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Démocraties fragilisées et expériences totalitaires : sortir de la guerre (1919-1923)
Sortir de la guerre dans une Europe ruinée et endeuillée ; la conférence de la paix de 1919 et les Quatre Grands ; le traité de Versailles ; les autres traités, les nouveaux États et les minorités ; la Société des Nations ; un ordre fragile dès 1919-1923
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Sortir de la guerre : une Europe ruinée et endeuillée
Rappel. Le bilan de la guerre (près de 10 millions de soldats morts, dont 1,4 million de Français, les gueules cassées, la grippe espagnole de 1918-1919) est étudié dans le chapitre Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale.
| Une Europe blessée | Ce qu’on observe |
|---|---|
| Le deuil | En France, 600 000 veuves et près d’un million d’orphelins. Chaque commune élève un monument aux morts portant les noms de ses soldats tués. Le cercueil du Soldat inconnu, un soldat français jamais identifié qui représente tous les morts, y compris les disparus, est placé sous l’Arc de triomphe le 11 novembre 1920 ; il y est inhumé le 28 janvier 1921. Les associations d’anciens combattants réclament réparation et défendent la paix (« plus jamais ça »). |
| Les ruines | Le nord-est de la France et la Belgique sont dévastés : villes rasées, mines noyées, champs criblés d’obus. Certaines terres, la « zone rouge », sont déclarées incultivables. |
| Les dettes | Les États européens se sont endettés, surtout envers les États-Unis, devenus les créanciers du monde. Les prix montent et la monnaie perd de sa valeur : c’est l’inflation. |
Une violence qui continue après 1918
- En Russie, la guerre civile oppose de 1917 à 1922 les bolcheviks (les « rouges ») à leurs adversaires (les « blancs »).
- En Allemagne, l’empereur a abdiqué ; en janvier 1919, à Berlin, les révolutionnaires spartakistes tentent de prendre le pouvoir et sont écrasés. La Hongrie connaît elle aussi une révolution en 1919.
- La Grèce et les nationalistes turcs de Mustafa Kemal se font la guerre de 1919 à 1922.
- Pendant les négociations, les Alliés maintiennent le blocus de l’Allemagne pour la forcer à signer.
Un agriculteur de la Meuse retrouve en 1919 son champ criblé d’obus et classé en zone rouge : il ne peut plus le cultiver. La guerre est finie pour lui, mais ses effets durent.
Un soldat démobilisé en 1919 rentre dans un village qui a perdu plusieurs de ses hommes : la commune grave leurs noms sur un monument aux morts, où l’on se réunit chaque 11 novembre.
Réflexe — pour décrire la sortie de guerre, je pense à trois blessures — le deuil, les ruines, les dettes — et je vérifie si la violence a vraiment cessé.
Attention — ne confonds pas armistice et paix : l’armistice du 11 novembre 1918 arrête les combats ; la paix avec l’Allemagne est le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919. Et la guerre ne s’arrête pas partout en 1918.
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La conférence de la paix (Paris, 1919)
Rappel. En 1871, après la défaite française, l’Empire allemand a été proclamé dans la galerie des Glaces de Versailles, et le traité de Francfort lui a cédé l’Alsace et une partie de la Lorraine, la Moselle (voir le chapitre de 4ᵉ La Troisième République). En 1919, on parle de l’« Alsace-Lorraine ».
Les Quatre Grands décident de l’essentiel :
| Dirigeant | Ce qu’il veut |
|---|---|
| Clemenceau (France), président du Conseil, surnommé le « Tigre » ; il préside la conférence | la sécurité de la France : affaiblir durablement l’Allemagne, obtenir des réparations et des garanties sur le Rhin |
| Lloyd George (Royaume-Uni), Premier ministre | éliminer la flotte et les colonies allemandes, mais garder une Allemagne capable de commercer et de faire contrepoids à la France |
| Wilson (États-Unis), président | une paix « juste » fondée sur ses Quatorze Points (8 janvier 1918) : fin de la diplomatie secrète, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, création d’une Société des Nations |
| Orlando (Italie), président du Conseil | les territoires promis à l’Italie par les Alliés en 1915 (Trentin, Trieste, Dalmatie) et le port de Fiume |
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est le principe selon lequel chaque peuple, défini par sa langue et sa culture, peut choisir son État. Il inspire la nouvelle carte de l’Europe… mais pas celle des colonies.
Clemenceau veut que l’Allemagne paie et ne puisse plus attaquer ; Wilson veut une paix qui ne laisse pas de rancune : les traités sont des compromis entre ces buts.
La Belgique, petit État vainqueur, envoie une délégation à Paris ; mais l’essentiel se décide entre les Quatre Grands, en réunions fermées.
Réflexe — pour expliquer une décision de 1919, je cherche quel Grand l’a voulue et au nom de quel principe : la sécurité (Clemenceau), l’équilibre (Lloyd George), le droit des peuples (Wilson), les promesses de 1915 (Orlando).
Attention — les Quatorze Points datent de janvier 1918, avant la fin de la guerre : ce sont des buts de guerre, pas le texte de la paix. Et le droit des peuples ne s’applique ni aux colonies des vainqueurs ni, on le verra, à tous les peuples d’Europe.
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Le traité de Versailles (28 juin 1919)
L’article 231 déclare l’Allemagne et ses alliés responsables de la guerre et de tous les dommages subis par les Alliés. C’est la base juridique des réparations, et la clause la plus mal vécue outre-Rhin.
| Famille de clauses | Ce que l’Allemagne perd |
|---|---|
| Territoires (environ 13 % du territoire, 10 % de la population) | l’Alsace-Lorraine revient à la France ; Eupen et Malmedy à la Belgique ; le Schleswig du Nord au Danemark après un vote des habitants ; la Posnanie et une partie de la Prusse occidentale à la Pologne : ce « corridor de Dantzig » coupe la Prusse orientale du reste du pays, et Dantzig devient une ville libre sous contrôle de la SDN ; la Sarre est administrée par la SDN pendant 15 ans, ses mines de charbon exploitées par la France, pour compenser les mines du Nord et du Pas-de-Calais détruites par l’armée allemande ; les colonies (en Afrique et dans le Pacifique) sont réparties en mandats entre les vainqueurs |
| Militaire | armée limitée à 100 000 hommes, sans service militaire obligatoire, sans chars, sans aviation militaire, sans sous-marins ; la Rhénanie (rive gauche du Rhin) est démilitarisée — ni troupes ni forts, ni sur une bande de 50 km de la rive droite — et occupée par les Alliés pour 15 ans : la France est ainsi protégée |
| Économie | des réparations, dont le montant n’est pas fixé par le traité : il l’est en 1921, à 132 milliards de marks-or ; des livraisons de charbon, de navires et de bétail |
Un Allemand de Posnanie se retrouve en 1920 dans l’État polonais, sans avoir déménagé : c’est une clause Territoriale, qui fait de lui un membre d’une minorité.
L’Allemagne doit payer parce que l’article 231 la déclare responsable : responsable des dommages → elle doit les réparer.
Réflexe — pour retenir les clauses, je pense « T.M.É. » : Territoires, Militaire, Économie — plus l’article 231 qui les justifie.
Attention — la Sarre et la Rhénanie ne sont pas annexées par la France : la Sarre est confiée à la SDN, la Rhénanie reste allemande mais démilitarisée (une clause militaire, même si elle concerne une région). Et le montant des réparations date de 1921, pas de 1919.
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Les autres traités et la nouvelle carte de l’Europe
| Traité | Date | Vaincu | Principales décisions |
|---|---|---|---|
| Saint-Germain | sept. 1919 | Autriche | l’Autriche-Hongrie est dissoute ; l’Autriche, réduite à 6,5 millions d’habitants, n’a pas le droit de s’unir à l’Allemagne (Anschluss interdit) |
| Neuilly | nov. 1919 | Bulgarie | cessions à la Grèce et à la Yougoslavie ; perte de l’accès à la mer Égée |
| Trianon | juin 1920 | Hongrie | la Hongrie perd les deux tiers de son territoire (Transylvanie à la Roumanie, Slovaquie à la Tchécoslovaquie, Croatie à la Yougoslavie) |
| Sèvres | août 1920 | Empire ottoman | démembrement de l’Empire ; mandats français (Syrie, Liban) et britanniques (Irak, Palestine). Rejeté par les nationalistes turcs de Mustafa Kemal, il est remplacé par le traité de Lausanne (juillet 1923), seul traité renégocié avec un ancien vaincu, qui fonde la Turquie moderne |
- la Pologne renaît, après 123 ans de partage entre Russie, Prusse et Autriche (depuis 1795) ;
- la Tchécoslovaquie (Tchèques et Slovaques) et la Yougoslavie, d’abord appelée « royaume des Serbes, Croates et Slovènes », apparaissent ;
- la Finlande, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie se détachent de l’Empire russe ;
- l’Autriche et la Hongrie sont réduites à leurs seuls Allemands et Magyars (les Hongrois) — ou presque.
Nouveaux États, nouvelles minorités
Les peuples sont mêlés : il est impossible de tracer des frontières « pures ». Des millions d’Européens deviennent des minorités nationales : près d’un tiers des habitants de la Pologne, 3 millions d’Allemands des Sudètes, région de montagnes qui borde la Bohême, en Tchécoslovaquie, environ 3 millions de Hongrois en Roumanie (Transylvanie), en Tchécoslovaquie et en Yougoslavie, des Ukrainiens en Pologne… Les traités leur garantissent des droits, mais les frustrations restent vives. En Haute-Silésie, un plébiscite (vote des habitants) est organisé en 1921 pour choisir entre l’Allemagne et la Pologne : la région est finalement partagée, et personne n’est satisfait.
Un habitant de Bratislava, ville hongroise en 1914, devient citoyen tchécoslovaque en 1920 sans avoir changé de maison : la frontière a bougé, pas lui.
Un Ukrainien de Lviv, en 1923, vit en Pologne, où il appartient à une minorité nationale.
Réflexe — pour un État de 1920, je cherche de quel empire il est sorti, par quel traité, et quelles minorités il contient.
Attention — ne confonds pas Trianon (Hongrie) et Saint-Germain (Autriche). La Pologne n’est pas un État nouveau : elle renaît. Et l’interdiction de l’Anschluss refuse aux Autrichiens, de langue allemande, le droit des peuples.
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La Société des Nations : une paix par le droit
- une Assemblée où chaque État membre a une voix ; un Conseil dominé par les grandes puissances (France, Royaume-Uni, Italie, Japon) ; un Secrétariat ; une Cour permanente de justice internationale à La Haye. Les décisions importantes exigent l’unanimité.
- La SDN contrôle les mandats : anciennes colonies allemandes et provinces arabes de l’Empire ottoman confiées aux vainqueurs, qui doivent les conduire vers l’indépendance. En pratique, les mandats ressemblent beaucoup à des colonies.
Les États-Unis n’en font pas partie : en mars 1920, le Sénat américain refuse de ratifier (approuver officiellement pour qu’il s’applique) le traité de Versailles, et donc le pacte de la SDN. Ils se replient sur l’isolationnisme : ne pas se mêler des affaires européennes. L’Allemagne n’est admise qu’en 1926, l’URSS en 1934. Sans armée propre, la SDN dépend de la bonne volonté de ses membres.
Si un État membre en attaque un autre, tous les membres doivent prendre des sanctions contre l’agresseur, par exemple cesser de commercer avec lui.
Le Cameroun et le Togo, colonies allemandes, sont partagés en mandats entre la France et le Royaume-Uni ; la France reçoit aussi la Syrie et le Liban.
Réflexe — pour juger la SDN, je compare sa mission (empêcher la guerre) et ses moyens : pas d’armée, des décisions à l’unanimité, des absents de poids.
Attention — Wilson a proposé la SDN, mais les États-Unis n’y entrent jamais. Et un mandat n’est pas une colonie en droit, mais il y ressemble beaucoup en pratique.
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Un ordre fragile (1919-1923)
- Des vaincus humiliés. En Allemagne, la jeune république, dite de Weimar, porte le poids du « diktat ». L’extrême droite accuse ses dirigeants d’avoir « poignardé dans le dos » une armée prétendument invaincue : c’est la légende du coup de poignard dans le dos. Elle est fausse : c’est l’état-major lui-même, avec le général Ludendorff, qui a demandé l’armistice fin septembre 1918. Les réparations pèsent sur une économie déjà touchée par l’inflation : en janvier 1923, la France et la Belgique occupent la Ruhr, la grande région industrielle allemande, pour se payer en charbon. Les Allemands répondent par la résistance passive (ils cessent le travail) ; l’hyperinflation explose : un dollar valait 4,2 marks en 1914, il en vaut 4 200 milliards en novembre 1923. Les économies des épargnants ne valent plus rien.
- Des vainqueurs déçus. L’Italie n’obtient ni la Dalmatie ni Fiume : les nationalistes dénoncent une « victoire mutilée » ; le poète D’Annunzio occupe Fiume de septembre 1919 à décembre 1920. Fin octobre 1922, Mussolini arrive au pouvoir en exploitant cette colère. Le Japon se voit refuser une clause d’égalité des races. La France avait renoncé à détacher la Rhénanie de l’Allemagne contre une garantie américaine et britannique ; après le refus du Sénat américain, cette garantie tombe : elle se sent seule face à l’Allemagne.
- Des critiques précoces. L’économiste britannique John Maynard Keynes écrit dès 1919 (Les Conséquences économiques de la paix) que des réparations impossibles à payer ruineront l’Europe entière et nourriront la revanche.
Bilan. Les traités laissent une Allemagne humiliée mais intacte, des minorités frustrées, une SDN sans les États-Unis : un terreau pour les régimes totalitaires des années 1920-1930. L’ordre de Versailles ne survivra pas aux années 1930.
En novembre 1923, les économies de toute une vie ne suffisent plus à acheter un pain en Allemagne : les épargnants ruinés en veulent à la république.
Un ancien combattant italien de 1919 entend dire que l’Italie a « gagné la guerre mais perdu la paix » : c’est l’idée de la victoire mutilée.
Réflexe — pour montrer qu’un ordre est fragile, je classe les mécontents : vaincus humiliés, vainqueurs déçus, minorités frustrées — et je cherche qui exploite leur colère.
Attention — l’Italie est un vainqueur, pourtant mécontent. Et la légende du coup de poignard est un mythe : l’armée allemande était bien battue en 1918.
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Pour aller plus loin
Le bilan humain de la guerre (morts, blessés, gueules cassées, violences contre les civils) : chapitre Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale.
La suite : Mussolini, Staline et Hitler, et la remise en cause des traités (remilitarisation de la Rhénanie en 1936, Anschluss et Sudètes en 1938) : chapitre Démocraties fragilisées et expériences totalitaires : les régimes totalitaires ; Dantzig, prétexte de la guerre en 1939 : chapitre La Deuxième Guerre mondiale, une guerre d’anéantissement : le conflit.
- L’armistice du 11 novembre 1918 arrête les combats, pas la guerre partout : l’Europe sort de la guerre endeuillée, ruinée et endettée envers les États-Unis.
- À la conférence de Paris (janvier 1919), les Quatre Grands décident sans les vaincus ni la Russie ; Wilson défend le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
- Le traité de Versailles (28 juin 1919) déclare l’Allemagne responsable (article 231), l’ampute, la désarme et lui impose des réparations : un « diktat » pour les Allemands.
- Saint-Germain (Autriche), Neuilly (Bulgarie), Trianon (Hongrie), Sèvres puis Lausanne (Turquie) : Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, États baltes naissent ou renaissent, avec des millions de minoritaires.
- La SDN (Genève, 1920) doit garantir la sécurité collective, sans armée et sans les États-Unis.
- Vaincus humiliés, « victoire mutilée », Ruhr et hyperinflation en 1923 : l’ordre de Versailles est fragile dès le départ.
Questions fréquentes
La guerre s’arrête-t-elle le 11 novembre 1918 ?
Les combats cessent sur le front occidental avec l’armistice, mais la paix n’est signée qu’en 1919-1920, et la violence continue ailleurs : guerre civile en Russie jusqu’en 1922, révolutions en Allemagne et en Hongrie, guerre gréco-turque.
Qui décide de la paix en 1919 ?
Les vainqueurs réunis à Paris à partir du 18 janvier 1919, surtout les Quatre Grands : Clemenceau (France), Wilson (États-Unis), Lloyd George (Royaume-Uni) et Orlando (Italie). Les vaincus et la Russie bolchevique ne sont pas invités.
Que contient le traité de Versailles ?
Signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces, il déclare l’Allemagne responsable de la guerre (article 231), lui retire environ 13 % de son territoire, limite son armée à 100 000 hommes, démilitarise la Rhénanie et lui impose des réparations.
Quels États naissent en Europe après 1918 ?
La Pologne renaît ; la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie apparaissent ; l’Autriche et la Hongrie deviennent de petits États. Des millions d’Européens deviennent des minorités nationales.
Qu’est-ce que la Société des Nations ?
Une organisation internationale créée par le traité de Versailles et installée à Genève en 1920, pour empêcher la guerre par la sécurité collective et l’arbitrage. Sans armée et sans les États-Unis, elle reste faible.
Pourquoi la paix de 1919 est-elle fragile ?
Les vaincus la vivent comme un « diktat », l’Italie parle de « victoire mutilée », les minorités sont frustrées, la SDN est faible : l’occupation de la Ruhr et l’hyperinflation allemande de 1923 montrent qu’elle est contestée dès le début.
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