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Histoire-Géographie 2ⁿᵈᵉ

Ressources · 2ⁿᵈᵉ · Histoire-Géographie

Les mobilités touristiques internationales

Essor du tourisme mondial, flux et destinations, acteurs, mise en tourisme, impacts et surtourisme (programme de géographie de 2nde)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en seconde sur « Les mobilités touristiques internationales » suit le programme officiel d'histoire-géographie de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'une mobilité touristique internationale ?, Du Grand Tour au tourisme de masse (XVIIIe siècle-1990), Depuis 1990 : un tourisme mondialisé, vulnérable aux crises, Des flux concentrés, régionaux et hiérarchisés. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en histoire-géographie.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Les mobilités touristiques internationales : des flux mondialisés mais inégalement répartis

Analyse des termes — Les mobilités touristiques internationales sont les déplacements temporaires, d'au moins une nuit et de moins d'un an, avec franchissement d'une frontière et retour ; « mondialisés » renvoie à leur extension à toutes les régions, « inégalement répartis » à leur concentration. Le sujet porte sur l'échelle mondiale, surtout depuis 1950, en insistant sur la période 1990-2020.

Problématique — Pourquoi les mobilités touristiques internationales, devenues mondiales, restent-elles concentrées sur quelques espaces et réservées à une partie de l'humanité ?

Introduction rédigéeLe 5 juillet 1841, Thomas Cook emmenait quelques centaines de voyageurs de Leicester à Loughborough dans un train affrété : c'était le premier voyage organisé. En 2019, l'Organisation mondiale du tourisme a enregistré environ 1,5 milliard d'arrivées de touristes internationaux. Les mobilités touristiques internationales désignent les déplacements temporaires, d'au moins une nuit et de moins d'un an, de personnes qui franchissent une frontière pour leurs loisirs, pour rendre visite à des proches ou pour leurs affaires, avant de rentrer chez elles. Longtemps réservées aux élites européennes, elles se sont généralisées après 1950, puis mondialisées depuis les années 1990, au point de toucher toutes les régions du monde. Pourtant, cette extension n'efface pas les déséquilibres entre les espaces et entre les sociétés. Pourquoi les mobilités touristiques internationales, devenues mondiales, restent-elles concentrées sur quelques espaces et réservées à une partie de l'humanité ? Nous verrons d'abord comment ces mobilités se sont généralisées depuis 1950, puis que leurs flux restent concentrés, régionaux et hiérarchisés, enfin que les territoires et les sociétés y sont inégalement intégrés.

I. Une généralisation des mobilités touristiques depuis 1950

  • La démocratisation des vacances dans les pays riches transforme une pratique d'élite en pratique de masse.Loi du 20 juin 1936 (quinze jours de congés payés en France) ; article 24 de la Déclaration universelle de 1948 ; 25 millions d'arrivées internationales en 1950.
  • La révolution des transports et la libéralisation réduisent le coût et la durée du voyage.Boeing 747 en service commercial en janvier 1970 ; libéralisation complète du ciel européen le 1er avril 1997 ; essor de Ryanair et d'easyJet (fondée en 1995).
  • De nouveaux touristes venus des pays émergents élargissent les flux à toute la planète.La Chine, premier pays par les dépenses touristiques à l'étranger dès 2012 ; environ 155 millions de départs de Chinois en 2019 ; environ 1,5 milliard d'arrivées mondiales cette année-là.

II. Des flux concentrés, régionaux et hiérarchisés

  • L'Europe reste le premier espace récepteur, même si l'Asie-Pacifique progresse.Europe : 51 % des arrivées en 2019 (60 % en 1990) ; Asie-Pacifique : de 13 % à 25 % entre 1990 et 2019 (OMT, 2020).
  • Les flux sont surtout intra-régionaux et relient des foyers émetteurs à leurs bassins d'agrément.Environ quatre arrivées sur cinq à l'intérieur d'une même grande région ; Europe du Nord-Ouest vers la Méditerranée, Amérique du Nord vers la Caraïbe, Asie orientale vers l'Asie du Sud-Est.
  • Les métropoles et les aéroports-pivots hiérarchisent les destinations.Bangkok, Paris, Londres et Dubaï en tête du classement Mastercard des villes les plus visitées (2019) ; Dubaï, premier aéroport pour le trafic international depuis 2014.

III. Des territoires et des sociétés inégalement intégrés

  • Une grande partie de l'humanité reste à l'écart, faute de revenus, de congés ou de visas.Afrique : environ 5 % des arrivées mondiales en 2019 ; l'article 13 de la Déclaration de 1948 garantit le droit de quitter son pays, non celui d'entrer ailleurs.
  • Arrivées et recettes ne se recouvrent pas : tous les territoires ne tirent pas le même profit des flux.France première par les arrivées (environ 90 millions en 2019) mais troisième par les recettes, derrière les États-Unis (environ 214 milliards de dollars) et l'Espagne.
  • Les territoires les plus dépendants sont les plus vulnérables aux crises.Environ 400 millions d'arrivées en 2020, soit une chute d'environ 70 % ; économies insulaires comme les Maldives durement frappées ; retour au niveau de 2019 seulement vers 2024.
Conclusion rédigéeLes mobilités touristiques internationales se sont généralisées en deux temps : la démocratisation des vacances dans les pays riches après 1950, puis la mondialisation des années 1990-2010, portée par l'aérien à bas coût et par les nouveaux touristes asiatiques, jusqu'au record d'environ 1,5 milliard d'arrivées en 2019. Mais ces flux restent concentrés sur l'Europe, sur quelques bassins d'agrément et sur de grandes métropoles, et ils profitent inégalement aux territoires, dont certains sont devenus si dépendants que l'effondrement de 2020 les a mis en grande difficulté. Le tourisme international est donc mondial par son extension, mais sélectif par ses flux et par ses bénéfices. Reste à savoir si la montée des critiques contre le surtourisme et contre l'empreinte carbone des voyages en avion, estimée à une part importante des émissions du tourisme, modifiera la géographie de ces mobilités dans les décennies à venir.

Le piège — Plaquer un schéma « les touristes du Nord vont au Sud » : l'essentiel des flux relie des pays riches entre eux et se fait à l'intérieur d'une même grande région ; les flux vers les pays pauvres sont minoritaires.

Sujet 2 — Comment le tourisme international transforme-t-il les territoires d'accueil ?

Analyse des termes — Le tourisme international désigne l'ensemble des séjours de visiteurs étrangers et des acteurs qui les organisent ; les territoires d'accueil sont les espaces appropriés par des sociétés qui reçoivent ces visiteurs, de la station à l'État. Le sujet invite à changer d'échelle et à couvrir la période qui va des années 1950-1960 aux politiques de régulation des années 2020.

Problématique — En quoi le tourisme international, qui crée et enrichit des territoires, les rend-il aussi dépendants et fragiles, au point d'obliger leurs acteurs à le réguler ?

Introduction rédigéeAu début des années 1950, le centre historique de Venise comptait plus de 170 000 habitants ; en 2022, il en compte moins de 50 000, alors que les visiteurs s'y pressent par millions. Le tourisme international, c'est-à-dire l'ensemble des séjours de visiteurs étrangers et des acteurs qui les organisent, a atteint environ 1,5 milliard d'arrivées en 2019. Les territoires d'accueil sont les espaces, de la station balnéaire à l'État, dont les sociétés reçoivent ces visiteurs et s'organisent pour eux. Depuis les années 1960, États, entreprises et collectivités ont aménagé des stations, labellisé des sites et bâti des aéroports pour attirer ces flux, avant que la pandémie de 2020 puis les critiques contre le surtourisme ne révèlent leurs fragilités. En quoi le tourisme international, qui crée et enrichit des territoires, les rend-il aussi dépendants et fragiles, au point d'obliger leurs acteurs à le réguler ? Nous montrerons d'abord que le tourisme fabrique des territoires, puis qu'il les enrichit tout en les rendant dépendants et en remodelant leurs sociétés, enfin que les acteurs cherchent désormais à le réguler pour préserver ces territoires.

I. Le tourisme fabrique des territoires

  • Les États créent des stations de toutes pièces pour capter les flux.Mission Racine (1963) et La Grande-Motte en Languedoc-Roussillon ; Cancún, lancé par l'État mexicain à partir de 1970 sur un cordon littoral presque inhabité.
  • La patrimonialisation transforme des villes et des sites en destinations mondiales.Convention de l'UNESCO du 16 novembre 1972 ; plus de 1 200 biens inscrits ; Venise et sa lagune inscrites en 1987.
  • Certains États font du tourisme une stratégie nationale de développement.Dubaï : compagnie Emirates (1985), aéroport-pivot, Burj Khalifa (2010) ; Arabie saoudite : visa touristique créé en septembre 2019.

II. Des territoires enrichis, mais dépendants et remodelés

  • Le tourisme apporte des devises et des emplois.Selon le WTTC, environ 10 % du PIB mondial et un emploi sur dix en 2019, tourisme intérieur compris ; près de 1 500 milliards de dollars de recettes internationales (OMT).
  • Mais la dépendance expose les territoires aux crises, et une partie des revenus fuit.Chute d'environ 70 % des arrivées en 2020 ; Maldives et îles de la Caraïbe très touchées ; revenus captés par les firmes transnationales et les plateformes.
  • À l'échelle locale, les sociétés d'accueil sont transformées par la touristification.Centre historique de Venise : plus de 170 000 habitants au début des années 1950, moins de 50 000 en 2022 ; essor des meublés touristiques après la fondation d'Airbnb (2008).

III. Réguler pour préserver les territoires

  • Les autorités locales et nationales limitent les flux dans les lieux saturés.Venise : grands navires interdits dans le bassin de Saint-Marc depuis le 1er août 2021, contribution d'accès testée à partir du 25 avril 2024 ; Barcelone : fin annoncée en juin 2024 des quelque 10 000 licences de meublés touristiques d'ici 2028.
  • La protection des milieux conduit à fermer ou à contingenter des sites.Baie de Maya (Thaïlande) fermée de juin 2018 à janvier 2022 ; Bhoutan : taxe journalière portée à 200 dollars en 2022, ramenée à 100 dollars en 2023.
  • Le cadre international promeut un tourisme durable, mais la régulation fait débat.Charte de Lanzarote (1995) ; Code mondial d'éthique du tourisme (1999) ; les critiques soulignent que taxes et quotas réservent les lieux aux plus aisés.
Conclusion rédigéeLe tourisme international transforme profondément les territoires d'accueil. Il en crée certains de toutes pièces, comme La Grande-Motte ou Cancún, et en transforme d'autres par la patrimonialisation ou par des stratégies nationales, comme à Dubaï. Il leur apporte des devises et des emplois, mais les rend dépendants, comme l'a montré la chute de 2020, et remodèle leurs sociétés jusqu'à vider certains centres historiques de leurs habitants. D'où l'essor, depuis les années 2010, de politiques de régulation, de Venise à Barcelone et au Bhoutan, qui font elles-mêmes débat entre protection des lieux et accès du plus grand nombre. La question se pose désormais aussi à l'échelle de la planète : l'empreinte carbone du transport aérien pourrait conduire à repenser non seulement l'accueil des touristes, mais la distance même de leurs voyages.

Le piège — Construire un plan « avantages / inconvénients » statique : il faut montrer un enchaînement (création, puis dépendance, puis régulation) et changer d'échelle, du monde à la station et au quartier.

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