06 29 33 79 32 Je réserve ici
Français 2ⁿᵈᵉ

Ressources · 2ⁿᵈᵉ · Français

Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle

Objet d'étude : Le théâtre — histoire, formes et enjeux de l'art dramatique (programme de 2nde)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Une scène, un public, des contraintes : le cadre du XVIIe siècle, La tragédie classique et la querelle du Cid, La comédie : corriger les mœurs par le rire, Le XVIIIe siècle : Marivaux, le drame bourgeois, Beaumarchais. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.

Tragédie classique

Pièce en cinq actes et en vers, à sujet emprunté à l'Antiquité ou à l'histoire, dont les personnages de haut rang sont conduits au malheur par une passion ou une fatalité.

Synonymes

  • Drame antique — désigne le modèle grec dont la tragédie classique se réclame, mais qui comportait un chœur et ignorait la règle des cinq actes

Antonymes

  • Comédie — opposition de rang et de fin : personnages bourgeois, dénouement heureux, prose autorisée

À ne pas confondre

  • Tragi-comédie — la tragi-comédie garde le sujet noble mais multiplie les péripéties et finit bien : c'est le cas du Cid en 1637

Selon l'époque et le point de vue — Codifiée entre 1630 et 1660, elle atteint son point d'équilibre chez Racine (Andromaque, 1667 ; Phèdre, 1677), puis se fige au XVIIIe siècle avant d'être attaquée par les romantiques.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne dites pas seulement que le texte est une tragédie : montrez ce que le genre impose au personnage — l'impossibilité de sortir du lieu, le poids des vingt-quatre heures, l'interdiction de montrer la mort.

Comédie

Pièce qui met en scène des personnages ordinaires dans une intrigue à dénouement heureux, et dont le rire vise à faire reconnaître un travers.

Synonymes

  • Farce — la farce est une comédie courte, gestuelle et grossière : elle est une origine de la comédie, pas son équivalent

Antonymes

  • Tragédie — inversion complète du rang, du registre et de l'issue, mais Molière et Musset brouillent la frontière

À ne pas confondre

  • Comédie-ballet — la comédie-ballet ajoute musique et danse au texte parlé : Molière et Lully, Le Bourgeois gentilhomme, 1670

Selon l'époque et le point de vue — Genre bas au XVIIe siècle, elle devient chez Marivaux une analyse des sentiments, chez Beaumarchais une arme sociale, puis se démultiplie au XIXe en vaudeville.

Ce que le mot permet d'écrire — Le réflexe qui rapporte des points : préciser de quelle comédie il s'agit — de mœurs, de caractère, d'intrigue, de ballet — et dire contre qui le rire est dirigé.

Règle des trois unités

Principe classique exigeant une seule intrigue, une action tenant en vingt-quatre heures et un lieu unique.

Synonymes

  • Doctrine classique — terme plus large : la doctrine englobe aussi la vraisemblance et la bienséance, que la règle des trois unités ne recouvre pas

Antonymes

  • Liberté shakespearienne — modèle invoqué par les romantiques, qui multiplie les lieux et les années dans une même pièce

À ne pas confondre

  • Unité de ton — exigence supplémentaire, rarement nommée : elle interdit de mêler le comique au tragique, et c'est elle que Hugo attaque le plus fort

Selon l'époque et le point de vue — Tirée d'une lecture d'Aristote par les théoriciens français (Chapelain, d'Aubignac, 1657), versifiée par Boileau en 1674, abandonnée partiellement par Hugo en 1827.

Ce que le mot permet d'écrire — Écrivez ce que la règle produit, pas seulement qu'elle est respectée : le huis clos crée l'étouffement, l'urgence des vingt-quatre heures crée la précipitation du dénouement.

Vraisemblance

Exigence selon laquelle l'action représentée doit paraître croyable au spectateur, même si elle est historiquement fausse.

Synonymes

  • Crédibilité — mot courant sans portée théorique : la vraisemblance classique est une norme collective, pas une impression personnelle

Antonymes

  • Merveilleux — le merveilleux assume l'impossible (dieux, magie) ; il est toléré dans la tragédie lyrique, refusé dans la tragédie parlée

À ne pas confondre

  • Vérité historique — elles peuvent s'opposer : l'Académie reproche au Cid d'être vrai mais invraisemblable

Selon l'époque et le point de vue — Centrale dans la querelle du Cid (1638), elle cède au XIXe siècle devant la couleur locale, puis au XXe devant un théâtre qui revendique l'invraisemblable.

Ce que le mot permet d'écrire — Opposez-la explicitement à la vérité dans une copie : c'est la distinction qui montre au correcteur que vous avez compris la doctrine classique.

Bienséance

Règle interdisant de montrer sur scène ce qui choquerait le public — sang, violence, mort, geste indécent — et imposant un langage soutenu.

Synonymes

  • Décence dramatique — formulation moderne, plus étroite : la bienséance classique porte aussi sur le rang et le langage des personnages

Antonymes

  • Théâtre de la cruauté — Artaud, 1938 : il réclame au contraire un choc physique infligé au spectateur

À ne pas confondre

  • Censure — la censure est une interdiction extérieure (Tartuffe, 1664) ; la bienséance est une contrainte esthétique intériorisée

Selon l'époque et le point de vue — Elle impose le récit de messager au XVIIe siècle, recule avec le drame bourgeois, puis vole en éclats avec Hugo, Jarry et le théâtre du XXe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Servez-vous-en pour expliquer une absence : si la mort est racontée et non montrée, dites que la bienséance transforme l'action en parole, et analysez la parole obtenue.

Catharsis

Purgation des passions du spectateur par la terreur et la pitié, que la tragédie est censée produire selon Aristote.

Synonymes

  • Purgation des passions — traduction française du terme grec : à employer pour montrer que vous en connaissez le sens, pas comme un synonyme décoratif

Antonymes

  • Distanciation — la distanciation brechtienne veut empêcher l'identification que la catharsis suppose

À ne pas confondre

  • Pathétique — le pathétique est un registre, un effet du texte ; la catharsis est un effet supposé sur le spectateur

Selon l'époque et le point de vue — Notion héritée de la Poétique d'Aristote, centrale dans la théorie classique, contestée au XXe siècle par le théâtre épique.

Ce que le mot permet d'écrire — N'écrivez jamais que la pièce produit la catharsis : écrivez quels moyens du texte la visent — l'identification au héros, la montée de la pitié, la terreur du dénouement annoncé.

Tragi-comédie

Pièce à sujet noble et à dénouement heureux, riche en péripéties, en vogue dans la première moitié du XVIIe siècle.

Synonymes

  • Pièce à machines — partage le goût du spectaculaire, mais la pièce à machines désigne la technique scénique, pas la structure de l'intrigue

Antonymes

  • Tragédie régulière — action unique, fin malheureuse, soumission aux unités : exactement ce que la tragi-comédie ignore

À ne pas confondre

  • Drame — le drame mêle aussi les tons, mais avec des personnages non nobles et une visée sociale

Selon l'époque et le point de vue — Dominante vers 1630, elle est le sous-titre du Cid en 1637 ; la doctrine classique l'élimine, et Corneille reclasse sa pièce en tragédie en 1648.

Ce que le mot permet d'écrire — Le détail qui distingue une bonne copie : rappeler que la querelle du Cid porte sur une tragi-comédie, et que le reclassement de 1648 est déjà une victoire de la règle.

Comédie-ballet

Spectacle total mêlant comédie parlée, musique et danse, créé par Molière et Lully pour la cour.

Synonymes

  • Spectacle de cour — désigne le contexte de commande, non la forme précise en trois composantes

Antonymes

  • Tréteau nu — idéal inverse, défendu par Copeau au XXe siècle : rien que l'acteur et le texte

À ne pas confondre

  • Opéra — dans l'opéra, tout est chanté ; dans la comédie-ballet, le texte reste parlé et les intermèdes sont chantés ou dansés

Selon l'époque et le point de vue — Inventée avec Les Fâcheux (1661), elle culmine dans Le Bourgeois gentilhomme (1670) et Le Malade imaginaire (1673).

Ce que le mot permet d'écrire — Elle sert à montrer que le théâtre n'est pas seulement un texte : indiquez ce que l'intermède dansé ajoute à la satire du personnage.

Drame bourgeois

Genre intermédiaire théorisé par Diderot, qui met en scène des personnages de la société ordinaire définis par leur condition, en prose et avec une visée morale.

Synonymes

  • Genre sérieux — nom que Diderot emploie lui-même ; drame bourgeois est l'étiquette postérieure, plus sociale

Antonymes

  • Tragédie héroïque — rois et princes, vers, fatalité : le drame lui oppose le père de famille, la prose et la responsabilité

À ne pas confondre

  • Drame romantique — le romantique revient au sujet historique, au vers et au sublime ; le bourgeois reste domestique et en prose

Selon l'époque et le point de vue — Formulé dans Le Fils naturel (1757) et le Discours sur la poésie dramatique (1758), il prépare le mélodrame du XIXe siècle et le théâtre réaliste.

Ce que le mot permet d'écrire — Employez le mot condition : dire qu'un personnage vaut par son métier et sa place sociale, et non par un vice abstrait, est exactement la thèse de Diderot.

Drame romantique

Forme théâtrale définie par Hugo en 1827, qui mêle grotesque et sublime, rejette l'unité de temps et de lieu et cherche la couleur historique.

Synonymes

  • Théâtre en liberté — formule hugolienne tardive, qui désigne un théâtre affranchi même de la scène : elle radicalise le drame sans s'y confondre

Antonymes

  • Tragédie régulière — tout s'oppose : unités, séparation des tons, langue noble contre langue mêlée

À ne pas confondre

  • Mélodrame — le mélodrame des boulevards partage le spectaculaire mais vise l'émotion simple, sans ambition philosophique

Selon l'époque et le point de vue — Préparé par Stendhal (Racine et Shakespeare, 1823-1825), lancé par la Préface de Cromwell (1827) et Hernani (1830), épuisé après l'échec des Burgraves (1843).

Ce que le mot permet d'écrire — Ne l'invoquez pas comme une étiquette : montrez dans le texte un passage du sublime au trivial, ou un enjambement qui casse l'alexandrin, et nommez alors le drame.

Grotesque

Chez Hugo, catégorie du laid, du difforme et du bouffon, que le drame doit assumer à côté du beau.

Synonymes

  • Burlesque — le burlesque rabaisse volontairement le noble par un style vulgaire ; le grotesque hugolien est une part du réel, pas un procédé de style

Antonymes

  • Sublime — couple indissociable : chez Hugo, le grotesque n'a de sens que parce qu'il fait ressortir le sublime

À ne pas confondre

  • Comique — le comique cherche le rire ; le grotesque peut être effrayant, comme le bouffon difforme

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient des ornements italiens de la Renaissance ; Hugo en fait en 1827 une catégorie esthétique, reprise ensuite par Jarry et le XXe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Le piège est de traduire grotesque par ridicule. Dans une copie, écrivez que le grotesque est la part basse du réel que le drame refuse d'expulser.

Sublime

Ce qui élève et saisit d'admiration ou de terreur ; chez Hugo, la part haute du réel, inséparable du grotesque.

Synonymes

  • Grandiose — évalue une dimension ; le sublime suppose en plus un effet de saisissement sur celui qui regarde

Antonymes

  • Trivial — opposition de registre que le drame romantique s'emploie à faire coexister dans la même scène

À ne pas confondre

  • Beau — le beau plaît par l'harmonie ; le sublime bouleverse, et peut passer par la démesure ou l'effroi

Selon l'époque et le point de vue — Notion antique reprise au XVIIIe siècle, elle devient en 1827 l'un des deux pôles du drame romantique.

Ce que le mot permet d'écrire — Toujours en couple : repérez le vers sublime et la réplique triviale qui le suit, puis analysez l'effet de contraste — c'est là que se joue la démonstration.

Couleur locale

Ensemble des détails de décor, de costume, de langue et de mœurs qui donnent à une pièce l'apparence d'une époque et d'un pays précis.

Synonymes

  • Ancrage historique — formulation neutre ; couleur locale insiste sur le pittoresque et l'effet visuel, pas sur l'exactitude

Antonymes

  • Décor neutre — le vestibule indéterminé de la tragédie classique, qui efface volontairement tout ancrage

À ne pas confondre

  • Réalisme — le réalisme cherche le vrai quotidien ; la couleur locale cherche le caractéristique et le spectaculaire

Selon l'époque et le point de vue — Revendiquée par les romantiques contre l'abstraction classique, elle trouve son prolongement dans le naturalisme scénique d'Antoine (1887).

Ce que le mot permet d'écrire — Repérez-la dans les didascalies et les noms propres, puis dites ce qu'elle produit : l'illusion d'un monde étranger, qui justifie des mœurs que le public n'accepterait pas chez lui.

Mise en scène

Interprétation d'ensemble d'un texte dramatique par un metteur en scène, qui règle le jeu, l'espace, la lumière et le rythme.

Synonymes

  • Scénographie — la scénographie ne concerne que l'espace et le décor ; la mise en scène englobe aussi la direction d'acteurs

Antonymes

  • Texte seul — le théâtre lu, comme le spectacle dans un fauteuil de Musset (1832), se prive volontairement de la scène

À ne pas confondre

  • Représentation — une représentation est une soirée particulière ; la mise en scène est le parti pris qui les gouverne toutes

Selon l'époque et le point de vue — La fonction naît à la fin du XIXe siècle avec Antoine (1887) et Lugné-Poe (1893), s'affirme avec Copeau et le Cartel, et domine le théâtre du XXe siècle.

Ce que le mot permet d'écrire — Si l'on vous soumet une photographie de mise en scène, comparez-la aux didascalies du texte : l'écart entre les deux est le sujet de votre analyse.

Quatrième mur

Convention selon laquelle les acteurs jouent comme si une paroi invisible les séparait du public, qu'ils ignorent.

Synonymes

  • Illusion théâtrale — notion plus large : le quatrième mur est le moyen scénique par lequel l'illusion est entretenue

Antonymes

  • Adresse au public — le personnage qui se tourne vers la salle brise la paroi : prologue, aparté assumé, théâtre épique

À ne pas confondre

  • Double énonciation — la double énonciation existe toujours, même avec un quatrième mur : le spectateur entend ce que le personnage ignore

Selon l'époque et le point de vue — Formalisé par le naturalisme d'Antoine au Théâtre-Libre (1887), il est systématiquement rompu au XXe siècle, de Jarry à Brecht.

Ce que le mot permet d'écrire — Quand un texte le brise, ne dites pas seulement que le personnage parle au public : dites ce que la rupture retire au spectateur — son confort d'observateur invisible.

Distanciation

Procédé qui empêche le spectateur de s'identifier au personnage pour l'amener à juger ce qui est montré.

Synonymes

  • Effet de rupture — décrit le moyen sans la finalité : la distanciation vise explicitement un spectateur critique et politique

Antonymes

  • Identification — mécanisme de la catharsis, que la distanciation cherche précisément à interrompre

À ne pas confondre

  • Théâtre dans le théâtre — le théâtre dans le théâtre dévoile l'artifice mais peut renforcer le plaisir de l'illusion ; la distanciation le refuse

Selon l'époque et le point de vue — Théorisée par Bertolt Brecht dans les années 1930 au sein du théâtre épique, elle irrigue une grande partie de la mise en scène européenne après 1945.

Ce que le mot permet d'écrire — Cherchez les signes concrets : une pancarte, un chant qui commente, un acteur qui annonce la suite. Puis nommez l'effet : le spectateur cesse de pleurer et se met à juger.

Théâtre de l'absurde

Expression critique désignant un ensemble de pièces des années 1950 où l'intrigue se vide, le langage tourne à vide et l'attente remplace l'action.

Synonymes

  • Anti-théâtre — sous-titre revendiqué par certaines pièces de l'époque : il insiste sur le refus des conventions, non sur le thème de l'absurde

Antonymes

  • Théâtre à thèse — le théâtre à thèse démontre une idée claire ; l'absurde met en scène l'impossibilité de conclure

À ne pas confondre

  • Théâtre existentialiste — Sartre et Camus traitent l'absurde dans des pièces de forme classique ; l'absurde des années 1950 défait la forme elle-même

Selon l'époque et le point de vue — L'étiquette est donnée a posteriori par la critique aux pièces de Beckett, Ionesco et Adamov créées à Paris à partir de 1950.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne concluez jamais que la pièce ne veut rien dire : montrez comment le vide est construit — répétitions, questions sans réponse, didascalies qui annulent l'action.

Querelle littéraire

Affrontement public de textes critiques autour d'une œuvre, qui aboutit à fixer ou à déplacer les règles d'un genre.

Synonymes

  • Polémique — la polémique peut rester personnelle ; la querelle littéraire engage une doctrine et laisse des textes théoriques

Antonymes

  • Consensus critique — situation où la norme va de soi et n'a plus besoin d'être écrite : c'est le classicisme des années 1670

À ne pas confondre

  • Bataille théâtrale — la bataille d'Hernani (1830) se livre dans la salle, par le chahut ; la querelle du Cid se livre par pamphlets

Selon l'époque et le point de vue — Querelle du Cid (1637-1638), querelle de L'École des femmes (1663), querelle des Anciens et des Modernes (fin XVIIe), bataille d'Hernani (1830) : le théâtre français avance par conflits.

Ce que le mot permet d'écrire — Une querelle n'est jamais un détail anecdotique : dites toujours quelle règle elle met en jeu et quel camp elle fait gagner.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Règle / liberté

Opposition entre un théâtre qui se donne des contraintes explicites et un théâtre qui les refuse au nom de la vérité.

Ce qu'il débloque — Elle donne l'axe de quatre siècles : chaque génération se définit par sa position sur cette ligne.

Exemple — Sur la Préface de Cromwell (1827), elle sépare ce que Hugo rejette (unités de temps et de lieu) de ce qu'il conserve (unité d'action).

Vraisemblance / vérité

Le vraisemblable est ce que le public accepte de croire ; le vrai est ce qui a eu lieu. Les deux peuvent s'opposer.

Ce qu'il débloque — Elle permet d'expliquer un reproche classique sans le juger anachroniquement.

Exemple — Sur Le Cid, elle éclaire l'arbitrage de 1638 : le mariage de Chimène est historique, donc vrai, et pourtant jugé invraisemblable.

Rire / corriger

Le comique peut viser le seul divertissement ou une portée morale et sociale.

Ce qu'il débloque — Elle sert à mesurer l'ambition d'une comédie et à éviter de traiter toute pièce drôle de la même façon.

Exemple — De la farce médiévale au monologue de Figaro (1784), le rire passe du coup de bâton à l'attaque du privilège de naissance.

Grotesque / sublime

Les deux pôles du réel selon Hugo, que le drame doit faire coexister au lieu de les séparer par genres.

Ce qu'il débloque — Elle donne un critère concret : repérer dans une même scène un passage brusque du haut au bas.

Exemple — Dans Hernani (1830), le bandit proscrit tient un langage héroïque : le couple explique le scandale de 1830 mieux que toute généralité.

Texte / scène

Un même texte peut être considéré comme une œuvre à lire ou comme la partition d'une représentation.

Ce qu'il débloque — Elle justifie de confronter didascalies, mise en scène et effet sur le spectateur au lieu de commenter le texte comme un poème.

Exemple — Musset publie Un spectacle dans un fauteuil (1832) pour la lecture ; Antoine, en 1887, fait l'inverse et subordonne le texte au plateau.

Illusion / distance

Le spectateur peut être invité à croire à ce qu'il voit ou, au contraire, à en rester conscient pour le juger.

Ce qu'il débloque — Elle trie les procédés de rupture : adresse au public, pancarte, décor visible, acteur qui commente.

Exemple — Le quatrième mur d'Antoine (1887) et la distanciation brechtienne occupent les deux extrémités de cet axe.

Héros / anti-héros

Le personnage central peut concentrer une grandeur exemplaire ou, au contraire, une impuissance et une médiocrité.

Ce qu'il débloque — Elle donne un fil de lecture historique : la dévaluation progressive du protagoniste.

Exemple — De Rodrigue en 1637 au père Ubu en 1896, puis aux personnages qui attendent sans agir dans les pièces des années 1950.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de français à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs