Offre, demande, prix d'équilibre, surplus, gains à l'échange et effets d'une taxe ou d'une subvention (spécialité SES de 1re)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le marché, une institution qui organise l'échange, La demande : pourquoi la courbe est décroissante, L'offre : pourquoi la courbe est croissante, L'équilibre : comment se fixent le prix et la quantité. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.
Marché
Lieu, physique ou non, de rencontre entre offreurs et demandeurs d'un bien ou d'un service, où se forme un prix.
À ne pas confondre
Place de marché — La place de marché est un lieu concret (Rungis) ; le marché au sens économique peut être dispersé et numérique.
Selon l'époque et le point de vue — Du latin mercatus. Les foires de Champagne des XIIe et XIIIe siècles sont déjà des marchés très organisés ; depuis les travaux de Douglass North (prix Nobel 1993), les économistes insistent sur les règles qui les rendent possibles.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tout sujet sur la formation des prix ; ne jamais le présenter comme spontané ou naturel : c'est une institution.
Droits de propriété
Droits reconnus et garantis d'user d'un bien, d'en tirer un revenu et de le céder.
À ne pas confondre
Possession — Posséder, c'est détenir matériellement ; être propriétaire, c'est avoir un droit reconnu par la loi, seul cessible sur un marché.
Selon l'époque et le point de vue — La Déclaration de 1789 fait de la propriété un droit « inviolable et sacré » (article 17) ; le Code civil de 1804 la définit à l'article 544.
Ce que le mot permet d'écrire — Condition de l'échange marchand : à citer pour montrer que le marché est une institution. Faute à éviter : oublier le rôle de l'État qui les garantit.
Concurrence pure et parfaite
Situation de marché théorique réunissant atomicité, homogénéité du produit, transparence, libre entrée et sortie, mobilité des facteurs.
À ne pas confondre
Concurrence réelle — Sur les marchés réels, les hypothèses sont rarement toutes réunies ; la CPP est un modèle de référence, pas une description.
Selon l'époque et le point de vue — Les hypothèses sont formalisées au XXe siècle, notamment par Frank Knight dans Risk, Uncertainty and Profit (1921), à partir des travaux de Cournot, Walras et Marshall.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à poser le cadre d'un raisonnement sur l'équilibre. Faute : réciter les cinq hypothèses sans en tirer la conséquence, les agents preneurs de prix.
Preneur de prix
Agent trop petit pour influencer le prix de marché : il choisit seulement la quantité qu'il achète ou vend à ce prix.
À ne pas confondre
Faiseur de prix — Un faiseur de prix peut fixer ou influencer le prix : c'est le cas d'une entreprise en pouvoir de marché, étudiée au chapitre suivant.
Selon l'époque et le point de vue — Traduction de l'anglais price taker, courante dans les manuels de microéconomie depuis le milieu du XXe siècle.
Ce que le mot permet d'écrire — Conséquence de l'atomicité et de l'homogénéité. Faute : dire que les entreprises « fixent leurs prix » sur un marché concurrentiel.
Demande
Quantité d'un bien que les acheteurs souhaitent acquérir à chaque prix possible, toutes choses égales par ailleurs ; en général décroissante avec le prix.
À ne pas confondre
Quantité demandée — La quantité demandée est un point de la courbe ; la demande est la courbe entière. Le prix du bien change la quantité demandée, pas la demande.
Selon l'époque et le point de vue — Cournot l'écrit en 1838 comme une fonction décroissante du prix, qu'il nomme « loi du débit ».
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les exercices de chocs. Faute : écrire « le prix baisse donc la demande augmente ».
Offre
Quantité d'un bien que les producteurs souhaitent vendre à chaque prix possible, toutes choses égales par ailleurs ; en général croissante avec le prix.
À ne pas confondre
Production — La production est ce qui a été fabriqué ; l'offre est ce que l'on est prêt à vendre à un prix donné.
Selon l'époque et le point de vue — La courbe d'offre s'impose avec le graphique d'Alfred Marshall dans ses Principles of Economics (1890).
Ce que le mot permet d'écrire — La relier au coût marginal pour expliquer sa pente. Faute : confondre offre qui monte sur le graphique et offre qui augmente.
Disposition à payer
Prix maximal qu'un acheteur accepte de payer pour une unité d'un bien (prix de réservation).
À ne pas confondre
Prix payé — Le prix payé est le même pour tous ; la disposition à payer varie d'un acheteur à l'autre. L'écart entre les deux est le surplus.
Selon l'époque et le point de vue — L'idée apparaît chez Jules Dupuit en 1844, à propos de l'utilité des ponts et des routes.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet d'expliquer la pente de la demande et de calculer le surplus du consommateur.
Prix d'équilibre
Prix pour lequel la quantité offerte est égale à la quantité demandée.
À ne pas confondre
Prix juste — Le prix d'équilibre équilibre le marché ; il n'est pas pour autant jugé équitable ni accessible à tous.
Selon l'époque et le point de vue — Smith décrit l'ajustement en 1776, Walras le formalise en 1874, Marshall le représente graphiquement en 1890.
Ce que le mot permet d'écrire — Toujours le calculer en égalisant Qd et Qo, puis vérifier dans les deux équations. Faute : oublier de donner la quantité d'équilibre.
Pénurie (excès de demande)
Situation où, au prix pratiqué, la quantité demandée dépasse la quantité offerte.
À ne pas confondre
Excès d'offre — L'excès d'offre est la situation inverse : des invendus apparaissent, ce qui pousse le prix à la baisse.
Selon l'époque et le point de vue — La France connaît le rationnement et ses tickets jusqu'en 1949 : les prix bloqués empêchaient l'ajustement.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer le mécanisme d'ajustement et les effets d'un prix plafond. Faute : l'appeler « surplus ».
Élasticité-prix
Rapport entre la variation en pourcentage de la quantité (demandée ou offerte) et la variation en pourcentage du prix.
À ne pas confondre
Pente — La pente se mesure en unités ; l'élasticité en pourcentages. Sur une droite, la pente est constante, l'élasticité non.
Selon l'époque et le point de vue — Intuition chiffrée chez Gregory King et Charles Davenant (1699) ; définition moderne par Marshall (1890).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à juger l'ampleur d'une réaction et à répartir la charge d'une taxe. Faute : oublier le signe négatif de l'élasticité de la demande.
Surplus du consommateur
Somme des écarts entre la disposition à payer des acheteurs et le prix qu'ils paient ; aire entre la courbe de demande et la droite du prix.
À ne pas confondre
Économie réalisée — Le surplus est un gain de satisfaction mesuré en euros, pas de l'argent mis de côté.
Selon l'époque et le point de vue — Dupuit en pose l'idée en 1844 ; Marshall lui donne son nom en 1890.
Ce que le mot permet d'écrire — Se calcule comme l'aire d'un triangle (base × hauteur ÷ 2). Faute : prendre le prix d'équilibre comme hauteur.
Surplus du producteur
Somme des écarts entre le prix reçu par les vendeurs et le prix minimal auquel ils auraient vendu chaque unité ; aire entre la droite du prix et la courbe d'offre.
À ne pas confondre
Profit — Le surplus du producteur ne tient compte que des coûts variables des unités vendues ; il ne coïncide pas avec le profit comptable.
Selon l'époque et le point de vue — Notion développée dans la tradition marshallienne, à côté du surplus du consommateur.
Ce que le mot permet d'écrire — Additionné au surplus du consommateur, il donne le surplus total, qui mesure les gains à l'échange.
Gains à l'échange
Supplément de bien-être que l'échange procure aux deux parties par rapport à l'absence d'échange.
À ne pas confondre
Jeu à somme nulle — Dans un échange volontaire, ce que gagne l'un n'est pas perdu par l'autre : les deux gagnent.
Selon l'époque et le point de vue — Idée présente chez Smith (1776) ; sa mesure par les surplus vient de Dupuit et Marshall.
Ce que le mot permet d'écrire — Mesurés par le surplus total, maximal à l'équilibre. Faute : croire que le vendeur gagne ce que l'acheteur perd.
Perte sèche
Diminution du surplus total due à une taxe, une subvention ou un prix imposé, qui n'est récupérée par personne.
À ne pas confondre
Recette fiscale — La recette fiscale est un transfert vers l'État, elle n'est pas perdue ; la perte sèche, si.
Selon l'époque et le point de vue — Dupuit montre dès 1844 que la perte due à un impôt croît plus vite que l'impôt ; on parle aussi de « triangles de Harberger », du nom d'Arnold Harberger qui les mesure dans les années 1950-1960.
Ce que le mot permet d'écrire — Se calcule comme un triangle : taxe × baisse de la quantité ÷ 2. Faute : confondre perte sèche et recette.
Incidence fiscale
Répartition réelle de la charge d'un impôt entre acheteurs et vendeurs, qui peut différer de la répartition légale.
À ne pas confondre
Redevable légal — Le redevable légal verse l'impôt à l'État ; celui qui en supporte la charge peut être un autre agent, via le prix.
Selon l'époque et le point de vue — La question de savoir qui paie réellement l'impôt est au cœur de l'ouvrage de David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt (1817).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tout sujet sur la taxe : le côté le moins élastique paie le plus. Faute : dire que l'entreprise paie la taxe parce qu'elle la verse.
Subvention
Somme versée par l'État à un producteur ou à un acheteur, par exemple un montant fixe par unité vendue ou achetée.
À ne pas confondre
Prix administré — La subvention laisse le prix se former sur le marché en déplaçant une courbe ; le prix administré est fixé directement par l'État.
Selon l'époque et le point de vue — Le bonus écologique, créé en décembre 2007, subventionne l'achat de voitures peu émettrices.
Ce que le mot permet d'écrire — Déplace l'offre (ou la demande) : prix payé en baisse, quantité en hausse, coût public, perte sèche.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Le long de la courbe / déplacement de la courbe
Le prix du bien fait glisser le long d'une courbe ; tout autre déterminant déplace la courbe.
Ce qu'il débloque — Structure l'analyse de n'importe quel choc en deux temps.
Exemple — Sur le sujet « Montrez qu'un gel modifie l'équilibre du marché des pommes », il permet de distinguer le déplacement de l'offre du mouvement le long de la demande.
Déséquilibre / ajustement
Pénurie ou invendus au prix initial, puis mouvement du prix jusqu'à l'équilibre.
Ce qu'il débloque — Donne la chaîne causale qu'attend le correcteur.
Exemple — Sur le sujet « Comment se forme le prix d'équilibre ? », il permet d'organiser une partie sur les mécanismes d'ajustement décrits par Smith et Walras.
Court terme / long terme
Les élasticités sont plus faibles à court terme qu'à long terme, quand on a le temps de s'adapter.
Ce qu'il débloque — Nuance les effets d'un choc ou d'une taxe.
Exemple — Sur le sujet « Une taxe sur le carburant réduit-elle la consommation ? », il permet d'opposer la faible réaction immédiate à l'adaptation progressive.
Efficacité / équité
L'équilibre maximise le surplus total, mais ne garantit aucune répartition juste.
Ce qu'il débloque — Fournit une troisième partie nuancée sans sortir du chapitre.
Exemple — Sur le sujet « L'équilibre de marché est-il satisfaisant ? », il permet de montrer que l'efficacité n'épuise pas la question.
Redevable légal / incidence réelle
Celui qui verse l'impôt n'est pas forcément celui qui en supporte la charge.
Ce qu'il débloque — Clé de toute question sur la taxe.
Exemple — Sur le sujet « Qui paie la TVA ? », il permet d'expliquer pourquoi un impôt versé par les entreprises pèse en grande partie sur les consommateurs.
Modèle / réalité
La concurrence pure et parfaite est un cas de référence ; les marchés réels s'en approchent plus ou moins.
Ce qu'il débloque — Permet d'introduire la portée et les limites du raisonnement.
Exemple — Sur le sujet « Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ? », il permet de partir du modèle puis de l'illustrer par Rungis ou le Chicago Board of Trade.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.