06 29 33 79 32 Je réserve ici

Collège · 3ᵉ · Histoire

La Première Guerre mondiale (1914-1918)

Causes, déroulement, violence de masse et bilan

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La Première Guerre mondiale (1914-1918) » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'Europe en 1914 : un continent sous tension, Sarajevo et l'engrenage des alliances (été 1914), La guerre de mouvement et l'enlisement (1914), La guerre de position : tranchées et batailles d'usure (1915-1917). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
1

L'Europe en 1914 : un continent sous tension

En 1914, l'Europe domine le monde, mais ses grandes puissances se méfient les unes des autres. Quatre facteurs de tension s'accumulent depuis la fin du XIXe siècle.

  • Les nationalismes : la France n'a pas accepté la perte de l'Alsace-Lorraine (1871) ; dans les Balkans, les peuples slaves soutenus par la Russie veulent se libérer de l'Autriche-Hongrie et de l'Empire ottoman.
  • Les rivalités coloniales : la France et l'Allemagne se disputent le Maroc lors des crises de Tanger (1905) et d'Agadir (1911).
  • La course aux armements : course navale entre le Royaume-Uni et l'Allemagne ; en France, la loi de 1913 porte le service militaire à trois ans.
  • Les Balkans, « poudrière de l'Europe » : deux guerres balkaniques (1912-1913) opposent déjà les petits États de la région.
Le système d'alliances. Deux blocs se font face : la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) et la Triple-Alliance ou Triplice (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie). Chaque État s'est engagé à soutenir ses alliés : un conflit local peut donc devenir une guerre générale.
Attention ! L'Italie, membre de la Triple-Alliance, reste neutre en 1914 puis entre en guerre en mai 1915 aux côtés de l'Entente. En revanche, l'Empire ottoman (novembre 1914) et la Bulgarie (1915) rejoignent l'Allemagne : on parle alors des « Empires centraux ».
2

Sarajevo et l'engrenage des alliances (été 1914)

Le 28 juin 1914, à Sarajevo (Bosnie, annexée par l'Autriche-Hongrie en 1908), l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, est assassiné par Gavrilo Princip, un nationaliste serbe de Bosnie.

L'engrenage de juillet-août 1914. L'Autriche-Hongrie, soutenue par l'Allemagne, adresse un ultimatum à la Serbie (23 juillet) puis lui déclare la guerre le 28 juillet. La Russie mobilise pour protéger la Serbie ; l'Allemagne déclare la guerre à la Russie (1er août) puis à la France (3 août). Le 4 août, l'armée allemande envahit la Belgique neutre : le Royaume-Uni entre en guerre le jour même.

En France, le président Raymond Poincaré appelle le 4 août à l'Union sacrée : les partis, y compris les socialistes pourtant pacifistes (Jaurès a été assassiné le 31 juillet), soutiennent le gouvernement. Partout, on croit à une guerre courte : les soldats partent pour « quelques semaines ».

Union sacrée. Rassemblement de toutes les forces politiques et religieuses françaises derrière le gouvernement, au nom de la défense nationale, à partir d'août 1914.
3

La guerre de mouvement et l'enlisement (1914)

L'Allemagne applique le plan Schlieffen : écraser la France en six semaines en passant par la Belgique, avant de se retourner contre la Russie, plus lente à mobiliser. Les armées allemandes arrivent à moins de 50 km de Paris ; le gouvernement se replie à Bordeaux.

Du 6 au 12 septembre 1914, la bataille de la Marne, menée par Joffre avec l'aide des Britanniques, arrête l'offensive allemande (épisode célèbre des « taxis de la Marne » réquisitionnés par Gallieni). Les deux camps tentent ensuite de se déborder vers le nord — la « course à la mer » — sans y parvenir. À l'est, la Russie a été battue à Tannenberg (fin août 1914), mais elle oblige l'Allemagne à se battre sur deux fronts.

Guerre de mouvement / guerre de position. En août-septembre 1914, les armées avancent de dizaines de kilomètres par jour : c'est la guerre de mouvement. À partir de novembre 1914, le front occidental se fige de la mer du Nord à la Suisse sur environ 700 km : c'est la guerre de position, ou guerre des tranchées.
4

La guerre de position : tranchées et batailles d'usure (1915-1917)

Les soldats s'enterrent dans des tranchées protégées par des barbelés, séparées de l'ennemi par le no man's land. Le quotidien des poilus (surnom des soldats français) est fait de boue, de froid, de rats et de poux, d'attente et de peur sous les bombardements : l'artillerie cause environ 70 % des blessures. Les hommes tiennent grâce à la camaraderie, aux permissions, au courrier avec l'arrière.

Les offensives de 1916 illustrent la guerre d'usure : chaque camp cherche à épuiser l'autre.

  • Verdun (21 février - décembre 1916) : l'Allemagne veut « saigner à blanc » l'armée française. Ravitaillée par la Voie sacrée, celle-ci tient. Bilan : près de 300 000 morts et 700 000 victimes au total pour gagner quelques kilomètres.
  • La Somme (juillet - novembre 1916) : offensive franco-britannique ; le 1er juillet, l'armée britannique perd près de 20 000 tués en une journée. Premier emploi des chars (septembre 1916). Environ 1,2 million de victimes.

La science au service du massacre : gaz de combat (chlore à Ypres, 22 avril 1915, puis ypérite), artillerie lourde, mitrailleuses, aviation, sous-marins, lance-flammes.

Vocabulaire. Poilu ne vient pas de la barbe des soldats : au XIXe siècle, « un poilu » désigne déjà un homme courageux. Les Britanniques sont les Tommies, les Allemands les Feldgrau (du gris de leur uniforme).
5

Une guerre totale : le front et l'arrière

Guerre totale. Guerre qui mobilise toutes les ressources d'un pays — soldats, économie, science, population civile, esprits — et qui efface la limite entre combattants et civils.

Mobilisation des hommes. Plus de 70 millions de soldats sont mobilisés dans le monde, dont 8 millions de Français. Les empires coloniaux fournissent des combattants : environ 600 000 soldats des colonies dans l'armée française (tirailleurs « sénégalais », algériens, indochinois…), des Indiens, des Canadiens, des Australiens dans l'armée britannique.

Mobilisation de l'économie. Les usines produisent obus, canons, avions (Renault, Citroën) ; l'État emprunte à la population (emprunts nationaux) ; le rationnement apparaît. Les femmes remplacent les hommes aux champs, dans les transports et dans les usines d'armement : ce sont les « munitionnettes ».

Mobilisation des esprits. La propagande (affiches, cartes postales, manuels scolaires) exalte le sacrifice et présente l'ennemi comme un barbare ; la censure contrôle la presse et le courrier. Les soldats parlent de « bourrage de crâne ». En novembre 1917, Clemenceau, chef du gouvernement, résume sa politique : « Je fais la guerre ».

Exemple. À Marseille comme à Paris, les ouvrières fabriquent des obus à la chaîne ; les enfants collectent des fonds pour l'emprunt ; les journaux affirment que les balles allemandes « ne font pas mal ». Front et arrière sont liés par les lettres : plusieurs millions par jour.
6

Violences de masse : soldats, civils, génocide des Arméniens

La guerre impose une violence de masse inédite. Les soldats sont broyés par l'artillerie et le gaz ; ceux qui survivent restent parfois gueules cassées (mutilés du visage) ou traumatisés. L'armée française a fusillé « pour l'exemple » environ 600 hommes, pour désobéissance ou abandon de poste.

Les civils deviennent des cibles : massacres et déportations dans la Belgique et le Nord occupés (Louvain, 1914), bombardements de villes par les zeppelins et les canons à longue portée, blocus britannique qui affame l'Allemagne, réfugiés par millions.

Le génocide des Arméniens (1915-1916). Le gouvernement des Jeunes-Turcs, à la tête de l'Empire ottoman, accuse les Arméniens (chrétiens) de trahir au profit de la Russie. À partir du 24 avril 1915 (arrestation des élites à Constantinople), il organise l'extermination : massacres, déportations vers les déserts de Syrie où les convois meurent de faim et de soif. Environ 1,2 million d'Arméniens périssent, sur un peu plus de 2 millions.
Attention ! Un génocide est l'extermination planifiée d'un peuple par un État, en raison de ce qu'il est. Le mot est créé en 1944 par le juriste Raphael Lemkin. La France a reconnu le génocide arménien par une loi en 2001 ; la Turquie le conteste encore.
7

1917, année charnière, et la victoire de 1918

Lassitude et révoltes. Après l'échec de l'offensive Nivelle au Chemin des Dames (16 avril 1917), des mutineries touchent la moitié des divisions françaises : les soldats refusent de monter à l'assaut, pas de défendre leurs tranchées. Pétain rétablit la discipline (quelques dizaines d'exécutions) et améliore permissions et ravitaillement. À l'arrière, grèves et manifestations pacifistes se multiplient.

La Russie sort de la guerre. La révolution de février-mars 1917 renverse le tsar Nicolas II ; en octobre-novembre, les bolcheviks de Lénine prennent le pouvoir et signent avec l'Allemagne la paix de Brest-Litovsk (3 mars 1918).

Les États-Unis entrent en guerre. Le 6 avril 1917, le président Wilson obtient du Congrès la déclaration de guerre à l'Allemagne, qui a repris la guerre sous-marine « à outrance » et proposé au Mexique une alliance contre les États-Unis (télégramme Zimmermann). Deux millions de soldats américains arrivent en France en 1918.

1918. Renforcée par les troupes venues de Russie, l'Allemagne lance de mars à juillet de grandes offensives, arrêtées lors de la seconde bataille de la Marne. Sous le commandement unique de Foch, les Alliés contre-attaquent à partir du 8 août et percent le front. En Allemagne, la marine se mutine, la révolution éclate, Guillaume II abdique (9 novembre). L'armistice est signé le 11 novembre 1918 dans la clairière de Rethondes (forêt de Compiègne).

Armistice ≠ traité de paix. L'armistice arrête les combats ; la paix est signée plus tard, à Versailles, le 28 juin 1919, cinq ans jour pour jour après Sarajevo.
8

Le bilan d'une guerre de quatre ans

Bilan humain. Près de 10 millions de soldats et environ 7 millions de civils sont morts ; 20 millions de soldats ont été blessés. La France compte 1,4 million de morts, 3 millions de blessés, 600 000 veuves et près d'un million d'orphelins. La grippe espagnole (1918-1919) tue encore des dizaines de millions de personnes affaiblies par la guerre.

Bilan politique. Quatre empires disparaissent : allemand, austro-hongrois, russe et ottoman. De nouveaux États naissent en Europe centrale (Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie…). Le traité de Versailles (28 juin 1919) rend l'Allemagne responsable de la guerre ; la Société des Nations (SDN), voulue par Wilson, s'installe à Genève en 1920 pour garantir la paix.

Bilan moral. Le nord-est de la France est dévasté. Chaque commune élève un monument aux morts ; le 11 novembre devient jour de commémoration (férié depuis 1922) ; le Soldat inconnu est inhumé sous l'Arc de triomphe en 1920. Le traumatisme nourrit un profond pacifisme (« plus jamais ça ») mais aussi, chez certains anciens combattants, une brutalisation de la vie politique.

En bref
  • Causes : nationalismes, rivalités coloniales, course aux armements, alliances ; déclencheur : Sarajevo, 28 juin 1914.
  • Trois phases : guerre de mouvement (1914), guerre de position (1915-1917), retour du mouvement et victoire alliée (1918).
  • Une guerre totale : soldats, économie, colonies, femmes, propagande et censure.
  • Une violence de masse : Verdun, la Somme, les gaz ; les civils frappés ; le génocide des Arméniens (1915-1916).
  • 1917 : la Russie sort, les États-Unis entrent. Armistice le 11 novembre 1918, paix à Versailles le 28 juin 1919.
  • Bilan : ~10 millions de soldats morts, quatre empires disparus, une Europe traumatisée.
Bloqué sur ce chapitre ?

Cours particuliers de histoire à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au collège · Aide aux devoirs