Collège · 3ᵉ · Histoire
La France dans la Seconde Guerre mondiale
Occupation, collaboration, Résistance et Libération
À propos de cette page
Mai-juin 1940 : la défaite et l'armistice
Le 10 mai 1940, l'armée allemande attaque à l'Ouest. Contournant la ligne Maginot par les Ardennes, ses chars percent à Sedan le 13 mai et atteignent la Manche en dix jours : les armées alliées sont coupées en deux. Le 14 juin, les Allemands défilent dans Paris, déclaré « ville ouverte ». Sur les routes, l'exode jette huit millions de civils vers le sud.
Le gouvernement, replié à Bordeaux, se divise : continuer la guerre depuis l'Afrique du Nord, ou cesser le combat ? Le 16 juin, le maréchal Pétain, héros de Verdun, devient chef du gouvernement et annonce le lendemain à la radio qu'« il faut cesser le combat ». L'armistice est signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le wagon de 1918 qu'Hitler a fait ressortir.
Le régime de Vichy : la Révolution nationale
Le 10 juillet 1940, à Vichy, les députés et sénateurs votent les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix contre 80. La IIIe République est morte ; l'État français la remplace. Pétain, « chef de l'État », concentre tous les pouvoirs : plus d'élections, plus de Parlement, plus de partis ni de syndicats libres, presse censurée.
Le régime organise le culte du maréchal : portrait dans les écoles, chant Maréchal, nous voilà !, voyages en province. Il exclut ses « ennemis » : francs-maçons, communistes, étrangers, Juifs. Le rationnement (cartes d'alimentation, tickets) et le marché noir marquent la vie quotidienne.
La collaboration d'État
Le 24 octobre 1940, à Montoire, Pétain serre la main d'Hitler. Le 30 octobre, il déclare à la radio : « J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration ». Vichy espère une place pour la France dans l'Europe allemande et le retour des prisonniers ; l'Allemagne y gagne une France docile, qu'elle exploite sans avoir à l'administrer.
- Économique : livraisons de matières premières, de produits agricoles, d'usines travaillant pour l'Allemagne ; la Relève (1942) puis le STO (16 février 1943) envoient 600 000 travailleurs français en Allemagne.
- Policière : la police française arrête communistes, résistants et Juifs pour le compte des Allemands (accords Bousquet-Oberg, 1942).
- Paramilitaire : la Milice, créée en janvier 1943 par Joseph Darnand, traque les résistants, torture, exécute.
Après le débarquement allié en Afrique du Nord, l'Allemagne envahit la zone libre (11 novembre 1942) : Vichy n'a plus aucune indépendance. Pierre Laval, chef du gouvernement, va jusqu'à « souhaiter la victoire de l'Allemagne » (juin 1942). À côté de la collaboration d'État existent des collaborationnistes à Paris (partis fascistes, LVF combattant en URSS sous uniforme allemand) et une collaboration ordinaire : dénonciations, affaires avec l'occupant.
Vichy et la persécution des Juifs
Sans que l'Allemagne l'exige, Vichy adopte le 3 octobre 1940 un statut des Juifs qui les exclut de la fonction publique, de l'armée, de la presse, puis d'une grande partie des professions ; leurs biens sont « aryanisés » (confisqués). Les Juifs étrangers sont internés dans des camps français (Gurs, Drancy).
Quand les nazis mettent en œuvre la « solution finale » en 1942, Vichy fournit sa police. Le port de l'étoile jaune est imposé en zone occupée (juin 1942). Les 16 et 17 juillet 1942, la police parisienne arrête 13 152 Juifs, dont 4 115 enfants, entassés au Vélodrome d'Hiver avant d'être déportés vers Auschwitz : c'est la rafle du Vél d'Hiv. Des rafles ont lieu aussi en zone libre (Marseille, janvier 1943).
La France libre du général de Gaulle
Le 18 juin 1940, depuis Londres, le général de Gaulle, sous-secrétaire d'État à la Guerre, appelle à la BBC les Français à poursuivre le combat : « la France a perdu une bataille, mais la France n'a pas perdu la guerre ». Peu entendu sur le moment, l'appel du 18 juin fonde la France libre.
Reconnu par Churchill, de Gaulle rassemble les Forces françaises libres (FFL) : quelques milliers d'hommes en 1940, 70 000 en 1943. Elles s'illustrent à Koufra (Leclerc, 1941), à Bir Hakeim (Koenig, juin 1942), en Italie, tandis que les aviateurs de Normandie-Niémen combattent en URSS. Peu à peu, les colonies (Afrique équatoriale, puis Afrique du Nord après novembre 1942) se rallient.
La Résistance intérieure : de l'ombre à l'unité
En France, la Résistance naît de refus individuels : tracts, graffitis, aide aux prisonniers évadés, écoute de la BBC. Des mouvements (Combat, Libération, Franc-Tireur) publient des journaux clandestins ; des réseaux renseignent Londres et organisent des évasions ; après juin 1941, les communistes passent à la lutte armée (attentats, otages fusillés comme Guy Môquet, octobre 1941). Le STO pousse des milliers de réfractaires vers les maquis (Vercors, Glières, Limousin).
Les résistants ne sont jamais qu'une minorité (2 à 3 % des Français), mais ils sont de tous les milieux et de toutes les opinions ; les femmes y jouent un rôle essentiel (Lucie Aubrac, Germaine Tillion), ainsi que les étrangers (groupe Manouchian, « l'Affiche rouge »). Le prix est lourd : 20 000 fusillés, 60 000 déportés. En 1944, les Forces françaises de l'intérieur (FFI) réunissent tous les combattants de l'ombre.
1944-1945 : Libération, épuration, refondation de la République
Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie ; les FFI sabotent voies ferrées et communications. Le 15 août, l'armée française de de Lattre débarque en Provence avec les Américains. Paris se soulève le 19 août ; la 2e DB de Leclerc y entre le 25 août 1944. De Gaulle descend les Champs-Élysées le 26 août ; Strasbourg est libérée en novembre, l'Alsace en février 1945. Le 8 mai 1945, la France est parmi les vainqueurs et signe la capitulation allemande.
Le GPRF rétablit la République « qui n'a jamais cessé d'exister », selon de Gaulle, et applique le programme du CNR : droit de vote des femmes (ordonnance d'avril 1944, premier vote en avril 1945), Sécurité sociale (octobre 1945), nationalisations (Renault, charbonnages, banques). Vichy est déclaré nul : la France se reconstruit sur les valeurs de la Résistance.
- Mai-juin 1940 : défaite éclair, exode, armistice du 22 juin ; la France est coupée en deux.
- Vichy (10 juillet 1940) : Pétain chef de l'État français, Révolution nationale (« Travail, Famille, Patrie »), fin de la République.
- Collaboration : Montoire (octobre 1940), STO, Milice, police française au service des nazis ; statut des Juifs (octobre 1940), rafle du Vél d'Hiv (juillet 1942), 75 000 déportés.
- France libre : appel du 18 juin 1940, FFL, de Gaulle à Alger (1943).
- Résistance intérieure : mouvements, réseaux, maquis ; Jean Moulin unifie par le CNR (mai 1943), dont le programme fonde l'après-guerre.
- Libération : débarquements (6 juin, 15 août 1944), Paris le 25 août ; épuration ; République refondée, vote des femmes, Sécurité sociale.
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