Externalités, biens collectifs et asymétries d'information : quand le marché échoue à allouer efficacement les ressources (programme de Spécialité SES 1re)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Notions fondamentales
Corrigé :
1. Une défaillance du marché est une situation dans laquelle le marché concurrentiel ne parvient pas à allouer les ressources de manière efficace, créant un écart entre l'équilibre de marché et l'optimum social.
2. Une externalité négative est un coût imposé à des tiers sans compensation (ex : pollution d'une usine). Une externalité positive est un bénéfice procuré à des tiers sans paiement (ex : immunité collective de la vaccination).
3. L'internalisation d'une externalité consiste à intégrer dans le prix de marché le coût ou le bénéfice externe, de sorte que les décisions des agents reflètent les véritables coûts et bénéfices sociaux (ex : taxe pigouvienne pour une externalité négative).
Exercice 2 — Les biens collectifs
Corrigé :
1. Un bien collectif pur est non rival : la consommation par un individu ne réduit pas la quantité disponible pour les autres (la défense nationale protège tous les citoyens simultanément). Il est non excluable : on ne peut pas empêcher quelqu'un d'en bénéficier même s'il ne paie pas (on ne peut pas exclure un citoyen de la protection nationale).
2. Le passager clandestin est l'agent qui bénéficie du bien collectif sans contribuer à son financement, sachant qu'il en bénéficiera de toute façon. Si tous les agents adoptent ce comportement, personne ne finance le bien collectif et il ne sera pas produit, même si son bénéfice social est élevé. C'est pourquoi l'État finance ces biens par l'impôt (obligatoire) plutôt que de les laisser au marché.
Exercice 3 — Analyse de cas : marché de l'assurance et asymétries d'information
Corrigé :
1. Les mauvais conducteurs savent qu'ils ont un risque élevé d'accident et valorisent donc davantage une assurance. Ils sont plus enclins à souscrire que les bons conducteurs (qui estiment peut-être qu'ils n'en ont pas besoin ou que le prix est trop élevé par rapport à leur risque réel). Ce phénomène de surreprésentation des mauvais risques parmi les souscripteurs est la sélection adverse (ou antisélection).
2. Une fois assuré tous risques, le conducteur sait que les dégâts seront remboursés quoi qu'il arrive. Il réduit donc ses efforts de prudence (conduite plus risquée, moins d'entretien du véhicule). Ce phénomène est l'aléa moral : il survient après la signature car c'est la couverture par le contrat qui modifie le comportement de l'assuré.
3. Solutions possibles : (a) Bonus-malus : adapter la prime d'assurance au comportement passé du conducteur (signal sur la qualité du risque → réduit la sélection adverse et incite à la prudence → réduit l'aléa moral) ; (b) Franchise : faire payer une partie des dommages par l'assuré, ce qui maintient une incitation à la prudence ; (c) Télématique/boîte noire : suivre le comportement de conduite en temps réel ; (d) Assurance obligatoire : forcer bons et mauvais risques à s'assurer (réduit la sélection adverse).
Exercice 4 — Étude de document
Corrigé :
1. Le dispositif répond à l'externalité négative de la pollution carbone : les émissions de CO₂ imposent un coût climatique à la société (réchauffement), non intégré dans les décisions privées des entreprises. Le marché sans intervention produit trop d'émissions par rapport à l'optimum social.
2. L'État fixe un plafond global d'émissions autorisées (cap) et distribue ou vend des permis aux entreprises. Les entreprises qui émettent moins peuvent revendre leurs permis à celles qui en ont besoin ; le prix du permis reflète le coût marginal de réduction des émissions.
3. Avantage du marché de permis : il garantit une certitude sur la quantité totale d'émissions (fixée par le cap), quelle que soit l'évolution des prix. La taxe pigouvienne garantit, elle, un prix fixe de la tonne de carbone, mais la quantité d'émissions effective dépend de la réaction des entreprises et reste incertaine. Pour atteindre un objectif climatique chiffré (ex : -55% d'émissions d'ici 2030), le marché de permis offre donc plus de prévisibilité sur le résultat environnemental.
Exercice 5 — Question de synthèse
Corrigé (éléments attendus) :
Le candidat doit mobiliser : (1) la notion de défaillance de marché comme justification théorique de l'intervention étatique ; (2) au moins deux types parmi : externalités (négatives → taxe ; positives → subvention), biens collectifs (passager clandestin → production publique financée par l'impôt), asymétries d'information (sélection adverse, aléa moral → réglementation, labels, assurance obligatoire) ; (3) une illustration concrète par type ; (4) une nuance : l'intervention de l'État n'est pas toujours optimale (coûts de gestion, capture réglementaire), d'où l'intérêt des solutions de marché comme les permis à polluer.
Barème : 1 pt pour la mobilisation correcte d'au moins deux défaillances avec instruments ; 1 pt pour la cohérence, la rigueur des définitions et la nuance.
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