← Retour aux ressources
Français · Classe de 3ᵉ

Le roman et le récit du XXe siècle

Nouvelles formes romanesques, regards sur le monde moderne & point de vue

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Le roman et le récit du XXe siècle » en troisième permet de faire le point sur ses connaissances en français, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de troisième et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Le roman au XXe siècle : ruptures et renouveau, Le personnage de roman moderne, Les formes narratives au XXe siècle, Le point de vue narratif. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième en français.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Questions de cours — Le roman du XXe siècle

/ 4 pts
  1. Définissez en deux ou trois phrases le Nouveau Roman : époque, caractéristiques principales, deux auteurs représentatifs. (2 pts)
  2. Distinguez autobiographie et roman autobiographique en donnant un critère et un exemple de chaque forme. (2 pts)

Exercice 2 — Identification du point de vue narratif

/ 4 pts
  1. Lisez les extraits suivants et, pour chacun, identifiez le point de vue narratif et justifiez par un indice du texte. (1 pt chacun)

    Extrait A : « La vieille horloge sonna sept heures. Elle posa sa tasse et sortit sans se retourner. »
    Extrait B : « Je savais, au fond de moi, que cette décision allait tout changer. Je ne voulais pas y penser davantage. »
    Extrait C : « Personne dans la salle ne savait encore que leur vie allait basculer dans une heure. »
    Extrait D : « Il s'arrêta au coin de la rue, alluma une cigarette, attendit trois minutes et repartit. »

Exercice 3 — Analyse de texte — Extrait d'un roman du XXe siècle

/ 8 pts
  1. Extrait : « Le soleil brillait sur la mer sans laisser de reflets. C'était la même chose que partout. Tout était pareil. Elle regardait ses mains posées sur la table et pensait qu'elle aurait pu disparaître sans que personne s'en aperçoive vraiment. Elle prit son café. Il était froid. Elle le but quand même. »
  2. 1. Quel est le point de vue narratif de cet extrait ? Justifiez avec un indice textuel. (2 pts)
  3. 2. Relevez deux éléments qui caractérisent le personnage moderne dans cet extrait (rapport au monde, aux autres, à elle-même). (2 pts)
  4. 3. Analysez le style de cet extrait : longueur des phrases, vocabulaire, présence ou absence de figures de style. Quel effet cela produit-il ? (2 pts)
  5. 4. À quel courant littéraire du XXe siècle peut-on rattacher cet extrait ? Justifiez en citant deux caractéristiques du courant présentes dans le texte. (2 pts)

Exercice 4 — Rédaction — Écriture d'imitation

/ 4 pts
  1. Rédigez un court paragraphe narratif (8 à 10 lignes) à la première personne, avec un point de vue interne, dans lequel un personnage traverse une rue ou entre dans un café en se sentant étranger au monde qui l'entoure. Vous vous inspirerez du style dépouillé et distancié des romans existentialistes.
  2. Critères d'évaluation : respect du point de vue interne (1 pt), cohérence du personnage et de l'atmosphère (1 pt), qualité du style (phrases courtes, vocabulaire juste) (1 pt), correction de la langue (1 pt).
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Questions de cours — Le roman du XXe siècle
Question 1 — Le Nouveau Roman (2 pts)
Le Nouveau Roman est un mouvement littéraire français apparu dans les années 1950-1960, regroupé autour des Éditions de Minuit. Il se caractérise par le rejet du personnage psychologique traditionnel (plus de nom, plus d'identité claire), le refus de l'intrigue linéaire et cohérente, et la remise en cause du narrateur omniscient au profit d'une description objective ou d'une exploration de la conscience. Deux auteurs représentatifs : Alain Robbe-Grillet (La Jalousie, 1957 ; théoricien du mouvement avec Pour un nouveau roman, 1963) et Nathalie Sarraute (Tropismes, 1939 ; Le Planétarium, 1959), qui explore les micro-mouvements intérieurs.
On accepte aussi : Michel Butor (La Modification), Marguerite Duras, Samuel Beckett.

Question 2 — Autobiographie vs roman autobiographique (2 pts)

  • L'autobiographie : récit dans lequel auteur = narrateur = personnage principal (pacte autobiographique de Philippe Lejeune). L'auteur s'engage à raconter la vérité sur sa propre vie. Exemple : Les Mots de Jean-Paul Sartre (1963).
  • Le roman autobiographique : l'auteur s'inspire de sa propre vie, mais garde la fiction ; le narrateur peut être à la 3e personne et les faits sont transformés ou inventés. Exemple : La Nausée de Sartre, qui s'inspire de ses propres angoisses mais reste une œuvre de fiction.
Critère essentiel : dans l'autobiographie, l'auteur affirme que c'est vrai (pacte de vérité) ; dans le roman autobiographique, il n'assume pas ce pacte.

Exercice 2 — Identification du point de vue narratif
Extrait A : « La vieille horloge sonna sept heures. Elle posa sa tasse et sortit sans se retourner. »
Point de vue externe. Justification : le narrateur observe les gestes du personnage de l'extérieur (« posa sa tasse », « sortit ») comme une caméra, sans accéder à ses pensées ni à ses émotions.

Extrait B : « Je savais, au fond de moi, que cette décision allait tout changer. Je ne voulais pas y penser davantage. »
Point de vue interne. Justification : le narrateur-personnage (« je ») donne accès à ses pensées intérieures et à ses états d'âme (« au fond de moi », « je ne voulais pas »).

Extrait C : « Personne dans la salle ne savait encore que leur vie allait basculer dans une heure. »
Point de vue omniscient. Justification : le narrateur sait ce que les personnages ignorent (« ne savait encore ») et anticipe sur l'avenir (« dans une heure ») : il est au-dessus de l'histoire et connaît tout.

Extrait D : « Il s'arrêta au coin de la rue, alluma une cigarette, attendit trois minutes et repartit. »
Point de vue externe. Justification : le narrateur se limite à décrire les actions du personnage (verbes d'action : « s'arrêta », « alluma », « attendit ») sans accéder à ses pensées : description froide et objective, comme un témoin neutre.

Exercice 3 — Analyse de texte — Extrait d'un roman du XXe siècle
Rappel de l'extrait : « Le soleil brillait sur la mer sans laisser de reflets. C'était la même chose que partout. Tout était pareil. Elle regardait ses mains posées sur la table et pensait qu'elle aurait pu disparaître sans que personne s'en aperçoive vraiment. Elle prit son café. Il était froid. Elle le but quand même. »

1. Point de vue narratif (2 pts)
Le point de vue est interne. Justification : le narrateur entre dans les pensées du personnage — « pensait qu'elle aurait pu disparaître » — ce qui donne accès à son intériorité et à ses émotions. L'accès à la conscience du personnage caractérise la focalisation interne.

2. Personnage moderne — deux éléments (2 pts)

  • Rapport au monde indifférent / sentiment d'insignifiance : le personnage perçoit le monde sans relief (« sans laisser de reflets », « tout était pareil ») ; le monde extérieur ne lui procure aucune émotion ni sensation particulière.
  • Crise identitaire et désir d'effacement : elle « pensait qu'elle aurait pu disparaître sans que personne s'en aperçoive » : le personnage n'a pas conscience de sa propre valeur ou de son existence pour les autres, ce qui est caractéristique du personnage moderne en rupture avec lui-même et la société.
On accepte aussi : rapport apathique aux actes du quotidien (elle boit un café froid « quand même », sans réaction) ; absence de lien affectif avec les autres.

3. Style de l'extrait (2 pts)
  • Phrases courtes et juxtaposées : « Il était froid. Elle le but quand même. » L'auteur enchaîne de courtes propositions indépendantes, sans subordination complexe, ce qui crée un rythme haché, neutre et dépouillé.
  • Vocabulaire simple et peu d'images : pas de métaphores ni d'adjectifs expressifs ; le lexique reste banal (mer, soleil, café, mains). L'absence de figures de style renforce l'effet de banalité et d'absence d'émotion.
  • Effet produit : ce style minimaliste traduit le détachement et l'indifférence du personnage ; il plonge le lecteur dans une atmosphère d'ennui existentiel et de vide intérieur.

4. Courant littéraire (2 pts)
Cet extrait peut être rattaché à l'existentialisme (Camus, Sartre) ou au Nouveau Roman (Duras, Robbe-Grillet). Deux caractéristiques justifiant ce rattachement :
  • Le sentiment d'absurdité : le personnage accomplit des actes du quotidien sans raison ni émotion apparente (boire un café froid « quand même ») — proche du personnage camusien (Meursault dans L'Étranger).
  • Le style dépouillé et objectif : les phrases courtes, le vocabulaire neutre, l'absence de commentaires psychologiques du narrateur rappellent l'écriture blanche de Camus ou la description froide du Nouveau Roman (Robbe-Grillet, Duras).
On accepte existentialisme seul, ou Nouveau Roman seul, à condition que les deux caractéristiques citées soient présentes dans le texte et correctement justifiées.

Exercice 4 — Rédaction — Écriture d'imitation
Critères d'évaluation détaillés :

  • 1. Respect du point de vue interne (1 pt) : le texte est à la première personne (« je ») et donne accès aux pensées, perceptions et sensations intérieures du narrateur-personnage (ex. : « je pensais que… », « je sentais… », « je ne savais pas pourquoi »).
  • 2. Cohérence du personnage et de l'atmosphère (1 pt) : le personnage doit se sentir étranger au monde qui l'entoure : indifférence aux bruits, aux gens, au lieu ; sentiment d'être à l'écart ou invisible ; aucune réaction émotionnelle marquée aux stimuli extérieurs. L'atmosphère doit être cohérente avec la scène (rue, café) et avec le registre distancié.
  • 3. Qualité du style — phrases courtes, vocabulaire juste (1 pt) : le style doit être dépouillé et minimaliste, inspiré des romans existentialistes (Camus, Sartre) : phrases courtes ou juxtaposées, peu d'adjectifs, absence de métaphores complexes, ton neutre et sobre. Les descriptions doivent rester concrètes et objectives (couleurs, gestes, sons), sans lyrisme excessif.
  • 4. Correction de la langue (1 pt) : orthographe, grammaire, conjugaison et ponctuation correctes ; cohérence des temps verbaux (passé composé ou présent, cohérent avec le registre existentialiste).

Exemple de production attendue :
« Je suis entré dans le café sans raison précise. Il y avait du bruit, des voix, des tasses qui s'entrechoquaient. Je me suis assis au fond, près de la vitre. Dehors, les gens marchaient vite. Ils avaient l'air d'aller quelque part. Moi, je regardais la rue sans la voir vraiment. Le garçon m'a apporté un café. Je l'ai remercié. Ma voix m'a semblé étrange, comme si ce n'était pas moi qui parlais. J'ai bu lentement. Le café était chaud. C'était bien. Je ne savais pas pourquoi j'étais là ni ce que j'attendais. J'ai posé la tasse et je suis ressorti dans la lumière grise du matin. »

Ce corrigé-type illustre : le « je » narrateur, l'accès aux pensées (« Je ne savais pas pourquoi »), le style sobre (phrases courtes, passé composé), l'indifférence au monde extérieur, la correction linguistique.

Continuer ce chapitre
Autres chapitres
Bloqué sur ce chapitre ?

Cours particuliers de français à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.

Réserver un 1er cours → Voir les tarifs