Exercice 1 — Les symboles et principes de la République
1. Les cinq symboles officiels de la République française (art. 2 de la Constitution de 1958) :
- Le drapeau tricolore : bleu, blanc, rouge (couleurs réunies dès 1789 lors de la Révolution française).
- La Marseillaise : hymne national, composé par Rouget de Lisle en 1792, hymne officiel depuis 1879.
- Marianne : figure féminine allégorique coiffée d'un bonnet phrygien, emblème de la République présent dans toutes les mairies.
- La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » : née de la Révolution de 1789, inscrite à l'article 2 de la Constitution.
- Le 14 juillet : fête nationale depuis 1880, commémorant la prise de la Bastille (1789) et la Fête de la Fédération (1790).
2. Phrase à compléter :« La France est une République
indivisible,
laïque,
démocratique et
sociale. »
Justification : ces quatre adjectifs sont ceux de l'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958.
Exercice 2 — Les institutions de la Ve République
1. Les trois pouvoirs de l'État :
| Pouvoir | Institution(s) | Rôle principal |
|---|
| Législatif | Parlement (Assemblée nationale + Sénat) | Voter les lois et contrôler le gouvernement. L'Assemblée nationale peut renverser le gouvernement par une motion de censure. |
| Exécutif | Président de la République + Gouvernement (Premier ministre et ministres) | Conduire la politique de la Nation, appliquer et exécuter les lois. Le Président nomme le Premier ministre et préside le Conseil des ministres. |
| Judiciaire | Tribunaux et cours (dont le Conseil constitutionnel pour la constitutionnalité des lois) | Rendre la justice, trancher les litiges, garantir le respect du droit et des libertés fondamentales. |
Ce principe de séparation des pouvoirs a été théorisé par Montesquieu dans De l'Esprit des lois (1748) pour prévenir les abus de pouvoir.2. Pourquoi la Ve République est-elle « semi-présidentielle » ?La Ve République est qualifiée de
semi-présidentielle parce qu'elle combine deux traits :
- Trait présidentiel : le Président de la République est élu au suffrage universel direct (depuis 1962) et dispose de pouvoirs très importants (nomination du Premier ministre, dissolution de l'Assemblée nationale, conduite de la politique étrangère et de défense).
- Trait parlementaire : le gouvernement (Premier ministre + ministres) est responsable devant le Parlement — l'Assemblée nationale peut le renverser par une motion de censure (art. 49-3).
Ces deux caractéristiques coexistent, d'où le qualificatif de régime
semi-présidentiel, par opposition à un régime purement présidentiel (États-Unis) ou purement parlementaire (Royaume-Uni).
Exercice 3 — La laïcité
1. Définition de la laïcité et texte fondateur :
La laïcité est le principe selon lequel l'État est séparé des institutions religieuses, ne reconnaît aucune religion officielle et garantit la liberté de conscience à tous les citoyens, qu'ils soient croyants ou non croyants.
Le texte fondateur est la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Elle a mis fin au régime concordataire de 1801 qui liait l'État à l'Église catholique.
2. Les trois piliers de la laïcité :
- Liberté de conscience : chaque individu est libre de croire ou de ne pas croire, de pratiquer la religion de son choix ou de n'en pratiquer aucune, sans être contraint ni pénalisé. Cette liberté est garantie par l'État à tous les citoyens.
Exemple : un élève peut pratiquer sa religion en dehors de l'école ; un citoyen peut porter un signe religieux dans l'espace public. - Neutralité de l'État : les pouvoirs publics, les services publics et les agents de l'État (fonctionnaires, enseignants, etc.) doivent, dans l'exercice de leurs fonctions, s'abstenir de manifester leurs convictions religieuses. L'État ne subventionne pas les cultes.
Exemple : un enseignant ne peut pas faire la prière avec ses élèves en classe ; un préfet ne peut pas porter un signe religieux ostensible lors d'une cérémonie officielle. - Égalité de traitement : aucune religion n'est favorisée ou discriminée par l'État. Toutes les religions sont traitées de façon identique. L'État respecte toutes les croyances sans en promouvoir aucune.
Exemple : l'État ne finance ni église, ni mosquée, ni synagogue, mais autorise leur construction par des associations loi 1901.
Exercice 4 — Les droits et devoirs du citoyen
1. Droits garantis par la DDHC de 1789 et droits sociaux du Préambule de 1946 :
Deux droits issus de la DDHC de 1789 (libertés civiles et politiques) :
- La liberté d'expression (art. 11) : tout citoyen peut librement parler, écrire, imprimer ses opinions, dans les limites fixées par la loi.
- La présomption d'innocence (art. 9) : tout homme est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie par un jugement.
Autres droits acceptables : liberté d'opinion, droit de propriété, égalité devant la loi, droit à la sûreté.Deux droits sociaux issus du Préambule de la Constitution de 1946 :
- Le droit à l'éducation : tout enfant a le droit d'être instruit par la Nation.
- Le droit à la protection de la santé : la Nation garantit à tous la protection de la santé.
Autres droits acceptables : droit au travail, droit à la retraite, égalité entre les femmes et les hommes.2. Deux devoirs du citoyen républicain :- Respecter les lois : c'est un devoir fondamental car la loi est l'expression de la volonté générale (peuple). Sans respect des lois, la vie en société et la démocratie seraient impossibles. Rappel : « Nul n'est censé ignorer la loi. »
- Participer à la vie démocratique (voter) : en votant, le citoyen exerce sa souveraineté et choisit ses représentants. S'abstenir affaiblit la légitimité des institutions élues et la démocratie représentative.
Autres devoirs acceptables : payer ses impôts (contribution aux charges publiques, art. 13 DDHC) ; accomplir la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) à 16 ans.
Exercice 5 — Question de réflexion
Éléments attendus dans la réponse :
- Introduction : rappeler que la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est née de la Révolution française de 1789 et est inscrite dans la Constitution de 1958 (art. 2).
- La Liberté : expliquer que ce principe garantit à chaque individu des droits fondamentaux (liberté d'expression, de conscience, de circulation…). La DDHC de 1789 en pose les bases. Exemple concret : la liberté d'expression permet de critiquer le gouvernement sans être emprisonné.
- L'Égalité : tous les citoyens sont égaux devant la loi, sans distinction d'origine, de sexe ou de religion (art. 1er de la Constitution). Exemple concret : la loi sur la parité (2000) vise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux.
- La Fraternité : valeur de solidarité entre les membres de la communauté nationale, traduite par des mécanismes de protection sociale (Sécurité sociale, services publics). Exemple concret : en 2018, le Conseil constitutionnel a reconnu la valeur constitutionnelle du principe de fraternité, protégeant l'aide apportée aux personnes en situation de détresse.
- Conclusion : ces trois valeurs sont indissociables et se renforcent mutuellement — la liberté sans égalité produit des inégalités, l'égalité sans fraternité est froide, la fraternité sans liberté devient une contrainte. Ensemble, elles définissent l'idéal républicain.
Barème indicatif (2 pts) :• 1 pt : les trois termes de la devise sont définis et articulés correctement.
• 1 pt : au moins deux exemples concrets tirés du cours sont cités et pertinents.