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Collège · 3ᵉ · Histoire

La fin de la Guerre froide et le nouveau monde

Chute du mur de Berlin, recomposition géopolitique mondiale

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La fin de la Guerre froide et le nouveau monde » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'URSS de Gorbatchev : réformer pour sauver (1985-1989), 1989 : l'année où le bloc de l'Est s'effondre, 1990-1991 : réunification allemande et fin de l'URSS, Un monde unipolaire ? La puissance américaine. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
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L'URSS de Gorbatchev : réformer pour sauver (1985-1989)

En 1985, l'URSS est un géant malade : économie planifiée inefficace, pénuries, course aux armements ruineuse face à Reagan, enlisement en Afghanistan depuis 1979, satellites agités (le syndicat polonais Solidarność de Lech Wałęsa, 1980). Le 11 mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev, 54 ans, prend la tête du Parti.

Glasnost et perestroïka. La glasnost (« transparence ») libère la parole : presse plus libre, crimes de Staline reconnus, catastrophe de Tchernobyl (avril 1986) révélée. La perestroïka (« restructuration ») veut moderniser l'économie en y introduisant un peu de marché et d'initiative privée. Gorbatchev veut sauver le communisme en le réformant.

À l'extérieur, il désarme : traité de Washington avec Reagan (décembre 1987), qui supprime les euromissiles ; retrait d'Afghanistan (février 1989). Surtout, il renonce à la « doctrine Brejnev » : l'URSS n'interviendra plus chez ses satellites. Les peuples d'Europe de l'Est comprennent que les chars ne viendront pas.

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1989 : l'année où le bloc de l'Est s'effondre

En Pologne, le pouvoir négocie avec Solidarność : les élections de juin 1989 donnent une victoire écrasante à l'opposition, premier gouvernement non communiste du bloc. En Hongrie, le rideau de fer est démonté à la frontière autrichienne (mai-septembre 1989) : des milliers d'Allemands de l'Est passent à l'Ouest par ce trou.

En RDA, les manifestations du lundi à Leipzig (« Nous sommes le peuple ») rassemblent des centaines de milliers de personnes ; le régime, lâché par Moscou, cède. Le 9 novembre 1989, un porte-parole annonce maladroitement l'ouverture des frontières « immédiatement » : dans la nuit, les Berlinois envahissent les postes frontières, le mur tombe. Suivent la révolution de velours en Tchécoslovaquie (Václav Havel président), la chute des régimes bulgare et roumain (Ceaușescu exécuté le 25 décembre 1989).

Pourquoi si vite ? Des régimes sans légitimité, tenus par la seule force soviétique ; une économie en faillite face à la vitrine occidentale ; le refus de Gorbatchev d'intervenir. En six mois, sans guerre (sauf en Roumanie), quarante ans de communisme s'effacent. Au sommet de Malte (décembre 1989), Bush et Gorbatchev proclament la fin de la guerre froide.
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1990-1991 : réunification allemande et fin de l'URSS

Le chancelier Kohl fait accepter aux quatre vainqueurs de 1945 la réunification : le 3 octobre 1990, la RDA disparaît dans la RFA, membre de l'OTAN et de la CEE. L'Allemagne, 80 millions d'habitants, redevient la première puissance d'Europe ; le pacte de Varsovie est dissous en juillet 1991.

En URSS, la glasnost a réveillé les nationalismes : les pays baltes proclament leur indépendance (1990-1991), la Russie de Boris Eltsine revendique la sienne. En août 1991, des conservateurs communistes tentent un putsch contre Gorbatchev ; Eltsine le fait échouer depuis Moscou et interdit le Parti communiste. Les républiques se séparent une à une (Ukraine : référendum du 1er décembre 1991). Le 25 décembre 1991, Gorbatchev démissionne : l'URSS n'existe plus, remplacée par quinze États indépendants.

Attention ! La guerre froide ne se termine pas par une guerre ni par un traité, mais par l'effondrement interne d'un des deux camps. Gorbatchev, prix Nobel de la paix 1990, est célébré à l'Ouest et détesté par beaucoup de Russes, qui lui reprochent la disparition de leur empire.
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Un monde unipolaire ? La puissance américaine

Hyperpuissance. Mot forgé en 1999 par le ministre français Hubert Védrine pour désigner des États-Unis dominants dans tous les domaines : militaire (la moitié des dépenses mondiales), économique (dollar, multinationales, révolution Internet), culturel (cinéma, musique, mode de vie : le soft power), diplomatique.

Le président George Bush annonce en 1990 un « nouvel ordre mondial » fondé sur le droit et l'ONU. La guerre du Golfe (1991) en est la démonstration : après l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein (août 1990), une coalition de 35 pays, autorisée par l'ONU et menée par les États-Unis, libère le Koweït en six semaines. L'ONU, débloquée, multiplie les missions de casques bleus. Le politologue Francis Fukuyama parle de « fin de l'Histoire » : la démocratie libérale aurait définitivement gagné.

Les Américains se voient en « gendarmes du monde », mais leurs interventions restent sélectives : ils quittent la Somalie (1993), n'agissent pas au Rwanda, et interviennent tard en Bosnie (1995) et au Kosovo (1999).

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Les nouveaux conflits : Golfe, Yougoslavie, Rwanda

La fin de la bipolarité ne fait pas la paix : elle libère des tensions que les blocs contenaient.

  • Yougoslavie (1991-1999) : la fédération communiste éclate en nationalismes rivaux. Slovénie et Croatie proclament leur indépendance (1991) ; en Bosnie (1992-1995), Serbes, Croates et Bosniaques musulmans se livrent à des « purifications ethniques » — siège de Sarajevo, massacre de Srebrenica (juillet 1995, 8 000 hommes tués) ; 100 000 morts. L'OTAN intervient, les accords de Dayton (1995) partagent la Bosnie ; en 1999, l'OTAN bombarde la Serbie pour le Kosovo.
  • Rwanda (1994) : en cent jours, d'avril à juillet, le pouvoir hutu organise le génocide des Tutsi : environ 800 000 morts, sous les yeux d'une communauté internationale passive.
  • Moyen-Orient : après le Golfe, l'Irak reste sous embargo ; le processus de paix israélo-palestinien (accords d'Oslo, 1993) échoue ; l'islamisme radical monte (Algérie, Afghanistan des talibans, 1996).
Justice internationale. Pour juger ces crimes, l'ONU crée des tribunaux spéciaux (ex-Yougoslavie 1993, Rwanda 1994), puis la Cour pénale internationale (traité de Rome 1998, installée à La Haye en 2002).
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L'Europe recomposée : OTAN et Union élargies

Les anciens satellites veulent l'ancrage à l'Ouest : économie de marché, démocratie, protection contre la Russie. L'OTAN accueille la Pologne, la Hongrie et la République tchèque (1999), puis sept autres pays dont les États baltes (2004) ; l'Union européenne intègre dix nouveaux membres en 2004. La Tchécoslovaquie se sépare pacifiquement en 1993 (« divorce de velours »).

La Russie d'Eltsine (1991-1999) traverse une décennie noire : effondrement de la production, oligarques, guerre de Tchétchénie (1994). À partir de 2000, Vladimir Poutine restaure un pouvoir autoritaire et dénonce l'élargissement de l'OTAN comme une menace : la « fin de la guerre froide » n'a pas effacé la méfiance entre Moscou et l'Occident (Géorgie 2008, Crimée 2014, Ukraine 2022).

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Le 11 septembre 2001 et l'entrée dans un monde instable

Le 11 septembre 2001, dix-neuf membres d'Al-Qaïda, réseau islamiste dirigé par Oussama Ben Laden, détournent quatre avions : deux abattent les tours du World Trade Center à New York, un frappe le Pentagone. Près de 3 000 morts. Pour la première fois, l'hyperpuissance est frappée sur son sol.

Le président George W. Bush lance la « guerre contre le terrorisme » : intervention en Afghanistan (octobre 2001) contre les talibans, puis en Irak (mars 2003) sans mandat de l'ONU et contre l'avis de la France et de l'Allemagne. Ces guerres longues et coûteuses, la crise financière de 2008 et l'essor de la Chine (deuxième économie mondiale en 2010) montrent les limites de la puissance américaine : le monde devient multipolaire.

Pour aller plus loin. La mondialisation, les conflits du XXIe siècle et la place de la France dans ce monde nouveau sont étudiés dans le chapitre « La France et le monde depuis 1990 ».
En bref
  • Gorbatchev (1985) réforme l'URSS (glasnost, perestroïka), désarme et renonce à intervenir chez les satellites.
  • 1989 : Pologne, Hongrie, chute du mur de Berlin (9 novembre), révolutions de velours : le bloc de l'Est s'effondre sans guerre.
  • 1990-1991 : réunification allemande (3 octobre 1990), putsch manqué, dissolution de l'URSS (25 décembre 1991) : quinze États.
  • Les États-Unis, hyperpuissance : guerre du Golfe (1991), « nouvel ordre mondial », mais interventions sélectives.
  • Nouveaux conflits : ex-Yougoslavie (Srebrenica 1995), génocide des Tutsi au Rwanda (1994) ; justice internationale (CPI).
  • OTAN et UE s'élargissent à l'Est ; le 11 septembre 2001 ouvre un monde instable et multipolaire.
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