Expression écrite et orale : reformulation, paraphrase, prise de parole
Maîtriser la reformulation et la prise de parole en lycée général de 2nde : méthodes et outils pour l'écrit et l'oral
À propos de cette page
Ce lexique sur « Expression écrite et orale : reformulation, paraphrase, prise de parole » en seconde donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Reformuler : conserver le sens, changer la formulation, Les outils de la reformulation : lexique, syntaxe, longueur, Les outils de cohésion textuelle : reprises, connecteurs, progression, Contracter un texte : l'exercice de contraction et la synthèse. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de seconde.
Reformulation
Opération qui redit un contenu avec d'autres mots en conservant son sens. Elle porte sur le lexique, la syntaxe ou la longueur, jamais sur l'idée.
Synonymes
Traduction intralinguale — terme technique : dire la même chose dans la même langue ; la reformulation scolaire en est la forme ordinaire
Transposition — insiste sur le changement de forme (de voix, de catégorie grammaticale), quand reformulation désigne l'opération entière
Antonymes
Citation — la citation conserve les mots exacts, la reformulation les remplace tous
Déformation — la déformation change le sens, ce qui est précisément ce que la reformulation interdit
À ne pas confondre
Paraphrase — la paraphrase est une reformulation qui n'ajoute rien : en copie, elle occupe la place de l'analyse
Résumé — le résumé reformule et réduit ; une reformulation peut être aussi longue, voire plus longue, que l'original
Selon l'époque et le point de vue — L'exercice remonte aux progymnasmata de la rhétorique grecque et romaine, où l'élève devait redire une fable de plusieurs manières avant de composer lui-même. L'école française l'a conservé sous le nom d'explication, puis de contraction.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie, la reformulation sert à préparer l'analyse, jamais à la remplacer : on reformule pour poser clairement ce que dit le texte, puis on explique comment il le dit. Faute à éviter : reformuler en appauvrissant le verbe de l'auteur.
Paraphrase
Reformulation d'un texte qui n'apporte aucune information nouvelle sur son écriture ni sur son effet. Outil de compréhension en amont, faute lourde dans une copie de commentaire.
Synonymes
Glose — la glose explicite un mot difficile et reste légitime ; la paraphrase redit l'ensemble sans rien éclairer
Redite — terme courant et péjoratif, qui ne dit pas que la formulation a changé
Antonymes
Analyse — l'analyse nomme un procédé et son effet, là où la paraphrase se contente de retraduire le contenu
Interprétation — l'interprétation propose un sens que le texte ne dit pas explicitement, la paraphrase ne dit que ce qui est déjà dit
À ne pas confondre
Reformulation — toute paraphrase est une reformulation, l'inverse est faux : c'est l'absence d'apport qui fait la paraphrase
Périphrase — la périphrase remplace un mot par un groupe, la paraphrase reprend un texte entier
Selon l'époque et le point de vue — Le terme est d'abord neutre et désigne, du XVIe au XVIIIe siècle, la mise en langue courante d'un texte sacré ou antique. Sa valeur péjorative est scolaire et récente : elle naît avec l'exercice moderne du commentaire composé.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans la copie, écrivez : « le poète personnifie la rivière qui chante, ce qui rend la nature accueillante » et non « le poète dit qu'il y a une rivière qui fait du bruit ». Test : si l'on barre votre phrase et que le lecteur ne perd rien, c'était de la paraphrase.
Périphrase
Groupe de mots employé à la place d'un nom unique, pour le désigner par une de ses propriétés. Figure de substitution et outil de reprise.
Synonymes
Circonlocution — insiste sur le détour, souvent jugé excessif ; la périphrase littéraire est valorisante
Antonymes
Dénomination directe — nommer Flaubert par son nom, au lieu de l'appeler l'auteur de Madame Bovary
À ne pas confondre
Métaphore — la périphrase décrit par une propriété réelle, la métaphore transporte une image : l'auteur des Fleurs du mal est une périphrase, l'albatros un symbole
Métonymie — la métonymie remplace par un seul mot contigu (boire un verre), la périphrase par un groupe descriptif
Selon l'époque et le point de vue — La poésie classique en fait un ornement obligé : au XVIIe et au XVIIIe siècle, on écrit « l'astre du jour » pour le soleil. Le romantisme, avec Hugo, revendique au contraire le mot propre — appeler un cochon un cochon, dit la préface des Odes et Ballades.
Ce que le mot permet d'écrire — À l'écrit, la périphrase évite la répétition tout en apportant une information (« le dramaturge », « le poète des Contemplations »). Faute à éviter : la périphrase creuse, du type « cet immense écrivain », qui n'apprend rien au lecteur.
Synonymie
Relation entre deux mots de sens proche, substituables dans certains contextes seulement. Il n'existe pratiquement pas de synonymes parfaits en français.
Synonymes
Équivalence lexicale — terme de linguistique, plus large : il inclut les équivalences de groupes de mots et pas seulement de mots
Antonymes
Antonymie — relation de sens contraire ; l'antonymie sert aussi à reformuler, par négation (« il n'est pas inconnu » pour « il est célèbre »)
Polysémie — la polysémie concerne un seul mot à plusieurs sens, la synonymie plusieurs mots à un sens proche
À ne pas confondre
Hyperonymie — l'hyperonyme est plus général (fleur / rose), le synonyme est de même niveau (rose / églantine n'en est pas un)
Selon l'époque et le point de vue — Les dictionnaires de synonymes apparaissent au XVIIIe siècle (Girard, 1718) avec un but explicite : montrer que les prétendus synonymes diffèrent toujours par une nuance. La leçon vaut encore.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans une reformulation, vérifiez que le synonyme garde la force du mot d'origine et son registre. Faute classique : remplacer « détruire » par « diminuer », ce qui affaiblit la thèse de l'auteur.
Hyperonyme
Mot dont le sens englobe celui d'autres mots plus précis, appelés hyponymes : fleur est l'hyperonyme de rose, tulipe, lilas.
Synonymes
Terme générique — formulation courante, moins précise : générique s'oppose à particulier, hyperonyme se définit par une relation d'inclusion
Antonymes
Hyponyme — le mot plus précis inclus dans l'hyperonyme ; passer de l'hyperonyme à l'hyponyme, c'est préciser, non reformuler
À ne pas confondre
Synonyme — le synonyme est de même extension, l'hyperonyme est plus large : toute reprise par hyperonyme perd de l'information
Selon l'époque et le point de vue — La notion vient de la sémantique structurale du XXe siècle, qui décrit le lexique comme un réseau hiérarchisé plutôt que comme une liste.
Ce que le mot permet d'écrire — L'hyperonyme est l'outil de reprise le plus économique : « Rouen » repris par « cette ville », « la rose et le lilas » repris par « ces fleurs ». Faute à éviter : un hyperonyme si vague (« cette chose », « cet élément ») qu'il ne reprend plus rien.
Nominalisation
Transformation d'un verbe ou d'un adjectif en nom : détruire donne la destruction, clair donne la clarté. Elle condense une proposition entière en un groupe nominal.
Synonymes
Substantivation — synonyme technique, employé surtout pour les adjectifs et les infinitifs devenus noms (le beau, le devenir)
Antonymes
Verbalisation — opération inverse, qui redéploie un nom abstrait en proposition ; elle sert à rendre un texte plus concret et plus oral
À ne pas confondre
Abstraction — la nominalisation est un procédé grammatical, l'abstraction un effet de sens qu'elle produit souvent mais pas toujours
Selon l'époque et le point de vue — Les langues savantes et administratives françaises la multiplient depuis le XIXe siècle ; les écrivains du XXe siècle lui opposent volontiers la phrase verbale, plus rapide.
Ce que le mot permet d'écrire — C'est l'outil de la contraction : quatre lignes de texte se ramènent souvent à un groupe nominal. Faute à éviter : empiler les nominalisations, ce qui produit une phrase abstraite où l'on ne sait plus qui fait quoi.
Reprise pronominale
Reprise d'un élément déjà nommé par un pronom (il, elle, celui-ci, en, y, le, lui). Outil de cohésion le plus fréquent et le plus fragile.
Synonymes
Anaphore pronominale — terme de grammaire de texte ; à ne pas confondre avec l'anaphore figure de style
Antonymes
Répétition — la répétition redit le nom entier ; elle est parfois préférable quand le pronom deviendrait ambigu
Cataphore — la cataphore annonce à l'avance (« il est immense, ce roman »), la reprise renvoie en arrière
À ne pas confondre
Anaphore (figure) — la figure répète un même mot en tête de plusieurs phrases ou vers, à des fins d'insistance ; la reprise pronominale évite au contraire la répétition
Reprise nominale — la reprise nominale apporte une information nouvelle, le pronom n'en apporte aucune
Selon l'époque et le point de vue — La grammaire de texte, développée à partir des années 1970, a fait de la chaîne des reprises l'objet central de l'analyse de la cohésion, là où la grammaire traditionnelle s'arrêtait à la phrase.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie, chaque pronom doit renvoyer à un antécédent unique et proche. Faute à éviter : « il » désignant tantôt l'auteur, tantôt le personnage, dans le même paragraphe.
Reprise nominale
Reprise d'un élément déjà nommé par un groupe nominal qui le redésigne en y ajoutant une information : Zola repris par le romancier, puis par le polémiste.
Synonymes
Substitut lexical — insiste sur le remplacement du mot ; la reprise nominale souligne en plus la continuité du texte
Antonymes
Reprise pronominale — opposition d'outil : le pronom est neutre, la reprise nominale qualifie
À ne pas confondre
Périphrase — la périphrase peut apparaître dès la première mention, la reprise nominale suppose par définition une mention antérieure
Selon l'époque et le point de vue — Le procédé est un marqueur de la prose journalistique du XIXe siècle, qui doit renommer sans cesse des personnages connus du lecteur, et que la presse contemporaine a conservé.
Ce que le mot permet d'écrire — Elle permet de faire progresser l'analyse sans nouvelle phrase : nommer Hugo « le député », puis « l'orateur », oriente déjà la lecture. Faute à éviter : une reprise fausse, qui attribue à l'auteur une qualité que le texte ne justifie pas.
Connecteur logique
Mot ou locution qui explicite la relation entre deux idées : addition, opposition, cause, conséquence, concession, conclusion.
Synonymes
Mot de liaison — formulation scolaire plus large, qui englobe les simples marqueurs de succession (d'abord, ensuite)
Articulateur — terme employé surtout pour l'oral et l'argumentation
Antonymes
Juxtaposition — la juxtaposition laisse la relation implicite, au lecteur de la reconstruire
Asyndète — suppression volontaire du connecteur, à visée stylistique : elle accélère le rythme
À ne pas confondre
Conjonction de coordination — catégorie grammaticale ; beaucoup de connecteurs sont des adverbes (cependant, ainsi) ou des locutions (c'est pourquoi)
Selon l'époque et le point de vue — La rhétorique antique les rangeait dans la dispositio, l'art de l'ordre. Le XVIIe siècle classique en fait un critère de clarté ; le XXe siècle romanesque les supprime volontiers pour imiter le flux de la pensée.
Ce que le mot permet d'écrire — Employez-les avec parcimonie mais exactement : « or » introduit une objection, « en effet » une explication, « ainsi » un exemple ou une conclusion. Faute à éviter : le connecteur décoratif, qui annonce une relation que la phrase ne tient pas.
Progression thématique
Manière dont un texte enchaîne ses phrases en repartant de ce qui est connu (le thème) pour y ajouter du nouveau (le propos).
Synonymes
Enchaînement thématique — formulation équivalente, moins technique
Antonymes
Rupture thématique — changement de sujet non préparé ; elle peut être une faute, ou un effet voulu dans un texte poétique
À ne pas confondre
Cohérence — la cohérence concerne le sens global et la logique du propos, la progression thématique le seul enchaînement des phrases
Cohésion — la cohésion est l'ensemble des outils (reprises, connecteurs) ; la progression est le résultat qu'ils produisent
Selon l'époque et le point de vue — La description en trois types — progression linéaire, à thème constant, à thèmes dérivés — vient de l'école linguistique de Prague et a été reprise par l'enseignement du français dans les années 1980.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans un paragraphe de commentaire, la progression est à thème constant : toutes les phrases parlent du même procédé. Faute à éviter : un paragraphe qui change de sujet à chaque phrase et n'analyse rien jusqu'au bout.
Contraction de texte
Réduction d'un texte argumentatif au quart de sa longueur, entièrement reformulée, fidèle à la thèse, aux étapes et à leur ordre.
Synonymes
Résumé — le résumé est libre de longueur et de forme ; la contraction impose le nombre de mots et l'ordre du texte
Antonymes
Développement — opération inverse, qui explicite et allonge ; elle sert à l'oral, où l'on doit reprendre plus qu'à l'écrit
Commentaire — le commentaire ajoute un point de vue, la contraction l'interdit absolument
À ne pas confondre
Synthèse — la synthèse confronte plusieurs textes entre eux, la contraction n'en traite qu'un et n'y ajoute rien
Selon l'époque et le point de vue — L'exercice du résumé de texte est un classique des concours français depuis le XIXe siècle ; la contraction sous sa forme actuelle, avec nombre de mots imposé, est la version retenue par l'examen contemporain.
Ce que le mot permet d'écrire — On écrit « la misère peut être supprimée, non seulement réduite » et non « l'auteur affirme que la misère peut être supprimée ». Faute à éviter : les formules de reportage (« selon l'auteur », « le texte explique que »), qui consomment des mots et trahissent l'exercice.
Citation intégrée
Citation insérée dans la syntaxe de la phrase du commentateur, entre guillemets, sans rompre la construction grammaticale.
Synonymes
Citation tissée — image pédagogique courante, qui insiste sur la continuité du fil de la phrase
Antonymes
Citation détachée — citation posée après deux-points ou en retrait ; acceptable pour un vers entier, lourde pour un mot isolé
Plagiat — reprise sans guillemets ni référence ; le contraire exact de la citation, qui affiche son emprunt
À ne pas confondre
Reformulation — la citation garde les mots, la reformulation les remplace ; une bonne analyse alterne les deux
Selon l'époque et le point de vue — L'usage des guillemets pour marquer l'emprunt se généralise en France au XVIIIe siècle ; l'exigence de référence précise (auteur, œuvre, date) est une norme scolaire et universitaire moderne.
Ce que le mot permet d'écrire — Écrivez : le poète fait de ce lieu « un trou de verdure », et l'écart entre les deux mots suffit à créer le malaise. Faute à éviter : citer plus de deux lignes d'affilée, ce qui revient à laisser le texte parler à votre place.
Registre de langue
Niveau de formulation adapté à la situation de communication : familier, courant, soutenu. Il se marque dans le lexique, la syntaxe et la prononciation.
Synonymes
Niveau de langue — formulation scolaire équivalente ; « registre de langue » est le terme de la grammaire actuelle
Antonymes
Registre littéraire — faux ami : le registre littéraire (tragique, comique, lyrique) désigne l'effet visé, non le niveau de langue
À ne pas confondre
Ton — le ton est l'attitude de celui qui parle (ironique, grave), le registre de langue est un niveau de formulation
Selon l'époque et le point de vue — Molière joue systématiquement de ces écarts : dans Le Bourgeois gentilhomme (1670), le décalage entre le parler de Monsieur Jourdain et celui de ses maîtres est le ressort comique principal.
Ce que le mot permet d'écrire — À l'oral scolaire, on vise le courant tenu ; à l'écrit, le courant ou le soutenu. Faute à éviter : le soutenu artificiel — subjonctifs imparfaits et mots rares mal employés — qui se repère immédiatement.
Modalisation
Ensemble des marques par lesquelles celui qui parle indique son degré d'adhésion à ce qu'il dit : verbes (sembler, devoir), adverbes (peut-être, certainement), conditionnel.
Synonymes
Marque de subjectivité — plus large : inclut le lexique évaluatif (magnifique, déplorable), qui n'est pas à proprement parler une modalisation
Antonymes
Assertion — l'assertion pose le fait sans nuance ; c'est le degré zéro de la modalisation
Objectivité — effacement volontaire des marques de celui qui parle, attendu dans la contraction
À ne pas confondre
Point de vue — le point de vue est le foyer par lequel le récit est perçu ; la modalisation, une marque grammaticale ponctuelle
Selon l'époque et le point de vue — La notion, issue de la logique modale, entre dans la grammaire scolaire française avec l'étude de l'énonciation dans les années 1980 ; elle est devenue centrale pour l'analyse des textes d'idées et de la presse.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie, la modalisation permet de proposer une interprétation sans la durcir : « ce rythme semble imiter l'essoufflement ». Faute à éviter : tout modaliser, ce qui donne une analyse qui n'ose rien affirmer.
Prosodie
Ensemble des traits sonores de la parole : débit, volume, intonation, accentuation, pauses. Elle porte une part du sens que l'écrit confie à la ponctuation.
Synonymes
Diction — la diction désigne la manière de dire un texte, la prosodie les paramètres sonores eux-mêmes
Antonymes
Ponctuation — équivalent écrit et partiel : la virgule note une pause, mais rien ne note l'intonation
À ne pas confondre
Rythme (en poésie) — en versification, le rythme se mesure en syllabes et en accents fixés par le vers ; la prosodie orale varie avec celui qui parle
Selon l'époque et le point de vue — La rhétorique antique en fait la cinquième partie de l'art oratoire, l'actio, que Quintilien juge décisive : un discours mal dit échoue quelles que soient ses idées.
Ce que le mot permet d'écrire — À l'oral, réglez trois paramètres seulement : ralentir sur l'idée importante, marquer une pause après une phrase longue, lever le regard en fin de phrase. Faute à éviter : le débit uniforme, qui efface la structure du propos.
Captatio benevolentiae
Ouverture d'un discours destinée à gagner la bienveillance de l'auditoire, par la modestie, l'éloge ou l'accord initial sur un point admis.
Synonymes
Exorde — l'exorde est la partie entière qui ouvre le discours ; la captatio en est la fonction principale
Antonymes
Attaque frontale — ouverture qui prend l'auditoire à contre-pied ; Zola l'emploie dans « J'accuse… ! » (1898), où l'accusation remplace l'amadouement
À ne pas confondre
Péroraison — la péroraison clôt le discours et cherche l'émotion finale, la captatio l'ouvre et cherche l'écoute
Selon l'époque et le point de vue — Codifiée par la rhétorique latine, elle structure encore le discours politique du XIXe siècle : Hugo ouvre son discours sur la misère (9 juillet 1849) par une concession — il ne prétend pas supprimer la souffrance — avant de poser sa thèse.
Ce que le mot permet d'écrire — À l'oral scolaire, une captatio tient en une phrase : une question, un fait précis, une concession. Faute à éviter : l'ouverture par des excuses (« je n'ai pas eu le temps »), qui ruine l'écoute au lieu de la gagner.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Reformuler / paraphraser
Les deux opérations changent les mots ; seule la première ajoute quelque chose au lecteur.
Ce qu'il débloque — Sépare l'analyse de la redite dans un paragraphe de commentaire, et fournit le critère de correction le plus rapide d'une copie.
Exemple — Sur « Le Dormeur du val » (Rimbaud, 1870), dire que le soldat dort au soleil est une paraphrase ; montrer que le présent et les verbes de repos installent une illusion que le dernier vers détruit est une analyse.
Contracter / commenter
Contracter, c'est se retirer du texte ; commenter, c'est s'y ajouter.
Ce qu'il débloque — Permet de trancher tous les doutes de rédaction dans l'exercice de contraction : toute phrase où l'on perçoit un jugement est à supprimer.
Exemple — Sur un texte de Rousseau (Discours sur l'origine de l'inégalité, 1755), « l'inégalité naît de la propriété » est une contraction ; « Rousseau soutient de façon convaincante que… » est un commentaire déguisé.
Citer / reprendre
La citation conserve les mots du texte, la reprise les remplace par un substitut qui fait avancer l'analyse.
Ce qu'il débloque — Règle l'alternance d'un paragraphe : une citation courte, puis des reprises, plutôt qu'une accumulation de guillemets.
Exemple — Sur Les Misérables (Hugo, 1862), on cite un mot du portrait, puis on reprend par « le personnage », « le forçat », « l'homme traqué » selon ce que l'on veut souligner.
Écrit / oral
L'écrit autorise le retour en arrière, l'oral non : l'oral doit donc annoncer, répéter et baliser ce que l'écrit peut laisser implicite.
Ce qu'il débloque — Explique pourquoi une bonne copie lue à voix haute est un mauvais exposé, et inversement.
Exemple — Dans son discours du 9 juillet 1849, Hugo répète l'adresse « messieurs » et reprend son verbe clé — « je dis détruire » — précisément parce que l'auditoire ne peut pas relire.
Thème / propos
Le thème est ce dont la phrase parle et qui est déjà connu ; le propos est l'information nouvelle qu'elle apporte.
Ce qu'il débloque — Sert à diagnostiquer un paragraphe confus : si le thème change à chaque phrase, le paragraphe n'analyse rien.
Exemple — Dans une analyse de Madame Bovary (Flaubert, 1857), le thème reste « l'imparfait » sur cinq phrases, et chaque phrase en ajoute un effet nouveau.
Explicite / implicite
L'explicite est ce que le texte dit ; l'implicite est ce qu'il laisse entendre sans le dire, par présupposé, sous-entendu ou connotation.
Ce qu'il débloque — Permet de savoir ce qu'une reformulation a le droit d'ajouter : expliciter un implicite est une interprétation, qui doit être justifiée.
Exemple — Dans Le Mariage de Figaro (Beaumarchais, 1784), les répliques de Figaro sur la naissance ne critiquent jamais explicitement la noblesse : la charge est tout entière dans l'implicite.
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