 °C, à peu près l’écart entre aujourd’hui et la moitié du chemin vers une période glaciaire. Chaque dixième de degré évité compte.

Réflexe — pour classer une mesure, je me demande sur quoi elle agit : connaître et alerter (prévention), réduire les dégâts (protection), changer notre organisation (adaptation), réduire la cause (atténuation).

Attention — une mesure d’adaptation peut aggraver le problème : climatiser partout avec une électricité produite au charbon ou au gaz rafraîchit l’intérieur mais émet plus de CO₂. C’est une maladaptation.

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Pour aller plus loin

Ces notions touchent au chapitre, mais elles sont traitées ailleurs ou ont été vues avant.

À retenir
  • Effet de serre : la lumière visible du Soleil chauffe la surface, qui émet des infrarouges ; les gaz à effet de serre (vapeur d’eau, CO₂, méthane, protoxyde d’azote, gaz fluorés) en absorbent et en renvoient une partie. En ajouter réchauffe la surface.
  • Climats du passé : depuis 800 000 ans, périodes glaciaires et interglaciaires alternent (environ 100 000 ans par cycle), lues dans les carottes de glace (CO₂ entre 172 et 300 ppm), les pollens et les blocs erratiques ; cause : l’orbite de la Terre, amplifiée par le CO₂ et les glaces.
  • Cycle du carbone : photosynthèse, respiration, décomposition et océan échangent du carbone, à peu près en équilibre ; les fossiles et la déforestation ajoutent un flux ; les puits en absorbent environ la moitié, le reste s’accumule (stock et flux).
  • Origine humaine : mécanisme connu, carbone fossile retrouvé dans l’air (carbone 14 en baisse), Soleil, volcans et orbite écartés, modèles qui n’expliquent la hausse qu’avec nos émissions. Une corrélation seule ne prouve pas une cause.
  • Conséquences : océan qui absorbe 91 % de la chaleur en excès, pluies intenses, canicules, glaces qui fondent ; rétroactions positives (glace, pergélisol, puits affaiblis) ; calendriers décalés, coraux qui blanchissent.
  • Agir : prévention, protection, adaptation et atténuation ; budget carbone presque épuisé pour 1,5 °C ; de +1,4 à +4,4 °C en 2081-2100 selon les émissions ; UE : −55 % en 2030, neutralité en 2050.

Questions fréquentes

Comment fonctionne l’effet de serre ?

La lumière visible du Soleil traverse l’atmosphère et chauffe le sol et les océans. La surface chauffée émet des infrarouges. Les gaz à effet de serre (vapeur d’eau, CO₂, méthane, protoxyde d’azote) en absorbent une partie et la renvoient vers la surface. Plus il y a de ces gaz, plus la surface se réchauffe.

Le climat a toujours changé : pourquoi s’inquiéter aujourd’hui ?

Depuis 800 000 ans, la Terre alterne périodes glaciaires et interglaciaires, à cause de lentes variations de son orbite. Mais ces changements prenaient des milliers d’années. Le réchauffement actuel est environ dix fois plus rapide que la sortie d’une glaciation, et l’orbite, elle, pousserait plutôt vers un lent refroidissement.

Pourquoi le CO₂ continue-t-il d’augmenter si les émissions se stabilisent ?

Parce que la quantité de CO₂ dans l’air est un stock. Les océans et la végétation absorbent environ la moitié du CO₂ émis ; le reste s’ajoute chaque année. Tant que les émissions dépassent les absorptions, le stock monte : il faut descendre jusqu’au zéro net.

Comment sait-on que le réchauffement est dû aux humains ?

Le CO₂ absorbe les infrarouges (mesuré en laboratoire) ; le CO₂ ajouté porte la marque des fossiles, sans carbone 14 ; le Soleil, les volcans et l’orbite n’expliquent pas la hausse ; et les modèles ne la reproduisent qu’avec nos émissions. Le GIEC parle d’une influence humaine « sans équivoque ».

Qu’est-ce qu’une rétroaction positive ?

C’est une conséquence du réchauffement qui le renforce. Par exemple, la neige et la glace renvoient la lumière ; quand elles fondent, le sol ou l’océan, plus sombres, l’absorbent et chauffent davantage, ce qui fait fondre encore plus de glace. Positive ne veut pas dire bonne : elle amplifie.

Quelle différence entre prévention, protection, adaptation et atténuation ?

La prévention fait connaître le risque et alerte, la protection réduit les dégâts par des ouvrages comme une digue, l’adaptation change notre organisation pour vivre avec le climat qui vient, et l’atténuation réduit les émissions, donc le réchauffement lui-même. Seule l’atténuation agit sur la cause.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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