Chute du mur de Berlin, recomposition géopolitique mondiale
Dans les années 1980, le bloc soviétique traverse une grave crise. L'économie de l'URSS est en difficulté : la course aux armements épuise les ressources, les pénuries sont fréquentes et le niveau de vie stagne. Le prestige soviétique est entamé par l'enlisement en Afghanistan (1979-1989), une guerre coûteuse et impopulaire.
En 1985, Mikhaïl Gorbatchev accède au pouvoir à Moscou. Il lance deux réformes majeures :
Ces réformes déstabilisent le système soviétique au lieu de le consolider. En Europe de l'Est, les peuples prennent conscience qu'ils peuvent contester les régimes communistes sans craindre l'intervention militaire soviétique — contrairement à 1956 (Hongrie) et 1968 (Tchécoslovaquie). En 1989, un mouvement de contestation balaie tous les pays satellites : Pologne, Hongrie, Roumanie, Allemagne de l'Est…
Depuis 1961, le mur de Berlin séparait la ville en deux : Berlin-Ouest (sous influence occidentale) et Berlin-Est (sous régime communiste). Il était le symbole le plus visible du Rideau de fer divisant l'Europe.
À l'automne 1989, la pression populaire en RDA (Allemagne de l'Est) devient irrésistible. Des milliers d'Allemands de l'Est fuient vers l'Ouest en passant par la Hongrie, qui a ouvert ses frontières. Des manifestations massives se déroulent à Leipzig et Berlin-Est.
Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, les autorités est-allemandes annoncent l'ouverture des frontières. Les Berlinois se précipitent aux postes de contrôle, puis commencent à démolir le mur. Des scènes de joie extraordinaires se déroulent en direct à la télévision mondiale.
La chute du mur de Berlin est l'événement symbolique majeur de la fin de la Guerre froide. Elle ouvre la voie à la réunification allemande et à l'effondrement des démocraties populaires en Europe de l'Est.
Après la chute du mur, le processus de désintégration du bloc soviétique s'accélère. Les pays d'Europe de l'Est abandonnent le communisme et organisent des élections libres : Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie (où la révolution est violente), Bulgarie…
À l'intérieur de l'URSS, les mouvements nationalistes se développent dans les républiques fédérées. Les États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) proclament leur indépendance dès 1990. En août 1991, un coup d'État de communistes conservateurs contre Gorbatchev échoue grâce à la résistance populaire menée par Boris Eltsine, président de la Russie.
| Date | Événement |
|---|---|
| Mars 1990 | Lituanie proclame son indépendance |
| Août 1991 | Tentative de coup d'État contre Gorbatchev — échec |
| Décembre 1991 | Création de la CEI (Communauté des États Indépendants) |
| 25 déc. 1991 | Démission de Gorbatchev, dissolution officielle de l'URSS |
Le 25 décembre 1991, Gorbatchev démissionne. L'URSS cesse d'exister : 15 républiques indépendantes sont créées (Russie, Ukraine, Biélorussie, Kazakhstan, Géorgie, etc.). La CEI (Communauté des États Indépendants) est créée pour maintenir des liens entre certaines d'entre elles.
Le 3 octobre 1990, l'Allemagne est réunifiée : la RDA (Allemagne de l'Est) fusionne avec la RFA (Allemagne de l'Ouest). Cette réunification est rapide mais difficile : les inégalités économiques entre les deux parties du pays sont importantes et nécessitent des transferts massifs de fonds.
En parallèle, l'Union européenne se renforce. Le traité de Maastricht (1992) crée officiellement l'Union européenne et prépare la monnaie unique (l'euro, introduit en 1999). Dans les années 1990-2000, l'UE s'élargit progressivement vers l'Est, intégrant les anciens pays du bloc soviétique :
L'OTAN (Alliance atlantique) s'élargit également vers l'Est, malgré les réticences russes, en intégrant progressivement les anciens membres du Pacte de Varsovie.
Avec la disparition de l'URSS, les États-Unis restent la seule superpuissance mondiale. Le monde devient unipolaire (un seul pôle de puissance dominant). Cette hégémonie américaine s'exprime dans plusieurs domaines :
Les États-Unis affirment leur rôle de gendarme du monde. En 1991, ils organisent et dirigent la coalition internationale qui libère le Koweït, envahi par l'Irak de Saddam Hussein : c'est la guerre du Golfe (août 1990 – février 1991). En 1999, ils dirigent l'intervention de l'OTAN au Kosovo pour mettre fin aux massacres dans l'ex-Yougoslavie.
Paradoxalement, la fin de la Guerre froide ne conduit pas à la paix universelle. Elle libère des tensions contenues sous la bipolarité : conflits ethniques, nationalistes et religieux éclatent partout.
En ex-Yougoslavie, la fédération éclate en États indépendants (1991-1992). Des guerres sanglantes opposent Serbes, Croates, Bosniaques et Albanais du Kosovo. Le terme de « purification ethnique » (expulsion ou massacre de populations au motif de leur appartenance ethnique) entre dans le vocabulaire international. Des génocides sont commis en Bosnie (Srebrenica, 1995).
En Afrique, des conflits particulièrement meurtriers éclatent. Au Rwanda, en 1994, le génocide des Tutsis fait environ 800 000 victimes en quelques semaines. La communauté internationale est incapable d'intervenir à temps.
Au Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien se poursuit. Des accords de paix sont signés (accords d'Oslo, 1993) mais restent fragiles. La région reste marquée par de fortes tensions.
Le 11 septembre 2001 marque un tournant majeur dans l'histoire du monde depuis la fin de la Guerre froide. Dix-neuf membres de l'organisation terroriste Al-Qaïda détournent quatre avions commerciaux américains : deux s'écrasent sur les tours du World Trade Center à New York, un sur le Pentagone, un dans un champ en Pennsylvanie. Le bilan est de près de 3 000 morts.
Al-Qaïda, dirigée par Oussama Ben Laden depuis l'Afghanistan, revendique les attentats au nom d'un islamisme radical. Ces attentats révèlent la montée d'un terrorisme islamiste international comme nouvelle menace mondiale après la fin de la Guerre froide.
| Date | Événement |
|---|---|
| 11 sept. 2001 | Attentats du 11 septembre aux États-Unis (2 973 morts) |
| Oct. 2001 | Intervention américaine en Afghanistan (opération « Liberté immuable ») |
| Mars 2003 | Invasion américaine de l'Irak (coalition États-Unis/Royaume-Uni) |
| Mai 2011 | Mort d'Oussama Ben Laden au Pakistan |
Le président américain George W. Bush déclare la « guerre contre le terrorisme ». Les États-Unis envahissent l'Afghanistan (octobre 2001) pour renverser le régime taliban qui abritait Al-Qaïda, puis l'Irak (2003). Ces interventions déstabilisent durablement le Moyen-Orient et contribuent à la montée de nouveaux groupes terroristes.
À partir des années 2000, la domination américaine est remise en question. De nouvelles puissances émergent et forment progressivement un monde multipolaire (plusieurs pôles de puissance).
Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont les grandes puissances émergentes qui contestent l'hégémonie américaine. La Chine devient la deuxième économie mondiale dans les années 2010. La Russie, après une période de faiblesse dans les années 1990, affirme à nouveau sa puissance sous Vladimir Poutine (arrivée au pouvoir en 2000).
Ce monde multipolaire est plus incertain et instable que le monde bipolaire de la Guerre froide. La coopération internationale via l'ONU et d'autres organisations reste indispensable pour réguler les conflits, mais se heurte aux rivalités entre grandes puissances.
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