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Collège · 3ᵉ · Histoire

Les lendemains de la guerre et le traité de Versailles

Recomposition de l'Europe et nouveaux États

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « Les lendemains de la guerre et le traité de Versailles » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une Europe ruinée et endeuillée, La conférence de Paris (1919) : vainqueurs et objectifs, Le traité de Versailles : ce que l'Allemagne perd, Les autres traités et la nouvelle carte de l'Europe. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
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Une Europe ruinée et endeuillée

En novembre 1918, l'Europe sort de quatre ans de guerre totale. Près de 10 millions de soldats sont morts, 20 millions ont été blessés ; la grippe espagnole (1918-1919) achève des populations affaiblies. La France, qui a perdu 1,4 million d'hommes, compte 600 000 veuves et près d'un million d'orphelins ; les gueules cassées et les invalides rappellent partout la guerre.

Le nord-est de la France et la Belgique sont dévastés : villes rasées, mines noyées, champs criblés d'obus. Certaines terres, la « zone rouge », sont déclarées incultivables. Les États sont endettés, surtout envers les États-Unis, devenus les créanciers du monde ; la monnaie perd de sa valeur (inflation).

Deuil et mémoire. Chaque commune élève un monument aux morts ; les associations d'anciens combattants réclament réparation et défendent la paix (« plus jamais ça »). Le Soldat inconnu est inhumé sous l'Arc de triomphe le 11 novembre 1920.
Attention ! La guerre ne s'arrête pas partout en 1918 : guerre civile en Russie (1917-1922), révolutions en Allemagne (les spartakistes, janvier 1919) et en Hongrie, guerre gréco-turque (1919-1922). L'ordre nouveau se construit dans le désordre.
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La conférence de Paris (1919) : vainqueurs et objectifs

La conférence de la paix s'ouvre à Paris le 18 janvier 1919 (date anniversaire de la proclamation de l'Empire allemand à Versailles, en 1871). Vingt-sept États vainqueurs y participent ; les vaincus sont exclus, et la Russie bolchevique, qui a signé une paix séparée, n'est pas invitée.

Les Quatre Grands. Wilson (États-Unis), Clemenceau (France), Lloyd George (Royaume-Uni) et Orlando (Italie) décident de l'essentiel.
DirigeantCe qu'il veut
ClemenceauLa sécurité de la France : affaiblir durablement l'Allemagne, obtenir des réparations et des garanties (Rhin).
Lloyd GeorgeÉliminer la flotte et les colonies allemandes, mais garder une Allemagne capable de commercer et de faire contrepoids à la France.
WilsonUne paix « juste » fondée sur ses Quatorze Points (8 janvier 1918) : fin de la diplomatie secrète, droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, création d'une Société des Nations.
OrlandoLes territoires promis à l'Italie en 1915 (Trentin, Trieste, Dalmatie) et le port de Fiume.
Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Principe selon lequel chaque peuple (défini par sa langue, sa culture) peut choisir son État. Il inspire la nouvelle carte de l'Europe… mais pas celle des colonies.
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Le traité de Versailles : ce que l'Allemagne perd

Le traité est présenté à la délégation allemande le 7 mai 1919, sans négociation, puis signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, là où l'Empire allemand avait été proclamé en 1871. L'Allemagne le signe sous la menace d'une reprise des combats : elle parle de « diktat ».

Article 231. L'Allemagne et ses alliés sont déclarés responsables de la guerre et de tous les dommages subis par les Alliés. C'est la base juridique des réparations, et la clause la plus mal vécue outre-Rhin.

Clauses territoriales (environ 13 % du territoire et 10 % de la population perdus) :

  • L'Alsace-Lorraine revient à la France ; Eupen-Malmedy à la Belgique ; le Schleswig du Nord au Danemark après plébiscite.
  • La Posnanie et une partie de la Prusse occidentale vont à la Pologne : le « corridor de Dantzig » coupe la Prusse orientale du reste du pays ; Dantzig devient ville libre sous contrôle de la SDN.
  • La Sarre est administrée par la SDN pendant 15 ans, ses mines de charbon exploitées par la France.
  • Les colonies allemandes sont réparties en mandats entre les vainqueurs.

Clauses militaires : armée limitée à 100 000 hommes, sans chars, sans aviation, sans sous-marins ; la Rhénanie (rive gauche du Rhin) est démilitarisée et occupée par les Alliés pour 15 ans.

Clauses économiques : l'Allemagne doit payer des réparations, fixées en 1921 à 132 milliards de marks-or, et livrer du charbon, des navires, du bétail.

Astuce. Pour retenir les clauses, pense « T.M.É. » : Territoires, Militaire, Économie — plus l'article 231 qui les justifie.
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Les autres traités et la nouvelle carte de l'Europe

Chaque vaincu signe son traité dans un château ou une commune des environs de Paris.

TraitéDateVaincuPrincipales décisions
Saint-Germainsept. 1919AutricheL'Autriche-Hongrie est dissoute ; l'Autriche, réduite à 6,5 millions d'habitants, n'a pas le droit de s'unir à l'Allemagne (Anschluss interdit).
Neuillynov. 1919BulgarieCessions à la Grèce et à la Yougoslavie ; perte de l'accès à la mer Égée.
Trianonjuin 1920HongrieLa Hongrie perd les deux tiers de son territoire (Transylvanie à la Roumanie, Slovaquie à la Tchécoslovaquie, Croatie à la Yougoslavie).
Sèvresaoût 1920Empire ottomanDémembrement de l'Empire ; mandats français (Syrie, Liban) et britanniques (Irak, Palestine). Rejeté par les nationalistes turcs de Mustafa Kemal, il est remplacé par le traité de Lausanne (1923), qui fonde la Turquie moderne.
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Nouveaux États, nouvelles minorités

Trois empires multinationaux ont disparu (allemand, austro-hongrois, russe ; l'ottoman suit en 1922). Sur leurs ruines apparaissent ou renaissent une dizaine d'États :

  • Pologne, restaurée après 123 ans de partage entre Russie, Prusse et Autriche ;
  • Tchécoslovaquie (Tchèques et Slovaques) et Yougoslavie, d'abord appelée « royaume des Serbes, Croates et Slovènes » ;
  • Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, détachées de la Russie ;
  • Autriche et Hongrie, réduites à leurs seuls Allemands et Magyars — ou presque.
Attention ! Les peuples sont mêlés : il est impossible de tracer des frontières « pures ». Environ 30 millions d'Européens deviennent des minorités nationales : 3 millions d'Allemands des Sudètes en Tchécoslovaquie, 3 millions de Hongrois en Roumanie, en Slovaquie et en Yougoslavie, des Ukrainiens en Pologne… Les traités leur garantissent des droits, mais les frustrations restent vives.
Exemple. En Haute-Silésie, un plébiscite (vote des habitants) est organisé en 1921 pour décider du rattachement à l'Allemagne ou à la Pologne : la région est finalement partagée, et personne n'est satisfait.
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La Société des Nations : une paix par le droit

Prévue par le 14e point de Wilson et inscrite dans le traité de Versailles, la Société des Nations (SDN) tient sa première assemblée à Genève en 1920. Son objectif : empêcher la guerre par la sécurité collective.

Sécurité collective. Principe selon lequel une agression contre un État membre concerne tous les autres, qui doivent réagir ensemble par des sanctions économiques, voire militaires. Les différends doivent être réglés par l'arbitrage.

Une Assemblée (un État, une voix), un Conseil dominé par les grandes puissances (France, Royaume-Uni, Italie, Japon), un Secrétariat, une Cour permanente de justice internationale à La Haye. La SDN administre aussi les mandats : anciennes colonies allemandes et provinces arabes de l'Empire ottoman confiées aux vainqueurs, qui doivent les conduire vers l'indépendance.

Attention ! Les États-Unis n'en font pas partie : en mars 1920, le Sénat américain refuse de ratifier le traité de Versailles, et donc le pacte de la SDN. L'Allemagne n'est admise qu'en 1926, l'URSS en 1934. Sans armée propre, la SDN dépend de la bonne volonté de ses membres.
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Un ordre fragile dès 1920

Des vaincus humiliés. En Allemagne, la jeune république de Weimar porte le poids du « diktat » : l'extrême droite accuse les signataires d'avoir « poignardé dans le dos » une armée prétendument invaincue. Les réparations pèsent sur une économie ruinée par l'inflation ; en 1923, la France occupe la Ruhr pour se payer en charbon.

Des vainqueurs déçus. L'Italie n'obtient ni la Dalmatie ni Fiume : les nationalistes dénoncent une « victoire mutilée », argument repris par Mussolini. Le Japon se voit refuser une clause d'égalité des races. La France, sans la garantie américaine et britannique espérée, se sent seule face à l'Allemagne.

Des critiques précoces. L'économiste britannique John Maynard Keynes écrit dès 1919 (Les Conséquences économiques de la paix) que des réparations impossibles à payer ruineront l'Europe entière et nourriront la revanche.

Bilan. Les traités ont voulu appliquer le droit des peuples et fonder la paix sur le droit ; mais ils laissent une Allemagne humiliée mais intacte, des minorités frustrées, une SDN sans les États-Unis. L'ordre de Versailles ne survivra pas aux années 1930.
En bref
  • Bilan : ~10 millions de soldats morts, régions dévastées, États endettés ; deuil et monuments aux morts.
  • Conférence de Paris (janvier 1919) : les vainqueurs décident seuls ; Wilson veut une paix par le droit (Quatorze Points), Clemenceau la sécurité de la France.
  • Versailles, 28 juin 1919 : Alsace-Lorraine rendue, corridor de Dantzig, colonies perdues, armée de 100 000 hommes, Rhénanie démilitarisée, réparations, article 231.
  • Saint-Germain, Neuilly, Trianon, Sèvres : la carte de l'Europe est redessinée ; naissent Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, États baltes.
  • La SDN (Genève, 1920) doit garantir la sécurité collective, mais sans les États-Unis.
  • Un ordre fragile : « diktat », « victoire mutilée », minorités, réparations.
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