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Collège · 3ᵉ · EMC

La République française

Connaître les valeurs, symboles et principes de la République

À propos de cette page
Ce cours de emc en troisième sur « La République française » suit le programme officiel de emc de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Cinq Républiques : une histoire, Les symboles de la République, Les valeurs : Liberté, Égalité, Fraternité, Les principes : indivisible, laïque, démocratique, sociale. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en emc.
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Cinq Républiques : une histoire

République. Régime dans lequel le pouvoir n'appartient pas à une personne par héritage mais au peuple, qui l'exerce par ses représentants élus ou directement (du latin res publica, « la chose publique »). Une république n'est pas forcément démocratique ; la République française l'est par sa Constitution.
RépubliqueDatesCe qu'elle laisse
Ire1792-1804Le mot République, le drapeau, La Marseillaise ; finit avec l'Empire de Napoléon
IIe1848-1852Suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage, devise officielle
IIIe1870-1940La plus longue : école gratuite, laïque, obligatoire (1881-1882), 14 Juillet (1880), séparation des Églises et de l'État (1905)
IVe1946-1958Préambule : droits sociaux, égalité femmes-hommes ; instabilité des gouvernements
VeDepuis 1958Constitution approuvée par référendum (28 septembre 1958, 82 % de oui), exécutif fort, Président élu au suffrage direct depuis 1962
Attention ! Entre deux Républiques, la France a connu deux Empires, deux monarchies et le régime de Vichy (1940-1944) : la République n'est pas une évidence, c'est une conquête répétée.
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Les symboles de la République

L'article 2 de la Constitution fixe les symboles officiels ; d'autres sont entrés dans l'usage.

SymboleOrigineStatut
Drapeau tricolore1789-1794 : bleu et rouge de Paris autour du blanc du roiOfficiel (art. 2)
La MarseillaiseChant de guerre composé par Rouget de Lisle à Strasbourg en 1792 ; hymne national en 1795, puis définitivement en 1879Officiel (art. 2)
Devise « Liberté, Égalité, Fraternité »Révolution ; officielle en 1848 ; sur les mairies depuis la IIIe RépubliqueOfficiel (art. 2)
Le françaisLangue de la République depuis la révision de 1992Officiel (art. 2)
14 JuilletPrise de la Bastille (1789) et fête de la Fédération (1790) ; loi de 1880Fête nationale (loi)
MarianneFemme au bonnet phrygien (bonnet des esclaves affranchis), incarnation de la République ; bustes en mairie, timbresUsage, non inscrit dans la Constitution
Coq, sceau, faisceau de licteurGaule (gallus), Révolution, Antiquité romaineUsage
Exemple. L'article 2 ajoute le principe de la République : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », formule empruntée au président américain Lincoln (1863).
Astuce. Au brevet, distingue bien : symboles (drapeau, hymne…), valeurs (la devise) et principes (les quatre adjectifs de l'article 1er). Trois questions différentes, trois réponses différentes.
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Les valeurs : Liberté, Égalité, Fraternité

La devise résume les valeurs de la République, héritées de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789.

ValeurTexte fondateurTraductions concrètes
LibertéDDHC art. 4 : « pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » ; art. 10 (opinions) et 11 (expression)Libertés d'opinion, d'expression, de conscience, de réunion, d'association, de circulation ; limites fixées par la loi (diffamation, incitation à la haine)
ÉgalitéDDHC art. 1er : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » ; art. 6 : la loi est la même pour tousÉgalité devant la loi, la justice, l'impôt, le vote ; parité (loi de 2000) ; discriminations punies par le Code pénal
FraternitéPréambule de 1946 : solidarité nationale ; décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet 2018Sécurité sociale (1945), service public, aide aux plus fragiles ; la fraternité a désormais valeur constitutionnelle
Exemple. En 2018, le Conseil constitutionnel juge, au nom de la fraternité, qu'aider un étranger en situation irrégulière sans contrepartie (le nourrir, l'héberger) ne peut pas être un délit : une valeur devient une règle de droit.
Attention ! L'égalité républicaine est une égalité en droits, pas une égalité de fait : la République peut donc mener des politiques qui corrigent les inégalités (bourses, éducation prioritaire) sans contredire le principe.
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Les principes : indivisible, laïque, démocratique, sociale

Article 1er de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »

PrincipeSignificationExemple
IndivisibleUn seul peuple, un seul territoire, une seule loi, une seule langue officielle ; pas de minorité reconnueEn 1991, le Conseil constitutionnel censure l'expression « peuple corse » : il n'y a qu'un peuple français
LaïqueL'État est neutre, garantit la liberté de conscience, ne finance aucun culteLoi de 1905 ; pas de religion d'État
DémocratiqueLa souveraineté appartient au peuple (art. 3), qui l'exerce par ses représentants et par le référendum ; suffrage universel, égal et secretÉlections, référendum, pluralisme des partis (art. 4)
SocialeLa République protège contre les risques de la vie et garantit des droits économiques et sociauxPréambule de 1946 : droit à l'emploi, à la santé, à l'instruction ; Sécurité sociale
Astuce. « Décentralisée » (2003) n'est pas un cinquième adjectif de la même phrase : c'est une précision sur l'organisation (communes, départements, régions ont des pouvoirs propres), sans remettre en cause l'indivisibilité.
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La laïcité, principe et loi

Laïcité. Principe qui sépare l'État et les religions : l'État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte, garantit la liberté de conscience (croire, ne pas croire, changer de religion) et le libre exercice des cultes dans le respect de l'ordre public. Il traite toutes les convictions à égalité.
TexteContenu
Lois Ferry, 1881-1882École primaire gratuite, laïque et obligatoire : l'enseignement religieux sort de l'école publique
Loi du 9 décembre 1905Séparation des Églises et de l'État ; art. 1 : la République « assure la liberté de conscience » ; art. 2 : elle « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »
Loi du 15 mars 2004Interdiction des signes religieux ostensibles pour les élèves des écoles, collèges et lycées publics
Charte de la laïcité, 2013Affichée dans chaque école : 15 articles qui expliquent la laïcité aux élèves
Loi du 24 août 2021« Confortant le respect des principes de la République » : neutralité étendue aux salariés des services publics délégués, contrôle des associations

Qui est tenu à la neutralité ? Les agents publics (enseignants, policiers, employés de mairie) dans leurs fonctions, et les élèves de l'école publique pour les signes ostensibles. Les usagers (parents, patients, citoyens dans la rue) restent libres d'afficher leurs convictions, dans le respect de la loi (la dissimulation du visage dans l'espace public est interdite depuis 2010 pour des raisons d'ordre public).

Attention ! La laïcité n'est pas l'interdiction des religions ni l'athéisme d'État : elle protège chaque croyant et chaque non-croyant. Exception historique : en Alsace et en Moselle, le régime du Concordat de 1801 subsiste (ministres du culte rémunérés par l'État), car ces territoires étaient allemands en 1905.
Exemple. Une élève porte un petit pendentif en forme de croix : signe discret, autorisé. Un élève porte un grand voile ou une kippa en classe : signe ostensible, interdit par la loi de 2004. Un professeur affiche ses convictions en cours : manquement à la neutralité.
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Une République de droit : textes et pouvoirs

La République n'est pas seulement des valeurs : c'est un État de droit, où le pouvoir lui-même obéit à des règles supérieures.

Bloc de constitutionnalité. Ensemble des textes de valeur constitutionnelle : la Constitution de 1958, la DDHC de 1789, le préambule de 1946 (droits sociaux) et la Charte de l'environnement (2004, valeur constitutionnelle en 2005). Toute loi doit les respecter ; le Conseil constitutionnel peut censurer une loi contraire.

Théorisée par Montesquieu (De l'esprit des lois, 1748), la séparation des pouvoirs empêche qu'une même autorité fasse la loi, l'applique et juge. Sous la Ve République, le Président de la République (élu pour 5 ans au suffrage direct), le gouvernement, le Parlement (Assemblée nationale et Sénat) et l'autorité judiciaire se partagent ces fonctions : le détail fait l'objet du chapitre sur les institutions.

Astuce. « Démocratique » (le peuple décide) et « État de droit » (le pouvoir est limité par des règles et des juges) sont deux idées différentes mais inséparables : une majorité ne peut pas tout, elle ne peut pas voter une loi contraire aux libertés.
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Droits et devoirs du citoyen

Le citoyen est la personne qui, dans la République, possède des droits politiques et accepte des devoirs. En France, on est citoyen quand on a la nationalité française et 18 ans.

DroitsDevoirs
Civils : sûreté, propriété, vie privée, égalité devant la justice (DDHC)Respecter la loi : « nul n'est censé ignorer la loi »
Politiques : voter, être élu, se réunir, s'associer, manifesterContribuer aux charges publiques : payer l'impôt selon ses moyens (DDHC art. 13)
Sociaux : instruction (obligatoire de 3 à 16 ans), santé, protection sociale, emploi (préambule de 1946)Participer à la défense : recensement à 16 ans, Journée défense et citoyenneté (JDC)
Environnementaux : vivre dans un environnement sain (Charte de 2004)Participer à la justice : être juré d'assises si l'on est tiré au sort (dès 23 ans) ; témoigner
Exemple. Voter n'est pas obligatoire en France (contrairement à la Belgique), mais c'est un devoir civique : la République repose sur la participation de ses citoyens. Depuis 2019, l'inscription sur les listes électorales est automatique à 18 ans pour les jeunes recensés.
Méthode brevet. Pour analyser une situation : 1) quelle valeur ou quel principe est en jeu ? 2) quel texte l'énonce (DDHC, art. 1, loi de 1905…) ? 3) quelle règle concrète en découle ? 4) quelle limite ou tension apparaît ? Quatre étapes, quatre points.
En bref
  • Cinq Républiques depuis 1792 ; la Ve repose sur la Constitution du 4 octobre 1958, approuvée par référendum.
  • Symboles (art. 2) : drapeau tricolore, La Marseillaise, devise, langue française ; 14 Juillet (loi de 1880) ; Marianne par l'usage.
  • Valeurs : Liberté, Égalité, Fraternité, issues de la DDHC du 26 août 1789 ; fraternité à valeur constitutionnelle depuis 2018.
  • Principes (art. 1er) : République indivisible, laïque, démocratique et sociale, à l'organisation décentralisée.
  • Laïcité : loi du 9 décembre 1905 (liberté de conscience, aucun culte reconnu ni financé), loi de 2004 à l'école, Charte de 2013 ; neutralité des agents, liberté des usagers.
  • État de droit : bloc de constitutionnalité (1958, 1789, 1946, Charte de 2004), séparation des pouvoirs (Montesquieu, DDHC art. 16).
  • Le citoyen a des droits (civils, politiques, sociaux) et des devoirs (loi, impôt, défense, justice).
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