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Méthode du croquis et du schéma en géographie

Sélectionner les informations, construire une légende organisée, choisir les figurés, soigner le titre et la réalisation (géographie au lycée)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Méthode du croquis et du schéma en géographie » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Carte, croquis, schéma : trois exercices différents, Étape 1 — Analyser le sujet et poser une problématique, Étape 2 — Sélectionner et hiérarchiser les informations, Étape 3 — Construire une légende organisée. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.

Croquis

Représentation simplifiée d'un espace réel, dessinée sur un fond de carte, qui sélectionne et hiérarchise des informations pour répondre à une problématique.

À ne pas confondre

  • Carte — La carte vise l'exactitude et l'exhaustivité sur un thème ; le croquis choisit ce qui démontre et laisse le reste de côté.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot dérive du verbe « croquer », au sens d'esquisser rapidement. En géographie scolaire, le croquis est devenu un exercice d'examen : jusqu'à la réforme du lycée de 2019, il figurait parmi les exercices de l'épreuve écrite d'histoire-géographie du baccalauréat général ; il reste au cœur des devoirs du lycée.

Ce que le mot permet d'écrire — Tout sujet introduit par « Réaliser un croquis ». Faute à éviter : produire une carte de localisation (fleuves, reliefs, villes) sans idée directrice.

Schéma

Représentation très simplifiée, aux contours géométrisés, qui montre une organisation de l'espace : centres et périphéries, axes, discontinuités.

À ne pas confondre

  • Croquis — Le croquis respecte les contours du fond de carte ; le schéma les géométrise pour ne garder que la structure.

Selon l'époque et le point de vue — Le géographe Roger Brunet a proposé à partir de 1980 les « chorèmes », structures élémentaires de l'espace (maillage, attraction, contact, hiérarchie…) représentées par des formes simples ; le schéma scolaire hérite de cette démarche.

Ce que le mot permet d'écrire — Sujets qui demandent une organisation, par exemple un réseau de transport ou un territoire national. Faute à éviter : dessiner des contours précis, ou oublier que le schéma a lui aussi une légende organisée et un titre.

Fond de carte

Support fourni sur lequel on réalise le croquis : contours des terres, souvent frontières, parfois quelques villes, une échelle et l'orientation.

À ne pas confondre

  • Croquis — Le fond de carte est le support neutre ; le croquis est ce que l'élève y ajoute pour démontrer.

Selon l'époque et le point de vue — En devoir comme autrefois à l'examen, le fond de carte est imprimé et identique pour tous les élèves : il garantit que chacun est jugé sur ses choix, non sur son talent de dessinateur.

Ce que le mot permet d'écrire — Le lire avant de commencer pour savoir ce qu'il contient déjà. Faute à éviter : redessiner les contours ou renommer des lieux déjà imprimés.

Légende organisée

Légende divisée en deux ou trois parties numérotées, chacune coiffée d'un titre qui affirme une idée ; elle constitue le plan du croquis.

À ne pas confondre

  • Légende catalogue — La légende catalogue aligne les figurés en une liste ou par type (points, lignes, surfaces) ; elle décrit, elle ne démontre pas.

Selon l'époque et le point de vue — L'exigence d'une légende structurée en idées s'est imposée avec l'usage du croquis comme exercice de raisonnement : elle fait du croquis l'équivalent graphique d'une composition.

Ce que le mot permet d'écrire — Tout croquis et tout schéma. Faute à éviter : des titres de partie réduits à un mot (« Villes », « Transports ») qui n'affirment rien.

Figuré ponctuel

Signe placé en un point précis du croquis (point, carré, cercle, étoile, pictogramme) pour représenter un lieu.

À ne pas confondre

  • Pictogramme — Le pictogramme est un figuré ponctuel dessiné (une ancre, un avion) ; il est lisible mais se hiérarchise moins bien qu'un cercle de taille variable.

Selon l'époque et le point de vue — Hérité des cartes thématiques du XIXe siècle, où les villes étaient déjà figurées par des cercles de taille proportionnelle à leur population.

Ce que le mot permet d'écrire — Métropoles, ports, aéroports, sièges d'organisations, sites touristiques. Faute à éviter : placer le figuré approximativement ; une ville côtière doit toucher la côte, une ville intérieure ne la touche pas.

Figuré linéaire

Trait, tiret ou flèche qui représente un axe de transport, une limite ou un flux.

À ne pas confondre

  • Flèche — La flèche est un figuré linéaire orienté : elle dit un mouvement. Un trait sans pointe dit un axe ou une limite, sans sens de circulation.

Selon l'époque et le point de vue — Les cartes de flux se sont développées au XIXe siècle, notamment avec les cartes figuratives de l'ingénieur Charles Joseph Minard, dont celle de la campagne de Russie (1869).

Ce que le mot permet d'écrire — Corridors, lignes à grande vitesse, frontières, migrations, exportations. Faute à éviter : représenter un flux par un simple trait, ou une frontière par une flèche.

Figuré de surface

Aplat de couleur, hachures ou trame qui représente un espace ayant une caractéristique commune. On dit aussi figuré zonal.

À ne pas confondre

  • Aplat et hachures — L'aplat couvre un espace d'une couleur uniforme ; les hachures laissent voir le fond et permettent de superposer deux informations sur le même espace.

Selon l'époque et le point de vue — La carte choroplèthe, qui colorie des espaces selon une valeur, est pratiquée depuis le début du XIXe siècle ; le croquis scolaire en reprend le principe sous une forme simplifiée.

Ce que le mot permet d'écrire — Régions motrices, espaces agricoles, zones arides, espaces protégés. Faute à éviter : un aplat vif et foncé qui écrase tous les figurés posés dessus.

Variable visuelle

Caractère d'un figuré que l'on fait varier pour traduire une information : taille, valeur (clair ou foncé), grain, couleur, orientation, forme.

À ne pas confondre

  • Couleur et valeur — Changer de couleur (rouge, vert) signale une différence de nature ; changer de valeur (rose pâle, rouge foncé) signale un ordre ou une intensité.

Selon l'époque et le point de vue — Le cartographe français Jacques Bertin les a formalisées dans Sémiologie graphique (1967), ouvrage qui fonde les règles de lecture des cartes et graphiques.

Ce que le mot permet d'écrire — Le choix de la variable est l'argument du figuré. Faute à éviter : exprimer une quantité par la couleur au lieu de la taille.

Nomenclature

Ensemble des noms de lieux écrits sur le croquis : États, villes, mers, océans, régions.

À ne pas confondre

  • Légende — La légende explique les figurés ; la nomenclature nomme les lieux sur le croquis lui-même. Un nom de ville n'est pas une ligne de légende.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du latin nomenclatura, liste de noms. Les conventions d'écriture (États en majuscules, villes en minuscules, eaux en bleu) viennent de la cartographie imprimée.

Ce que le mot permet d'écrire — Écrire à l'horizontale, en noir, sans recouvrir les figurés, et seulement les lieux utiles. Faute à éviter : garder les noms pour la dernière minute et les oublier.

Échelle

En géographie, le niveau d'analyse d'un phénomène : locale, régionale, nationale, continentale, mondiale.

À ne pas confondre

  • Échelle cartographique — L'échelle cartographique est un rapport de réduction (1/25 000) ; l'échelle géographique est le niveau auquel on étudie l'espace.

Selon l'époque et le point de vue — Le raisonnement multiscalaire, qui fait varier les échelles, est l'une des démarches centrales de la géographie enseignée au lycée depuis le programme de 2019.

Ce que le mot permet d'écrire — À déterminer dès l'analyse du sujet. Faute à éviter : descendre à l'échelle d'une ville sur un sujet régional, ou l'inverse.

Flux

Déplacement orienté de personnes, de marchandises, de capitaux ou d'informations entre deux lieux.

À ne pas confondre

  • Axe — L'axe est l'infrastructure (une route, une ligne ferroviaire) ; le flux est ce qui circule dessus. On dessine l'axe par un trait, le flux par une flèche.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de la géographie des mobilités et de la mondialisation, au cœur du thème 3 du programme de 2nde, « Des mobilités généralisées ».

Ce que le mot permet d'écrire — Migrations de travail, exportations minières, flux touristiques. Faute à éviter : des flèches toutes identiques alors que les flux sont d'intensité très différente.

Discontinuité

Rupture nette dans l'organisation de l'espace : frontière, limite entre un espace riche et un espace pauvre, entre un espace peuplé et un espace vide.

À ne pas confondre

  • Interface — L'interface est une zone de contact où s'organisent des échanges (un littoral portuaire, une frontière ouverte) ; la discontinuité insiste sur la coupure.

Selon l'époque et le point de vue — Notion développée par la géographie française à partir des années 1980 pour analyser les frontières et les inégalités spatiales.

Ce que le mot permet d'écrire — Se dessine par un trait épais ou un tireté. Faute à éviter : tracer toutes les frontières alors qu'une seule porte une idée.

Titre du croquis

Intitulé placé au-dessus du croquis, qui reprend le sujet et, idéalement, énonce ce que le croquis démontre.

À ne pas confondre

  • Titre de partie — Le titre du croquis donne la thèse d'ensemble ; les titres de partie de la légende en sont les arguments.

Selon l'époque et le point de vue — Comme l'intitulé d'une composition, il oriente la lecture du correcteur dès le premier regard.

Ce que le mot permet d'écrire — Écrire un titre qui dit quelque chose : « L'Afrique australe, un espace en mutation organisé par l'Afrique du Sud ». Faute à éviter : « Carte de l'Afrique », ou pas de titre du tout.

Transposer (un texte en croquis)

Verbe de consigne : faire passer les informations d'un texte en figurés sur un fond de carte, en les triant et en les organisant.

À ne pas confondre

  • Localiser / situer — Localiser, c'est placer un lieu précisément sur la carte ; situer, c'est le placer par rapport à d'autres lieux. Transposer englobe les deux et y ajoute l'organisation en légende.

Selon l'époque et le point de vue — Capacité inscrite au programme de géographie du lycée de 2019 ; elle fait du croquis un exercice d'analyse de document autant que de cartographie.

Ce que le mot permet d'écrire — Consigne « Réalisez un croquis à partir du texte ». Faute à éviter : ajouter des connaissances quand la consigne ne le permet pas, ou suivre l'ordre du texte au lieu de construire un plan.

Hiérarchiser

Donner à chaque information un poids visuel proportionné à son importance réelle.

À ne pas confondre

  • Classer — Classer, c'est ranger les informations en parties ; hiérarchiser, c'est dire lesquelles comptent le plus, par la taille ou la valeur du figuré.

Selon l'époque et le point de vue — Exigence ancienne de la cartographie thématique ; les variables de taille et de valeur définies par Jacques Bertin (1967) en sont les outils.

Ce que le mot permet d'écrire — Métropoles, ports, flux, régions. Faute à éviter : des figurés tous de même taille, qui mettent sur le même plan le premier pôle d'un pays et une ville secondaire.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Centre / périphérie

Un centre concentre population, richesse et pouvoir de commandement ; les périphéries en dépendent, plus ou moins intégrées.

Ce qu'il débloque — Fournit la partie I de nombreux croquis : on montre d'abord qui organise l'espace.

Exemple — Sur le sujet « L'Afrique australe : un espace en profonde mutation », il permet de montrer le Gauteng comme centre et les États voisins comme périphéries qui lui envoient main-d'œuvre et marchandises.

Ouverture / intégration

L'ouverture relie un espace au reste du monde (ports, exportations) ; l'intégration le relie à ses voisins (corridors, organisations régionales).

Ce qu'il débloque — Distingue deux échelles d'échanges, mondiale et régionale, en une même partie de légende.

Exemple — Sur le sujet « L'Afrique australe : un espace en profonde mutation », il permet de séparer les exportations minières vers le monde et la SADC, créée en 1992, avec son corridor de Maputo.

Héritages / mutations

Ce que le passé a laissé dans l'espace face à ce qui change aujourd'hui.

Ce qu'il débloque — Donne une partie qui nuance : les transformations n'effacent pas tout.

Exemple — Sur l'Afrique du Sud, il permet de montrer que les townships et les anciens bantoustans, hérités de l'apartheid, persistent malgré la fin du régime en 1991-1994.

Pôles / flux

Les pôles sont les lieux qui attirent ; les flux sont ce qui circule entre eux.

Ce qu'il débloque — Associe dans une même partie des figurés ponctuels et linéaires qui s'expliquent l'un par l'autre.

Exemple — Sur le sujet « La France : mobilités, transports et enjeux d'aménagement », il permet de relier Paris, Roissy-Charles-de-Gaulle et l'étoile des lignes à grande vitesse.

Espaces connectés / espaces en marge

Oppose les espaces reliés aux réseaux et ceux qui restent à l'écart.

Ce qu'il débloque — Fournit souvent la dernière partie, celle des inégalités.

Exemple — Sur la France, il permet d'opposer les métropoles desservies par la grande vitesse et la diagonale des faibles densités, mal reliée.

Échelle régionale / échelle mondiale

Un même espace s'analyse selon ses relations avec ses voisins et avec le reste du monde.

Ce qu'il débloque — Évite de tout ramener au seul territoire étudié.

Exemple — Sur le tourisme en France, il permet de distinguer les flux venus des pays voisins par la route et les flux intercontinentaux arrivant par Roissy-Charles-de-Gaulle.

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