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Histoire · Classe de 3ᵉ

La IVe et la Ve République

Institutions françaises, de Gaulle et la démocratie contemporaine

À propos de cette page
Cette évaluation sur « La IVe et la Ve République » en troisième permet de faire le point sur ses connaissances en histoire, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de troisième et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : La IVe République (1946-1958) : naissance et institutions, L'instabilité ministérielle sous la IVe République, La guerre d'Algérie et la crise de 1958, La naissance de la Ve République : de Gaulle et la Constitution de 1958. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième en histoire.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire (définitions)

/ 4 pts
  1. Définissez le terme instabilité ministérielle et expliquez pourquoi elle caractérisait la IVe République. (2 points)
  2. Définissez le terme cohabitation et citez un exemple précis (dates, personnes). (2 points)

Exercice 2 — Chronologie et repères

/ 4 pts
  1. Placez dans l'ordre chronologique les événements suivants et donnez leur date : (a) la Constitution de la Ve République ; (b) les accords d'Évian ; (c) le début de la guerre d'Algérie ; (d) la première alternance politique de la Ve République. (4 points — 1 pt par événement bien daté et ordonné)

Exercice 3 — Analyse de document

/ 5 pts
  1. Document : « La France ne peut être la France sans la grandeur. » (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, 1954).
    1. Qui est l'auteur de cette phrase et en quelle période exerce-t-il le pouvoir ? (1 point)
  2. 2. Expliquez ce que de Gaulle entend par « grandeur » de la France en vous appuyant sur des exemples précis de sa politique étrangère. (2 points)
  3. 3. En quoi cette vision a-t-elle influencé les institutions de la Ve République ? (2 points)

Exercice 4 — Questions de cours

/ 4 pts
  1. Expliquez les principales différences entre les institutions de la IVe et de la Ve République. Votre réponse devra mentionner au moins trois différences précises. (4 points)

Exercice 5 — Rédaction courte

/ 3 pts
  1. En quelques lignes (10 à 15 lignes), montrez comment la crise de 1958 a mis fin à la IVe République et conduit à la naissance de la Ve République. Votre réponse sera organisée et utilisera le vocabulaire historique approprié. (3 points)
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire (définitions)
Item 1 — L'instabilité ministérielle (2 points)
Définition : L'instabilité ministérielle désigne la situation dans laquelle les gouvernements se succèdent très rapidement parce qu'ils perdent la confiance du Parlement, rendant impossible toute politique cohérente à long terme.

Application à la IVe République : Sous la IVe République (1946-1958), le Parlement (Assemblée nationale) était tout-puissant et pouvait renverser le gouvernement très facilement par un vote de censure ou en refusant la confiance. Le multipartisme (de nombreux partis politiques divisés) rendait les coalitions fragiles. De plus, les communistes (PCF) et les gaullistes (RPF) refusaient de participer aux gouvernements, réduisant encore la base de soutien possible. Résultat : la France a connu 25 gouvernements en 12 ans, soit une durée moyenne d'environ 6 mois par gouvernement — ce qui a empêché toute stabilité politique.

Item 2 — La cohabitation (2 points)
Définition : La cohabitation est la situation institutionnelle, propre à la Ve République, dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées (l'un de droite, l'autre de gauche, ou inversement).

Exemple précis : De 1986 à 1988, le Président François Mitterrand (socialiste, gauche) cohabite avec le Premier ministre Jacques Chirac (gaulliste, droite). C'est la première cohabitation de la Ve République. Chacun exerce ses prérogatives constitutionnelles : Chirac dirige le gouvernement, Mitterrand reste chef de l'État et chef des armées.
Autres exemples acceptables : 1993-1995 (Mitterrand / Balladur) ; 1997-2002 (Chirac / Jospin).

Exercice 2 — Chronologie et repères
Ordre chronologique des quatre événements avec leurs dates :

  • 1. (c) Le début de la guerre d'Algérie : 1er novembre 1954. Le FLN (Front de Libération Nationale) déclenche une série d'attentats en Algérie. C'est le début de la guerre.
  • 2. (a) La Constitution de la Ve République : 4 octobre 1958. Après le référendum du 28 septembre 1958 (79,2 % de « oui »), la Constitution est promulguée le 4 octobre 1958, fondant la Ve République.
  • 3. (b) Les accords d'Évian : 18 mars 1962. Ces accords, signés entre la France et le FLN, mettent fin à la guerre d'Algérie et reconnaissent l'indépendance de l'Algérie.
  • 4. (d) La première alternance politique de la Ve République : mai 1981. L'élection de François Mitterrand (socialiste) à la présidence de la République constitue la première alternance politique de la Ve République — la gauche accède au pouvoir pour la première fois depuis 1958.
Barème : 1 point par événement correctement daté et placé dans le bon ordre.

Exercice 3 — Analyse de document
Document : « La France ne peut être la France sans la grandeur. » (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, 1954)

Question 1 — Auteur et période (1 point)
L'auteur est le général Charles de Gaulle (1890-1970). Il exerce le pouvoir en deux grandes périodes : d'abord pendant la Seconde Guerre mondiale à la tête de la France Libre (1940-1944) et au gouvernement provisoire (1944-1946), puis comme Président de la Ve République de 1959 à 1969. Les Mémoires de guerre sont publiés à partir de 1954, pendant la période où il est retiré de la vie politique (il n'exerce donc pas le pouvoir à ce moment précis, mais il dirigera la Ve République à partir de 1959).
Réponse attendue : fondateur et premier Président de la Ve République (1959-1969), chef de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Question 2 — La « grandeur » dans la politique étrangère (2 points)
Pour de Gaulle, la « grandeur » signifie que la France doit occuper un rang de grande puissance mondiale et exercer une politique étrangère indépendante des blocs américain et soviétique. Exemples précis :

  • La force de frappe nucléaire : De Gaulle développe la capacité nucléaire militaire française (première bombe atomique en 1960), afin que la France ne dépende d'aucun autre État pour sa défense.
  • Le retrait de l'OTAN (1966) : La France quitte le commandement militaire intégré de l'OTAN pour ne pas être subordonnée aux États-Unis.
  • La reconnaissance de la Chine populaire (1964) : La France reconnaît diplomatiquement la Chine communiste avant les États-Unis, affirmant son indépendance de jugement.
  • Le discours de Phnom Penh (1966) : De Gaulle critique publiquement la guerre du Vietnam menée par les États-Unis, s'opposant à son principal allié.

Question 3 — Influence sur les institutions de la Ve République (2 points)
La vision gaullienne de la grandeur a directement influencé la construction institutionnelle de la Ve République :
  • Un exécutif fort : Pour incarner la France sur la scène internationale, de Gaulle a besoin d'un Président puissant, stable, non soumis aux caprices du Parlement. La Constitution de 1958 lui confère de larges pouvoirs (nomination du Premier ministre, dissolution de l'Assemblée, article 16, recours au référendum).
  • Le suffrage universel direct (1962) : En faisant élire le Président par tous les citoyens, de Gaulle lui donne une légitimité populaire directe qui renforce son autorité pour conduire la politique étrangère au nom de la nation.
  • La stabilité gouvernementale : La rationalisation du parlementarisme (encadrement de la motion de censure) garantit des gouvernements durables capables de mener des politiques étrangères cohérentes sur le long terme — ce que la IVe République ne pouvait pas faire.

Exercice 4 — Questions de cours
Principales différences entre les institutions de la IVe et de la Ve République (au moins trois différences attendues) :

Différence 1 — Le rôle et les pouvoirs du Président de la République
Sous la IVe République, le Président a un rôle honorifique et symbolique ; il est élu par le Parlement et n'a pas de pouvoir politique réel. Sous la Ve République, le Président est la « clé de voûte » des institutions : il nomme le Premier ministre, peut dissoudre l'Assemblée nationale, recourir au référendum et exercer les pleins pouvoirs en cas de crise (article 16). Depuis 1962, il est élu au suffrage universel direct, ce qui lui confère une forte légitimité populaire.

Différence 2 — Le pouvoir du Parlement et la stabilité gouvernementale
Sous la IVe République, le Parlement (Assemblée nationale) détient l'essentiel du pouvoir : il peut renverser facilement le gouvernement, ce qui provoque l'instabilité ministérielle (25 gouvernements en 12 ans). Sous la Ve République, la motion de censure est encadrée et difficile à adopter : les conditions sont strictes (art. 49). Le Parlement conserve un rôle de contrôle, mais ne peut plus déstabiliser le gouvernement aussi facilement.

Différence 3 — Le chef du gouvernement
Sous la IVe République, le chef du gouvernement s'appelle le Président du Conseil ; il est totalement dépendant de la majorité parlementaire et change constamment. Sous la Ve République, le chef du gouvernement est le Premier ministre, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du gouvernement et est responsable devant l'Assemblée nationale, mais il bénéficie d'une plus grande stabilité grâce à l'encadrement constitutionnel.

Différence 4 (bonus) — Le référendum
La Ve République introduit le recours au référendum (art. 11 et art. 89), permettant au Président de consulter directement les citoyens, ce qui n'existait pas comme instrument de gouvernement ordinaire sous la IVe République.

Barème indicatif : 1 point par différence bien expliquée et précise (minimum 3 sur 4 pour avoir tous les points).

Exercice 5 — Rédaction courte
Critères et éléments attendus dans la rédaction :

  • Introduction et contextualisation : rappel de la situation de la IVe République — instabilité ministérielle chronique, guerre d'Algérie.
  • La crise du 13 mai 1958 : à Alger, des militaires et partisans de l'Algérie française renversent l'autorité civile et constituent un Comité de Salut Public ; ils réclament le retour au pouvoir du général de Gaulle.
  • Le retour de De Gaulle : le Président René Coty fait appel à de Gaulle ; l'Assemblée nationale lui accorde les pleins pouvoirs le 1er juin 1958. C'est la fin de la IVe République.
  • La rédaction de la nouvelle Constitution : de Gaulle charge Michel Debré de rédiger une Constitution renforçant l'exécutif. Le référendum du 28 septembre 1958 approuve le texte à 79,2 %.
  • La naissance de la Ve République : la Constitution est promulguée le 4 octobre 1958. De Gaulle est élu premier Président de la Ve République en décembre 1958.
  • Vocabulaire historique utilisé : instabilité ministérielle, FLN, crise du 13 mai 1958, pleins pouvoirs, référendum, Constitution, Ve République, suffrage universel direct.
Exemple de rédaction réussie :
La IVe République souffrait depuis 1946 d'une grave instabilité ministérielle : 25 gouvernements s'étaient succédé en douze ans sans parvenir à régler les crises coloniales. La guerre d'Algérie, déclenchée en novembre 1954 par le FLN, aggravait encore la situation. Le 13 mai 1958, des militaires et des partisans de l'Algérie française se soulevèrent à Alger et exigèrent le retour du général de Gaulle. Face à la menace d'un coup d'État, le président René Coty appela de Gaulle, qui reçut les pleins pouvoirs de l'Assemblée nationale le 1er juin 1958. De Gaulle fit alors rédiger une nouvelle Constitution renforçant le pouvoir exécutif au détriment du Parlement. Approuvée par référendum le 28 septembre 1958 avec 79,2 % de « oui », cette Constitution fut promulguée le 4 octobre 1958, fondant la Ve République. De Gaulle en devint le premier Président en décembre 1958, puis fit adopter en 1962 l'élection du Président au suffrage universel direct, renforçant encore la légitimité du chef de l'État.

Barème : 1 point pour la narration organisée de la crise du 13 mai 1958 + 1 point pour l'enchaînement logique jusqu'à la Constitution de 1958 + 1 point pour l'usage correct du vocabulaire historique.

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