La France : dynamiques démographiques, inégalités socio-économiques
Croissance et vieillissement des Français, inégalités sociales et territoriales, quartiers prioritaires (programme de géographie de 2nde)
À propos de cette page
Ce lexique sur « La France : dynamiques démographiques, inégalités socio-économiques » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Une croissance démographique qui ralentit, Le vieillissement, une tendance lourde, Une population qui se redistribue dans l'Hexagone, Les outre-mer, des trajectoires opposées. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Solde naturel
Différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès sur un territoire pendant une année.
À ne pas confondre
Taux de natalité — Le taux de natalité rapporte les seules naissances à la population (en pour mille) ; le solde naturel est un nombre absolu qui tient compte aussi des décès.
Selon l'époque et le point de vue — Notion de base de la démographie statistique ; l'INSEE publie chaque mois de janvier un bilan démographique qui en donne l'estimation pour l'année écoulée.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour expliquer d'où vient la croissance d'un territoire. Faute à éviter : croire qu'un solde naturel faible signifie une population qui diminue, alors que le solde migratoire peut compenser.
Solde migratoire
Différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties pendant une année.
À ne pas confondre
Immigration — L'immigration ne compte que les entrées ; le solde migratoire retranche les départs, y compris ceux des Français qui partent vivre à l'étranger.
Selon l'époque et le point de vue — En France, l'INSEE l'estime par différence entre la variation totale de la population et le solde naturel, ce qui explique qu'il soit souvent révisé.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à l'échelle nationale (+152 000 en 2024) comme régionale (migrations internes vers l'Ouest et le Sud). Faute à éviter : le confondre avec le nombre d'immigrés présents.
Indicateur conjoncturel de fécondité (ICF)
Nombre moyen d'enfants que mettrait au monde une femme si elle connaissait toute sa vie les taux de fécondité par âge observés une année donnée.
À ne pas confondre
Seuil de remplacement — Le seuil de remplacement (environ 2,1 enfants par femme dans les pays développés) est le niveau qui assure le renouvellement des générations ; l'ICF est la valeur observée, 1,62 en France en 2024.
Selon l'époque et le point de vue — Indicateur « conjoncturel » car il photographie une année : il peut baisser si les naissances sont retardées, sans que le nombre final d'enfants par femme diminue autant.
Ce que le mot permet d'écrire — Le chiffre-clé de toute copie sur la fécondité. Faute à éviter : écrire « taux de fécondité de 1,62 % », alors qu'il s'agit d'enfants par femme.
Espérance de vie à la naissance
Nombre moyen d'années que vivrait un nouveau-né s'il connaissait toute sa vie les conditions de mortalité de l'année de sa naissance.
À ne pas confondre
Âge moyen au décès — L'âge moyen au décès dépend de la structure par âge de la population ; l'espérance de vie est un indicateur construit, comparable d'un pays ou d'une année à l'autre.
Selon l'époque et le point de vue — Calculée à partir des tables de mortalité ; l'INSEE en publie la valeur chaque année (85,6 ans pour les femmes et 80,0 ans pour les hommes en 2024).
Ce que le mot permet d'écrire — Mesure à la fois le développement et les inégalités (13 ans d'écart entre les hommes les plus aisés et les plus modestes). Faute à éviter : dire qu'un Français « vivra jusqu'à 85 ans ».
Vieillissement démographique
Augmentation de la part des personnes âgées (65 ans et plus, ou 60 ans et plus selon les sources) dans la population totale.
À ne pas confondre
Allongement de l'espérance de vie — L'allongement de la vie est une des causes du vieillissement ; la baisse de la fécondité et l'arrivée à la retraite de générations nombreuses en sont d'autres.
Selon l'époque et le point de vue — Tendance observée en France depuis le XIXe siècle, accélérée depuis 2011 par le papy-boom.
Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur des sujets sur les défis démographiques (retraites, dépendance, santé, territoires). Faute à éviter : le présenter comme uniforme, alors qu'il oppose la Creuse et les métropoles, les Antilles et Mayotte.
Baby-boom / papy-boom
Le baby-boom est la forte hausse des naissances de 1946 à 1964 ; le papy-boom désigne l'arrivée de ces générations nombreuses à l'âge de la retraite, puis au grand âge.
À ne pas confondre
Trente Glorieuses — Les Trente Glorieuses (1945-1975) désignent la croissance économique ; le baby-boom est un phénomène démographique aux bornes différentes (1946-1964).
Selon l'époque et le point de vue — « Baby-boom » est un terme d'origine américaine repris en France après-guerre ; « papy-boom » s'est diffusé dans les années 2000, à l'approche du départ en retraite des premières générations d'après-guerre.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet d'expliquer le vieillissement actuel par une cause historique précise. Faute à éviter : dater le papy-boom de 2000 ; les premiers baby-boomers ont 65 ans en 2011.
Héliotropisme
Attraction exercée par les régions ensoleillées, surtout du Sud et des littoraux, sur les migrations de population.
À ne pas confondre
Littoralisation — La littoralisation est la concentration des hommes et des activités sur les littoraux, pour des raisons économiques autant que climatiques ; l'héliotropisme insiste sur l'attrait du climat et du cadre de vie.
Selon l'époque et le point de vue — Terme emprunté à la botanique (les plantes qui se tournent vers le soleil), employé par les géographes pour décrire les migrations vers le Midi et l'Atlantique.
Ce que le mot permet d'écrire — Explique une part du solde migratoire positif de l'Occitanie, de la Nouvelle-Aquitaine ou de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Faute à éviter : le réduire aux retraités, alors qu'il concerne aussi les actifs.
Périurbanisation
Extension de l'urbanisation autour des villes, dans des communes restées d'aspect rural, sous forme surtout de lotissements de maisons individuelles.
À ne pas confondre
Étalement urbain — L'étalement urbain désigne la croissance de la surface urbanisée plus rapide que celle de la population ; la périurbanisation en est la forme principale, liée aux mobilités domicile-travail.
Selon l'époque et le point de vue — Massive en France à partir des années 1970 grâce à l'automobile ; Gérard Bauer et Jean-Michel Roux l'ont décrite dès 1976 sous le nom de « rurbanisation ».
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour les dynamiques territoriales et le débat sur les Gilets jaunes (dépendance à la voiture). Faute à éviter : confondre périurbain et banlieue, qui est urbaine et continue.
Diagonale des faibles densités
Bande de territoires peu peuplés qui traverse la France du Nord-Est (Meuse, Haute-Marne) au Sud-Ouest (Landes), en passant par le Massif central.
À ne pas confondre
Désert — Ces espaces ne sont pas vides : ils comptent des villes, des activités agricoles et touristiques, mais des densités souvent inférieures à 30 habitants par km².
Selon l'époque et le point de vue — L'expression « diagonale du vide » s'est diffusée dans les années 1980-1990 ; les géographes préfèrent aujourd'hui « diagonale des faibles densités », jugée moins caricaturale.
Ce que le mot permet d'écrire — Localise les espaces en déprise sur un croquis. Faute à éviter : y ranger toute la France rurale, alors que les campagnes de l'Ouest gagnent des habitants.
Pauvreté monétaire
Situation d'une personne dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, fixé en France à 60 % du niveau de vie médian (1 216 euros par mois en 2022).
À ne pas confondre
Pauvreté en conditions de vie — Celle-ci repère les privations concrètes (se chauffer, faire face à une dépense imprévue, partir en vacances), indépendamment du revenu mesuré.
Selon l'époque et le point de vue — La France privilégie depuis la fin des années 2000 le seuil de 60 %, retenu par Eurostat ; le seuil de 50 % reste publié pour repérer la grande pauvreté.
Ce que le mot permet d'écrire — Chiffre central pour mesurer les inégalités (14,4 % de la population en 2022). Faute à éviter : croire que le seuil est fixe ; c'est une mesure relative, qui suit le niveau de vie médian.
Inégalités socio-économiques
Écarts de ressources (revenu, patrimoine), de position (emploi, diplôme) et de conditions de vie (santé, logement) entre groupes sociaux et entre territoires.
À ne pas confondre
Pauvreté — La pauvreté concerne le bas de la distribution ; les inégalités mesurent l'ensemble des écarts, y compris entre classes moyennes et plus aisés.
Selon l'époque et le point de vue — Mesurées par l'INSEE depuis les grandes enquêtes sur les revenus des années 1950-1970 ; devenues un enjeu politique majeur avec la crise de 2008 et les Gilets jaunes.
Ce que le mot permet d'écrire — Notion à relier toujours à l'espace : le géographe étudie leur inscription territoriale. Faute à éviter : les réduire au seul revenu.
Ségrégation socio-spatiale
Séparation des groupes sociaux dans l'espace, qui se traduit par la concentration des ménages aisés dans certains quartiers et des ménages modestes dans d'autres.
À ne pas confondre
Discrimination — La discrimination est un traitement inégal d'une personne en raison d'un critère interdit ; la ségrégation est un résultat spatial, qui peut naître du marché du logement sans intention discriminatoire.
Selon l'époque et le point de vue — Notion étudiée par l'école de sociologie urbaine de Chicago dans les années 1920, puis reprise par les géographes pour analyser les villes européennes.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable à l'échelle intra-urbaine (Seine-Saint-Denis et Hauts-de-Seine, QPV). Faute à éviter : ne parler que des quartiers pauvres ; les quartiers aisés pratiquent aussi l'entre-soi.
Quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)
Quartier urbain d'au moins 1 000 habitants dont le revenu médian est très inférieur à un revenu de référence combinant le niveau national et celui de l'agglomération.
À ne pas confondre
Zone urbaine sensible (ZUS) — Les ZUS, créées en 1996, reposaient sur plusieurs critères ; les QPV, qui les remplacent au 1er janvier 2015, reposent sur le seul critère du revenu.
Selon l'époque et le point de vue — Créés par la loi Lamy du 21 février 2014 ; la liste est révisée périodiquement, la dernière carte étant entrée en vigueur le 1er janvier 2024.
Ce que le mot permet d'écrire — L'outil concret de la politique de la ville à citer dans toute copie sur les inégalités intra-urbaines. Faute à éviter : croire que tous les QPV sont en banlieue parisienne ; il y en a dans des villes moyennes et outre-mer.
Politique de la ville
Politique publique de l'État et des collectivités en faveur des quartiers urbains défavorisés : rénovation urbaine, éducation, emploi, sécurité, accès aux services.
À ne pas confondre
Aménagement du territoire — L'aménagement du territoire vise l'équilibre entre régions et entre villes et campagnes ; la politique de la ville cible des quartiers précis à l'intérieur des villes.
Selon l'époque et le point de vue — Née en 1977 avec les opérations « Habitat et vie sociale », renforcée après 1981 (Minguettes), dotée d'un ministère en 1990, de l'ANRU en 2003 et des QPV en 2014.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre la réponse publique aux inégalités locales. Faute à éviter : la présenter comme un succès ou un échec sans nuance ; les résultats sont débattus.
Métropolisation
Concentration des populations, des activités, des richesses et des fonctions de commandement dans les plus grandes villes.
À ne pas confondre
Urbanisation — L'urbanisation est la croissance de la population des villes en général ; la métropolisation concerne les villes du sommet de la hiérarchie urbaine.
Selon l'époque et le point de vue — Notion diffusée par les géographes dans les années 1990 pour analyser les effets de la mondialisation sur les villes.
Ce que le mot permet d'écrire — Explique la puissance de l'Île-de-France (près de 30 % du PIB) et l'attractivité de Lyon, Toulouse ou Bordeaux. Faute à éviter : oublier que les métropoles concentrent aussi de fortes poches de pauvreté.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Solde naturel / solde migratoire
Les deux composantes de la variation de population.
Ce qu'il débloque — Structure une partie sur la croissance : d'où viennent les habitants supplémentaires ?
Exemple — Sur le sujet « Les dynamiques démographiques de la France », il permet de montrer que le moteur de la croissance est passé des naissances aux migrations.
Croissance / vieillissement
Le nombre d'habitants et leur structure par âge évoluent différemment : on peut croître et vieillir à la fois.
Ce qu'il débloque — Évite de confondre deux phénomènes distincts dans un plan.
Exemple — Sur le sujet « La population française : quels défis ? », il permet de séparer le défi du nombre et le défi de l'âge.
Espaces attractifs / espaces en déprise
Opposition entre territoires qui gagnent des habitants et territoires qui en perdent.
Ce qu'il débloque — Organise une légende de croquis et une partie sur les contrastes territoriaux.
Exemple — Sur le sujet « Des dynamiques territoriales contrastées », il permet d'opposer littoraux et métropoles à la diagonale des faibles densités et au Nord-Est.
Hexagone / outre-mer
Deux ensembles aux trajectoires démographiques et sociales très différentes, et eux-mêmes hétérogènes.
Ce qu'il débloque — Rappelle d'intégrer les DROM à toute copie sur « la France ».
Exemple — Sur le sujet « Les inégalités socio-économiques en France », il permet de montrer que Mayotte (77 % de pauvres en 2018) change l'échelle du problème.
Inégalités sociales / inégalités territoriales
Les écarts entre groupes sociaux et les écarts entre lieux, qui se renforcent mutuellement.
Ce qu'il débloque — Fait passer de la sociologie à la géographie : où vivent les plus modestes, et pourquoi ?
Exemple — Sur le sujet « Les inégalités en France », il permet d'expliquer la ségrégation socio-spatiale par le prix du logement.
Égalité / équité
Traiter tout le monde de la même façon, ou donner plus à ceux qui ont moins pour compenser.
Ce qu'il débloque — Analyse la logique des politiques publiques (QPV, éducation prioritaire).
Exemple — Sur le sujet « Comment réduire les inégalités territoriales ? », il permet de justifier la géographie prioritaire, qui concentre des moyens sur certains quartiers.
Échelle nationale / échelle locale
Un phénomène change d'aspect selon l'échelle d'observation.
Ce qu'il débloque — Nuance une affirmation trop générale en fin de partie.
Exemple — Sur le sujet « Paris, une ville riche ? », il permet de montrer que la moyenne départementale masque des QPV et des écarts entre arrondissements.
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