Essor du tourisme mondial, flux et destinations, acteurs, mise en tourisme, impacts et surtourisme (programme de géographie de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Les mobilités touristiques internationales » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Qu'est-ce qu'une mobilité touristique internationale ?, Du Grand Tour au tourisme de masse (XVIIIe siècle-1990), Depuis 1990 : un tourisme mondialisé, vulnérable aux crises, Des flux concentrés, régionaux et hiérarchisés. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Tourisme
Ensemble des pratiques, des lieux et des acteurs liés aux déplacements temporaires, d'au moins une nuit, hors du lieu de vie habituel, pour le loisir, la visite de proches ou les affaires.
À ne pas confondre
Loisir — Le loisir peut se pratiquer chez soi ; le tourisme suppose un déplacement et un séjour hors du quotidien.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient de l'anglais tourism, apparu au début du XIXe siècle à partir du Grand Tour. Dans les années 2000, les géographes de l'équipe MIT (Rémy Knafou, Mathis Stock) en font un système associant touristes, lieux et acteurs.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les sujets du chapitre. Faute à éviter : le réduire aux vacances à la plage en oubliant le tourisme urbain, culturel et d'affaires.
Touriste international
Visiteur qui se rend dans un pays autre que son pays de résidence, y passe au moins une nuit et y reste moins d'un an, sans y exercer d'activité rémunérée.
À ne pas confondre
Migrant — Le migrant change de pays de résidence pour au moins un an ; le touriste revient chez lui.
Selon l'époque et le point de vue — Définition fixée par les Recommandations internationales sur les statistiques du tourisme de l'ONU et de l'OMT (2008), qui harmonisent les comptages des États.
Ce que le mot permet d'écrire — À définir en introduction de toute composition. Faute à éviter : oublier que le voyageur d'affaires est aussi un touriste au sens statistique.
Excursionniste
Visiteur qui ne passe pas la nuit sur le lieu visité et repart le jour même.
À ne pas confondre
Touriste — Le touriste dort au moins une nuit sur place ; l'excursionniste non. Les deux sont des « visiteurs ».
Selon l'époque et le point de vue — Catégorie statistique de l'OMT. Elle est devenue centrale dans les débats sur le surtourisme : la contribution d'accès testée à Venise en 2024 vise précisément les visiteurs à la journée.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour les études de cas de villes saturées. Faute à éviter : compter les excursionnistes dans les arrivées de touristes internationaux.
Arrivées de touristes internationaux
Unité de mesure du tourisme international : chaque entrée d'un touriste dans un pays est comptée une fois.
À ne pas confondre
Nombre de touristes — Un même voyageur qui visite trois pays produit trois arrivées : les arrivées surestiment le nombre de personnes qui voyagent.
Selon l'époque et le point de vue — L'OMT publie des séries depuis 1950 (25 millions d'arrivées) à partir des données transmises par les États ; environ 1,5 milliard en 2019.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour lire un tableau statistique. Faute à éviter : écrire « 1,5 milliard de touristes » au lieu de « 1,5 milliard d'arrivées ».
Recettes du tourisme international
Dépenses effectuées par les visiteurs étrangers dans le pays d'accueil (hébergement, restauration, transports intérieurs, achats, loisirs).
À ne pas confondre
Arrivées — Les arrivées mesurent le nombre d'entrées, les recettes l'argent dépensé : la France est première pour les unes, troisième pour les autres (2019).
Selon l'époque et le point de vue — Comptabilisées dans la balance des paiements des États, au poste « voyages » ; l'OMT les estime à près de 1 500 milliards de dollars en 2019.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de hiérarchiser les destinations autrement que par le nombre de visiteurs. Faute à éviter : confondre recettes et bénéfices restant sur place, car une partie fuit vers l'étranger.
Tourisme de masse
Forme de tourisme qui concerne une large part de la population des pays riches, fondée sur des produits standardisés (séjours à forfait, vols charters, grands hôtels).
À ne pas confondre
Surtourisme — Le tourisme de masse désigne un volume de pratiquants ; le surtourisme, la saturation d'un lieu précis.
Selon l'époque et le point de vue — Expression répandue dans les années 1960, pour décrire l'essor des vacances organisées après les congés payés (1936 en France) et la croissance des Trente Glorieuses.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour la période 1950-1990. Faute à éviter : l'employer comme un simple jugement négatif, alors qu'il désigne d'abord une démocratisation.
Mise en tourisme
Processus par lequel des acteurs transforment un lieu en lieu touristique : découverte, aménagement, promotion, mise en marché.
À ne pas confondre
Aménagement touristique — L'aménagement est la partie matérielle (hôtels, routes, ports) ; la mise en tourisme inclut aussi les images et la réputation du lieu.
Selon l'époque et le point de vue — Notion diffusée par la géographie française du tourisme dans les années 1990-2000, notamment l'équipe MIT.
Ce que le mot permet d'écrire — Clé des sujets sur les territoires touristiques. Faute à éviter : écrire qu'un lieu est « naturellement touristique ».
Station touristique
Lieu créé ou profondément transformé pour le tourisme, où celui-ci devient la fonction dominante et où vit une population permanente.
À ne pas confondre
Comptoir — Le comptoir est une enclave fermée sans habitants permanents (club de vacances, complexe hôtelier) ; la station est une petite ville.
Selon l'époque et le point de vue — Stations thermales et balnéaires au XIXe siècle ; stations créées par l'État dans les années 1960, en montagne (La Plagne, 1961) et sur le littoral (La Grande-Motte, mission Racine, 1963).
Ce que le mot permet d'écrire — Exemple d'échelle locale dans une composition. Faute à éviter : appeler « station » n'importe quelle ville visitée, comme Paris.
Bassin touristique (périphérie d'agrément)
Grande région réceptrice fréquentée surtout par les touristes d'un foyer émetteur voisin et riche.
À ne pas confondre
Foyer émetteur — Le foyer émetteur envoie les touristes (Europe du Nord-Ouest) ; le bassin les reçoit (Méditerranée).
Selon l'époque et le point de vue — Notion employée par les géographes pour décrire la Méditerranée, la Caraïbe ou l'Asie du Sud-Est, formées avec le tourisme de masse après 1950.
Ce que le mot permet d'écrire — Structure la légende d'un croquis mondial. Faute à éviter : croire que ces bassins sont uniquement au Sud (la Méditerranée européenne est le premier bassin).
Patrimonialisation
Processus par lequel un bien, un site ou une pratique est reconnu comme patrimoine à protéger et à transmettre.
À ne pas confondre
Patrimoine — Le patrimoine est le résultat ; la patrimonialisation est le processus de sélection et de reconnaissance, porté par des acteurs.
Selon l'époque et le point de vue — La convention de l'UNESCO du 16 novembre 1972 crée la Liste du patrimoine mondial, qui compte aujourd'hui plus de 1 200 biens.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre qu'un label attire les visiteurs. Faute à éviter : croire que l'inscription protège automatiquement du surtourisme ; elle peut au contraire l'aggraver.
Surtourisme
Saturation d'un lieu par un afflux de visiteurs supérieur à sa capacité d'accueil, à un moment donné, au détriment des habitants, des milieux et des visiteurs eux-mêmes.
À ne pas confondre
Tourisme de masse — Un lieu peut recevoir beaucoup de monde sans saturer s'il est aménagé ; le surtourisme est un rapport entre flux et capacité.
Selon l'époque et le point de vue — Traduction de l'anglais overtourism, diffusé vers 2016-2017 à propos de Venise, Barcelone ou Dubrovnik.
Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur des sujets sur les impacts. Faute à éviter : généraliser à tout un pays ce qui concerne quelques quartiers et quelques semaines.
Capacité de charge
Seuil de fréquentation au-delà duquel un lieu se dégrade : milieu naturel, qualité de la visite, vie quotidienne des habitants.
À ne pas confondre
Capacité d'hébergement — La capacité d'hébergement compte des lits ; la capacité de charge estime ce qu'un lieu peut supporter.
Selon l'époque et le point de vue — Notion empruntée à l'écologie et appliquée aux sites touristiques à partir des années 1960-1970 ; elle justifie aujourd'hui les quotas (baie de Maya rouverte en 2022 avec un accès limité).
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de définir le surtourisme avec rigueur. Faute à éviter : la présenter comme un chiffre fixe et objectif, alors qu'elle résulte de choix des acteurs.
Touristification
Transformation d'un quartier ou d'une ville par le tourisme, au détriment des usages des habitants : commerces de souvenirs, meublés touristiques, hausse des loyers.
À ne pas confondre
Gentrification — La gentrification remplace des habitants modestes par des habitants plus aisés ; la touristification remplace des habitants par des visiteurs de passage.
Selon l'époque et le point de vue — Terme répandu dans les années 2010, avec l'essor des plateformes de location comme Airbnb (fondée en 2008).
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour l'échelle locale (Venise, Barcelone). Faute à éviter : en faire l'unique cause de la baisse de population des centres anciens.
Tourisme durable
Tourisme qui tient compte de ses effets économiques, sociaux et environnementaux, présents et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des entreprises, des milieux et des communautés d'accueil.
À ne pas confondre
Écotourisme — L'écotourisme est une forme particulière, centrée sur la découverte de milieux naturels ; le tourisme durable concerne tout le secteur.
Selon l'époque et le point de vue — Issu du développement durable (rapport Brundtland, 1987), il entre dans les textes avec la Charte de Lanzarote (1995) et le Code mondial d'éthique du tourisme (OMT, 1999).
Ce que le mot permet d'écrire — Pour la dernière partie d'une composition sur les impacts. Faute à éviter : en faire une solution miracle sans montrer ses limites (coût, contrôle, avion).
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Concentration / diffusion
Les flux touristiques se répandent sur toute la planète (diffusion) tout en restant massés sur quelques régions et quelques lieux (concentration).
Ce qu'il débloque — Excellent pour un plan en deux temps, ou pour nuancer une partie sur la mondialisation du tourisme.
Exemple — Sur le sujet « Le tourisme international, un phénomène mondial ? », il permet d'opposer la montée de l'Asie-Pacifique (de 13 % à 25 % des arrivées entre 1990 et 2019) au poids maintenu de l'Europe (51 %).
Foyer émetteur / espace récepteur
Les régions d'où partent les touristes ne sont pas celles qui les reçoivent, mais un même pays peut être les deux (la France, l'Allemagne).
Ce qu'il débloque — Structure une légende de croquis et évite le schéma simpliste « le Nord va au Sud ».
Exemple — Sur le sujet « Les flux touristiques dans le monde », il permet de relier l'Europe du Nord-Ouest au bassin méditerranéen, l'Amérique du Nord à la Caraïbe, l'Asie orientale à l'Asie du Sud-Est.
Échelle mondiale / échelle locale
Les flux se lisent à l'échelle du monde, leurs effets à celle d'une station, d'un quartier, d'une plage.
Ce qu'il débloque — Permet de changer d'échelle entre deux parties, attendu du correcteur en géographie.
Exemple — Sur le sujet « Les impacts du tourisme international », il permet de passer du record mondial de 2019 à la baisse de population du centre historique de Venise.
Centre / périphérie
Les centres riches émettent les touristes et captent une partie des revenus ; les périphéries reçoivent et dépendent.
Ce qu'il débloque — Utile pour la partie sur les inégalités et la dépendance.
Exemple — Sur le sujet « Le tourisme, facteur de développement ? », il permet de montrer que les Maldives dépendent de clientèles lointaines et de firmes étrangères, ce que la chute de 2020 a révélé.
Démocratisation / inégalités
Le voyage s'est ouvert à des milliards de personnes en droit, mais reste en fait réservé aux habitants des pays riches et émergents.
Ce qu'il débloque — Nuance toute partie sur l'essor du tourisme.
Exemple — Sur le sujet « L'essor des mobilités touristiques depuis 1950 », il permet de mettre en regard les congés payés (1936) et le droit aux loisirs (1948) avec le poids minime de l'Afrique dans les départs.
Mise en valeur / régulation
Les acteurs aménagent et promeuvent un lieu, puis doivent parfois limiter les flux qu'ils ont attirés.
Ce qu'il débloque — Fournit une troisième partie dynamique, qui évite le plan « avantages / inconvénients ».
Exemple — Sur le sujet « Le tourisme transforme-t-il les territoires ? », il permet de passer de la création de stations (Cancún, 1970) aux quotas et taxes (Venise, 2024 ; Bhoutan, 2022).
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.