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Français · Classe de 3ᵉ

Le lexique de l'argumentation et de l'engagement

Opinion, persuasion & engagement : nuances et intensité du vocabulaire en 3e

À propos de cette page
Ce cours de français en troisième sur « Le lexique de l'argumentation et de l'engagement » suit le programme officiel de français de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Convaincre et persuader : deux stratégies distinctes, Les modalisateurs : exprimer son degré de certitude, Les connecteurs logiques de l'argumentation, Le champ lexical de l'opinion et du jugement. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en français.
Au programme
1 · Convaincre et persuader : deux stratégies distinctes
2 · Les modalisateurs : exprimer son degré de certitude
3 · Les connecteurs logiques de l'argumentation
4 · Le champ lexical de l'opinion et du jugement
5 · L'intensité et la gradation : renforcer son propos
6 · Les registres de l'engagement : polémique, délibératif, satirique
7 · Les figures de style au service de l'argumentation
1Convaincre et persuader : deux stratégies distinctes

En 3e, vous étudierez des textes qui cherchent à agir sur le lecteur. Deux grandes stratégies s'offrent à l'auteur : convaincre et persuader.

Définitions.
Convaincre : s'adresser à la raison du lecteur par des arguments logiques, des faits, des exemples, des statistiques, des définitions.
Persuader : s'adresser aux émotions et aux sentiments du lecteur par des images, des anecdotes émouvantes, des appels à la peur, à la pitié ou à l'admiration.

Un texte argumentatif efficace mêle souvent les deux : il raisonne et touche à la fois. On parle alors de délibération ou d'argumentation mixte.

Exemple. « Ces chiffres prouvent que le réchauffement climatique est une réalité (convaincre) ; pensez aux générations futures qui hériteront d'une planète dévastée (persuader). »
Astuce. Pour identifier la stratégie dominante, demandez-vous : l'auteur me donne-t-il des preuves chiffrées/logiques ou joue-t-il sur mes ressentis ?
2Les modalisateurs : exprimer son degré de certitude

Les modalisateurs sont des mots ou expressions qui nuancent un propos : ils indiquent si le locuteur est certain, probable, doubleux, souhaitable… Ils révèlent son engagement ou sa prudence.

DegréExemples
Certitude« il est évident que », « assurément », « sans aucun doute », « c'est certain »
Probabilité« il est probable que », « sans doute », « vraisemblablement », « il semblerait »
Possibilité« peut-être », « éventuellement », « il se peut que », « il est possible que »
Nécessité / obligation« il faut que », « on doit », « il est indispensable de », « il convient de »
Souhait / regret« il serait souhaitable », « malheureusement », « heureusement », « j'espère que »
Attention ! Un modalisateur de probabilité n'est pas un aveu de faiblesse : il peut aussi montrer la rigueur et l'honnêteté intellectuelle de l'auteur.

Les modalisateurs peuvent être : des adverbes (« peut-être »), des verbes (« sembler », « paraître », « devoir »), des locutions verbales (« il est certain que »), des auxiliaires modaux (« pouvoir », « vouloir », « falloir »), ou des déterminants (« un certain nombre de »).

3Les connecteurs logiques de l'argumentation

Les connecteurs logiques (ou organisateurs du discours) articulent les idées d'un texte argumentatif. Les maîtriser permet de comprendre et de produire des textes cohérents.

RelationConnecteurs
Additionde plus, en outre, par ailleurs, également, qui plus est, de surcroît
Oppositionmais, cependant, néanmoins, toutefois, or, pourtant, en revanche, à l'inverse
Concessioncertes… mais, il est vrai que… cependant, même si, quoique, bien que (+ subj.)
Causecar, parce que, puisque, étant donné que, vu que, en raison de
Conséquencedonc, ainsi, c'est pourquoi, par conséquent, d'où, si bien que, de sorte que
Butpour, afin de, dans le but de, en vue de, pour que, afin que (+ subj.)
Illustrationpar exemple, ainsi, notamment, c'est le cas de, tel que
Récapitulationen résumé, en conclusion, finalement, bref, en définitive, pour conclure
Astuce. La concession (« certes… mais ») est très puissante dans l'argumentation : elle montre que vous avez considéré le point de vue adverse avant de le dépasser.
Exemple. « Certes, internet facilite l'accès à l'information ; cependant, il diffuse aussi de nombreuses fausses nouvelles. »
4Le champ lexical de l'opinion et du jugement

Pour exprimer et analyser des opinions, il faut maîtriser le vocabulaire du jugement, qu'il soit positif (mélioratif) ou négatif (péjoratif).

Vocabulaire mélioratif et péjoratif.
Mélioratif : termes qui valorisent positivement → « exemplaire », « admirable », « courageux », « judicieux ».
Péjoratif : termes qui dévaluent → « scandaleux », « honteux », « irresponsable », « inadmissible ».

Les verbes d'opinion permettent de prendre position :

  • Croire, estimer, penser, considérer, juger → engagement modéré
  • Affirmer, soutenir, défendre, prétendre → engagement fort
  • Nier, réfuter, contester, récuser → rejet d'une thèse
  • Douter, s'interroger, nuancer, tempérer → réserve

Les noms abstraits structurent le débat : une thèse, un argument, un contre-argument, un exemple, une objection, une réfutation, une concession.

Exemple. « Je soutiens que la lecture est indispensable ; certains contestent cette idée, la jugeant élitiste. »
5L'intensité et la gradation : renforcer son propos

L'intensité du vocabulaire donne de la force à l'argumentation. On peut moduler l'intensité à la hausse (hyperbole, gradation ascendante) ou à la baisse (litote, atténuation).

La gradation. Figure qui consiste à ordonner des termes selon une progression croissante (ascendante) ou décroissante (descendante).

Adverbes d'intensité : peu, assez, très, extrêmement, absolument, totalement, profondément, infiniment.

Préfixes intensifs : sur- (surdoué), hyper- (hypersensible), ultra- (ultralibéral), super- (superpuissant).

Exemple de gradation ascendante. « Cette situation est préoccupante, grave, voire catastrophique. »
Attention ! La litote dit moins pour suggérer plus : « ce n'est pas sans intérêt » = c'est très intéressant. La meiose atténue volontairement : « un léger inconvénient » pour parler d'un gros problème. Ne pas les confondre !

La répétition et l'anaphore créent également une intensité rhétorique : répéter un mot en tête de phrase martèle l'idée dans l'esprit du lecteur.

6Les registres de l'engagement : polémique, délibératif, satirique

Selon l'intention de l'auteur, un texte argumentatif adopte différents registres (ou tonalités) :

RegistreCaractéristiquesVocabulaire typique
PolémiqueAttaque directe, virulente ; l'auteur cherche à discréditer l'adversaireTermes péjoratifs forts, interpellations directes, exclamations, questions rhétoriques agressives
DélibératifRéflexion équilibrée, pesée des arguments ; le lecteur est invité à se forger une opinionModalisateurs de probabilité, connecteurs de concession, verbes d'opinion nuancés
SatiriqueCritique par l'humour, l'ironie, la caricature ; le vice ou le ridicule est mis à nuIronie, hyperbole comique, champ lexical du blâme détourné
Lyrique/pathétiqueAppel aux émotions, au sentiment de solidarité ou de révolteExclamations, interjections, vocabulaire émotionnel fort, images fortes
Exemple polémique. Victor Hugo, Les Misérables : il interpelle directement les responsables politiques de la misère sociale.
Exemple satirique. Voltaire, Candide : il se moque de l'optimisme naïf par une ironie constante.
7Les figures de style au service de l'argumentation

Plusieurs figures de style sont spécifiquement utilisées pour renforcer l'argumentation et l'engagement de l'auteur :

  • L'anaphore : répétition d'un mot ou groupe en tête de proposition pour insister (« Il faut agir. Il faut agir maintenant. Il faut agir ensemble. »)
  • La question rhétorique : question dont la réponse est évidente, qui interpelle le lecteur (« Qui pourrait rester indifférent à une telle injustice ? »)
  • L'antithèse : mise en opposition de deux termes contraires pour faire ressortir un contraste (« Les uns festoient, les autres meurent de faim. »)
  • La concession rhétorique : on accorde quelque chose à l'adversaire pour mieux réfuter sa thèse (« Certes, cette solution coûte cher ; mais son coût est dérisoire comparé au coût humain de l'inaction. »)
  • L'énumération : accumulation de termes pour donner une impression d'abondance ou d'exhaustivité.
  • L'hyperbole argumentative : exagération au service d'une démonstration (« Des milliers, des dizaines de milliers de victimes… »)
Astuce méthode. Lors de l'analyse d'un texte argumentatif, identifiez : la thèse défendue, les arguments, les figures de style utilisées et leur effet sur le lecteur. Cette démarche est attendue au Brevet.
À retenir : l'ethos, le logos, le pathos.
Ces trois notions grecques décrivent les ressorts de la persuasion :
Ethos : crédibilité, autorité morale de l'auteur.
Logos : argumentation rationnelle, logique.
Pathos : appel aux émotions du lecteur.
À retenir
En bref — Le lexique de l'argumentation et de l'engagement :
Convaincre (raison) ≠ persuader (émotions) : deux stratégies complémentaires.
• Les modalisateurs indiquent le degré de certitude de l'auteur.
• Les connecteurs logiques articulent les idées (cause, conséquence, opposition, concession…).
• Le lexique mélioratif/péjoratif révèle la position de l'auteur.
• La gradation, l'anaphore, la question rhétorique renforcent l'intensité argumentative.
• Les registres : polémique, délibératif, satirique, pathétique.
Ethos, logos, pathos : les trois piliers de la rhétorique classique.
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