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Corps humain : de la fécondation à la puberté

Sexe génétique (chromosomes, gène SRY), mise en place de l'appareil génital pendant le développement embryonnaire, hormones, puberté, variations du développement sexuel (programme de 2nde SVT)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Corps humain : de la fécondation à la puberté » en seconde permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de seconde et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, Le sexe génétique se décide à la fécondation, De l'embryon indifférencié aux gonades, Les hormones embryonnaires façonnent l'appareil génital. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en seconde.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Gamètes et sexe génétique

Facile

Chez l'être humain, les cellules du corps possèdent 46 chromosomes.

  1. a) Indiquer le nombre de chromosomes d'un ovocyte et d'un spermatozoïde, et préciser quel(s) chromosome(s) sexuel(s) chacun peut porter.
  2. b) Écrire la formule chromosomique d'une cellule-œuf de sexe génétique féminin, puis de sexe génétique masculin.
  3. c) Montrer que c'est le spermatozoïde qui détermine le sexe génétique de l'enfant.
  4. d) Expliquer pourquoi on observe à peu près autant de naissances de garçons que de filles.

a) Un gamète ne contient qu'un chromosome de chaque paire : l'ovocyte et le spermatozoïde possèdent chacun 23 chromosomes. L'ovocyte porte 22 autosomes et toujours un chromosome X ; le spermatozoïde porte 22 autosomes et soit un X, soit un Y.

b) Sexe génétique féminin : 46,XX (44 autosomes + XX). Sexe génétique masculin : 46,XY (44 autosomes + XY).

c) L'ovocyte apporte toujours un X : il ne peut pas faire varier le sexe génétique. Le second chromosome sexuel provient du spermatozoïde : s'il apporte un X, la cellule-œuf est XX ; s'il apporte un Y, elle est XY. Le sexe génétique dépend donc du spermatozoïde.

d) Lors de la formation des spermatozoïdes, les chromosomes X et Y d'une même cellule se séparent : une moitié des spermatozoïdes reçoit le X, l'autre moitié le Y. À chaque fécondation, la cellule-œuf a donc à peu près autant de chances d'être XX que XY : les naissances de garçons et de filles sont en nombres voisins.

Exercice 2 — Le stade indifférencié

Facile

En observant l'appareil génital d'un embryon humain de 5 semaines, on ne peut pas savoir s'il est XX ou XY.

  1. a) Nommer ce stade du développement et le définir.
  2. b) Nommer les ébauches de l'appareil génital présentes à ce stade.
  3. c) Présenter dans un tableau le devenir de ces ébauches chez un embryon XY et chez un embryon XX.

a) Il s'agit du stade indifférencié : période du développement (jusqu'à six semaines environ) pendant laquelle l'appareil génital est identique chez les embryons XX et XY. Le sexe génétique est déjà fixé, mais il ne se traduit pas encore dans l'anatomie.

b) On trouve deux gonades indifférenciées, deux paires de conduits, les canaux de Wolff et les canaux de Müller, et une ébauche commune des organes génitaux externes.

c)

ÉbaucheEmbryon XYEmbryon XX
GonadesTesticulesOvaires
Canaux de WolffÉpididymes, spermiductes, vésicules séminalesRégression
Canaux de MüllerRégressionTrompes, utérus, haut du vagin
Organes génitaux externesPénis, scrotumClitoris, lèvres, bas du vagin

Conclusion : chaque embryon possède au départ les ébauches des deux appareils ; une seule paire de conduits est conservée.

Exercice 3 — Les hormones de l'embryon

Facile
  1. a) Définir une hormone.
  2. b) Pour l'AMH, indiquer l'organe et les cellules qui la produisent, sa cible et son effet.
  3. c) Répondre à la même question pour la testostérone produite pendant la vie embryonnaire.
  4. d) Expliquer pourquoi ces deux hormones ne sont pas produites par un embryon XX.

a) Une hormone est une molécule sécrétée dans le sang par des cellules endocrines ; transportée par le sang, elle agit à distance sur des cellules cibles qui possèdent un récepteur spécifique.

b) L'AMH (hormone antimüllérienne) est produite par les cellules de Sertoli des testicules embryonnaires. Sa cible est le tissu des canaux de Müller, dont elle provoque la régression.

c) La testostérone est produite par les cellules de Leydig des testicules embryonnaires. Ses cibles sont les canaux de Wolff, qu'elle maintient et fait se développer en épididymes, spermiductes et vésicules séminales, et l'ébauche des organes génitaux externes, qu'elle masculinise.

d) Un embryon XX n'a pas de chromosome Y, donc pas de gène SRY : ses gonades deviennent des ovaires et non des testicules. Or ces deux hormones sont sécrétées par les testicules embryonnaires : en l'absence de testicules, ni AMH ni testostérone embryonnaire ne sont produites.

Exercice 4 — Greffes et implants chez l'embryon de lapin

Moyen

Des embryons de lapin femelles (XX) sont traités au stade indifférencié. Les résultats, observés à la naissance, sont simplifiés dans le tableau.

LotTraitementCanaux de WolffCanaux de MüllerOrganes génitaux externes
TémoinAucunRégressentSe développentFéminins
Expérience 1Ablation des gonades + implant de testostéroneSe développentSe développentMasculinisés
Expérience 2Greffe d'un fragment de testicule contre la gonade gauche (gonades conservées)Gauche : se développent ; droite : régressentGauche : régressent ; droite : se développentPeu modifiés

  1. a) Comparer l'expérience 1 au témoin et en déduire les effets de la testostérone.
  2. b) Montrer que la testostérone ne peut pas expliquer, à elle seule, la régression des canaux de Müller chez un embryon mâle.
  3. c) Exploiter l'expérience 2 : que montre la différence entre le côté gauche et le côté droit ?
  4. d) Conclure en indiquant les deux substances sécrétées par le testicule embryonnaire et l'effet de chacune.

a) Par rapport au témoin, l'embryon de l'expérience 1 a reçu de la testostérone (ses gonades ont été retirées, ce qui ne change pas le résultat attendu chez une femelle). Ses canaux de Wolff se développent au lieu de régresser et ses organes génitaux externes sont masculinisés. La testostérone maintient les canaux de Wolff et masculinise les organes génitaux externes.

b) Dans l'expérience 1, malgré la testostérone, les canaux de Müller se développent comme chez le témoin. La testostérone n'a donc aucun effet sur eux : une autre substance est nécessaire pour provoquer leur régression chez le mâle.

c) Du côté du greffon (gauche), les canaux de Müller régressent et les canaux de Wolff se développent ; du côté opposé (droit), le développement reste féminin. Le tissu testiculaire sécrète donc une substance qui fait régresser les canaux de Müller, en plus de la testostérone. L'effet se limite au côté greffé : ces substances agissent localement, là où leur concentration est forte ; la faible quantité produite par le greffon explique aussi que les organes externes soient peu modifiés.

d) Le testicule embryonnaire sécrète : la testostérone, qui maintient les canaux de Wolff et masculinise les organes génitaux externes ; l'AMH, qui provoque la régression des canaux de Müller.

Exercice 5 — Hormones et cellules cibles

Moyen

Le tableau indique la présence (+) ou l'absence (−) de récepteurs dans différents tissus d'un embryon humain (données simplifiées).

TissuRécepteur de l'AMHRécepteur de la testostérone
Tissu entourant les canaux de Müller+−
Canaux de Wolff−+
Ébauche des organes génitaux externes−+
Globules rouges−−

  1. a) Indiquer comment l'AMH et la testostérone, produites dans les testicules, atteignent les autres organes de l'embryon.
  2. b) Expliquer pourquoi l'AMH, présente dans tout le sang d'un embryon XY, n'agit que sur les canaux de Müller.
  3. c) Identifier les cibles de la testostérone dans le tableau et préciser l'effet de l'hormone sur chacune.
  4. d) Justifier que les globules rouges, qui baignent en permanence dans ces hormones, ne sont pas modifiés par elles.

a) Les deux hormones sont sécrétées dans le sang par les cellules endocrines du testicule (cellules de Sertoli pour l'AMH, cellules de Leydig pour la testostérone). Le sang les transporte dans tout l'organisme de l'embryon.

b) Une hormone n'agit que sur les cellules qui possèdent son récepteur spécifique. D'après le tableau, seul le tissu entourant les canaux de Müller possède le récepteur de l'AMH. Bien que l'AMH atteigne tous les tissus, seuls les canaux de Müller sont des cibles : ils régressent.

c) Le récepteur de la testostérone est présent dans les canaux de Wolff, que l'hormone maintient et fait se développer en épididymes, spermiductes et vésicules séminales, et dans l'ébauche des organes génitaux externes, qu'elle masculinise (pénis, scrotum).

d) Les globules rouges ne possèdent ni le récepteur de l'AMH ni celui de la testostérone. Ils ne peuvent donc pas détecter ces hormones : la présence d'une hormone ne suffit pas, il faut un récepteur.

Exercice 6 — Hormones d'une jeune fille à la puberté

Moyen

On a mesuré, chez une même jeune fille, la concentration sanguine d'œstradiol (principal œstrogène) et de LH à différents âges (données simplifiées). Ses premières règles sont survenues à 12 ans et 9 mois. Les calculs sont arrondis au dixième.

Âge (ans)810121416
Œstradiol (pg/mL)37265883
LH (UI/L)0,20,92,64,15,3

  1. a) Décrire l'évolution des deux concentrations entre 8 et 16 ans.
  2. b) Calculer par combien la concentration d'œstradiol est multipliée entre 8 et 16 ans.
  3. c) Montrer qu'entre 8 et 10 ans la LH augmente proportionnellement plus que l'œstradiol, puis expliquer ce décalage.
  4. d) Relier ces données aux premières règles et à deux autres transformations de la puberté.

a) Les deux concentrations sont très faibles à 8 ans (3 pg/mL d'œstradiol, 0,2 UI/L de LH), puis augmentent continuellement jusqu'à 16 ans (83 pg/mL et 5,3 UI/L). La hausse de l'œstradiol est la plus forte entre 10 et 14 ans.

b) 83 ÷ 3 ≈ 27,7. La concentration d'œstradiol est multipliée par environ 27,7 entre 8 et 16 ans.

c) Entre 8 et 10 ans : LH : 0,9 ÷ 0,2 = 4,5 ; œstradiol : 7 ÷ 3 ≈ 2,3. La LH est multipliée par 4,5 contre 2,3 pour l'œstradiol : elle augmente proportionnellement davantage. Ce décalage s'explique par la chaîne de commande : l'hypothalamus augmente sa sécrétion de GnRH, qui stimule d'abord l'hypophyse (hausse de LH) ; la LH active ensuite les ovaires, qui produisent de plus en plus d'œstradiol. L'augmentation de la LH est la cause, celle de l'œstradiol la conséquence.

d) Les premières règles surviennent à 12 ans et 9 mois, alors que l'œstradiol a nettement augmenté (entre 26 et 58 pg/mL) : les ovaires activés commencent leurs cycles. L'œstradiol provoque aussi d'autres caractères sexuels secondaires, par exemple le développement des seins et l'élargissement du bassin (ou la pilosité pubienne).

Exercice 7 — Expliquer l'erreur

Moyen

Voici quatre affirmations relevées dans une copie d'élève.

  1. a) « C'est la présence de deux chromosomes X qui rend un embryon féminin. »
  2. b) « La testostérone fait régresser les canaux de Müller. »
  3. c) « Les ovaires embryonnaires sécrètent des hormones indispensables à la formation de l'utérus. »
  4. d) « À la puberté, les testicules déclenchent d'eux-mêmes leur activité. »

Pour chaque affirmation, on explique l'erreur et on propose une formulation correcte.

a) Ce n'est pas le nombre de X qui compte, mais l'absence du gène SRY, porté par le Y. Une personne XXY possède SRY et développe des testicules. Correction : en l'absence de SRY, les gonades deviennent des ovaires.

b) La testostérone agit sur les canaux de Wolff et les organes génitaux externes, pas sur les canaux de Müller, qui n'ont pas son récepteur. Correction : c'est l'AMH, sécrétée par les cellules de Sertoli, qui fait régresser les canaux de Müller.

c) Des embryons privés de leurs gonades développent quand même un utérus et des trompes. Correction : les canaux de Müller se développent en l'absence d'AMH ; les ovaires embryonnaires ne sont pas nécessaires.

d) Les testicules sont commandés : l'hypothalamus augmente sa sécrétion de GnRH, qui stimule la sécrétion de LH et de FSH par l'hypophyse ; ce sont ces hormones qui activent les testicules. Correction : la puberté est déclenchée par l'axe hypothalamus-hypophyse.

Exercice 8 — Le gène Sry chez la souris

Difficile

Chez la souris, le gène Sry est porté par le chromosome Y et s'exprime brièvement dans les gonades de l'embryon. Des chercheurs ont obtenu des souris transgéniques : elles ont intégré dans leurs cellules un fragment d'ADN contenant uniquement le gène Sry. D'autres souris XY ont un gène Sry inactivé. Résultats (données simplifiées) :

LotFormuleGonadesAppareil génital
1 (témoin)XYTesticulesMâle, fertile
2 (témoin)XXOvairesFemelle, fertile
3XX + transgène SryTesticules chez 19 souris sur 27 ; ovaires chez les autresMâle stérile chez les souris à testicules
4XY, Sry inactivéOvairesFemelle

  1. 1. Montrer, à l'aide des lots 1, 2 et 4, que le gène Sry est nécessaire à la formation des testicules.
  2. 2. Montrer, à l'aide du lot 3, que le gène Sry suffit à orienter une gonade XX vers un testicule.
  3. 3. Calculer le pourcentage de souris XX transgéniques ayant développé des testicules (arrondir au dixième), puis proposer une explication au fait qu'il ne soit pas de 100 %.
  4. 4. Expliquer pourquoi les souris du lot 3 à testicules possèdent aussi des voies génitales et des organes externes mâles, alors que le transgène n'agit que dans les gonades.
  5. 5. Proposer une hypothèse expliquant la stérilité de ces mâles XX.

1. Les souris des lots 1 et 4 sont toutes XY ; elles ne diffèrent que par l'état du gène Sry. Avec un Sry fonctionnel (lot 1), les gonades deviennent des testicules ; avec un Sry inactivé (lot 4), elles deviennent des ovaires, comme chez les femelles XX (lot 2). La présence du chromosome Y ne suffit donc pas : sans Sry fonctionnel, pas de testicules ; le gène est nécessaire.

2. Les souris du lot 3 sont XX : elles n'ont pas de chromosome Y, donc aucun autre gène du Y. Le seul ajout est le gène Sry. Or une majorité d'entre elles développe des testicules, alors que les témoins XX (lot 2) ont des ovaires. Le gène Sry suffit donc à orienter la gonade vers un testicule, sans les autres gènes du Y.

3. 19 ÷ 27 × 100 ≈ 70,4. Environ 70,4 % des souris XX transgéniques ont développé des testicules. Chez les autres, le transgène ne s'est probablement pas exprimé au bon moment ou en quantité suffisante dans les gonades (par exemple selon l'endroit où il s'est inséré dans l'ADN) ; sans expression de Sry, les gonades deviennent des ovaires.

4. Le transgène agit sur les gonades, qui deviennent des testicules. Ces testicules embryonnaires sécrètent de l'AMH, qui fait régresser les canaux de Müller, et de la testostérone, qui maintient les canaux de Wolff et masculinise les organes génitaux externes. Le reste de l'appareil mâle est donc une conséquence hormonale de la présence des testicules, et non un effet direct de Sry sur ces organes.

5. Les mâles XX possèdent Sry mais pas les autres gènes du chromosome Y. On peut supposer que certains gènes du chromosome Y, autres que Sry, sont indispensables à la production des spermatozoïdes : les testicules se forment et sécrètent des hormones, mais ne produisent pas de gamètes fonctionnels.

Bilan : le gène Sry est nécessaire et suffisant pour déclencher la formation des testicules, point de départ de tout le développement mâle.

Exercice 9 — Une adolescente XY sans puberté

Difficile

Une adolescente de 16 ans consulte car elle n'a eu ni développement des seins ni règles. On compare sa situation (personne B) à celle d'un homme (A) et d'une femme (C) sans particularité.

ABC
Formule chromosomique46,XY46,XY46,XX
Gène SRYFonctionnelUne substitution d'un nucléotide rend la protéine SRY non fonctionnelleAbsent
GonadesTesticulesBandelettes fibreuses sans activité hormonaleOvaires
Utérus et trompesAbsentsPrésentsPrésents
Organes génitaux externesMasculinsFémininsFéminins
Œstradiol sanguin à 16 ans—inférieur à 5 pg/mLentre 30 et 250 pg/mL (valeurs attendues)

  1. 1. Identifier la seule différence génétique entre A et B et montrer qu'elle explique l'absence de testicules chez B.
  2. 2. Expliquer la présence d'un utérus et de trompes chez B.
  3. 3. Expliquer l'aspect féminin des organes génitaux externes de B.
  4. 4. Expliquer l'absence de puberté chez B, en comparant sa situation à celle de C.
  5. 5. Un traitement par des œstrogènes est proposé. Justifier ce choix et préciser ce que ce traitement ne peut pas rétablir.
  6. 6. Montrer que la situation de B confirme qu'un chromosome Y ne suffit pas à produire un phénotype masculin.

1. A et B ont la même formule, 46,XY. La seule différence est la mutation du gène SRY chez B : la substitution d'un nucléotide modifie la protéine SRY, qui devient non fonctionnelle. Or SRY déclenche la transformation des gonades indifférenciées en testicules. Sans protéine SRY fonctionnelle, les gonades de B ne deviennent pas des testicules ; elles restent à l'état de bandelettes fibreuses.

2. Les canaux de Müller régressent sous l'effet de l'AMH, sécrétée par les testicules embryonnaires. B n'a pas de testicules, donc pas d'AMH : ses canaux de Müller se sont maintenus et ont formé un utérus et des trompes, comme chez C.

3. La masculinisation des organes génitaux externes nécessite la testostérone des testicules embryonnaires. Sans testicules, pas de testostérone : les organes génitaux externes de B se sont développés sur le mode féminin et ses canaux de Wolff ont régressé.

4. À la puberté, chez C, les ovaires activés par la LH et la FSH produisent de l'œstradiol (30 à 250 pg/mL), responsable notamment du développement des seins et, avec la progestérone, des cycles. Les gonades de B n'ont aucune activité hormonale : son œstradiol reste inférieur à 5 pg/mL. Sans hormones sexuelles, les caractères sexuels secondaires n'apparaissent pas et il n'y a pas de règles.

5. Le traitement apporte les œstrogènes que les gonades de B ne produisent pas : il permet l'apparition des caractères sexuels secondaires féminins (seins, bassin) et une croissance pubertaire. En revanche, il ne peut pas rétablir la production de gamètes : les bandelettes fibreuses ne contiennent pas d'ovocytes, B ne produira pas de gamètes.

6. B possède un chromosome Y complet, sauf un gène SRY non fonctionnel, et présente pourtant un appareil génital féminin. Le phénotype masculin exige donc un gène SRY fonctionnel, puis des testicules et leurs hormones : la présence du chromosome Y ne suffit pas, c'est le fonctionnement de toute la chaîne qui compte.

Exercice 10 — Un retard de puberté

Difficile

Un garçon de 15 ans et 4 mois ne présente aucun signe de puberté. Les calculs sont arrondis au dixième.
Document 1 — Examen clinique. Pas de pilosité pubienne ; volume de chaque testicule : 2 mL (un volume d'au moins 4 mL signale le début de la puberté).
Document 2 — Dosages sanguins.

HormoneValeur mesuréeValeur attendue chez un adulte
Testostérone0,21 ng/mL3 à 10 ng/mL
LH0,3 UI/L1,5 à 9 UI/L
FSH0,5 UI/L1,5 à 12 UI/L
Document 3 — Test à la GnRH. On injecte de la GnRH dans le sang : 45 minutes plus tard, la LH atteint 7,4 UI/L.
Document 4 — Traitement. Une petite pompe injecte de la GnRH par impulsions, toutes les 90 minutes, comme le fait normalement l'hypothalamus. Testostérone : 2,3 ng/mL après 3 mois, 4,6 ng/mL après 9 mois ; la pilosité pubienne apparaît et le volume testiculaire atteint 8 mL.

  1. 1. Montrer, à l'aide des documents 1 et 2, que ce garçon présente un retard de puberté lié à un défaut de sécrétion hormonale.
  2. 2. Montrer, à l'aide du document 3, que son hypophyse est capable de sécréter de la LH.
  3. 3. Calculer par combien la testostérone est multipliée après 9 mois de traitement, puis montrer que les testicules sont fonctionnels.
  4. 4. En déduire l'organe le plus probablement en cause, en justifiant par élimination.
  5. 5. Expliquer pourquoi le traitement délivre la GnRH par impulsions plutôt qu'en continu à forte dose.

1. À plus de 15 ans, ce garçon n'a ni pilosité pubienne ni augmentation du volume testiculaire (2 mL, sous le seuil de 4 mL) : il n'a pas commencé sa puberté. Sa testostérone (0,21 ng/mL) est très inférieure aux valeurs adultes (3 à 10 ng/mL), et sa LH (0,3 UI/L) comme sa FSH (0,5 UI/L) sont aussi basses. Le retard de puberté s'accompagne d'un défaut de sécrétion des hormones qui commandent et réalisent la puberté.

2. Après injection de GnRH, la LH passe de 0,3 à 7,4 UI/L, valeur comprise dans l'intervalle adulte. L'hypophyse répond normalement à la GnRH : elle est fonctionnelle.

3. 4,6 ÷ 0,21 ≈ 21,9. La testostérone est multipliée par environ 21,9 en 9 mois et atteint une valeur adulte. Stimulés par la LH et la FSH, les testicules produisent donc de la testostérone ; leur volume augmente (8 mL) et la pilosité apparaît : les testicules sont fonctionnels.

4. L'hypophyse fonctionne (question 2) et les testicules aussi (question 3). Le seul maillon qui manque est la GnRH : dès qu'on l'apporte, toute la chaîne fonctionne. L'organe en cause est l'hypothalamus, qui ne sécrète pas (ou pas assez) de GnRH.

5. Au moment de la puberté, l'hypothalamus sécrète la GnRH de façon pulsatile. Le traitement reproduit ce fonctionnement naturel, qui est celui auquel l'hypophyse répond : c'est cette sécrétion par impulsions qui entraîne une sécrétion durable de LH et de FSH.

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