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Histoire 3ᵉ

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Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale

L’Europe de 1914 et l’engrenage de l’été ; guerre de mouvement puis de position (Verdun, la Somme) ; une guerre totale : le front et l’arrière ; violences de masse et génocide des Arméniens ; 1917 et la victoire de 1918 ; le bilan

À propos de cette page
Ce cours d’histoire de 3e raconte la Première Guerre mondiale en six parties : les tensions de l’Europe de 1914 et l’engrenage de l’été, le passage de la guerre de mouvement à la guerre des tranchées, la guerre totale au front et à l’arrière, les violences de masse jusqu’au génocide des Arméniens, le tournant de 1917 et la victoire de 1918, puis le bilan humain. Un schéma des tranchées et une frise des grands repères l’accompagnent.
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L’Europe en 1914 et l’engrenage de l’été

Ce qu’il faut savoirEn 1914, les grandes puissances européennes dominent le monde, mais elles se méfient les unes des autres : nationalismes, rivalités coloniales et course aux armements accumulent les tensions, et deux systèmes d’alliances se font face. L’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, déclenche un engrenage : du 28 juillet au 4 août, les grandes puissances entrent en guerre les unes après les autres.

Des tensions accumulées

  • Les nationalismes : la France n’a pas accepté la perte de l’Alsace et de la Moselle (l’« Alsace-Lorraine »), annexées par l’Allemagne en 1871 ; dans les Balkans, les nationalistes serbes, soutenus par la Russie, veulent libérer les Slaves du Sud de la domination de l’Autriche-Hongrie, qui a annexé la Bosnie en 1908.
  • Les rivalités coloniales : la France et l’Allemagne se disputent le Maroc lors des crises de Tanger (1905) et d’Agadir (1911).
  • La course aux armements : le Royaume-Uni et l’Allemagne rivalisent en construisant des navires de guerre ; en France, la loi de 1913 porte le service militaire de deux à trois ans.
  • Les Balkans, « poudrière de l’Europe » : deux guerres balkaniques y ont déjà éclaté, en 1912 et en 1913.

Rappel. L’annexion de l’Alsace-Moselle en 1871 est étudiée en 4e dans le chapitre La Troisième République.

Deux blocs d’alliances

La Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) fait face à la Triple-Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie). Chaque État a promis de soutenir ses alliés : un conflit local peut donc devenir une guerre générale.

Pendant la guerre, les camps changent : l’Italie, restée neutre en 1914, entre en guerre en mai 1915 aux côtés de l’Entente, contre l’Autriche-Hongrie. L’Empire ottoman (novembre 1914) et la Bulgarie (octobre 1915) rejoignent au contraire l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie : ce camp est celui des Empires centraux.

Sarajevo et l’engrenage de l’été 1914

  • 28 juin 1914 : à Sarajevo, en Bosnie, l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, est assassiné par Gavrilo Princip, un jeune nationaliste serbe de Bosnie.
  • 23 juillet : l’Autriche-Hongrie, soutenue par l’Allemagne, adresse un ultimatum à la Serbie (des exigences à accepter en 48 heures, sous peine de guerre) ; le 28 juillet, elle lui déclare la guerre.
  • La Russie mobilise pour protéger la Serbie. L’Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1er août, puis à la France le 3 août.
  • 4 août : l’armée allemande envahit la Belgique, pays neutre, pour attaquer la France ; le Royaume-Uni, qui garantit la neutralité belge, déclare la guerre à l’Allemagne.

Le 4 août, un message du président de la République, Raymond Poincaré, lu au Parlement, appelle à l’« union sacrée » : tous les partis soutiennent le gouvernement, y compris les socialistes, pacifistes, dont le chef, Jean Jaurès, a été assassiné le 31 juillet. Les députés et les sénateurs votent à l’unanimité les lois qui mettent le pays en état de guerre. Partout, on croit à une guerre courte.

Exemples

« Le Royaume-Uni entre en guerre pour défendre la France. » → inexact : il entre en guerre le 4 août parce que l’Allemagne envahit la Belgique, dont il garantit la neutralité.

Du 28 juillet au 4 août 1914, en une semaine, cinq grandes puissances se retrouvent en guerre : l’Autriche-Hongrie, la Russie, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Réflexe — je distingue les causes profondes (tensions, alliances) et l’élément déclencheur (l’attentat de Sarajevo).

Attention — l’Italie est membre de la Triple-Alliance en 1914, mais elle ne combat pas aux côtés de l’Allemagne : neutre en 1914, elle rejoint l’Entente en mai 1915.

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De la guerre de mouvement à la guerre de position (1914-1916)

Ce qu’il faut savoirEn 1914, les armées avancent vite : c’est la guerre de mouvement. Après la bataille de la Marne (septembre 1914), le front se fige de la mer du Nord à la Suisse : c’est la guerre de position, ou guerre des tranchées. En 1916, à Verdun et sur la Somme, chaque camp cherche à épuiser l’autre : c’est une guerre d’usure.

1914 : une guerre de mouvement

  • L’Allemagne applique le plan Schlieffen : battre la France en quelques semaines en passant par la Belgique, pour contourner les fortifications françaises de l’Est, puis se retourner contre la Russie, plus lente à mobiliser.
  • Les armées allemandes arrivent à une quarantaine de kilomètres de Paris ; le gouvernement part pour Bordeaux.
  • Du 5 au 12 septembre 1914, la bataille de la Marne, menée par Joffre avec l’armée britannique, arrête l’offensive allemande ; le gouverneur militaire de Paris, Gallieni, envoie des renforts, dont une partie en taxis réquisitionnés.
  • Chaque camp tente ensuite de déborder l’autre par le nord : c’est la « course à la mer » (septembre-novembre 1914). Elle échoue : à la fin de 1914, le front se fige sur plus de 700 km.
  • À l’est, l’armée russe est écrasée à Tannenberg (fin août 1914), mais l’Allemagne doit se battre sur deux fronts.

Vivre dans les tranchées

Les soldats s’enterrent : une première ligne protégée par des réseaux de barbelés, d’autres lignes en arrière, reliées par des fossés de communication, les boyaux. Entre les premières lignes ennemies s’étend le no man’s land, la « terre de personne », criblé de trous d’obus.

vers l’arrière1re ligne allemandebarbelésno man’s landbarbelés1re ligne françaiseboyau2e ligne

Le quotidien des poilus (le surnom des soldats français : au XIXe siècle, « poilu » désignait déjà un homme courageux) est fait de boue, de froid, de rats et de poux, d’attente et de peur sous les bombardements. L’artillerie cause environ deux blessures sur trois. Les hommes tiennent grâce à la camaraderie, aux permissions et au courrier.

1916 : Verdun et la Somme, des batailles d’usure

  • Verdun (21 février-18 décembre 1916) : l’armée allemande attaque. Dans ses Mémoires, écrits après la guerre, son chef, Falkenhayn, affirme avoir voulu « saigner à blanc » l’armée française ; des historiens pensent aujourd’hui que cette explication a été inventée après coup. Pétain organise la défense et fait tourner les troupes ; la Voie sacrée, la route qui relie Bar-le-Duc à Verdun, ravitaille le front en hommes et en munitions. Bilan : environ 300 000 morts français et allemands, plus de 700 000 victimes, pour presque aucun terrain gagné.
  • La Somme (1er juillet-18 novembre 1916) : offensive franco-britannique. Le premier jour, l’armée britannique compte environ 19 000 tués. Les Britanniques y engagent les premiers chars d’assaut, le 15 septembre 1916. Plus d’un million de victimes.

La science au service de la guerre : gaz de combat (le chlore à Ypres, en Belgique, le 22 avril 1915, puis l’ypérite en 1917), artillerie lourde, mitrailleuses, lance-flammes, avions, sous-marins.

Exemples

« Verdun, c’est la guerre de mouvement. » → faux : en 1916, le front est figé ; Verdun est une bataille de position et d’usure, où l’on se bat des mois pour quelques kilomètres.

De juillet à novembre 1916, les deux batailles ont lieu en même temps : l’armée française combat à la fois à Verdun et sur la Somme.

Réflexe — je date : 1914 = guerre de mouvement ; fin 1914-début 1918 = guerre de position ; 1916 = batailles d’usure.

Attention — les gaz de combat ne naissent pas à Verdun : la première attaque au chlore a lieu à Ypres, en Belgique, en avril 1915.

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Une guerre totale : le front et l’arrière

Ce qu’il faut savoirUne guerre totale mobilise toutes les ressources d’un pays : les hommes, l’économie, la science et les esprits. La limite entre combattants et civils s’efface : l’arrière, le pays situé derrière le front, travaille pour la guerre. C’est aussi une guerre mondiale, qui se joue sur plusieurs continents.

Mobiliser les hommes

  • Environ 70 millions de soldats sont mobilisés dans le monde ; la France mobilise 8,4 millions d’hommes en quatre ans.
  • Les empires coloniaux fournissent des soldats : près de 600 000 pour la France (tirailleurs dits « sénégalais », recrutés en fait dans toute l’Afrique occidentale française, tirailleurs algériens, soldats d’Indochine…), dont la plupart viennent combattre en Europe ; des Indiens, des Canadiens, des Australiens servent dans les armées britanniques.

Rappel. La constitution des empires coloniaux est étudiée en 4e dans le chapitre Conquêtes et sociétés coloniales.

Mobiliser l’économie

  • Les usines tournent pour la guerre : obus, canons, chars, avions ; l’État organise la production.
  • Les femmes remplacent les hommes partis au front : aux champs, dans les transports, dans les usines. En 1918, environ 430 000 ouvrières, les « munitionnettes », travaillent dans les usines d’armement.
  • L’État fait appel à l’épargne des Français par des emprunts nationaux ; les prix montent et les restrictions apparaissent.

Mobiliser les esprits

  • La propagande (affiches, journaux, cartes postales, livres d’école) exalte le sacrifice et présente l’ennemi comme un barbare.
  • La censure (loi du 5 août 1914) interdit de publier les pertes et les opérations militaires ; les passages interdits laissent des blancs dans les journaux. Les soldats se moquent de ce « bourrage de crâne ».
  • Front et arrière restent liés par le courrier : en moyenne, 3 à 4 millions de lettres partent chaque jour de l’arrière vers le front.
  • En novembre 1917, Georges Clemenceau devient chef du gouvernement. Le 8 mars 1918, devant les députés, il résume sa politique : « Je fais la guerre ».

Une guerre mondiale

On combat aussi hors d’Europe : dans les colonies allemandes d’Afrique, au Proche-Orient contre l’Empire ottoman, sur les océans. Le Japon, allié du Royaume-Uni, déclare la guerre à l’Allemagne en août 1914 et s’empare de ses possessions de Chine et du Pacifique.

Exemples

Une ouvrière dans une usine d’obus, un tirailleur au front, un journal aux colonnes blanchies par la censure : trois formes de la mobilisation totale (le travail, les hommes, les esprits).

« Les civils ne participent pas à la guerre. » → faux : ils produisent, prêtent leur argent à l’État et sont la cible de la propagande.

Réflexe — guerre totale = tout le pays mobilisé : je cite des hommes, une économie et des esprits.

Attention — ne confonds pas guerre totale (toute la société est mobilisée) et guerre mondiale (on se bat sur plusieurs continents) : ce sont deux idées différentes.

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Violences de masse : soldats, civils et génocide des Arméniens

Ce qu’il faut savoirLa Grande Guerre impose une violence de masse inédite : des millions de soldats tués ou mutilés, des civils pris pour cibles et un génocide, celui des Arméniens de l’Empire ottoman, en 1915-1916.

Les soldats

  • Les soldats sont broyés par l’artillerie et les gaz ; les survivants restent souvent mutilés, défigurés — les « gueules cassées » — ou traumatisés.
  • L’armée française fusille environ 600 de ses soldats pour désobéissance militaire (abandon de poste, refus d’obéissance, désertion) : ce sont les « fusillés pour l’exemple ».

Les civils

  • Dans la Belgique et le nord de la France occupés : massacres et déportations. À Louvain, en Belgique, fin août 1914, l’armée allemande tue 248 habitants, incendie la bibliothèque de l’université et déporte 1 500 personnes en Allemagne.
  • Des villes de l’arrière sont bombardées par des dirigeables (les zeppelins) et des canons à longue portée.
  • Le blocus maritime britannique prive l’Allemagne de nourriture : l’hiver 1916-1917 est « l’hiver des rutabagas » ; la faim et les maladies tuent des centaines de milliers de civils allemands.
  • Des millions de réfugiés fuient les combats.

Le génocide des Arméniens (1915-1916)

  • Les Arméniens, un peuple chrétien de l’Empire ottoman, sont accusés de soutenir la Russie par le gouvernement des Jeunes-Turcs (le Comité Union et Progrès), dirigé notamment par Talaat Pacha.
  • Le 24 avril 1915, à Constantinople, des centaines d’intellectuels et de notables arméniens sont arrêtés ; la plupart sont ensuite tués.
  • Les hommes sont souvent tués dès le départ ; les femmes, les enfants et les vieillards sont déportés en convois vers les déserts de Syrie, où beaucoup meurent de faim et de soif ou sont massacrés.
  • Au moins 1,2 million d’Arméniens meurent (de 1,2 à 1,5 million selon les estimations).

Un génocide est l’extermination planifiée d’un peuple, voulue par un État, en raison de ce qu’il est. Le mot est créé en 1944 par le juriste Raphael Lemkin, qui s’était intéressé au sort des Arméniens. La France reconnaît publiquement le génocide arménien par la loi du 29 janvier 2001 ; la Turquie le nie encore.

Exemples

Louvain incendiée, l’Allemagne affamée par le blocus, des villes bombardées par les zeppelins : trois violences qui frappent des civils, loin des combats ou après eux.

« Les Arméniens sont morts à cause des combats. » → faux : ils meurent de massacres et de déportations organisés par leur propre gouvernement, loin du front.

Réflexe — violence de masse : je pense aux soldats ET aux civils.

Attention — le génocide des Arméniens est commis par l’Empire ottoman contre ses propres sujets, pas par l’Allemagne. Le mot « génocide » date de 1944 : les historiens l’emploient pour 1915 parce que les faits correspondent à sa définition.

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1917-1918 : l’année charnière et la victoire des Alliés

Ce qu’il faut savoirEn 1917, la guerre bascule : les soldats sont las, la Russie sort du conflit après la révolution, les États-Unis y entrent. En 1918, après les dernières offensives allemandes, les Alliés commandés par Foch l’emportent : l’armistice est signé le 11 novembre 1918.

1917 : lassitude et mutineries

  • Le 16 avril 1917, l’offensive du général Nivelle au Chemin des Dames, annoncée comme décisive, échoue : environ 200 000 victimes françaises.
  • En mai et juin 1917, des mutineries touchent, au plus fort du mouvement, 68 des 110 divisions françaises : les soldats refusent de monter à l’assaut, mais continuent de tenir leurs tranchées.
  • Pétain, placé à la tête de l’armée le 15 mai 1917, arrête les offensives inutiles et améliore les permissions et la nourriture ; il réprime aussi : plus de 500 condamnations à mort, dont 49 exécutées selon les chiffres officiels.

La Russie sort de la guerre

La révolution de février 1917 renverse le tsar Nicolas II ; en octobre (novembre dans notre calendrier), les bolcheviks de Lénine prennent le pouvoir. Ils signent avec l’Allemagne la paix de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918.

Les États-Unis entrent en guerre

Fin janvier 1917, l’Allemagne annonce la guerre sous-marine « à outrance » : ses sous-marins couleront tout navire, même neutre, autour des îles Britanniques. Les Britanniques interceptent aussi un télégramme du ministre allemand Zimmermann, qui propose au Mexique une alliance contre les États-Unis. Le 6 avril 1917, à la demande du président Wilson, le Congrès vote la guerre à l’Allemagne. Environ deux millions de soldats américains sont en France en novembre 1918.

1918 : de la dernière offensive allemande à l’armistice

  • Renforcée par une cinquantaine de divisions venues du front russe, l’Allemagne attaque à l’ouest à partir du 21 mars 1918 pour gagner avant l’arrivée massive des Américains : la guerre de mouvement reprend.
  • Le 26 mars, les Alliés confient à Foch la coordination de leurs armées, puis le commandement unique. La dernière offensive allemande est arrêtée lors de la seconde bataille de la Marne (juillet 1918) ; à partir du 8 août, les Alliés contre-attaquent et repoussent l’armée allemande.
  • En Allemagne, les marins se mutinent et la révolution éclate ; le 9 novembre, l’abdication de l’empereur Guillaume II est annoncée et la république est proclamée.
  • Le 11 novembre 1918, à 5 h 15, l’armistice est signé dans un wagon, dans la clairière de Rethondes (forêt de Compiègne) ; les combats cessent à 11 heures.
Exemples

De l’entrée en guerre des États-Unis (avril 1917) à l’armistice (novembre 1918) : 19 mois. Leurs soldats arrivent en masse en 1918, au moment décisif.

Pourquoi l’Allemagne demande-t-elle l’armistice sans être envahie ? Son armée recule depuis l’été 1918, ses alliés abandonnent et la révolution éclate à l’intérieur.

Réflexe — 1917 : la Russie sort de la guerre, les États-Unis y entrent.

Attention — un armistice arrête les combats, ce n’est pas la paix. La paix avec l’Allemagne est signée plus tard, par le traité de Versailles, le 28 juin 1919.

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Le bilan d’une guerre de masse

Ce qu’il faut savoirLa guerre tue près de 10 millions de soldats et plusieurs millions de civils. La France perd environ 1,4 million de soldats. Les survivants sont souvent blessés ou mutilés, et des régions entières sont dévastées.
  • Les soldats : près de 10 millions de morts et plus de 20 millions de blessés dans le monde.
  • Les civils : près de 9 millions de morts selon une estimation courante, victimes des massacres, du génocide des Arméniens, de la faim et des maladies. Ces chiffres sont moins sûrs que ceux des soldats : pas de registres, des causes mêlées, des territoires occupés.
  • La France : 1,4 million de soldats morts sur 8,4 millions de mobilisés, et plus de 4 millions de blessés. Rapportée à sa population, elle est l’un des pays les plus touchés.
  • Le nord-est de la France et la Belgique, où l’on s’est battu pendant quatre ans, sont dévastés : villages rasés, champs criblés d’obus.
  • La grippe espagnole (1918-1919), qui se répand avec les déplacements de troupes chez des populations affaiblies, tue des dizaines de millions de personnes dans le monde.
Exemples

France : 1,4 ÷ 8,4 = 1/6 → environ un mobilisé sur six est mort.

« Plus d’un million de victimes sur la Somme » : le mot victimes compte les morts, mais aussi les blessés, les disparus et les prisonniers.

Réflexe — un bilan = des chiffres arrondis et précisés : j’écris « environ », « près de », et je dis s’il s’agit de soldats ou de civils, de morts ou de victimes.

Attention — morts ≠ victimes ; et les chiffres des civils sont des estimations, plus incertaines que ceux des soldats.

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Pour aller plus loin

Après l’armistice : la conférence de la paix (1919), le traité de Versailles (28 juin 1919), la disparition de quatre empires (allemand, austro-hongrois, russe et ottoman), les nouveaux États, la Société des Nations et le deuil (monuments aux morts, Soldat inconnu sous l’Arc de triomphe en 1920, 11 novembre jour férié depuis 1922) sont étudiés dans le chapitre suivant, Démocraties fragilisées et expériences totalitaires : sortir de la guerre (1919-1923).

Pour le brevet : les repères 1914-1918, 1916 (Verdun) et 1917 sont repris avec ceux de tout le thème dans le chapitre Méthode : les repères chronologiques du brevet.

À retenir
  • Nationalismes, rivalités coloniales, course aux armements et alliances transforment l’attentat de Sarajevo (28 juin 1914) en guerre européenne, puis mondiale ; en France, c’est l’union sacrée.
  • Après la bataille de la Marne (septembre 1914), la guerre de mouvement devient une guerre de position : tranchées, batailles d’usure à Verdun et sur la Somme en 1916.
  • La guerre est totale : les hommes (dont les soldats des colonies), l’économie (munitionnettes, emprunts) et les esprits (propagande, censure) sont mobilisés.
  • La violence de masse frappe les soldats et les civils ; en 1915-1916, l’Empire ottoman commet le génocide des Arméniens.
  • En 1917, la Russie sort de la guerre et les États-Unis y entrent ; l’armistice du 11 novembre 1918 laisse près de 10 millions de soldats morts, dont 1,4 million de Français.

Questions fréquentes

Quelles sont les causes de la Première Guerre mondiale ?

Des causes profondes — nationalismes, rivalités coloniales, course aux armements et deux blocs d’alliances — et un élément déclencheur : l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914. Par le jeu des alliances, les grandes puissances entrent en guerre du 28 juillet au 4 août 1914.

Qu’est-ce que la guerre de position ?

Après la bataille de la Marne (septembre 1914) et la course à la mer, le front se fige sur plus de 700 km : les soldats s’enterrent dans des tranchées. C’est la guerre de position, qui dure jusqu’au début de 1918, avec des batailles d’usure comme Verdun et la Somme en 1916.

Pourquoi la Première Guerre mondiale est-elle une guerre totale ?

Parce qu’elle mobilise toutes les ressources des pays : des millions de soldats, dont ceux des colonies, l’économie (usines d’armement, femmes au travail, emprunts) et les esprits (propagande et censure). Les civils participent à l’effort de guerre et deviennent aussi des cibles.

Qu’est-ce que le génocide des Arméniens ?

En 1915-1916, le gouvernement des Jeunes-Turcs, à la tête de l’Empire ottoman, organise l’extermination des Arméniens : arrestation des élites le 24 avril 1915, massacres, déportations vers les déserts de Syrie. Au moins 1,2 million d’Arméniens meurent.

Pourquoi 1917 est-elle une année charnière ?

Les soldats sont las (mutineries après l’échec du Chemin des Dames), la Russie sort de la guerre après la révolution bolchevique et les États-Unis entrent en guerre le 6 avril 1917. En 1918, après une dernière offensive allemande, les Alliés de Foch l’emportent : l’armistice est signé le 11 novembre 1918.

Combien de morts a fait la Première Guerre mondiale ?

Près de 10 millions de soldats et, selon une estimation courante, près de 9 millions de civils. La France perd environ 1,4 million de soldats sur 8,4 millions de mobilisés, soit un sur six, et compte plus de 4 millions de blessés.

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