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Méthode du croquis et du schéma en géographie

Sélectionner les informations, construire une légende organisée, choisir les figurés, soigner le titre et la réalisation (géographie au lycée)

À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « Méthode du croquis et du schéma en géographie » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Carte, croquis, schéma : trois exercices différents, Étape 1 — Analyser le sujet et poser une problématique, Étape 2 — Sélectionner et hiérarchiser les informations, Étape 3 — Construire une légende organisée. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Transposer un texte : relever et classer les informations

Facile

Texte de synthèse (exercice de transposition) · Texte d'entraînement rédigé pour ce chapitre (2026), sur le thème 4 du programme de 2nde (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) ; population du Gauteng d'après Statistics South Africa, recensement de 2022.

Ce texte a été rédigé pour l'entraînement à partir de faits établis, sur le modèle des textes fournis pour un croquis. Il présente l'Afrique australe au début des années 2020, après trois décennies de transformations.

« Depuis la fin de l'apartheid, consacrée par les premières élections multiraciales d'avril 1994, l'Afrique du Sud s'affirme comme la puissance de l'Afrique australe. Son cœur est le Gauteng, autour de Johannesburg et de Pretoria : cette petite province, née de la ruée vers l'or du Witwatersrand à partir de 1886, compte environ 15 millions d'habitants en 2022, soit près d'un Sud-Africain sur quatre. Les marchandises gagnent l'océan par les ports de Durban et du Cap, et par celui de Richards Bay, d'où part le charbon. Depuis la fin des années 1990, le corridor de Maputo relie Johannesburg au port mozambicain de Maputo. Plus au nord, la Zambie exporte le cuivre de la Copperbelt et le Botswana ses diamants ; Gaborone, capitale du Botswana, accueille le siège de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), créée en 1992. Attirés par les emplois du Gauteng, de nombreux travailleurs du Zimbabwe, du Mozambique et du Lesotho migrent vers l'Afrique du Sud. Mais les inégalités demeurent : townships comme Soweto, anciens bantoustans ruraux et régions sèches du Kalahari restent en marge, tandis que les parcs nationaux, comme le Kruger, attirent des touristes du monde entier. »

À partir du texte, préparez au brouillon le croquis intitulé « L'Afrique australe, un espace en mutation dominé par l'Afrique du Sud ».

  1. Relevez les informations localisables du texte et indiquez, pour chacune, le type de figuré qui convient (ponctuel, linéaire, de surface).
  2. Repérez une information du texte qui ne peut pas être cartographiée telle quelle. Faut-il l'écarter ? Justifiez.
  3. Classez les informations en trois parties de légende et donnez un titre à chacune.
  4. Proposez un figuré précis (forme, couleur, taille) pour le Gauteng et pour les migrations de travail, en justifiant vos choix.
Voir la réponse rédigée

1. Les informations localisables sont les suivantes. Le Gauteng, autour de Johannesburg et de Pretoria : un figuré ponctuel de grande taille, ou une petite surface de couleur foncée. Les ports de Durban, du Cap et de Richards Bay, ainsi que Maputo : des figurés ponctuels. Le corridor de Maputo, entre Johannesburg et l'océan Indien : un figuré linéaire. La Copperbelt zambienne et les mines de diamants du Botswana : des surfaces hachurées ou des pictogrammes, accompagnées de flèches d'exportation, donc aussi de figurés linéaires. Gaborone, siège de la SADC : un figuré ponctuel. Les migrations de travail venues du Zimbabwe, du Mozambique et du Lesotho : des flèches. Soweto : un figuré ponctuel. Les régions sèches du Kalahari et les anciens bantoustans : des figurés de surface. Le parc Kruger : une surface ou un pictogramme.

2. « Les premières élections multiraciales d'avril 1994 » ne se localisent pas : c'est une date, pas un lieu. On ne l'écarte pas pour autant, car elle justifie l'idée de mutation : elle entre dans un titre de partie (« Depuis 1994, une puissance qui organise la région ») ou dans le titre du croquis. De même, « près d'un Sud-Africain sur quatre » n'est pas un figuré mais une indication de hiérarchie : elle impose que le Gauteng porte le plus gros figuré du croquis.

3. I. L'Afrique du Sud, puissance qui domine la région : le Gauteng, les ports de Durban, du Cap et de Richards Bay. II. Un espace qui s'ouvre au monde et s'intègre : le corridor de Maputo et le port de Maputo, la Copperbelt et les diamants du Botswana avec leurs exportations, Gaborone siège de la SADC. III. Des mutations inégales : les migrations de travail vers le Gauteng, Soweto, le Kalahari et les anciens bantoustans en marge, le parc Kruger, espace du tourisme international. Les trois titres, lus à la suite, répondent au sujet : une puissance organise, l'espace s'ouvre, mais les inégalités persistent.

4. Pour le Gauteng, un grand carré rouge foncé, le plus gros figuré du croquis : rouge, parce que c'est le centre le plus dynamique de la région ; taille maximale, parce que c'est le premier pôle, qui regroupe près d'un quart de la population sud-africaine. Pour les migrations, des flèches violettes partant du Zimbabwe, du Mozambique et du Lesotho et pointant vers le Gauteng : la flèche dit le sens du déplacement, le violet ne se confond ni avec le bleu réservé à la mer et aux ports ni avec le rouge des pôles. Le texte ne donnant pas de chiffres par pays d'origine, on garde une épaisseur identique pour les trois flèches plutôt que d'inventer une hiérarchie.

Ce que cette analyse apprend — Transposer un texte, c'est d'abord trier : ce qui se localise devient un figuré, ce qui explique devient un titre de partie.

Document 2 — Choisir la variable visuelle : population ou densité ?

Moyen

Tableau statistique · D'après INSEE, populations légales 2021 (publiées en décembre 2023), et superficies des régions ; valeurs arrondies (population au dixième de million, densité à la dizaine).

Les populations légales sont publiées chaque année par l'INSEE à partir du recensement. Le tableau retient sept des treize régions de France métropolitaine, choisies pour leurs contrastes.

RégionPopulation (millions d'habitants)Densité (hab./km²)
Île-de-France12,31 030
Auvergne-Rhône-Alpes8,1120
Nouvelle-Aquitaine6,170
Occitanie6,080
Hauts-de-France6,0190
Provence-Alpes-Côte d'Azur5,1160
Corse0,340

Vous devez représenter ces données sur un fond de carte des régions de France métropolitaine, pour un croquis sur la répartition de la population.

  1. Quel figuré et quelle variable visuelle choisir pour représenter la population ? Justifiez.
  2. Un élève colorie l'Île-de-France en rouge, Auvergne-Rhône-Alpes en vert et les autres régions en bleu. Expliquez ses deux erreurs.
  3. Pour représenter la densité, proposez trois classes et la gamme de couleurs correspondante.
  4. Comparez les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine. Quel indicateur choisir pour un croquis sur l'inégale répartition de la population, et pourquoi ?
Voir la réponse rédigée

1. La population est une quantité absolue (un stock). On la représente par des cercles proportionnels, placés au centre de chaque région, dont la surface est proportionnelle au nombre d'habitants : c'est la variable taille. L'Île-de-France porte le plus grand cercle (12,3 millions d'habitants), la Corse le plus petit (0,3 million) : un rapport d'environ 1 à 40 que l'œil perçoit immédiatement.

2. Première erreur : des couleurs différentes pour exprimer une quantité. Rouge, vert et bleu font lire trois natures différentes, pas trois niveaux ; et le bleu évoque la mer. Deuxième erreur : un aplat pour un stock. La surface coloriée dépend de la superficie de la région, pas de sa population : la Nouvelle-Aquitaine, la plus vaste région de France métropolitaine, paraîtrait bien plus « lourde » que les Hauts-de-France, alors qu'elles comptent toutes deux environ 6 millions d'habitants.

3. La densité est un rapport (habitants par km²) : l'aplat convient cette fois. On peut retenir trois classes : plus de 500 hab./km² (Île-de-France) ; de 100 à 500 hab./km² (Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Auvergne-Rhône-Alpes) ; moins de 100 hab./km² (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Corse). On utilise une seule couleur en trois valeurs, du plus foncé au plus clair, par exemple rouge foncé, rouge moyen, rose pâle : l'œil lit un ordre, du plus dense au moins dense.

4. Les deux régions ont presque la même population, environ 6 millions d'habitants : leurs cercles proportionnels seraient identiques. Mais la densité des Hauts-de-France (environ 190 hab./km²) est plus de deux fois et demie celle de la Nouvelle-Aquitaine (environ 70 hab./km²). Pour un croquis sur l'inégale répartition de la population, c'est la densité qui démontre : elle oppose des espaces très peuplés et des espaces peu peuplés. La population totale servirait plutôt un sujet sur le poids des régions ou des marchés. Le choix de l'indicateur fait donc partie de l'argumentation.

Ce que cette analyse apprend — On ne colorie jamais un stock : une quantité se dessine par la taille, une densité ou un taux par la valeur d'une même couleur.

Document 3 — Organiser une légende : de la liste au plan (avant / après)

Moyen

Légende de croquis (brouillon d'élève à corriger) · Brouillon d'élève reconstitué pour l'exercice (2026), sur la question « La France : mobilités, transports et enjeux d'aménagement » du programme de 2nde (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019).

Ce brouillon réunit des informations justes, mais présentées comme un inventaire. Il s'agit de le transformer en légende organisée, sans rien inventer.

Sujet : « Mobilités et transports en France métropolitaine ».

Légende rendue par l'élève (dans l'ordre de la copie) :
1. Villes (points noirs)
2. Paris
3. Autoroutes
4. Lignes à grande vitesse (LGV)
5. Aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle
6. Ports : Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque
7. Tunnel sous la Manche (ouvert en 1994)
8. Montagnes
9. Espaces peu denses et mal desservis (diagonale des faibles densités)
10. Frontières
11. Grands axes européens : vallée du Rhône, axe Paris-Lille-Bruxelles
12. Fleuves
13. Métropoles régionales : Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux
14. Espaces touristiques littoraux et alpins

Titre de l'élève : « Les transports en France ».

Vous êtes le correcteur, puis l'auteur de la version corrigée.

  1. Quel est le défaut principal de cette légende ?
  2. Quels éléments sont inutiles tels qu'ils sont formulés ? Peut-on en sauver certains ?
  3. Proposez une légende organisée en trois parties, avec un titre affirmatif pour chacune.
  4. Réécrivez le titre du croquis.
Voir la réponse rédigée

1. La légende est une liste de quatorze lignes sans parties ni idée directrice. Elle mélange des éléments du fond de carte (fleuves, frontières, montagnes) et des informations qui répondent au sujet ; elle contient des doublons (« Villes », « Paris », « Métropoles régionales ») et des lignes trop vagues (« Autoroutes »). Le correcteur ne peut pas lire de démonstration : il voit un inventaire.

2. « Fleuves », « Montagnes » et « Frontières » sont du décor tant qu'on ne leur donne pas de fonction. On peut les sauver en les reformulant : la vallée du Rhône devient un grand axe de circulation, déjà cité en ligne 11 ; les Alpes deviennent un obstacle que franchit le tunnel ferroviaire Lyon-Turin, en chantier ; la frontière devient un espace de flux quotidiens de travailleurs frontaliers vers la Suisse, le Luxembourg ou l'Allemagne. « Villes (points noirs) » disparaît au profit d'une hiérarchie : Paris d'un côté, métropoles régionales de l'autre. « Autoroutes » est trop général : on ne garde que les grands axes.

3. I. Un réseau de transport organisé en étoile autour de Paris : Paris, carrefour national et international (grand cercle rouge) ; aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, premier aéroport de France (pictogramme avion) ; étoile des lignes à grande vitesse, ouverte depuis 1981 (traits rouges épais) ; métropoles régionales reliées à Paris (cercles rouges moyens).
II. Un territoire ouvert sur l'Europe et le monde : grands ports de Marseille-Fos, du Havre et de Dunkerque (carrés bleus) ; tunnel sous la Manche, 1994 (trait noir sous la mer) ; grands axes européens, vallée du Rhône et axe Paris-Lille-Bruxelles (flèches orange épaisses) ; flux de travailleurs frontaliers (petites flèches orange).
III. Des espaces inégalement reliés : espaces touristiques littoraux et alpins, très fréquentés en saison (hachures vertes) ; diagonale des faibles densités, mal desservie (aplat jaune pâle) ; liaisons transversales insuffisantes, par exemple entre Bordeaux et Lyon (tirets noirs).

4. « La France métropolitaine, un territoire ouvert et organisé autour de Paris, mais inégalement relié ». Avant, le titre nommait un thème ; après, il énonce la thèse que les trois parties démontrent.

Ce que cette analyse apprend — Une légende se corrige en trois gestes : supprimer le décor, fusionner les doublons, regrouper sous des titres qui affirment.

Document 4 — Lire une carte de flux ancienne pour apprendre à dessiner des flèches

Difficile

Carte figurative (document d'époque) · Charles Joseph Minard, Carte figurative des pertes successives en hommes de l'Armée Française dans la campagne de Russie 1812-1813, lithographie, Paris, 20 novembre 1869.

Charles Joseph Minard (1781-1870), ingénieur des Ponts et Chaussées à la retraite, publie en 1869 cette carte qui résume la campagne de Russie de Napoléon Ier. Elle est aujourd'hui citée comme un modèle de représentation des flux.

Description du document. La carte, horizontale, va du Niémen, à gauche, jusqu'à Moscou, à droite. Une large bande de couleur claire part du Niémen et avance vers Moscou : sa largeur est proportionnelle au nombre de soldats, selon une règle que Minard indique dans le texte placé au-dessus de la carte, et les effectifs sont écrits en chiffres le long de la bande. Elle part d'environ 422 000 hommes et n'en compte plus qu'environ 100 000 à l'arrivée à Moscou ; une branche s'en détache vers le nord en chemin. Une bande noire, beaucoup plus mince, figure la retraite de Moscou vers le Niémen ; elle se rétrécit brutalement au passage de la Bérézina et arrive avec environ 10 000 hommes. Sous la carte, un graphique des températures relevées pendant la retraite, en degrés Réaumur au-dessous de zéro, est relié à la bande noire par des traits verticaux, avec les dates. Presque rien d'autre : pas de relief, pas de frontières, quelques noms de villes et de rivières.

Analysez les choix graphiques de Minard, puis tirez-en des règles pour votre propre croquis.

  1. Identifiez les figurés et les variables visuelles employés par Minard.
  2. En quoi cette carte relève-t-elle de la démarche du croquis plutôt que de la carte exhaustive ?
  3. Quelles règles en tirer pour représenter les migrations de travail et les exportations minières sur un croquis de l'Afrique australe ?
  4. Quelle limite ce type de figuré présente-t-il ? Montrez qu'un croquis peut orienter la lecture.
Voir la réponse rédigée

1. Minard emploie des figurés linéaires : des bandes qui suivent le trajet de l'armée. Il fait varier trois variables visuelles. La taille, ici la largeur de la bande, traduit une quantité : le nombre d'hommes, d'environ 422 000 au départ à environ 10 000 au retour. La couleur distingue deux natures de mouvement : clair pour l'aller, noir pour la retraite. Le tracé donne l'itinéraire et, avec les chiffres, le sens. Le graphique des températures ajoute une seconde information, reliée à la carte par des traits.

2. Minard sélectionne : il supprime le relief, les frontières et presque toute la nomenclature, pour ne garder que ce qui démontre sa thèse, l'effondrement des effectifs. Il hiérarchise : la largeur des bandes fait voir d'un coup d'œil où les pertes sont les plus lourdes, par exemple au passage de la Bérézina. Il répond à une question précise : pourquoi et où l'armée a-t-elle disparu ? C'est exactement la démarche du croquis : choisir, hiérarchiser, démontrer.

3. Trois règles se transposent. D'abord, un flux se dessine par une flèche qui suit la direction du mouvement, du Zimbabwe ou du Mozambique vers le Gauteng. Ensuite, l'épaisseur de la flèche doit dire l'intensité du flux ; si l'on ne dispose pas de chiffres sûrs, on garde des épaisseurs égales plutôt que d'inventer une hiérarchie. Enfin, la couleur distingue la nature des flux : violet pour les migrations, brun pour les exportations minières vers les ports, de sorte que les deux ne se confondent pas.

4. En plaçant le graphique des températures sous la seule retraite, Minard suggère que le froid explique les pertes. Or une grande partie des effectifs a disparu pendant l'avance, en été, par les maladies, les combats, la faim et les désertions, comme le montre la largeur de la bande claire, déjà réduite de plus des trois quarts à Moscou. Le document est donc un argument autant qu'une mesure. La leçon vaut pour tout croquis : parce qu'il sélectionne, il oriente la lecture. D'où l'exigence d'informations exactes et d'un titre honnête, qui annonce ce que l'on démontre.

Ce que cette analyse apprend — Un bon figuré linéaire dit trois choses à la fois : le trajet, le sens et l'intensité.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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