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Histoire · Classe de 3ᵉ

La France dans la Seconde Guerre mondiale

Occupation, collaboration, Résistance et Libération

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La France dans la Seconde Guerre mondiale » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La défaite de 1940 et l'armistice, Le régime de Vichy et la Révolution nationale, La collaboration avec l'Allemagne nazie, La persécution des Juifs en France. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
Au programme
1 · La défaite de 1940 et l'armistice
2 · Le régime de Vichy et la Révolution nationale
3 · La collaboration avec l'Allemagne nazie
4 · La persécution des Juifs en France
5 · La Résistance intérieure
6 · La France libre et le général de Gaulle
7 · La Libération de la France (1944)
1La défaite de 1940 et l'armistice

En mai-juin 1940, l'armée allemande lance une offensive fulgurante contre la France et les Alliés. En quelques semaines, les forces franco-britanniques sont submergées : c'est la Blitzkrieg (guerre éclair). Les Allemands contournent la ligne Maginot par les Ardennes et prennent les armées alliées à revers.

Blitzkrieg. Guerre éclair menée par l'Allemagne nazie, combinant blindés, aviation et infanterie pour percer rapidement les fronts ennemis.

Le 14 juin 1940, Paris est déclaré ville ouverte et les Allemands entrent dans la capitale. Des millions de Français fuient vers le sud dans ce que l'on appelle l'exode.

Le gouvernement, replié à Bordeaux, se divise : certains veulent continuer à se battre depuis les colonies, d'autres souhaitent demander l'armistice. Le maréchal Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, devient chef du gouvernement le 16 juin 1940 et annonce à la radio qu'il faut cesser les combats.

L'armistice est signé le 22 juin 1940 dans la forêt de Compiègne, dans le même wagon où avait été signé l'armistice de 1918, symbole voulu par Hitler. Ses conditions sont très dures :

  • La France est divisée en zone occupée (nord et ouest) et en zone libre (sud)
  • La France doit payer les frais d'occupation
  • L'armée française est réduite à 100 000 hommes
  • Les prisonniers de guerre français (1,8 million) restent en Allemagne
DateÉvénement
10 mai 1940Début de l'offensive allemande à l'Ouest
14 juin 1940Les Allemands entrent dans Paris
16 juin 1940Pétain devient chef du gouvernement
18 juin 1940Appel du général de Gaulle depuis Londres
22 juin 1940Signature de l'armistice franco-allemand
2Le régime de Vichy et la Révolution nationale

Le 10 juillet 1940, les parlementaires réunis à Vichy accordent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain par 569 voix contre 80. C'est la fin de la IIIe République et la naissance de l'État français, dont le gouvernement est installé à Vichy.

État français (régime de Vichy). Régime autoritaire mis en place par Pétain en juillet 1940 en remplacement de la IIIe République. Son chef est le « chef de l'État », le maréchal Pétain.

Pétain instaure une Révolution nationale, fondée sur la devise « Travail, Famille, Patrie », qui remplace « Liberté, Égalité, Fraternité ». Cette idéologie conservatrice et autoritaire s'appuie sur :

  • Le culte du chef (Pétain est présenté comme le sauveur de la France)
  • Le rejet des valeurs républicaines et démocratiques
  • La valorisation de la paysannerie, de la famille traditionnelle et de l'Église
  • L'antisémitisme d'État

Le régime supprime les libertés fondamentales : interdiction des partis politiques, des syndicats, de la presse libre. Pierre Laval, chef du gouvernement à partir de 1942, pousse encore plus loin la collaboration.

Attention ! Vichy n'est pas simplement un régime imposé par les Allemands : les dirigeants français ont choisi d'instaurer ce régime autoritaire et de collaborer avec l'occupant.
3La collaboration avec l'Allemagne nazie

La collaboration désigne la politique de coopération volontaire du régime de Vichy avec l'Allemagne nazie. Elle s'illustre dès la rencontre de Montoire (24 octobre 1940) où Pétain serre la main d'Hitler et affirme à la radio : « C'est dans la voie de la collaboration que j'engage la France. »

Collaboration. Politique de coopération active du régime de Vichy avec l'Allemagne nazie, allant de la coopération économique à la participation aux crimes nazis.

La collaboration prend plusieurs formes :

  • Collaboration économique : la France fournit des matières premières, des produits industriels et agricoles à l'Allemagne ; le travail forcé (STO) envoie des ouvriers français en Allemagne
  • Collaboration policière et militaire : la Milice française (créée en 1943) traque les résistants et les Juifs, parfois plus efficacement que la Gestapo
  • Collaboration idéologique : des mouvements fascistes français (comme le PPF de Doriot) soutiennent l'Allemagne nazie

Le Service du Travail Obligatoire (STO), instauré en février 1943, oblige les jeunes Français à partir travailler en Allemagne. Cette mesure poussera beaucoup de jeunes à rejoindre le maquis plutôt que de partir en Allemagne.

Exemple. René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, négocie avec les Allemands la rafle du Vél d'Hiv (juillet 1942) et assure que la police française se charge elle-même des arrestations.
4La persécution des Juifs en France

Dès octobre 1940, le régime de Vichy adopte des lois antisémites de sa propre initiative, sans que les Allemands les aient explicitement demandées. Ces statuts des Juifs excluent les Juifs de la fonction publique, de l'armée, des professions libérales, de l'enseignement et des médias.

La persécution s'intensifie à partir de 1942 avec la mise en œuvre de la « Solution finale » décidée par les nazis :

  • Juillet 1942 : la rafle du Vél d'Hiv — Les 16 et 17 juillet 1942, la police française arrête 13 152 Juifs à Paris, dont 4 115 enfants. Ils sont regroupés au Vélodrome d'Hiver avant d'être déportés vers les camps d'extermination.
  • Les Juifs sont obligés de porter l'étoile jaune en zone occupée à partir de juin 1942
  • Des rafles ont lieu dans toute la France, y compris en zone libre
Rafle du Vél d'Hiv (16-17 juillet 1942). Arrestation massive de Juifs à Paris par la police française sur ordre de Vichy et des Allemands. C'est un des exemples les plus marquants de la complicité de Vichy dans la Shoah.

Au total, environ 75 000 Juifs ont été déportés de France vers les camps d'extermination ; peu en sont revenus vivants. En 1995, le président Jacques Chirac a reconnu officiellement la responsabilité de l'État français dans ces crimes.

Attention ! Vichy a participé activement à la persécution des Juifs. Ce n'est pas seulement l'Allemagne qui a imposé ces mesures : des Français ont dénoncé, arrêté et déporté leurs compatriotes juifs.
5La Résistance intérieure

Face à l'Occupation et à la collaboration, des Français refusent de se soumettre et entrent en Résistance. Dans un premier temps, ils sont une minorité, mais leur nombre grandit au fil de la guerre, notamment après l'instauration du STO en 1943.

Résistance intérieure. Ensemble des mouvements et réseaux clandestins qui, depuis la France occupée, luttent contre l'Occupation allemande et le régime de Vichy par divers moyens (tracts, sabotages, renseignements, combats armés).

Les formes de résistance sont multiples :

  • Résistance passive : refus d'obéir, écoute de la radio de Londres (BBC), aide aux Juifs et aux résistants
  • Résistance active : distribution de tracts et journaux clandestins, sabotages de voies ferrées, renseignements transmis aux Alliés, actions armées
  • Les maquis : groupes armés qui se cachent dans les zones rurales et forestières, notamment dans le Vercors, les Cévennes et les Pyrénées

Parmi les grandes figures de la Résistance intérieure, on retient :

  • Jean Moulin : envoyé par de Gaulle, il unifie les mouvements de Résistance intérieure au sein du Conseil National de la Résistance (CNR), fondé le 27 mai 1943. Arrêté par la Gestapo en juin 1943, il meurt sous la torture.
  • Lucie et Raymond Aubrac : résistants du mouvement Libération-Sud
Astuce. Pour mémoriser le rôle de Jean Moulin : il est le lien entre la Résistance intérieure (en France) et la France libre (à Londres). Il unifie les différents mouvements de résistance sous une direction commune.

Le programme du CNR (mars 1944) prévoit pour l'après-guerre : la Sécurité sociale, les retraites, la nationalisation des grandes entreprises, et le droit de vote pour les femmes.

6La France libre et le général de Gaulle

Le 18 juin 1940, depuis Londres, le général Charles de Gaulle lance un appel à la radio de la BBC invitant les Français à continuer le combat. Cet appel, peu entendu sur le moment, devient un symbole fondateur de la Résistance.

France libre. Mouvement créé par le général de Gaulle à Londres à partir de juin 1940. Il rassemble les Français qui refusent l'armistice et continuent le combat aux côtés des Alliés.

De Gaulle organise les Forces Françaises Libres (FFL) qui combattent sur tous les fronts : Afrique du Nord, Libye, Italie, et plus tard en France elle-même. Parmi les unités célèbres, on compte :

  • La 1re Division Française Libre
  • Le Régiment de Marche du Tchad
  • Les pilotes de l'escadrille Normandie-Niémen

De Gaulle est reconnu par les Britanniques comme le chef des Français libres, mais il doit constamment affirmer l'indépendance de la France face à Churchill et Roosevelt, qui préféreraient traiter avec d'autres interlocuteurs français.

En 1943, de Gaulle s'installe à Alger où il co-préside le Comité Français de Libération Nationale (CFLN) avec le général Giraud, avant d'en prendre seul la tête. Il crée l'Assemblée consultative provisoire pour préparer le retour à la démocratie.

Exemple. L'Appel du 18 juin 1940 : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. » Cette phrase symbolise le refus de la défaite et l'espoir de la Libération.
7La Libération de la France (1944)

La Libération de la France s'amorce en 1944 avec les débarquements alliés :

DateÉvénement
6 juin 1944Débarquement allié en Normandie (opération Overlord / D-Day)
15 août 1944Débarquement allié en Provence (opération Dragoon)
25 août 1944Libération de Paris
8 mai 1945Capitulation de l'Allemagne nazie (V-E Day)

Le 6 juin 1944, les Alliés (Américains, Britanniques, Canadiens, et Français) débarquent sur les côtes normandes. C'est l'une des plus grandes opérations militaires de l'histoire. Des unités françaises participent, dont la 2e Division Blindée du général Leclerc.

Le 15 août 1944, un débarquement a lieu en Provence, permettant la libération du sud de la France et l'avancée vers Lyon et Strasbourg.

Le 25 août 1944, Paris est libéré. De Gaulle descend les Champs-Élysées le lendemain devant une foule en liesse. Il prononce son discours célébrant « Paris libéré ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »

Épuration. Période suivant la Libération où sont jugés les collaborateurs. L'épuration sauvage (exécutions sommaires) précède l'épuration légale (procès, comme celui du maréchal Pétain en 1945).

À la Libération, le gouvernement provisoire présidé par de Gaulle restaure la République. La IVe République est proclamée en 1946. Les femmes votent pour la première fois en 1944, lors des élections municipales.

Astuce. Pour retenir les grandes étapes : 6 juin = Normandie, 15 août = Provence, 25 août = Paris, 8 mai 1945 = Victoire sur l'Allemagne.
À retenir
À retenir :
22 juin 1940 : armistice franco-allemand signé à Compiègne — fin de la IIIe République.
10 juillet 1940 : les parlementaires donnent les pleins pouvoirs à Pétain → naissance du régime de Vichy (État français).
• Vichy instaure la Révolution nationale (« Travail, Famille, Patrie ») et une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie.
Persécution des Juifs : statuts des Juifs (1940), rafle du Vél d'Hiv (16-17 juillet 1942), déportation de 75 000 Juifs de France.
18 juin 1940 : Appel du général de Gaulle depuis Londres → naissance de la France libre et des FFL.
Jean Moulin unifie la Résistance intérieure au sein du CNR (27 mai 1943).
6 juin 1944 : Débarquement en Normandie ; 15 août 1944 : débarquement en Provence ; 25 août 1944 : Libération de Paris.
8 mai 1945 : capitulation de l'Allemagne nazie.
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