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Antibiorésistance : variation génétique bactérienne

Mutations spontanées ou induites dans des populations bactériennes immenses ; antibiogramme et CMI ; protocole d’apparition de mutants résistants et taux d’apparition des résistances ; sélection des résistants par les antibiotiques, compétition et multirésistance ; usages en santé humaine, vétérinaire et agricole et bases de données ; santé publique et usage responsable des antibiotiques.

À propos de cette page
Un devoir surveillé de deux heures noté sur 20, sans calculatrice comme au bac : un exercice de connaissances sur la sélection des bactéries résistantes et l’usage responsable des antibiotiques, une pneumonie traitée par un ou deux antibiotiques et la multirésistance, puis une souche de staphylocoque dont la CMI change pendant le traitement. Le corrigé détaillé est fourni.

Sujet et corrigé prêts à imprimer.

Devoir surveillé · ★★ et ★★★ · Durée 120 min · Noté sur 20
120:00
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Devoir surveillé – Antibiorésistance : variation génétique bactérienne

Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spe-svt 1ʳᵉ

Nom : Date : Note : / 20

Les réponses doivent être rédigées et justifiées. Soigne l'orthographe et la présentation.

Exercice 1 – Mobiliser ses connaissances ★★

(8 pts)

Répondez à chaque question par un texte structuré (introduction, développement organisé, conclusion), appuyé sur des exemples précis. Un schéma est attendu dans la première réponse.

  1. a)Une infection est due à une population de bactéries toutes sensibles à un antibiotique au moment de l’analyse. Expliquez comment, au cours de traitements répétés par cet antibiotique, elle peut devenir presque entièrement résistante. Un schéma montrera l’évolution de la population avant, pendant et après un traitement. (4 pts)
  2. b)Expliquez pourquoi l’usage systématique des antibiotiques en santé humaine et en élevage constitue un problème de santé publique, puis présentez trois pratiques plus responsables en justifiant chacune par le raisonnement évolutionniste. (4 pts)

Exercice 2 – Un antibiotique ou deux ? ★★

(6 pts)

Une pneumonie grave est due à une population d’environ 5 × 1010 bactéries d’une même espèce. Dans cette population, la fréquence des mutants résistants vaut 4 × 10−9 pour un antibiotique P et 10−7 pour un antibiotique Q ; les deux résistances apparaissent indépendamment (valeurs choisies). L’antibiogramme montre que la population est sensible à P et à Q.

  1. a)Calculez le nombre de bactéries résistantes à P présentes avant tout traitement, et expliquez pourquoi l’antibiogramme ne les révèle pas. (1,5 pt)
  2. b)Expliquez ce qui se produit si l’on traite le patient avec P seul. (1,5 pt)
  3. c)Calculez le nombre attendu de bactéries résistantes à P et à Q, puis justifiez l’association des deux antibiotiques. (1,5 pt)
  4. d)Un autre patient est traité d’abord par Q seul, puis, après un échec, par P seul. Expliquez comment une bactérie résistante aux deux antibiotiques peut être sélectionnée chez lui. (1,5 pt)

Exercice 3 – Une souche qui change pendant le traitement ★★★

(6 pts)

Document 1 — Un patient atteint d’une infection osseuse à Staphylococcus aureus est traité par un antibiotique, la lévofloxacine. Une souche est isolée au début du traitement (J1), puis au 20ᵉ jour (J20), alors que l’infection reprend. CMI de la lévofloxacine (concentration critique : 1 mg/L ; valeurs simplifiées) : souche J1, 0,25 mg/L ; souche J20, 8 mg/L. Les deux souches ont le même génome, à une mutation près.
Document 2 — Au laboratoire, 0,1 mL de la culture J1 non diluée (1010 bactéries par mL) étalé sur une gélose contenant 4 mg/L de lévofloxacine donne 10 colonies.
Document 3 — Le foyer infectieux du patient contenait au départ environ 109 bactéries.

  1. a)Classez les souches J1 et J20 (sensible ou résistante), puis calculez le facteur par lequel la CMI a été multipliée. (1,5 pt)
  2. b)À l’aide des documents 2 et 3, calculez la fréquence des mutants résistants dans la culture J1, puis le nombre de mutants attendus dans le foyer infectieux au début du traitement. Expliquez l’évolution observée entre J1 et J20. (2,5 pts)
  3. c)Proposez une expérience, avec un témoin, qui montrerait que les mutants résistants de la souche J1 existaient avant tout contact avec la lévofloxacine, puis indiquez la conduite à tenir pour la suite du traitement. (2 pts)

Bon courage !

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Corrigé et barème – Antibiorésistance : variation génétique bactérienne

Durée : 120 min – Calculatrice interdite – Sur 20 points · Spe-svt 1ʳᵉ

Exercice 1 – Mobiliser ses connaissances ★★

(8 pts)
  1. a)Origine de la variation : les bactéries ont un chromosome unique et se divisent très vite (toutes les 20 min environ pour E. coli) : une infection compte des milliards de cellules. À chaque réplication, des mutations spontanées, rares et aléatoires, apparaissent ; certaines rendent la bactérie résistante. Avec une fréquence de 10−8 et 109 bactéries, une dizaine de mutants résistants sont présents avant tout traitement, invisibles à l’antibiogramme, qui teste la population dans son ensemble. Avec un seul exemplaire du gène, la mutation s’exprime aussitôt et passe à tout le clone. Sélection : l’antibiotique tue ou bloque les sensibles ; les mutants résistants survivent et, débarrassés de leurs compétitrices, se multiplient : leur fréquence passe d’environ 10−8 à presque 100 %. L’antibiotique n’a pas créé la mutation, il l’a triée : c’est une sélection naturelle (variation héréditaire préexistante, survie et reproduction différentielles, transmission). Chaque nouveau traitement renforce le tri ; un traitement trop court ou sous-dosé laisse en plus survivre des bactéries moins sensibles, point de départ de mutations suivantes. Schéma attendu : population avant (beaucoup de sensibles, quelques résistantes), pendant (sensibles éliminées), après (population reconstituée de résistantes). Conclusion : la résistance naît par mutation au hasard et se répand par sélection. (4)
  2. b)Problème de santé publique : l’usage systématique (prescriptions inutiles contre des virus, traitements préventifs de groupes d’animaux, autrefois facteurs de croissance) exerce une pression de sélection permanente sur toutes les bactéries exposées, pathogènes ou non (microbiote, élevages, environnement). La fréquence des résistantes augmente dans les populations naturelles et des bactéries multirésistantes apparaissent ; celles des animaux peuvent atteindre l’humain (« Une seule santé »). Les infections deviennent plus difficiles à soigner, parfois sans traitement efficace, et elles tuent : plus d’un million de décès directement attribuables dans le monde en 2021 (étude GRAM). Or le nombre de familles d’antibiotiques est limité et très peu de familles nouvelles apparaissent. Trois pratiques (parmi d’autres) : ne prescrire que contre une infection bactérienne, après un test si besoin (angine), car chaque prise inutile sélectionne des résistantes sans rien soigner ; choisir d’après l’antibiogramme un antibiotique actif à spectre étroit, qui expose moins d’espèces à la sélection ; respecter dose et durée, car les survivantes d’un traitement écourté sont les moins sensibles ; associer deux antibiotiques quand la population est immense (tuberculose), car un mutant résistant à l’un est tué par l’autre ; hygiène et isolement à l’hôpital, qui limitent la diffusion des résistantes ; réduction de l’usage en élevage (plans Écoantibio). Conclusion : il faut tenir compte de l’avantage compétitif que l’antibiotique donne aux résistantes. (4)

Piège — Écrire que l’antibiotique « provoque » ou « fait apparaître » la résistance : il sélectionne des mutants préexistants.

Exercice 2 – Un antibiotique ou deux ? ★★

(6 pts)
  1. a)5 × 1010 × 4 × 10−9 = 20 × 101 = 200 bactéries résistantes à P, déjà présentes avant le traitement. L’antibiogramme teste la population entière : 200 bactéries sur 5 × 1010, soit 4 × 10−9, n’empêchent pas une zone d’inhibition nette ; la souche est classée sensible. (1,5)
  2. b)P tue ou bloque les bactéries sensibles ; les 200 mutants résistants survivent et, débarrassés de leurs compétitrices, se multiplient : l’infection se reconstitue, résistante à P. C’est l’échec du traitement par sélection de mutants préexistants. (1,5)
  3. c)5 × 1010 × 4 × 10−9 × 10−7 = 20 × 10−6 = 2 × 10−5 : pratiquement aucune bactérie n’est résistante aux deux. Avec l’association, chaque antibiotique élimine les mutants résistants à l’autre : seule une bactérie doublement résistante survivrait, et il n’y en a pas. C’est le principe du traitement de la tuberculose par plusieurs antibiotiques à la fois. (1,5)
  4. d)Q seul sélectionne les mutants qui lui résistent (5 × 1010 × 10−7 = 5 000 au départ) : la population se reconstitue, résistante à Q. Parmi ces dizaines de milliards de bactéries résistantes à Q, des mutations de résistance à P apparaissent au hasard avec la fréquence de 4 × 10−9 : 5 × 1010 × 4 × 10−9 = 200 bactéries environ, résistantes aux deux. P seul élimine les autres et sélectionne ces 200 bactéries : l’infection devient multirésistante. Les traitements successifs par un seul antibiotique ont sélectionné les résistances l’une après l’autre. (1,5)

Méthode — Pour des résistances indépendantes, la fréquence d’une double résistance est le produit des deux fréquences.

Exercice 3 – Une souche qui change pendant le traitement ★★★

(6 pts)
  1. a)J1 : 0,25 ≤ 1, sensible. J20 : 8 > 1, résistante. La CMI a été multipliée par 8 ÷ 0,25 = 32. Même génome à une mutation près : J20 descend de la souche J1 ; ce n’est pas une nouvelle infection par une autre souche. (2)
  2. b)0,1 mL de culture J1 contient 1010 × 0,1 = 109 bactéries ; 10 sont résistantes : fréquence 10 ÷ 109 = 10−8. Dans le foyer de 109 bactéries : 109 × 10−8 ≈ 10 mutants résistants au départ. Le traitement tue les sensibles ; ces mutants préexistants survivent, se multiplient sans compétitrices et reconstituent l’infection : à J20, la population est résistante. L’antibiogramme de J1 ne les montrait pas, car il teste la population entière, très majoritairement sensible. (2)
  3. c)Expérience (réplique sur velours, comme les Lederberg) : étaler la culture J1, diluée, sur une gélose sans antibiotique (boîte mère) pour obtenir des colonies séparées ; en imprimer une copie avec un velours stérile sur une gélose à lévofloxacine (4 mg/L). Repérer les places des colonies qui y poussent, puis prélever sur la boîte mère les colonies situées aux mêmes places et les cultiver sur lévofloxacine : elles poussent alors qu’elles n’ont jamais été au contact de l’antibiotique, donc les mutants préexistaient. Témoins : colonies de la boîte mère prises à d’autres places, qui ne poussent pas sur lévofloxacine ; boîte à lévofloxacine sans bactéries (milieu non contaminé). Étaler seulement la culture sur l’antibiotique ne suffirait pas : les bactéries y sont au contact de la lévofloxacine. Suite du traitement : nouvel antibiogramme de la souche J20, choix d’un antibiotique actif, de préférence associé à un second dans une infection osseuse à forte population, à dose et durée suffisantes ; ne pas poursuivre la lévofloxacine. (2)

Piège — Croire que la souche J1 « sensible » ne contenait aucun mutant : l’antibiogramme juge la population, pas chacune des milliards de bactéries.

Ce document est la propriété intellectuelle de Ben, professeur particulier (benprofparticulier.fr), protégée par le Code de la propriété intellectuelle (art. L. 111-1 et L. 122-4). Il est mis à disposition pour un usage personnel de révision. Toute reproduction, diffusion, mise en ligne ou revente, totale ou partielle, sans autorisation écrite est interdite et constitue une contrefaçon (art. L. 335-2).

Ce contrôle de spe-svt 1ʳᵉ en bref

Un devoir surveillé type contrôle en classe sur « Antibiorésistance : variation génétique bactérienne » : 3 exercices, 120 minutes, noté sur 20. Le sujet et le corrigé sont téléchargeables en PDF, prêts à imprimer, pour travailler comme en classe.

  • Exercice 1 — Mobiliser ses connaissances ★★/ 8 pts
  • Exercice 2 — Un antibiotique ou deux ? ★★/ 6 pts
  • Exercice 3 — Une souche qui change pendant le traitement ★★★/ 6 pts

Pour préparer ce contrôle

  1. Relire le cours et la fiche de révision.
  2. Refaire les exercices corrigés.
  3. Se tester avec le QCM (36 questions).
  4. Faire ce sujet en conditions réelles — 120 min, sans le cours — puis se corriger et noter les points à revoir.

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Questions fréquentes sur ce sujet
Combien de temps dure ce contrôle sur « Antibiorésistance : variation génétique bactérienne » ?
120 minutes pour 3 exercices notés sur 20. Prévois le double si tu enchaînes avec la correction.
Le corrigé est-il fourni ?
Oui : le corrigé complet est fourni en PDF (bouton « Télécharger le corrigé »), avec le barème exercice par exercice.
Ce sujet peut-il servir de DS, de contrôle ou d'interrogation ?
Oui : c'est un devoir surveillé complet de 120 minutes. Pour une interrogation courte, garde un ou deux exercices ; pour un DS ou un contrôle de fin de chapitre, fais le sujet entier en temps limité.
Ce sujet suit-il le programme de spe-svt de première ?
Oui : il évalue uniquement les notions du chapitre « Antibiorésistance : variation génétique bactérienne » du programme officiel de spe-svt en première.
Bloqué sur ce chapitre ?

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