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L'Union européenne : institutions et droit européen
La France dans l’Union européenne et le Conseil de l’Europe ; les institutions de l’Union et la procédure législative ordinaire ; ce qui relève de la souveraineté des États et ce qui est supranational ; règlements, directives, primauté et recours en manquement ; une démocratie européenne en débat
À propos de cette page
La France dans deux Europes : l’Union européenne et le Conseil de l’Europe
• article 88-1 : « La République participe à l’Union européenne constituée d’États qui ont choisi librement d’exercer en commun certaines de leurs compétences » ;
Rappel. En 4ᵉ, tu as vu que l’article 55 donne aux traités ratifiés « une autorité supérieure à celle des lois » : chapitre État de droit : hiérarchie des normes et contrôle de l’État.
L’Union européenne (UE) associe 27 États souverains qui exercent en commun certaines compétences par des institutions supranationales (au-dessus des États), tout en restant des États : ni fédération comme les États-Unis, ni simple alliance.
Rappel. La naissance de cette construction (déclaration Schuman en 1950, CECA en 1951, traités de Rome en 1957, Union européenne à Maastricht en 1992) est étudiée en histoire : chapitre Affirmation et mise en œuvre du projet européen.
| Union européenne | Conseil de l’Europe | |
|---|---|---|
| Membres | 27 États | 46 États (dont les 27), créé en 1949 |
| Siège | Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg | Strasbourg |
| Texte des droits | Charte des droits fondamentaux (2000) | Convention européenne des droits de l’homme (1950) |
| Juge | Cour de justice de l’Union (Luxembourg) | Cour européenne des droits de l’homme (Strasbourg) |
| Logique | Intégrer : des règles communes qui s’imposent aux États | Coopérer : des conventions que chaque État ratifie ; il doit ensuite exécuter les arrêts de la Cour qui le condamnent |
• Pour entrer, un État doit remplir les critères de Copenhague (1993) : être une démocratie respectant l’État de droit et les droits de l’homme, avoir une économie de marché viable, reprendre tout le droit de l’Union. L’Ukraine et la Moldavie sont candidates depuis 2022 ; la Turquie l’est depuis 1999, mais ses négociations, ouvertes en 2005, sont au point mort depuis 2018.
• Pour sanctionner un État qui viole gravement ces valeurs, l’article 7 du traité permet d’aller jusqu’à suspendre son droit de vote au Conseil ; mais il faut que tous les autres États constatent la violation à l’unanimité. Depuis 2021, le versement des fonds européens peut aussi être conditionné au respect de l’État de droit (conditionnalité).
Un pays hors de l’Union condamné à Strasbourg. Le 9 avril 2024, saisie par une association suisse de femmes âgées (KlimaSeniorinnen, les « Aînées pour la protection du climat »), la Cour européenne des droits de l’homme condamne la Suisse : elle n’a pas pris de mesures suffisantes contre le changement climatique, ce qui porte atteinte au droit au respect de la vie privée (article 8 de la Convention). La Suisse n’appartient pas à l’Union, mais elle a ratifié la Convention : elle doit exécuter l’arrêt, sous la surveillance du Comité des ministres du Conseil de l’Europe.
Un drapeau pour deux organisations. Le drapeau aux douze étoiles d’or sur fond bleu a été adopté en 1955 par le Conseil de l’Europe, puis repris en 1985 par les Communautés européennes. Le nombre douze symbolise la perfection et l’unité : il n’a jamais compté les États.
Réflexe — pour situer une règle ou un juge européen, je pose trois questions : quelle organisation (Union ou Conseil de l’Europe) ? quel texte (traités et Charte, ou Convention) ? quel juge (Luxembourg ou Strasbourg) ?
Attention — le Conseil de l’Europe n’est pas une institution de l’Union : il compte des États qui n’en sont pas membres (Royaume-Uni, Suisse, Norvège, Turquie…). Et un État candidat n’est pas un État membre : tant qu’il n’a pas adhéré, le droit de l’Union ne s’impose pas à lui.
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Les institutions de l’Union : qui fait quoi ?
| Institution | Composition | Rôle | Siège |
|---|---|---|---|
| Parlement européen | 720 députés élus pour 5 ans au suffrage universel direct (81 élus en France) | Vote les lois et le budget avec le Conseil ; élit le président de la Commission et contrôle la Commission | Strasbourg (sessions), Bruxelles |
| Conseil de l’Union européenne | Un ministre par État, selon le sujet (agriculture, finances…) | Vote les lois et le budget avec le Parlement | Bruxelles |
| Conseil européen | Les 27 chefs d’État ou de gouvernement, un président élu pour 2 ans et demi | Fixe les grandes orientations ; ne vote pas les lois | Bruxelles |
| Commission européenne | 27 commissaires (un par État), indépendants de leur gouvernement | Seule à proposer les lois ; exécute le budget ; veille au respect des traités | Bruxelles |
| Cour de justice de l’UE | 27 juges (un par État) | Interprète le droit de l’Union et le fait respecter | Luxembourg |
• La Commission n’est pas élue, mais elle dépend du Parlement : il élit son président, auditionne chaque commissaire, investit le collège, et peut le renverser par une motion de censure votée à la majorité des deux tiers (jamais adoptée à ce jour ; en 1999, la menace a poussé la Commission Santer à démissionner).
• Le président du Conseil européen est, depuis le 1er décembre 2024, le Portugais António Costa.
Les chefs proposent, les députés élisent. Après les élections européennes de juin 2024, le Conseil européen désigne le 27 juin Ursula von der Leyen pour un second mandat à la tête de la Commission. Le 18 juillet 2024, le Parlement l’élit par 401 voix, alors que la majorité absolue était de 360. Sans ce vote des députés, elle n’aurait pas pu être reconduite.
Trois « Conseils » dans la même semaine (semaine imaginée). Lundi, les ministres de l’Énergie des 27 votent un texte à Bruxelles : c’est le Conseil de l’UE. Jeudi, les chefs d’État ou de gouvernement s’y réunissent en sommet pour fixer les priorités de l’année : c’est le Conseil européen. Le même jour, à Strasbourg, une commission du Conseil de l’Europe, qui n’appartient pas à l’Union, examine les droits des personnes âgées.
Réflexe — pour reconnaître une institution, je regarde qui y siège : des élus du peuple (Parlement), des ministres (Conseil de l’UE), des chefs d’État ou de gouvernement (Conseil européen), des commissaires (Commission), des juges (Cour).
Attention — la Commission propose mais ne vote pas les lois ; le Conseil européen oriente mais ne légifère pas. Et le Parlement siège à Strasbourg pour ses sessions plénières, mais la Commission et les deux Conseils sont à Bruxelles.
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Suivre une loi européenne : la procédure législative ordinaire
| Étape | Qui ? | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| 1. Proposer | Commission | Elle rédige une proposition, après avoir consulté États, entreprises, associations, experts : c’est le monopole de l’initiative. |
| 2. Examiner et voter | Parlement | Une commission parlementaire l’étudie, puis la séance plénière l’amende et vote sa position. |
| 3. Examiner et voter | Conseil de l’UE | Les ministres arrêtent leur position, le plus souvent à la majorité qualifiée. |
| 4. Négocier | Parlement, Conseil, Commission | Si les deux positions diffèrent, des négociations à trois (trilogues) cherchent un compromis. |
| 5. Adopter | Parlement et Conseil | Chacun vote le texte commun, publié ensuite au Journal officiel de l’Union européenne. |
Une question débattue : la fin des voitures neuves à essence et diesel. En juillet 2021, la Commission propose que les voitures et camionnettes neuves vendues dans l’Union n’émettent plus de CO₂ à partir de 2035. Le 14 février 2023, le Parlement adopte le texte par 340 voix contre 279 (21 abstentions). Au Conseil, l’Allemagne annonce qu’elle s’abstiendra : sans elle, la majorité qualifiée n’est plus atteinte. Après une promesse de la Commission sur les carburants de synthèse, le Conseil adopte le texte le 28 mars 2023. Le débat continue : fin 2025, la Commission propose d’assouplir l’objectif (−90 % au lieu de −100 %) ; en octobre 2026, cette révision est encore en discussion au Parlement, et le Conseil devra lui aussi voter.
Une loi votée par le Parlement… qui n’existe toujours pas. En 2018, la Commission propose de supprimer le changement d’heure. Le 26 mars 2019, le Parlement l’approuve par 410 voix contre 192 (51 abstentions). Mais les ministres ne se sont jamais mis d’accord sur l’heure à garder : sans position du Conseil, la directive n’a pas été adoptée, et l’on change toujours d’heure deux fois par an.
Réflexe — pour suivre une loi européenne : qui propose (la Commission) ? qui vote (le Parlement et le Conseil) ? à quelle majorité ? les deux ont-ils voté le même texte ?
Attention — un vote du Parlement seul ne fait pas une loi, ni un vote du Conseil seul. Et ne confonds pas les règles d’abstention : à la majorité qualifiée, s’abstenir revient à voter contre ; à l’unanimité, une abstention n’empêche pas l’adoption.
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Souveraineté des États et pouvoir supranational : qui décide de quoi ?
| Compétences | Domaines | Qui décide ? |
|---|---|---|
| Exclusives | Union douanière, concurrence, commerce extérieur, monnaie (zone euro), conservation des poissons de mer | L’Union seule |
| Partagées | Marché intérieur, agriculture, environnement, transports, énergie, protection des consommateurs | L’Union et les États (l’État agit tant que l’Union n’a pas légiféré) |
| D’appui | Éducation, culture, santé, tourisme | Les États ; l’Union soutient (Erasmus+) |
| Nationales | Défense, police, école, retraites, l’essentiel des impôts | Les États ; coopération volontaire |
• Unanimité : sur les sujets les plus sensibles, chaque État garde un droit de veto : modification des traités, adhésion d’un nouvel État, fiscalité, politique étrangère et de défense.
• Les États restent maîtres des traités : un traité ne change que si chaque État le ratifie. En France, il a fallu réviser la Constitution avant de ratifier le traité de Maastricht (voir La Constitution, un texte qui évolue : les révisions depuis 1958).
• Un État peut quitter l’Union (article 50 du traité) : le Royaume-Uni a voté le Brexit par référendum en 2016 (51,9 %) et l’a quittée le 31 janvier 2020.
Une décision supranationale contre deux États. Le 6 février 2019, la Commission interdit la fusion des branches ferroviaires d’Alstom et de Siemens, voulue par Paris et Berlin pour créer un champion européen face à la Chine : selon elle, la fusion aurait fait monter le prix des trains. La concurrence est une compétence exclusive : les gouvernements français et allemand protestent, mais ne peuvent pas passer outre.
Un domaine resté national. Les programmes du brevet, l’âge de départ à la retraite ou le budget des armées sont décidés à Paris : l’Union peut financer des projets communs (échanges Erasmus+, achats d’armement en commun), elle ne peut rien imposer à la France sur ces sujets.
Réflexe — je pars du domaine : compétence exclusive (l’Union décide), partagée (subsidiarité), d’appui ou nationale (l’État décide) ; puis je cherche la règle de vote : majorité qualifiée ou unanimité.
Attention — supranational ne veut pas dire État fédéral : l’Union n’a ni armée commune permanente, ni impôt direct sur les citoyens, et un État peut en sortir. Mais sur une compétence exclusive, un gouvernement mécontent ne peut pas refuser d’appliquer la règle commune.
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Le droit de l’Union s’impose aux États : règlements, directives, arrêts
| Texte | Ce qu’il fait | Exemple |
|---|---|---|
| Traités (droit primaire) | Fondent l’Union, fixent ses compétences et ses institutions ; signés et ratifiés par tous les États | Traité sur l’Union européenne, traité de Lisbonne (2007, en vigueur en 2009) |
| Règlement | S’applique directement et en entier dans tous les États, sans loi nationale | Le règlement général sur la protection des données (RGPD, 2018) |
| Directive | Fixe un objectif et un délai ; chaque État la transpose dans sa loi, avec ses propres moyens | Une directive sur la qualité de l’air fixe des seuils à respecter |
| Décision | Ne s’impose qu’à ceux qu’elle désigne (un État, une entreprise) | L’interdiction d’une fusion d’entreprises |
| Arrêt de la Cour de justice | Interprète le droit de l’Union ; s’impose aux juges et aux États | Un arrêt qui condamne un État |
• Recours en manquement : quand un État ne respecte pas le droit de l’Union (directive non transposée, règle non appliquée), la Commission peut le poursuivre devant la Cour de justice ; s’il ne se conforme toujours pas à l’arrêt, la Cour peut lui infliger une somme forfaitaire et une astreinte (une somme à payer par période de retard).
• Devant un juge de son pays, un particulier peut aussi invoquer le droit de l’Union ; le juge peut alors interroger la Cour de justice (question préjudicielle) : voir La citoyenneté européenne : droits et recours.
La France condamnée à payer. En 1991, la Cour de justice juge que la France ne contrôle pas assez ses pêcheurs, alors que la conservation des poissons relève de règles communes. Des inspections montrent ensuite que des poissons trop petits (« sous-taille ») sont toujours vendus dans des ports français. Le 12 juillet 2005, la Cour condamne la France à payer 20 millions d’euros, plus une astreinte de 57 761 250 euros par semestre de retard : c’est la première fois qu’un État reçoit les deux sanctions à la fois.
Deux textes, deux chemins. Un règlement qui fixe la taille minimale d’un filet de pêche s’applique le jour prévu dans les 27 États, sans aucune loi nationale. Une directive qui impose de réduire le bruit des routes laisse chaque État choisir ses moyens (murs antibruit, revêtements, limitations de vitesse) et la date limite pour les mettre dans sa loi.
Réflexe — face à une règle européenne : quel texte (règlement : il s’applique tel quel ; directive : une loi nationale doit la transposer) ? qui la fait respecter (la Commission poursuit, la Cour juge) ? en cas de conflit, le droit de l’Union prime.
Attention — une directive ne s’applique pas « toute seule » le lendemain de son adoption : c’est le règlement qui est directement applicable. Et une loi française votée après un règlement ne l’emporte pas sur lui : la primauté ne dépend pas de la date.
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Une démocratie européenne en débat : critiques, réponses et défis
• Elle cherche aussi à associer les citoyens entre deux élections : d’avril 2021 à mai 2022, la Conférence sur l’avenir de l’Europe a fait débattre des panels de citoyens tirés au sort dans les 27 États ; à partir de leurs recommandations, son assemblée plénière, où siégeaient aussi des élus et des représentants des institutions, a adopté 49 propositions. Les droits de pétition et d’initiative citoyenne sont étudiés dans La citoyenneté européenne : droits et recours.
• Elle est contestée : l’euroscepticisme regroupe ceux qui se méfient de l’Union ou veulent en sortir.
| Critique | Réponse ou nuance |
|---|---|
| « Déficit démocratique » : la Commission, non élue, propose seule les lois | Le Parlement élu et les ministres issus de gouvernements élus votent ; le Parlement élit le président de la Commission et peut la censurer |
| « Bruxelles décide de tout » | Subsidiarité ; les décisions les plus sensibles (traités, adhésions, impôts) exigent l’unanimité des États |
| Abstention : un électeur sur deux aux européennes | Participation remontée au-dessus de 50 % en 2019 et en 2024 ; enjeux plus visibles (climat, guerre en Ukraine) |
| Euroscepticisme, Brexit | Le Royaume-Uni est sorti en 2020, aucun autre État n’a suivi, et plusieurs pays demandent à entrer |
• la guerre en Ukraine (depuis 2022) : sanctions contre la Russie, aide financière et militaire, statut de candidat ;
• l’État de droit : indépendance de la justice et des médias contestée dans certains États (article 7, conditionnalité des fonds) ;
• les migrations : partage de l’accueil des demandeurs d’asile (pacte sur la migration et l’asile, 2024) ;
• le climat : Pacte vert (2019), neutralité carbone visée en 2050 ;
• le numérique : protection des données (RGPD, 2018), règlements sur les services et les marchés numériques (DSA et DMA, 2022), règlement sur l’intelligence artificielle (2024) ;
• l’élargissement : accueillir de nouveaux États sans paralyser des institutions où l’unanimité permet à un seul État de bloquer.
Par la taille de son marché (près de 450 millions de consommateurs), l’Union impose souvent ses normes au reste du monde : c’est l’« effet Bruxelles » ; le chargeur universel en est un exemple, étudié en géographie (L’Union européenne, un nouveau territoire de référence et d’appartenance).
Présenter une critique et sa réponse. « L’Europe impose ses lois sans demander l’avis des peuples. » Ce qui est juste : la Commission, qui propose les lois, n’est pas élue, et beaucoup de citoyens ne connaissent pas leurs députés européens. La nuance : aucune loi ne passe sans le vote des députés élus et des ministres de gouvernements élus, et les sujets les plus sensibles exigent l’accord de chaque État.
Réflexe — sur une question débattue, je présente la critique, puis la réponse ou la nuance, chacune appuyée sur un fait précis (une institution, une date, un chiffre).
Attention — en EMC, un développement à charge (« l’Europe, c’est la dictature de Bruxelles ») ou à décharge (« l’Europe n’a que des avantages ») n’est pas un raisonnement : on expose les arguments des deux côtés avant de conclure.
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Pour aller plus loin
Les étapes de la construction européenne. CECA (1951), CEE (1957), Union européenne (1992), élargissements de 6 à 28 puis 27 États, Brexit : chapitre d’histoire Affirmation et mise en œuvre du projet européen.
Le territoire de l’Union. Marché unique et ses quatre libertés, espace Schengen, zone euro (21 États depuis l’entrée de la Bulgarie en 2026), symboles, régions transfrontalières : chapitre de géographie L’Union européenne, un nouveau territoire de référence et d’appartenance.
Les droits du citoyen européen. Circuler, voter aux municipales et aux européennes, protection consulaire, pétition, initiative citoyenne, Charte des droits fondamentaux, recours devant la CJUE et la CEDH : La citoyenneté européenne : droits et recours.
La fabrique de la loi en France. Le trajet d’une loi entre l’Assemblée nationale et le Sénat, à comparer avec la procédure européenne : Les institutions de la Vᵉ République.
- La France participe à l’Union européenne (27 États, article 88-1 de la Constitution), qui intègre, et au Conseil de l’Europe (46 États, Convention européenne des droits de l’homme), qui fait coopérer. L’Union est fondée sur les valeurs de l’article 2 ; elle les exige des candidats (critères de Copenhague) et peut sanctionner un membre (article 7, conditionnalité des fonds).
- La Commission propose et veille aux traités ; le Parlement (720 élus) et le Conseil de l’UE (ministres) votent ; le Conseil européen (chefs d’État ou de gouvernement) oriente ; la Cour de justice fait respecter le droit.
- Procédure législative ordinaire : proposition de la Commission, vote du même texte par le Parlement et par le Conseil, le plus souvent à la majorité qualifiée (55 % des États, 65 % de la population).
- Les États restent souverains mais exercent en commun certaines compétences (exclusives, partagées, d’appui) ; subsidiarité, unanimité sur les sujets sensibles, droit de sortie (article 50, Brexit).
- Le règlement s’applique directement, la directive doit être transposée ; le droit de l’Union a la primauté (Costa, 1964 ; Nicolo, 1989) et la Commission peut poursuivre un État en manquement.
- Une démocratie en débat : déficit démocratique, abstention, euroscepticisme, Brexit, et des réponses (Parlement élu, unanimité, subsidiarité, participation citoyenne).
Questions fréquentes
Quelle différence entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe ?
L’Union européenne réunit 27 États qui exercent en commun certaines compétences : ses règles s’imposent à eux (intégration). Le Conseil de l’Europe, créé en 1949 à Strasbourg, compte 46 États : il fait coopérer ses membres autour de la Convention européenne des droits de l’homme, dont la Cour juge les États qui l’ont ratifiée. La France appartient aux deux.
Quelles sont les institutions de l’Union européenne et que font-elles ?
La Commission propose les lois et veille aux traités ; le Parlement européen (720 députés élus) et le Conseil de l’Union européenne (les ministres) votent les lois et le budget ; le Conseil européen (les chefs d’État ou de gouvernement) fixe les orientations ; la Cour de justice fait respecter le droit de l’Union ; la Banque centrale européenne gère l’euro.
Comment une loi européenne est-elle adoptée ?
Selon la procédure législative ordinaire : la Commission propose, puis le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne doivent adopter le même texte, le Conseil votant le plus souvent à la majorité qualifiée (55 % des États représentant 65 % de la population). Si leurs versions diffèrent, des négociations à trois cherchent un compromis.
Les États membres sont-ils encore souverains ?
Oui : ils ont choisi d’exercer en commun certaines compétences (commerce, concurrence, monnaie pour la zone euro), en partagent d’autres et gardent la défense, la police, l’école et l’essentiel des impôts. Les sujets les plus sensibles exigent l’unanimité, les traités ne changent qu’avec l’accord de tous, et un État peut quitter l’Union (article 50), comme le Royaume-Uni en 2020.
Quelle différence entre un règlement et une directive ?
Un règlement s’applique directement et en entier dans tous les États. Une directive fixe un objectif et un délai : chaque État doit la transposer dans sa loi. Le droit de l’Union l’emporte sur les lois nationales contraires (primauté), et la Commission peut poursuivre devant la Cour de justice un État qui ne le respecte pas.
L’Union européenne est-elle démocratique ?
Ses lois sont votées par des députés élus au suffrage direct depuis 1979 et par des ministres issus de gouvernements élus. On lui reproche pourtant un « déficit démocratique » (la Commission, non élue, propose les lois), une forte abstention aux européennes et une distance avec les citoyens ; l’euroscepticisme a conduit au Brexit.
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