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Caractéristiques des sols et production de biomasse

Formation et composition du sol, complexe argilo-humique, fertilité, vie du sol, sol et production végétale, dégradation et préservation des sols (programme de 2nde SVT)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Caractéristiques des sols et production de biomasse » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Formation et composition d'un sol, Le complexe argilo-humique et la fertilité chimique, La vie du sol. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
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L'essentiel

Sol : couche superficielle et meuble de la croûte terrestre, formée par l'altération de la roche-mère et la décomposition de la matière organique, et peuplée d'êtres vivants. C'est une interface entre roches, atmosphère, eau et biosphère.
Horizons : couches à peu près parallèles à la surface qui composent le profil du sol : litière (O), horizon A riche en humus, horizon B d'accumulation, horizon C de roche fragmentée, roche-mère (R).
Complexe argilo-humique : association d'argiles et d'humus, chargée négativement, qui retient l'eau et les cations (Ca²⁺, Mg²⁺, K⁺, NH₄⁺).
Biomasse : masse de matière organique produite par des êtres vivants, souvent exprimée en tonnes de matière sèche par hectare. Une plante la fabrique par photosynthèse, à partir de la lumière, du CO₂ de l'air, de l'eau et des ions minéraux du sol.
Fertilité : aptitude d'un sol à permettre la production de biomasse. Elle est physique (texture, structure, eau, air), chimique (ions disponibles, pH) et biologique (organismes du sol).
Rappel du chapitre précédent : dans un agrosystème, la récolte exporte la biomasse et donc les éléments minéraux qu'elle contient ; sans apport, le sol ne les récupère pas.
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Formation et composition d'un sol

Un sol se forme du haut vers le bas, par deux processus simultanés.

Altération de la roche-mère :
• physique : le gel, les variations de température et les racines fragmentent la roche sans modifier ses minéraux ;
• chimique : l'eau, chargée de CO₂ et d'acides organiques, transforme certains minéraux (les feldspaths d'un granite donnent des argiles) et libère des ions (K⁺, Ca²⁺…).
Décomposition de la matière organique : la litière (feuilles, bois, cadavres, excréments) est fragmentée puis transformée par les organismes du sol. Une partie devient de l'humus (humification), une autre est minéralisée en ions minéraux, CO₂ et eau.

Profil obtenu : litière (O) ; horizon A, sombre et humifère ; horizon B, enrichi en argiles et oxydes de fer entraînés par l'eau ; horizon C, roche-mère fragmentée ; roche-mère (R).

Ordre de grandeur. Il faut en général plusieurs siècles pour former quelques centimètres de sol et des milliers d'années pour un profil d'un mètre : le sol est une ressource non renouvelable à l'échelle humaine.
ConstituantContenuPart du volume (sol limoneux cultivé)
Fraction minéralesables (2 mm à 50 µm), limons (50 µm à 2 µm), argiles (moins de 2 µm)≈ 45 %
Matière organiquelitière, humus, êtres vivants≈ 5 %
Eausolution du sol, contenant des ions dissous≈ 25 %
Airdans les pores ; fournit le dioxygène aux racines et aux organismes≈ 25 %
Texture : proportions de sables, limons et argiles ; elle ne change pas à l'échelle humaine. Structure : façon dont les particules s'assemblent en agrégats ; une structure grumeleuse (petits agrégats séparés par des pores) favorise la circulation de l'eau, de l'air et des racines.
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Le complexe argilo-humique et la fertilité chimique

Charges du complexe : les argiles (minéraux en feuillets) et l'humus portent des charges négatives en surface. Des cations, surtout Ca²⁺, font le lien entre eux (ponts calciques) et forment des agrégats stables.
Rétention et échange des cations : les cations fixés sur le complexe (Ca²⁺, Mg²⁺, K⁺, Na⁺, NH₄⁺, H⁺) sont protégés du lessivage mais restent échangeables avec la solution du sol. Les racines libèrent des ions H⁺ qui prennent la place de K⁺ ou de Ca²⁺ : ceux-ci passent en solution et sont absorbés.
Capacité d'échange cationique (CEC) : quantité maximale de cations qu'un sol peut retenir, exprimée en centimoles de charges par kilogramme de terre (cmol+/kg). Elle augmente avec la teneur en argiles et en humus.
MatériauCEC habituelle (cmol+/kg)
Sol sableux2 à 5
Sol limoneux8 à 15
Sol argileux20 à 40
Humus (par kg d'humus)plusieurs centaines
Taux de saturation = (somme des cations basiques échangeables Ca²⁺, Mg²⁺, K⁺, Na⁺) ÷ CEC × 100. Le reste des sites est occupé par des ions acides (H⁺, Al³⁺) : plus ils sont nombreux, plus le sol est acide.
Exemple. Un sol de CEC 18 cmol+/kg porte 15,3 cmol+/kg de cations basiques : taux de saturation = 15,3 ÷ 18 × 100 = 85 %.
Les anions (nitrates NO₃⁻, sulfates SO₄²⁻) ne sont pas retenus par le complexe : ils sont entraînés en profondeur par l'eau qui s'infiltre (lessivage), jusqu'aux nappes.
Le chaulage (apport de calcaire ou de chaux) remplace des H⁺ par des Ca²⁺ : il relève le pH et stabilise la structure, sans modifier la CEC.
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La vie du sol

Un sol vivant abrite une biodiversité considérable : un seul gramme de terre peut contenir des centaines de millions de bactéries.

GroupeExemplesRôle principal
Macrofaunevers de terre, cloportes, myriapodes, larvesfragmente la litière, creuse des galeries, brasse le sol
Mésofauneacariens, collembolesfragmentation fine des débris
Microorganismesbactéries, champignonsdécomposition chimique : humification et minéralisation
Humification : transformation lente de la matière organique en humus, stable et sombre. Minéralisation : dégradation complète de la matière organique (litière ou humus) en ions minéraux (NH₄⁺ puis NO₃⁻, phosphates…), CO₂ et H₂O ; elle rend les éléments de nouveau disponibles pour les plantes.
Vers de terre : ils ingèrent terre et débris ; dans leur tube digestif, argiles et humus sont mélangés, ce qui favorise la formation du complexe argilo-humique. Leurs galeries aèrent le sol et facilitent l'infiltration de l'eau.
Symbioses racinaires : les mycorhizes (association racine–champignon) augmentent la surface d'absorption, notamment pour l'eau et les phosphates ; les nodosités des Fabacées (pois, luzerne, trèfle) abritent des bactéries qui fixent le diazote N₂ de l'air.
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Sol et production de biomasse

La plante fabrique sa biomasse par photosynthèse ; le sol lui fournit l'eau, les ions minéraux et un support où ses racines respirent grâce au dioxygène de l'air du sol.

Éléments majeurs : azote (N, absorbé sous forme NO₃⁻ ou NH₄⁺), phosphore (P, sous forme de phosphates), potassium (K, ion K⁺), auxquels s'ajoutent Ca, Mg, S et des oligo-éléments.
Facteur limitant : la production est limitée par la ressource la plus insuffisante par rapport aux besoins (eau, un ion, lumière…). Augmenter un autre facteur est inutile tant que celui-ci n'est pas corrigé.
Exportation et fertilisation : la récolte emporte les éléments minéraux contenus dans la biomasse. On les compense par des engrais minéraux (N, P, K immédiatement disponibles) ou des amendements organiques (fumier, compost), qui entretiennent aussi l'humus et la vie du sol.
Exemple. Une récolte de 9,5 t/ha de grain de maïs contenant 1,4 % d'azote exporte 9 500 × 0,014 = 133 kg d'azote par hectare.
Au-delà des besoins de la culture, un apport d'engrais n'augmente plus le rendement : l'excès de nitrates est lessivé, pollue les nappes et contribue à l'eutrophisation des cours d'eau.
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Dégradation et préservation des sols

DégradationCausesConséquences
Érosion (eau, vent)sol nu, pente, pluies violentes, arrachage des haiesperte de l'horizon A, riche en humus et en ions
Tassementengins lourds sur sol humideporosité réduite, racines bloquées, asphyxie, ruissellement
Salinisationirrigation sous climat chaud et sec, évaporationaccumulation de sels toxiques, rendements effondrés
Pollutionexcès de pesticides, métaux (cuivre, cadmium)vie du sol réduite, contamination des récoltes
Perte de matière organiqueexportation des résidus, travail intensif du solstructure instable, CEC plus faible
Artificialisationroutes, bâtiments, parkingssol imperméabilisé, perdu pour la production
Préserver les sols : couvrir le sol toute l'année (cultures intermédiaires, enherbement, paillage) ; conserver haies et bandes enherbées ; réduire le travail du sol ; allonger les rotations en y intégrant des légumineuses ; restituer des matières organiques ; raisonner l'irrigation et la fertilisation.
Toutes ces pratiques reposent sur la même idée : protéger la surface du sol et nourrir sa vie, car sa formation se compte en millénaires.
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Méthodes

Méthode — Déterminer la texture d'un sol à partir d'une granulométrie
  1. Vérifier que les masses portent sur la seule terre fine minérale (tamisée à 2 mm, matière organique détruite).
  2. Convertir chaque masse en pourcentage de la masse totale.
  3. Repérer la fraction dominante ; si un triangle des textures est fourni, y placer le point.
  4. En déduire les propriétés : argiles → rétention d'eau et d'ions, sol lourd ; sables → sol filtrant et pauvre ; limons → bonne réserve en eau, mais risque de croûte de battance.
Exemple rédigé. 80 g de terre fine contiennent 17,6 g d'argiles, 38,4 g de limons et 24 g de sables. Argiles : 17,6 ÷ 80 × 100 = 22 % ; limons : 38,4 ÷ 80 × 100 = 48 % ; sables : 24 ÷ 80 × 100 = 30 % (total 100 %). Les limons dominent et les argiles ne sont pas négligeables : texture à dominante limoneuse. Ce sol retient bien l'eau, mais sa surface peut se refermer en croûte s'il est pauvre en humus.
Méthode — Exploiter les résultats d'une expérience
  1. Identifier le facteur testé (seule différence entre les montages) et le témoin.
  2. Décrire les résultats en comparant chaque montage au témoin.
  3. Interpréter avec une connaissance du cours (« or… donc… »).
  4. Conclure en répondant au problème posé, sans généraliser au-delà de ce que montre l'expérience.
Exemple rédigé. Deux tubes contiennent la même suspension d'argile dans de l'eau distillée ; on ajoute quelques gouttes de chlorure de calcium dans le tube 2 seulement. Une heure plus tard, le tube 1 reste trouble, le tube 2 montre un dépôt surmonté d'eau limpide. Facteur testé : la présence d'ions Ca²⁺ ; témoin : tube 1. Les particules d'argile se sont agrégées (floculation) uniquement en présence de Ca²⁺. Or les argiles portent des charges négatives qui les repoussent les unes des autres, et l'ion Ca²⁺ porte deux charges positives. Donc les ions calcium relient les argiles entre elles : ce sont les ponts calciques qui stabilisent la structure du sol.
Méthode — Exploiter un graphique de rendement
  1. Décrire l'évolution avec des valeurs lues (départ, maximum, fin).
  2. Calculer le gain de rendement pour chaque augmentation de dose.
  3. Repérer le palier : un autre facteur est devenu limitant.
  4. Conclure sur une dose raisonnée, en tenant compte des pertes vers l'environnement.
Exemple rédigé. Le rendement passe de 4,3 t/ha sans azote à 7,8 t/ha avec 180 kg N/ha, puis 7,7 t/ha avec 240 kg N/ha. Gains successifs : + 1,9 ; + 1,2 ; + 0,4 ; − 0,1 t/ha. Le gain diminue puis s'annule : au-delà de 180 kg N/ha, l'azote n'est plus le facteur limitant. Dose raisonnée : entre 120 et 180 kg N/ha ; au-delà, l'azote apporté n'est plus valorisé et risque d'être lessivé.
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Pièges et erreurs classiques

Texture ≠ structure. La texture est la proportion de sables, limons et argiles ; la structure est l'assemblage des particules en agrégats. Le labour ou le tassement modifient la structure, jamais la texture.
Humus ≠ litière. La litière est formée de débris encore reconnaissables ; l'humus est de la matière organique transformée, amorphe et stable.
Humification ≠ minéralisation. L'humification fabrique de l'humus ; la minéralisation détruit la matière organique et libère des ions.
Le complexe retient les cations, pas les anions. Écrire que « le complexe stocke les nitrates » est faux : les nitrates restent en solution et sont lessivés.
Une CEC élevée ne garantit pas la fertilité. Si ses sites sont occupés par des ions H⁺, le sol est acide et pauvre en cations nutritifs.
Plus d'engrais ne donne pas toujours plus de biomasse. Au-delà du palier, un autre facteur limite la production.
Pourcentages. Préciser la masse de référence : la teneur en eau se rapporte en général à la terre fraîche, la teneur en matière organique à la terre sèche.
En bref
  • Le sol naît de l'altération de la roche-mère et de la décomposition de la matière organique ; il se forme du haut vers le bas, en milliers d'années.
  • Il comprend une fraction minérale (sables, limons, argiles), de la matière organique (humus, êtres vivants), de l'eau et de l'air, organisés en horizons.
  • Le complexe argilo-humique, chargé négativement, retient les cations échangeables (mesurés par la CEC) ; les nitrates, anions, sont lessivés.
  • Les organismes du sol fragmentent, humifient et minéralisent la matière organique ; mycorhizes et nodosités aident la nutrition des plantes.
  • La production de biomasse dépend de la fertilité physique, chimique et biologique du sol ; le facteur le plus insuffisant limite le rendement.
  • Érosion, tassement, salinisation, pollution et artificialisation détruisent vite une ressource non renouvelable à l'échelle humaine : on la protège en couvrant le sol, en restituant de la matière organique et en raisonnant la fertilisation.
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