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Spécialité SVT 1ʳᵉ

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Les enzymes, des biomolécules aux propriétés catalytiques

Catalyse enzymatique, complexe enzyme-substrat, spécificité, influence de la température et du pH, activité enzymatique et phénotype (thème Transmission, variation et expression du patrimoine génétique)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Les enzymes, des biomolécules aux propriétés catalytiques » en première permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité SVT. Ils suivent le programme officiel de première et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, Les enzymes, des protéines catalytiques, Une double spécificité, Suivre une réaction enzymatique : la vitesse initiale. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité SVT en première.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — L'uréase, une enzyme du soja

Facile

L'uréase, extraite de graines de soja, catalyse la réaction : urée + eau → dioxyde de carbone + ammoniac. On prépare deux tubes contenant la même solution d'urée et un indicateur coloré de pH. Dans le tube 1, on ajoute quelques gouttes d'extrait d'uréase ; dans le tube 2, le même volume d'eau. En quelques minutes, le tube 1 vire au rose (le pH augmente à cause de l'ammoniac formé) ; le tube 2 ne change pas de couleur.

  1. a) Identifier le substrat, les produits et l'enzyme de cette réaction.
  2. b) Expliquer pourquoi l'uréase n'apparaît pas dans l'équation-bilan de la réaction.
  3. c) Écrire les étapes de la réaction en faisant apparaître le complexe enzyme-substrat.
  4. d) Justifier le rôle du tube 2, puis conclure.

a) Le substrat est la molécule transformée : l'urée (l'eau participe aussi à la réaction, qui est une hydrolyse). Les produits sont le dioxyde de carbone et l'ammoniac. L'enzyme qui catalyse la réaction est l'uréase.

b) Une enzyme est un catalyseur : elle se lie au substrat le temps de la réaction puis est libérée intacte. Elle n'est ni consommée ni produite, donc elle ne figure pas dans le bilan ; on l'écrit au-dessus de la flèche. L'uréase n'est pas un réactif : on la retrouve inchangée à la fin.

c) Uréase + urée → complexe uréase-urée (fixation de l'urée dans le site actif) → uréase + CO2 + NH3 (hydrolyse puis libération des produits). Soit E + S → ES → E + P ; l'uréase libérée peut fixer une nouvelle molécule d'urée.

d) Le tube 2 ne diffère du tube 1 que par l'absence d'uréase : c'est le témoin. Sans enzyme, le pH ne varie pas : l'urée n'est pas hydrolysée de façon détectable pendant la durée de l'expérience. Le virage du tube 1 est donc dû à l'uréase. L'uréase catalyse l'hydrolyse de l'urée, réaction trop lente sans elle pour être observée.

Exercice 2 — L'invertase face à trois glucides

Facile

L'invertase de levure est incubée 20 min à 35 °C avec différents glucides. On teste ensuite la présence de glucose libre à l'aide d'une bandelette réactive, qui ne réagit qu'avec le glucose. Le saccharose est formé d'un glucose lié à un fructose, le maltose de deux glucoses, l'amidon d'une longue chaîne de glucoses.

TubeContenuBandelette glucose
1Saccharose + invertasePositive
2Maltose + invertaseNégative
3Amidon + invertaseNégative
4Saccharose seulNégative

  1. a) Justifier le rôle du tube 4.
  2. b) Interpréter le résultat du tube 1.
  3. c) Interpréter les résultats des tubes 2 et 3.
  4. d) Nommer la propriété de l'invertase mise en évidence et l'expliquer à l'échelle moléculaire.

a) Le tube 4 contient du saccharose sans enzyme. Son résultat négatif montre que le saccharose ne réagit pas avec la bandelette et ne s'hydrolyse pas spontanément en 20 min. Un résultat positif dans le tube 1 ne peut donc venir que de l'action de l'invertase.

b) Du glucose libre est détecté dans le tube 1 alors qu'il n'y en a pas dans le tube 4 : l'invertase a coupé la liaison entre le glucose et le fructose. Saccharose + eau → glucose + fructose, réaction catalysée par l'invertase.

c) Aucun glucose libre dans les tubes 2 et 3, bien que le maltose et l'amidon soient formés de glucose : l'invertase n'a hydrolysé ni l'un ni l'autre. L'invertase n'agit pas sur le maltose et l'amidon.

d) L'invertase n'agit que sur le saccharose : c'est sa spécificité de substrat. Son site actif a une forme et une répartition de charges complémentaires du saccharose seulement ; le maltose et l'amidon ne peuvent pas s'y fixer, donc aucun complexe enzyme-substrat ne se forme et aucune hydrolyse n'a lieu.

Exercice 3 — La pepsine et le pH

Facile

La pepsine est une enzyme du suc gastrique qui hydrolyse les protéines alimentaires. On mesure son activité à différents pH, à température constante.

pH11,523456
Activité relative (%)6386100723380

  1. a) Déterminer le pH optimal de la pepsine.
  2. b) Le contenu de l'estomac est très acide, avec un pH voisin de 2. Montrer que la pepsine est adaptée à son lieu d'action.
  3. c) Expliquer, à l'échelle moléculaire, pourquoi l'activité diminue quand le pH s'écarte de l'optimum.
  4. d) Le contenu de l'estomac passe ensuite dans l'intestin grêle, où le pH est voisin de 8. Prévoir l'activité de la pepsine dans l'intestin et justifier.

a) L'activité est maximale (100 %) à pH 2. Le pH optimal de la pepsine est d'environ 2.

b) Le pH de l'estomac correspond au pH optimal de la pepsine : elle y fonctionne à son activité maximale. La pepsine est adaptée au milieu très acide de l'estomac, où elle digère les protéines.

c) Le pH modifie les charges électriques des acides aminés, en particulier ceux du site actif et ceux qui maintiennent la structure 3D. La forme et les charges du site actif ne sont plus complémentaires du substrat : moins de complexes enzyme-substrat se forment, l'activité diminue, jusqu'à devenir nulle à pH 6.

d) L'activité est déjà nulle à pH 6 ; à pH 8, encore plus éloigné de l'optimum, elle reste nulle. Un pH aussi éloigné de l'optimum modifie profondément la structure de la pepsine et la dénature. Dans l'intestin grêle, la pepsine est inactive : d'autres enzymes, adaptées à ce pH, y poursuivent la digestion des protéines.

Exercice 4 — Suivi ExAO de l'activité de la catalase

Moyen

Dans le bioréacteur d'un dispositif ExAO, on place une solution d'eau oxygénée et une sonde à dioxygène. À t = 0, on ajoute un extrait de foie contenant de la catalase : 2 H2O2 → 2 H2O + O2. L'essai B est réalisé avec deux fois plus d'extrait que l'essai A, la quantité d'eau oxygénée étant la même.

t (s)0102030456090
O2 produit, essai A (µmol·L⁻¹)0132638525961
O2 produit, essai B (µmol·L⁻¹)0274958616161

  1. a) Calculer la vitesse initiale de production de dioxygène dans l'essai A.
  2. b) Un élève divise 59 µmol·L⁻¹ par 60 s et annonce une vitesse initiale d'environ 0,98 µmol·L⁻¹·s⁻¹. Expliquer son erreur.
  3. c) Montrer que la vitesse initiale est proportionnelle à la quantité d'enzyme.
  4. d) Expliquer pourquoi les deux essais atteignent la même concentration finale de dioxygène.

a) De 0 à 20 s, la concentration augmente de 13 µmol·L⁻¹ toutes les 10 s : c'est la partie rectiligne initiale. Vi(A) = (26 − 0) / (20 − 0) = 1,3 µmol·L⁻¹·s⁻¹.

b) Le calcul 59 / 60 donne une vitesse moyenne sur toute la première minute, qui inclut la phase où la réaction ralentit : de 30 à 45 s, on ne gagne que 14 µmol·L⁻¹ en 15 s, et de 45 à 60 s seulement 7 µmol·L⁻¹, car l'eau oxygénée s'épuise. Cette moyenne (0,98) est inférieure à la vraie vitesse initiale (1,3). La vitesse initiale se calcule uniquement sur la partie rectiligne du début.

c) Dans l'essai B, la partie rectiligne se limite aux 10 premières secondes : Vi(B) = 27 / 10 = 2,7 µmol·L⁻¹·s⁻¹. Rapport : 2,7 / 1,3 ≈ 2,1 ≈ 2. Quand la quantité d'enzyme double, Vi double : deux fois plus de sites actifs forment deux fois plus de complexes enzyme-substrat par seconde, le substrat étant abondant. Vi est proportionnelle à la quantité d'enzyme.

d) La quantité finale de dioxygène dépend de la quantité d'eau oxygénée de départ, identique dans les deux essais. L'enzyme accélère la réaction sans en changer le bilan : l'essai B atteint seulement plus vite (vers 45 s au lieu de 90 s) la même valeur de 61 µmol·L⁻¹. Le plateau traduit l'épuisement du substrat, pas l'arrêt de l'enzyme.

Exercice 5 — Vitesse initiale et concentration en substrat

Moyen

On mesure la vitesse initiale de l'arginase du foie (arginine → ornithine + urée) pour différentes concentrations en arginine, la quantité d'enzyme et les autres conditions restant identiques.

[arginine] (mmol·L⁻¹)0,5125102040
Vi (µmol·min⁻¹)1,01,72,63,74,34,75,0

  1. a) Décrire l'évolution de la vitesse initiale en fonction de la concentration en arginine.
  2. b) Expliquer, à l'échelle des molécules, l'augmentation de Vi aux faibles concentrations en arginine.
  3. c) Expliquer pourquoi Vi ne dépasse pas une valeur maximale voisine de 5 µmol·min⁻¹.
  4. d) Prévoir, en justifiant, la vitesse initiale maximale obtenue avec deux fois plus d'arginase.

a) Vi augmente avec la concentration en arginine, d'abord vite puis de plus en plus lentement. Quand [arginine] est multipliée par 4 de 0,5 à 2 mmol·L⁻¹, Vi passe de 1,0 à 2,6 µmol·min⁻¹ ; quand elle est multipliée par 4 de 10 à 40 mmol·L⁻¹, Vi ne passe que de 4,3 à 5,0 µmol·min⁻¹. Vi tend vers un plateau voisin de 5 µmol·min⁻¹.

b) Aux faibles concentrations, la plupart des sites actifs sont libres. Plus il y a de molécules d'arginine, plus les rencontres avec l'enzyme sont fréquentes, plus il se forme de complexes enzyme-substrat par minute : Vi augmente avec [S].

c) Aux fortes concentrations, presque tous les sites actifs sont occupés en permanence : l'enzyme est saturée. Chaque molécule d'arginase travaille à son rythme maximal ; ajouter du substrat ne crée plus de complexes supplémentaires. Vi plafonne à la vitesse maximale permise par la quantité d'enzyme.

d) La vitesse maximale dépend du nombre de sites actifs disponibles. Avec deux fois plus d'arginase, deux fois plus de complexes peuvent se former en même temps à saturation : Vi maximale ≈ 2 × 5 = 10 µmol·min⁻¹.

Exercice 6 — Glucose oxydase et hexokinase

Moyen

On teste deux enzymes sur trois sucres de même formule brute (C6H12O6) mais de formes différentes ; le galactose ne diffère du glucose que par l'orientation d'un groupement –OH. L'hexokinase utilise de l'ATP pour fixer un groupement phosphate sur son substrat.

EnzymeGlucoseFructoseGalactose
Glucose oxydaseGluconolactone + H2O2Aucun produitAucun produit
Hexokinase (+ ATP)Glucose-6-phosphateFructose-6-phosphateAucun produit

  1. a) Montrer que la glucose oxydase présente une spécificité de substrat stricte.
  2. b) Montrer, à partir des résultats obtenus avec le glucose, que ces deux enzymes ont des spécificités d'action différentes.
  3. c) L'hexokinase transforme deux sucres différents. Expliquer pourquoi ce résultat ne remet pas en cause la notion de spécificité.

a) La glucose oxydase ne transforme que le glucose : aucun produit n'apparaît avec le fructose ni avec le galactose, qui ont pourtant la même formule brute, et même avec le galactose qui ne diffère du glucose que par l'orientation d'un seul –OH. Seul le glucose a une forme complémentaire de son site actif et peut former un complexe enzyme-substrat. La glucose oxydase a une spécificité de substrat stricte.

b) Avec le même substrat, le glucose, la glucose oxydase catalyse une oxydation (gluconolactone + eau oxygénée) tandis que l'hexokinase catalyse l'ajout d'un groupement phosphate (glucose-6-phosphate). Le type de réaction dépend donc de l'enzyme, et plus précisément de ses acides aminés catalytiques. C'est la spécificité d'action : même substrat, réactions différentes.

c) L'hexokinase agit sur le glucose et le fructose, mais pas sur le galactose. Son site actif reconnaît une partie de forme voisine commune au glucose et au fructose ; une simple différence d'orientation d'un –OH suffit à exclure le galactose. La spécificité de substrat n'impose pas un seul substrat, mais une famille restreinte de molécules complémentaires du site actif. De plus, la réaction reste la même (phosphorylation) : la spécificité de substrat est plus large mais réelle, et la spécificité d'action est conservée.

Exercice 7 — Froid ou chaleur : un effet réversible ?

Moyen

On étudie une amylase de salive. Des lots d'amylase sont d'abord maintenus 15 min à une température donnée (prétraitement), puis on ajoute de l'amidon et on place le tube à la température du test. On note le temps au bout duquel un prélèvement ne colore plus l'eau iodée en bleu-noir (amidon entièrement hydrolysé).

TubePrétraitement de l'amylaseTempérature du testDisparition de l'amidon
A15 min à 4 °C4 °Cplus de 60 min
B15 min à 4 °C37 °C7 min
C15 min à 85 °C37 °Cplus de 60 min
Daucun37 °C7 min
Eamidon sans amylase37 °Cplus de 60 min

  1. a) Justifier le rôle des tubes D et E.
  2. b) Comparer les tubes A et B, puis conclure sur l'effet du froid.
  3. c) Comparer les tubes C et D, puis conclure sur l'effet d'une forte chaleur.
  4. d) Expliquer, à l'échelle moléculaire, la différence entre ces deux effets.

a) Le tube E (sans amylase) montre que l'amidon ne disparaît pas spontanément en 60 min : sa disparition dans les autres tubes est due à l'amylase. Le tube D (amylase non prétraitée, testée à 37 °C) donne la référence de l'activité normale : 7 min. E est le témoin sans enzyme, D le témoin d'activité.

b) Même prétraitement à 4 °C : testée à 4 °C (A), l'amylase n'a pas hydrolysé l'amidon en 60 min ; testée à 37 °C (B), elle l'hydrolyse en 7 min, comme D. L'enzyme refroidie retrouve toute son activité une fois réchauffée. Le froid ralentit fortement l'amylase, de façon réversible.

c) Testées à la même température, l'amylase chauffée à 85 °C (C) n'hydrolyse pas l'amidon en 60 min, alors que D le fait en 7 min. L'activité n'est pas retrouvée au retour à 37 °C. La forte chaleur inactive l'amylase de façon irréversible : elle est dénaturée.

d) À basse température, l'agitation des molécules est faible : les rencontres entre l'amylase et l'amidon sont rares, peu de complexes enzyme-substrat se forment, mais la structure 3D reste intacte. À 85 °C, les liaisons faibles qui maintiennent le repliement se rompent : la protéine se déplie, le site actif perd sa forme et ne la retrouve pas au refroidissement. Froid : structure conservée ; chaleur : structure détruite.

Exercice 8 — Phénylcétonurie : de l'allèle au phénotype

Difficile

Document 1. La phénylalanine hydroxylase (PAH), enzyme du foie, transforme la phénylalanine, acide aminé apporté par l'alimentation, en tyrosine. On mesure l'activité de l'enzyme codée par trois allèles du gène PAH.

AllèleModification de l'enzymeActivité (% de l'enzyme de référence)
Naucune (référence)100
a1un acide aminé du site actif remplacé0,8
a2un acide aminé éloigné du site actif remplacé ; enzyme moins stable23
Document 2. Phénylalaninémie (concentration de phénylalanine dans le sang) d'enfants non traités. Valeur habituelle : moins de 120 µmol·L⁻¹. Au-delà d'environ 1 200 µmol·L⁻¹ de façon prolongée, la phénylalanine en excès est toxique pour le cerveau en développement et provoque un retard intellectuel sévère : c'est la phénylcétonurie.
Génotype(N//N)(N//a1)(a2//a2)(a1//a2)(a1//a1)
Phénylalaninémie (µmol·L⁻¹)58813906401 450

  1. 1. À partir du document 1, montrer que les allèles a1 et a2 n'ont pas le même effet sur l'enzyme, et proposer une explication à l'échelle moléculaire.
  2. 2. Montrer que l'allèle a1 est récessif par rapport à l'allèle N.
  3. 3. Expliquer la gradation des phénylalaninémies observée chez les individus (a2//a2), (a1//a2) et (a1//a1).
  4. 4. À l'aide des deux documents, expliquer comment le remplacement d'un seul acide aminé peut conduire à un retard intellectuel, en distinguant les échelles moléculaire, cellulaire et de l'organisme.
  5. 5. Expliquer pourquoi un régime pauvre en phénylalanine, instauré dès la naissance, limite les troubles des enfants (a1//a1).

1. L'allèle a1 réduit l'activité à 0,8 % : l'enzyme est quasiment inactive. L'allèle a2 la réduit à 23 % : l'enzyme garde une activité notable. Pour a1, l'acide aminé remplacé appartient au site actif : la forme ou les charges du site actif sont modifiées, la phénylalanine ne s'y fixe plus correctement ou n'est plus transformée. Pour a2, le site actif est intact, mais la structure 3D est moins stable : une partie des molécules d'enzyme perd sa forme plus facilement, il reste donc moins d'enzymes fonctionnelles. a1 abolit presque l'activité, a2 la réduit d'environ trois quarts.

2. L'individu (N//a1) a une phénylalaninémie de 81 µmol·L⁻¹, inférieure à 120 : il a le phénotype habituel, comme (N//N). L'allèle N s'exprime dans le phénotype de l'hétérozygote, pas a1. L'allèle N produit une enzyme fonctionnelle : l'activité totale, environ (100 + 0,8) / 2 ≈ 50 %, suffit à transformer la phénylalanine. L'allèle a1 est récessif, N est dominant.

3. En supposant que chaque allèle contribue pour moitié, l'activité vaut environ 23 % chez (a2//a2), (0,8 + 23) / 2 ≈ 12 % chez (a1//a2) et 0,8 % chez (a1//a1). La phénylalaninémie vaut respectivement 390, 640 et 1 450 µmol·L⁻¹. Plus l'activité de la PAH est faible, moins la phénylalanine est transformée et plus elle s'accumule. Seul (a1//a1) dépasse 1 200 µmol·L⁻¹ : phénylcétonurie sévère ; les deux autres ont une élévation plus modérée. La gradation des phénotypes suit la gradation de l'activité enzymatique.

4. Échelle moléculaire : chez (a1//a1), un acide aminé du site actif est remplacé ; le site actif change de forme, le complexe PAH-phénylalanine ne se forme plus correctement, la phénylalanine n'est pas transformée en tyrosine. Échelle cellulaire : les cellules du foie ne dégradent plus la phénylalanine, qui passe dans le sang. Échelle de l'organisme : la phénylalaninémie atteint 1 450 µmol·L⁻¹, au-delà du seuil toxique de 1 200 : le développement du cerveau est perturbé, d'où le retard intellectuel. Un seul acide aminé modifié suffit à changer le phénotype à toutes les échelles.

5. La phénylalanine provient de l'alimentation. Un régime pauvre en phénylalanine réduit l'apport de substrat : même si l'enzyme est presque inactive, la phénylalanine ne s'accumule plus jusqu'au seuil toxique, et le cerveau se développe normalement. Le génotype n'a pas changé, mais le phénotype est modifié par l'environnement. Le régime agit sur la quantité de substrat, pas sur l'enzyme.

Exercice 9 — Deux amylases face à la chaleur

Difficile

Document 1. Activité relative (en % de l'activité maximale de chaque enzyme) d'une amylase pancréatique de porc et d'une amylase d'une bactérie du sol, mesurée à différentes températures.

Température (°C)204060708090100
Amylase de porc (%)3192225000
Amylase bactérienne (%)121947668810054
Document 2. Pour fabriquer des sirops de glucose, l'amidon est d'abord chauffé vers 95 °C pour être dispersé dans l'eau (liquéfaction) ; une amylase ajoutée à cette étape doit couper les longues chaînes d'amidon à cette température.
Document 3. La comparaison des modèles moléculaires montre que l'amylase bactérienne possède, à taille comparable, davantage de liaisons faibles (liaisons hydrogène, liaisons ioniques entre acides aminés de charges opposées) qui maintiennent son repliement.

  1. 1. Comparer l'effet de la température sur l'activité des deux enzymes (optimum, domaine d'activité).
  2. 2. Un élève écrit : « à 20 °C, l'amylase de porc n'a que 31 % d'activité car elle est partiellement dénaturée ». Expliquer son erreur.
  3. 3. Expliquer la chute de l'activité de l'amylase de porc entre 40 et 80 °C.
  4. 4. À l'aide du document 3, proposer une explication à la résistance de l'amylase bactérienne aux températures élevées.
  5. 5. Montrer que seule l'amylase bactérienne convient au procédé industriel du document 2.

1. L'amylase de porc a son optimum vers 40 °C (92 % parmi les valeurs mesurées) ; elle est active de 20 à 70 °C environ et totalement inactive à partir de 80 °C. L'amylase bactérienne a son optimum vers 90 °C (100 %) ; elle reste active sur tout l'intervalle, avec encore 54 % à 100 °C, et elle est peu active aux basses températures (12 % à 20 °C). L'optimum de l'enzyme bactérienne est environ 50 °C plus élevé et son domaine d'activité est décalé vers les hautes températures.

2. À 20 °C, l'activité est faible parce que l'agitation des molécules est faible : les rencontres entre l'enzyme et l'amidon sont rares, mais la structure de l'enzyme est intacte. L'effet est réversible : l'enzyme réchauffée à 40 °C retrouve une forte activité. La dénaturation est provoquée par la forte chaleur, pas par le froid. À 20 °C, l'amylase est ralentie, pas dénaturée.

3. Au-delà de l'optimum, l'agitation thermique rompt les liaisons faibles qui maintiennent la structure 3D de l'amylase de porc. La protéine se déplie, le site actif se déforme et n'est plus complémentaire de l'amidon : de moins en moins de complexes enzyme-substrat se forment. L'activité passe de 92 % à 22 % à 60 °C, 5 % à 70 °C, puis 0 % à 80 °C. L'enzyme est progressivement, puis totalement dénaturée.

4. L'amylase bactérienne possède davantage de liaisons faibles maintenant son repliement. Il faut donc une agitation thermique plus forte, c'est-à-dire une température plus élevée, pour les rompre toutes : sa structure 3D, et la forme de son site actif, se conservent jusque vers 90 °C. À 100 °C, une partie des molécules commence à être dénaturée (54 %). Plus de liaisons stabilisant la structure → enzyme plus résistante à la chaleur.

5. Le procédé impose une activité à 95 °C. L'amylase de porc est inactive dès 80 °C (0 %) : elle serait dénaturée et ne couperait pas l'amidon. L'amylase bactérienne a 100 % d'activité à 90 °C et 54 % à 100 °C : à 95 °C, son activité reste élevée. Elle évite en outre de refroidir le mélange avant d'ajouter l'enzyme. Seule l'amylase bactérienne reste active à la température de liquéfaction.

Exercice 10 — Le site actif mis à l'épreuve

Difficile

Document 1. Une enzyme bactérienne E, chaîne de 260 acides aminés, hydrolyse un substrat S. Son modèle moléculaire montre que le site actif est formé par quatre acides aminés situés dans une même poche à la surface de l'enzyme : un tryptophane (position 42), un acide glutamique (position 87), une tyrosine (position 118) et un acide aspartique (position 164).
Document 2. Des enzymes modifiées par mutagenèse dirigée (un seul acide aminé remplacé) sont produites. On mesure la fixation du substrat et la vitesse initiale, en % des valeurs de l'enzyme E. L'acide glutamique (Glu) est chargé négativement ; la glutamine (Gln), de même taille, ne porte pas de charge. La lysine (Lys) et l'arginine (Arg) sont deux acides aminés de taille voisine chargés positivement. La proline (Pro) rigidifie la chaîne là où elle se trouve.

EnzymeAcide aminé remplacéLocalisationFixation de S (%)Vi (%)
Eaucun—100100
M1Trp 42 → Alasite actif64
M2Glu 87 → Glnsite actif970
M3Lys 215 → Argsurface, loin du site actif9998
M4Gly 150 → Procœur de la protéine32
Pour M4, l'étude de la structure montre une poche du site actif déformée.

  1. 1. Expliquer comment des acides aminés situés aux positions 42, 87, 118 et 164 de la chaîne peuvent appartenir au même site actif.
  2. 2. Comparer les résultats de M1 et de M2, et en déduire le rôle respectif des acides aminés 42 et 87.
  3. 3. Montrer que la formation du complexe enzyme-substrat est nécessaire mais non suffisante à la catalyse.
  4. 4. Expliquer le résultat obtenu avec M3.
  5. 5. L'acide aminé 150 n'appartient pas au site actif ; pourtant M4 est presque inactive. Expliquer ce résultat.

1. La chaîne de 260 acides aminés ne reste pas linéaire : elle se replie en une structure tridimensionnelle déterminée par sa séquence. Ce repliement rapproche dans l'espace des acides aminés très éloignés dans la séquence (jusqu'à 122 positions d'écart entre 42 et 164), qui bordent alors une même poche. Le site actif est une structure 3D, pas un segment continu de la chaîne.

2. M1 (Trp 42 remplacé) ne fixe presque plus le substrat (6 %) et son activité s'effondre (4 %). M2 (Glu 87 remplacé) fixe normalement le substrat (97 %) mais ne le transforme plus du tout (0 %). Le tryptophane 42 intervient donc dans la fixation : c'est un acide aminé de fixation. L'acide glutamique 87 n'est pas nécessaire à la fixation mais indispensable à la transformation ; sa charge, absente chez la glutamine, joue un rôle dans la réaction : c'est un acide aminé catalytique.

3. Nécessaire : chez M1 et M4, le substrat ne se fixe plus (6 % et 3 %) et l'activité disparaît presque (4 % et 2 %) ; sans complexe enzyme-substrat, pas de catalyse. Non suffisante : chez M2, le complexe se forme (97 % de fixation) mais aucun produit n'apparaît (0 %). La catalyse exige à la fois la fixation du substrat et l'action des acides aminés catalytiques.

4. M3 porte une substitution en surface, loin du site actif, et l'arginine a une taille et une charge voisines de celles de la lysine. Le repliement et le site actif ne sont pas modifiés : fixation (99 %) et activité (98 %) sont conservées. Une mutation ne modifie pas forcément l'activité d'une enzyme.

5. La proline introduite au cœur de la protéine rigidifie la chaîne et perturbe son repliement. La structure 3D est modifiée à distance, jusqu'au site actif dont la poche est déformée : le substrat ne s'y fixe plus (3 %) et l'activité chute à 2 %. Un acide aminé extérieur au site actif peut conditionner l'activité en commandant la forme d'ensemble de l'enzyme : séquence → structure → fonction.

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