L'Afrique australe : un espace en profonde mutation
Afrique du Sud et voisins, héritage de l'apartheid, ressources, risques, démographie, développement, mobilités (programme de géographie de 2nde)
À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « L'Afrique australe : un espace en profonde mutation » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Un espace régional contrasté, dominé par l'Afrique du Sud, L'héritage de l'apartheid inscrit dans l'espace, Des ressources abondantes, une valorisation inégale, Des milieux à ménager : eau, biodiversité, risques. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.
Document 1 — Des pays inégalement développés et inégalement avancés dans leurs transitions
Facile
Tableau statistique · D'après PNUD, Rapport sur le développement humain 2023-2024 (IDH de 2022), et Banque mondiale, World Development Indicators (population urbaine et fécondité, 2022). Valeurs arrondies.
Le PNUD publie chaque année l'indice de développement humain (IDH), qui combine santé, éducation et revenu sur une échelle de 0 à 1. Le tableau le rapproche de deux indicateurs des transitions urbaine et démographique étudiées dans le thème 2.
Pays
IDH 2022
Catégorie PNUD
Population urbaine (%)
Enfants par femme (ordre de grandeur)
Afrique du Sud
0,72
élevé
68
2,3
Botswana
0,71
élevé
72
2,8
Namibie
0,61
moyen
54
3,3
Zambie
0,57
moyen
45
4,2
Zimbabwe
0,55
moyen
32
3,4
Malawi
0,51
faible
18
3,8
Mozambique
0,46
faible
38
4,6
Analysez ce tableau pour montrer que les pays d'Afrique australe sont inégalement développés et inégalement avancés dans leurs transitions.
Présentez le document : nature, sources, date et indicateurs retenus.
Classez les pays selon leur IDH et distinguez des groupes.
Mettez en relation l'IDH, l'urbanisation et la fécondité : quelle tendance générale, quelle exception ?
Quelles sont les limites de ce document pour étudier le développement de la région ?
Voir la réponse rédigée
1. Ce document est un tableau statistique construit à partir de deux sources internationales : le Rapport sur le développement humain 2023-2024 du PNUD pour l'IDH, et les indicateurs de la Banque mondiale pour la part de la population urbaine et le nombre d'enfants par femme. Toutes les données portent sur l'année 2022 et sont arrondies. Il compare sept États d'Afrique australe, de l'Afrique du Sud au Malawi, à l'aide d'un indicateur de développement (l'IDH) et de deux indicateurs de transition (urbanisation et fécondité).
2. L'Afrique du Sud (0,72) et le Botswana (0,71) ont un développement humain « élevé » ; la Namibie (0,61), la Zambie (0,57) et le Zimbabwe (0,55) un développement « moyen » ; le Malawi (0,51) et le Mozambique (0,46) un développement « faible ». L'écart entre les extrêmes atteint 0,26 point. Les deux pays les plus développés sont au sud, riches en ressources minières (or et platine sud-africains, diamants du Botswana) ; le Mozambique, pourtant doté de charbon et de gaz, ferme la marche, ce qui montre que la ressource ne suffit pas à assurer le développement.
3. La tendance générale est nette : les pays à IDH élevé sont les plus urbanisés (68 % en Afrique du Sud, 72 % au Botswana) et les plus avancés dans la transition démographique (2,3 et 2,8 enfants par femme), tandis que le Mozambique cumule l'IDH le plus faible et la fécondité la plus forte (4,6). La ville facilite l'accès à l'école, aux soins et à la contraception, et rend l'enfant plus coûteux, ce qui fait baisser la fécondité. La relation n'est pourtant pas mécanique : le Malawi, pays le moins urbanisé (18 %), a une fécondité (3,8) plus basse que la Zambie (4,2), deux fois plus urbanisée (45 %). D'autres facteurs, comme les politiques de santé reproductive, interviennent.
4. Le document présente des moyennes nationales qui masquent les inégalités internes : l'IDH élevé de l'Afrique du Sud coexiste avec un indice de Gini d'environ 0,63 et avec de forts écarts entre townships, anciens bantoustans et quartiers aisés. Il donne une photographie d'une seule année, sans montrer les évolutions (recul de l'espérance de vie dû au VIH dans les années 2000, puis remontée). Enfin, il omet plusieurs États de la région (Angola, Lesotho, Eswatini) et arrondit des valeurs qui restent des estimations. Il faut donc le compléter par des données infranationales et des séries dans le temps.
Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau, c'est classer, calculer un écart, croiser deux colonnes pour dégager une tendance, chercher l'exception, puis dire ce que le document ne montre pas.
Document 2 — La loi de 1913 vue par un témoin : un peuple « paria sur la terre de sa naissance »
Moyen
Document d'époque : extrait et résumé d'un essai-témoignage · Solomon T. Plaatje, Native Life in South Africa, Before and Since the European War and the Boer Rebellion, Londres, P. S. King and Son, 1916, début du chapitre I (traduction).
Solomon Plaatje (1876-1932), journaliste et écrivain, est le premier secrétaire général du South African Native National Congress, fondé en 1912 et renommé ANC en 1923. Il rédige ce livre à Londres, où une délégation du Congrès est venue en 1914 demander en vain au gouvernement britannique d'intervenir.
Citation (traduction) : « En s'éveillant le vendredi matin 20 juin 1913, l'indigène sud-africain se trouva, non pas vraiment esclave, mais paria sur la terre de sa naissance. »
Résumé du propos de l'auteur : Plaatje explique que le Natives Land Act, promulgué la veille, interdit aux Africains noirs d'acheter ou de louer des terres en dehors des réserves qui leur sont attribuées, soit une faible part du territoire de l'Union sud-africaine alors qu'ils forment la majorité de la population. La loi frappe aussi le métayage, par lequel des familles noires cultivaient la terre de fermiers blancs contre une part de la récolte. Parcourant l'État libre d'Orange durant l'hiver austral de 1913, l'auteur décrit des familles expulsées des fermes, errant sur les routes avec leur bétail, sans lieu où s'établir ; il évoque notamment une famille qui perd un enfant en chemin. Il en appelle à l'opinion britannique pour obtenir l'abrogation de la loi.
Montrez que ce document permet de comprendre l'origine d'un héritage spatial encore visible dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui.
Présentez le document : auteur, nature, date, destinataires.
Que change la loi de 1913 selon l'auteur ? Expliquez l'expression « paria sur la terre de sa naissance ».
Montrez que cette loi organise durablement l'espace sud-africain jusqu'à la fin de l'apartheid.
En quoi cet héritage pèse-t-il encore aujourd'hui ? Appuyez-vous sur vos connaissances.
Voir la réponse rédigée
1. Ce document est un extrait d'un essai-témoignage publié à Londres en 1916 par Solomon Plaatje, journaliste et premier secrétaire général du South African Native National Congress, l'ancêtre de l'ANC. C'est un texte engagé : Plaatje s'adresse à l'opinion publique britannique, puissance dont dépend alors l'Union sud-africaine, pour obtenir l'abrogation d'une loi qu'il juge injuste. Il faut donc le lire comme un plaidoyer, appuyé sur des observations de terrain.
2. Selon Plaatje, le Natives Land Act, promulgué le 19 juin 1913, interdit aux Africains noirs d'acheter ou de louer des terres hors des réserves, qui représentent environ 7 % du territoire alors qu'ils forment près des deux tiers de la population. Il met aussi fin au métayage, qui permettait à des familles noires de cultiver des terres de fermiers blancs. L'expression « paria sur la terre de sa naissance » souligne le paradoxe : l'Africain n'est pas juridiquement esclave, mais il devient un exclu dans son propre pays, privé du droit de s'y établir librement. Les familles errant sur les routes de l'État libre d'Orange en sont l'illustration.
3. La loi de 1913 fixe une géographie durable. La superficie des réserves est portée à environ 13 % en 1936 ; après 1948, l'apartheid les transforme en bantoustans (loi de 1959), dont quatre sont proclamés « indépendants » entre 1976 et 1981. Trop exiguës et surpeuplées, ces réserves ne peuvent nourrir leurs habitants, contraints de partir travailler dans les mines du Witwatersrand ou les fermes blanches : la loi organise ainsi un réservoir de main-d'œuvre et des migrations de travail circulaires. L'espace se divise entre terres blanches productives et réserves rurales pauvres.
4. Cet héritage reste visible. La Constitution de 1996 prend explicitement le 19 juin 1913 comme date de référence pour la restitution des terres, preuve que la loi est reconnue comme l'origine des dépossessions. Pourtant, l'audit foncier officiel de 2017 montre que 72 % des exploitations agricoles détenues par des particuliers appartiennent à des Blancs, qui représentent 7,3 % de la population en 2022. Les anciens bantoustans, dans l'Eastern Cape ou le Limpopo, comptent parmi les espaces les plus pauvres du pays et alimentent l'exode rural vers le Gauteng. La réforme agraire reste lente et fait l'objet d'un débat vif.
Ce que cette analyse apprend — Un témoignage engagé se présente en identifiant l'auteur et son destinataire, s'explique par la loi qu'il dénonce, puis se prolonge jusqu'au présent pour montrer l'héritage.
Document 3 — Ressources, aménagements et flux en Afrique australe
Moyen
Carte de synthèse (décrite) · Carte de synthèse construite pour l'exercice, d'après USGS, Mineral Commodity Summaries 2024, et UNESCO, Liste du patrimoine mondial (2024).
Cette carte de synthèse rassemble à l'échelle régionale les éléments étudiés dans le cours. Elle sert de modèle au croquis demandé en fin de thème.
Fond de carte : Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Zimbabwe, Mozambique, Zambie, Malawi, Angola, Lesotho, Eswatini ; océan Atlantique à l'ouest, océan Indien à l'est ; fleuves Zambèze, Limpopo et Orange.
1. Des ressources inégalement réparties (figurés ponctuels) : or du Witwatersrand et platine du Bushveld, dans le nord-est de l'Afrique du Sud, autour de Johannesburg et Pretoria ; charbon du Mpumalanga (Afrique du Sud) et de Tete (Mozambique) ; diamants de Kimberley (Afrique du Sud), d'Orapa et de Jwaneng (Botswana) ; cuivre de la Copperbelt (nord de la Zambie) ; pétrole offshore au large de l'Angola ; gaz naturel du bassin du Rovuma (nord du Mozambique).
2. Des aménagements pour valoriser l'eau et l'énergie (figurés ponctuels et linéaires) : barrages de Kariba (frontière Zambie-Zimbabwe) et de Cahora Bassa (Mozambique) sur le Zambèze, avec une ligne à haute tension de Cahora Bassa vers l'Afrique du Sud ; barrage de Katse (Lesotho) et tunnel de transfert vers le bassin du Vaal et le Gauteng ; centrale nucléaire de Koeberg, près du Cap.
3. Des espaces protégés (figurés de surface) : parc Kruger et parc transfrontalier du Grand Limpopo (Afrique du Sud, Mozambique, Zimbabwe) ; zone de conservation KAZA (Angola, Botswana, Namibie, Zambie, Zimbabwe), qui englobe le delta de l'Okavango et les chutes Victoria.
4. Des flux (flèches) : corridors de transport vers les ports de Durban, Maputo, Walvis Bay et Lobito ; flèches de migrations de travail convergeant du Zimbabwe, du Mozambique, du Malawi et du Lesotho vers le Gauteng.
5. Des contraintes et des risques : aridité du Namib et du Kalahari (hachures) ; trajectoire du cyclone Idai (mars 2019), de Beira vers l'est du Zimbabwe.
À partir de cette carte, montrez que l'Afrique australe est un espace dont les milieux sont valorisés mais doivent être ménagés.
Présentez la carte : échelle, organisation de la légende, types de figurés.
Montrez que les ressources sont inégalement réparties et que les aménagements servent d'abord à les valoriser.
Relevez les éléments qui montrent la nécessité de ménager les milieux et de protéger les populations.
Expliquez la place centrale du Gauteng dans l'organisation de l'espace régional.
Voir la réponse rédigée
1. Il s'agit d'une carte de synthèse à l'échelle régionale, qui couvre dix États du sud du continent. Sa légende est organisée en cinq rubriques : ressources, aménagements, espaces protégés, flux, contraintes et risques. Elle combine des figurés ponctuels (gisements, barrages, centrale), linéaires (tunnel, ligne électrique, corridors), de surface (parcs, zones arides) et des flèches (flux). Cette organisation permet de mettre en relation la valorisation des milieux et leur fragilité.
2. Les ressources sont très inégalement réparties. Le nord-est de l'Afrique du Sud concentre l'or du Witwatersrand, le platine du Bushveld et le charbon du Mpumalanga : c'est le cœur minier et industriel de la région. Ailleurs dominent des ressources plus spécialisées : diamants du Botswana, cuivre de la Copperbelt zambienne, pétrole offshore angolais, charbon et gaz mozambicains. Les aménagements servent d'abord à valoriser ces richesses : les barrages du Zambèze produisent une électricité en partie exportée vers l'Afrique du Sud (ligne de Cahora Bassa), le tunnel de Katse alimente le Gauteng en eau, les corridors conduisent minerais et hydrocarbures vers les ports de Durban, Maputo, Walvis Bay et Lobito. La valorisation est donc tournée vers l'exportation et vers le pôle sud-africain.
3. La carte montre aussi des milieux contraignants et fragiles. L'aridité du Namib et du Kalahari limite l'occupation humaine à l'ouest, ce qui explique la nécessité de transférer l'eau. La trajectoire d'Idai rappelle l'exposition du littoral de l'océan Indien aux cyclones : Beira, port et débouché d'un corridor, a été dévastée en mars 2019. Enfin, les espaces protégés (Kruger, Grand Limpopo, KAZA) traduisent la volonté de ménager la biodiversité à l'échelle transfrontalière ; ils voisinent avec des barrages et des mines, ce qui peut créer des conflits d'usage, par exemple sur le Zambèze, qui traverse la zone KAZA en amont de Kariba.
4. Le Gauteng apparaît comme le centre de l'espace régional : les flèches de migrations de travail y convergent depuis quatre pays, l'eau du Lesotho et une partie de l'électricité du Zambèze y aboutissent, et les principaux corridors en partent vers Durban et Maputo. Il concentre les mines, les industries et les emplois, ce qui fait des pays voisins des périphéries qui lui fournissent main-d'œuvre, eau et énergie. La dépendance est toutefois réciproque : sans l'eau du Lesotho, le cœur économique sud-africain ne pourrait pas fonctionner.
Ce que cette analyse apprend — Analyser une carte, c'est partir de la légende, repérer les concentrations et les vides, puis relier les figurés entre eux pour faire apparaître un centre, des périphéries et des tensions.
Document 4 — La Constitution sud-africaine de 1996 face à l'héritage territorial de l'apartheid
Difficile
Texte constitutionnel (extraits, traduction) · Constitution de la République d'Afrique du Sud, adoptée le 8 mai 1996 par l'Assemblée constitutionnelle et promulguée le 10 décembre 1996 : préambule, article 25 (alinéas 5 et 7), article 27 (alinéa 1).
Rédigée par le Parlement élu lors des premières élections multiraciales de 1994, siégeant en Assemblée constitutionnelle, cette Constitution est promulguée par Nelson Mandela le 10 décembre 1996 à Sharpeville, lieu du massacre de 1960. Elle fonde l'Afrique du Sud post-apartheid.
Préambule : « Nous, le peuple d'Afrique du Sud, reconnaissons les injustices de notre passé ; honorons ceux qui ont souffert pour la justice et la liberté sur notre terre ; respectons ceux qui ont œuvré à bâtir et à développer notre pays ; et croyons que l'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, unis dans notre diversité. […] »
Article 25 (5) : « L'État doit prendre des mesures législatives et autres mesures raisonnables, dans la limite de ses ressources disponibles, pour favoriser des conditions permettant aux citoyens d'accéder à la terre sur une base équitable. »
Article 25 (7) : « Une personne ou une communauté dépossédée de ses biens après le 19 juin 1913 en raison de lois ou de pratiques racialement discriminatoires a droit, dans la mesure prévue par une loi du Parlement, soit à la restitution de ces biens, soit à une réparation équitable. »
Article 27 (1) : « Toute personne a le droit d'avoir accès : a) aux services de santé, y compris de santé reproductive ; b) à une nourriture et à une eau suffisantes ; c) à la sécurité sociale […]. »
Montrez comment la Constitution de 1996 entend répondre à l'héritage territorial de l'apartheid, puis confrontez ces principes aux réalités géographiques actuelles.
Présentez le document et expliquez pourquoi il retient la date du 19 juin 1913.
Montrez que ces articles répondent à l'héritage spatial de la ségrégation.
Confrontez ces principes aux réalités de l'accès à la terre et à l'eau depuis 1994.
Pourquoi la question foncière reste-t-elle un débat vif ? Présentez les positions en présence.
Voir la réponse rédigée
1. Ce document rassemble des extraits de la Constitution sud-africaine, texte juridique fondamental adopté le 8 mai 1996 et promulgué le 10 décembre 1996 par Nelson Mandela, premier président élu au suffrage universel sans distinction raciale. Le préambule marque une rupture : il reconnaît « les injustices de notre passé » et affirme que le pays « appartient à tous ceux qui y vivent », reprenant une formule de la Charte de la liberté de 1955. La date du 19 juin 1913 est celle du Natives Land Act, qui réservait aux Africains noirs environ 7 % des terres : la Constitution fait donc remonter la dépossession avant l'apartheid proprement dit (1948), à la ségrégation foncière du début du siècle.
2. Les articles répondent point par point à l'héritage spatial. L'article 25 (7) ouvre un droit à la restitution ou à une réparation pour les dépossédés, ce qui vise les expulsions liées à la loi de 1913, à la création des bantoustans et aux déplacements imposés par le Group Areas Act de 1950. L'article 25 (5) va plus loin : il charge l'État de favoriser un accès « équitable » à la terre, c'est-à-dire une redistribution. L'article 27 (1) garantit l'accès à la santé, à la nourriture et à une eau suffisante, dont les townships et les anciens bantoustans étaient souvent privés. Ces droits restent toutefois encadrés : l'État agit « dans la limite de ses ressources disponibles », ce qui en fait des objectifs progressifs.
3. Les réalités restent en retrait des principes. En 1994, le programme de reconstruction visait la redistribution de 30 % des terres agricoles en cinq ans ; cet objectif est loin d'être atteint, et l'audit foncier officiel de 2017 indique que 72 % des exploitations détenues par des particuliers appartiennent à des Blancs. Pour l'eau, des progrès réels ont été accomplis (raccordements, logements sociaux), mais de nombreux quartiers informels restent sans eau courante, et la crise du Cap en 2018, avec un rationnement à 50 litres par personne et par jour, a montré la fragilité de la ressource. Le droit ne suffit pas à effacer une géographie construite pendant près d'un siècle.
4. La question foncière reste vive parce qu'elle touche à la fois à la justice, à l'économie et à la production agricole. Une loi sur l'expropriation, signée en janvier 2025, autorise dans certains cas limités d'intérêt public une indemnisation nulle. Ses partisans y voient un outil pour accélérer une réforme jugée trop lente et réparer une injustice historique ; ses opposants, dont l'Alliance démocratique, pourtant membre du gouvernement de coalition formé en 2024, et des organisations agricoles, redoutent une atteinte au droit de propriété, une baisse des investissements et de la production, en invoquant l'exemple du Zimbabwe après 2000. Le débat oppose donc deux lectures de la Constitution, l'une centrée sur la réparation, l'autre sur la protection de la propriété.
Ce que cette analyse apprend — Face à un texte juridique, on explique ce que chaque article vise dans l'histoire, puis on confronte le droit aux faits observés, sans trancher un débat politique vif.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.