Exercice 1 — Chronologie de la construction européenne
Question 1 — Ordre chronologique :
- 1 — c) Traité de Paris (CECA) → 1951
- 2 — e) Traités de Rome (CEE) → 1957
- 3 — d) Traité de Maastricht → 1992
- 4 — b) Mise en circulation des billets en euros → 2002
- 5 — a) Traité de Lisbonne → 2009
- 6 — f) Brexit (sortie du Royaume-Uni) → 2020
Justification : Chaque date correspond à une étape clé de la construction européenne, depuis la réconciliation franco-allemande (1951) jusqu'à la crise du Brexit (2020).
Question 2 — Deux pays fondateurs de la CECA (au choix parmi six) :- France
- Allemagne de l'Ouest
- (autres acceptés : Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg)
Justification : Les six pays fondateurs, signataires du traité de Paris du 18 avril 1951, sont la France, l'Allemagne de l'Ouest, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.
Question 3 — Différence entre euro scripturale (1999) et mise en circulation (2002) :Dès le
1er janvier 1999, l'euro existe sous forme
scripturale : il n'est utilisé que pour les transactions électroniques, les virements bancaires et les chèques entre établissements financiers dans 11 pays. Les citoyens ordinaires continuent d'utiliser leur monnaie nationale.
Le
1er janvier 2002, les
pièces et billets en euros sont mis en circulation et remplacent physiquement les monnaies nationales (franc, mark, lire…). C'est à ce moment que l'euro devient la monnaie du quotidien pour les citoyens.
Exercice 2 — Les institutions européennes
Question 1 — Institutions et fonctions :
- Le Parlement européen est élu au suffrage universel direct par les citoyens des 27 États membres tous les cinq ans ; il vote les lois européennes et contrôle le budget de l'UE.
- La Commission européenne est le « gouvernement » de l'UE : elle propose les lois, veille à l'application des traités et gère le budget européen ; ses membres sont nommés (un par État) pour cinq ans.
- La Banque centrale européenne (BCE), dont le siège est à Francfort (Allemagne), fixe la politique monétaire de la zone euro et émet l'euro afin de garantir la stabilité des prix.
Question 2 — Principe de subsidiarité :Le principe de
subsidiarité signifie que l'UE n'intervient dans un domaine que si son action est
plus efficace que celle des États membres pris individuellement. Si les États peuvent agir seuls de manière satisfaisante, l'UE laisse la compétence au niveau national.
Exemple : L'organisation de l'enseignement scolaire reste une compétence nationale (chaque pays gère ses programmes) ; en revanche, la politique commerciale (négociation des accords de libre-échange) est gérée au niveau européen car une position commune est plus forte face aux partenaires mondiaux.
Question 3 — Rôle unique de la Commission européenne :La Commission possède le
monopole de l'initiative législative : c'est la seule institution habilitée à proposer de nouvelles lois européennes (les règlements et directives). Le Parlement et le Conseil de l'UE peuvent demander à la Commission de rédiger une proposition, mais ils ne peuvent pas eux-mêmes déposer de texte de loi. Ce rôle lui confère une position centrale et unique dans le processus de décision européen.
Exercice 3 — Document : La déclaration Schuman (9 mai 1950)
Rappel du texte : « L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. » — Robert Schuman, 9 mai 1950.
Question 1 — Auteur et contexte :
Ce texte est de Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères. Cette déclaration est faite le 9 mai 1950 (date devenue « fête de l'Europe »). Elle propose de mettre en commun la production franco-allemande de charbon et d'acier, inspirée par Jean Monnet.
Question 2 — « Réalisations concrètes créant une solidarité de fait » illustrées par la CECA :
Par « réalisations concrètes », Schuman entend des coopérations sectorielles et pratiques, limitées à un domaine précis, plutôt qu'une union politique globale immédiate. La CECA (créée par le traité de Paris, 1951) en est l'exemple parfait : en mettant la production de charbon et d'acier — matières premières indispensables à l'industrie de guerre — sous une autorité commune (la Haute Autorité), la France et l'Allemagne rendaient matériellement impossible une guerre entre elles. Cette interdépendance économique crée une « solidarité de fait » : les deux pays ont intérêt à coopérer plutôt qu'à s'affronter.
Question 3 — La méthode d'intégration progressive dans l'évolution européenne :
La méthode Schuman — intégrer secteur par secteur, étape par étape — se retrouve tout au long de la construction européenne :
- La CECA (1951) → intégration du charbon et de l'acier.
- Les traités de Rome (1957) → marché commun (libre circulation des marchandises, puis des personnes).
- La PAC (1962) → intégration de la politique agricole.
- L'Acte unique (1986) → marché intérieur sans frontières.
- Maastricht (1992) → intégration monétaire (euro) et politique (citoyenneté, PESC).
- Schengen → libre circulation des personnes.
Chaque nouvelle réalisation concrète crée de nouvelles interdépendances et rend l'intégration plus profonde, selon la « méthode des petits pas » ou
méthode Monnet.
Exercice 4 — La citoyenneté européenne
Question 1 — Traité créant la citoyenneté européenne :
La citoyenneté européenne est créée par le traité de Maastricht, signé le 7 février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993.
Question 2 — Deux droits concrets :
- Droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et aux élections européennes dans tout État membre de l'UE où l'on réside, même si l'on n'en est pas ressortissant.
Exemple : un Espagnol vivant en France peut voter aux élections municipales françaises. - Droit à la protection consulaire : tout citoyen de l'UE qui se trouve dans un pays tiers où son État membre n'a pas d'ambassade ou de consulat peut bénéficier de la protection diplomatique d'un autre État membre de l'UE.
(Autres droits également valables : droit de pétition au Parlement européen, droit de libre circulation et de séjour dans toute l'UE.)Question 3 — La citoyenneté européenne remplace-t-elle la nationalité française ?Non, l'élève a
tort. La citoyenneté européenne
s'ajoute à la nationalité nationale ; elle ne la remplace pas. Tout citoyen d'un État membre de l'UE est automatiquement citoyen de l'UE
en plus d'être ressortissant de son pays. Un Français reste Français et devient également citoyen européen. Les deux statuts coexistent : la nationalité nationale est même la condition d'accès à la citoyenneté européenne.
Exercice 5 — Rédaction : Les défis de l'Union européenne
Critères de réussite :
- Introduction : présenter brièvement que l'UE, malgré ses succès, fait face à des défis majeurs.
- Développement en deux parties claires (un défi par partie).
- Pour chaque défi : nommer le défi, l'expliquer, montrer en quoi il remet en cause le projet européen, indiquer comment l'UE tente d'y répondre.
- Conclusion : synthèse ou ouverture.
- 8 à 10 lignes, vocabulaire précis, fautes limitées.
Exemple de réponse attendue :L'Union européenne, qui a permis plus de soixante-dix ans de paix sur le continent, est aujourd'hui confrontée à des défis qui remettent en question sa cohésion.
Le premier défi est le
Brexit : en 2016, les citoyens britanniques ont voté à 52 % pour quitter l'UE, et la sortie est devenue effective le 31 janvier 2020. C'est la première fois qu'un État membre quitte l'Union, ce qui fragilise le projet européen et soulève la question de l'attractivité de l'UE. Pour y répondre, l'UE a négocié un accord de retrait et a cherché à renforcer l'unité des 27 États membres restants.
Le second défi est la
montée de l'euroscepticisme : dans plusieurs pays membres (Hongrie, Pologne, France, Italie…), des mouvements nationalistes critiquent la perte de souveraineté nationale au profit de Bruxelles. Certains gouvernements s'opposent aux décisions de la Commission sur les droits fondamentaux ou les migrations. L'UE tente d'y répondre par le dialogue, des mécanismes de sauvegarde de l'État de droit et une meilleure communication avec les citoyens.
Ces deux défis montrent que la construction européenne reste un projet fragile qui doit continuellement convaincre ses citoyens de son utilité.
(Autres défis acceptés avec la même rigueur d'explication : crise économique de 2010-2015 / crise grecque, gestion des migrations, défense commune, changement climatique.)