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Spécialité SES 1ʳᵉ

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Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?

Offre, demande, prix d'équilibre, surplus, gains à l'échange et effets d'une taxe ou d'une subvention (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SES en première sur « Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ? » suit le programme officiel de spécialité SES de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le marché, une institution qui organise l'échange, La demande : pourquoi la courbe est décroissante, L'offre : pourquoi la courbe est croissante, L'équilibre : comment se fixent le prix et la quantité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité SES.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — La liberté des prix, une règle de droit

Facile

Texte juridique (article de loi) · Ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence, article 1er, aujourd'hui codifié à l'article L410-2 du Code de commerce (rédaction en vigueur depuis 2008).

L'ordonnance est prise en 1986 par le gouvernement de Jacques Chirac, Édouard Balladur étant ministre de l'Économie ; elle met fin au régime des prix administrés hérité de 1945. Elle s'adresse aux entreprises, aux consommateurs et aux administrations.

« Sauf dans les cas où la loi en dispose autrement, les prix des biens, produits et services relevant antérieurement au 1er janvier 1987 de l'ordonnance n° 45-1483 du 30 juin 1945 relative aux prix sont librement déterminés par le jeu de la concurrence.

Toutefois, dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée en raison soit de situations de monopole ou de difficultés durables d'approvisionnement, soit de dispositions législatives ou réglementaires, un décret en Conseil d'État peut réglementer les prix après avis de l'Autorité de la concurrence.

Les dispositions des deux premiers alinéas ne font pas obstacle à ce que le Gouvernement arrête, par décret en Conseil d'État, contre des hausses ou des baisses excessives de prix, des mesures temporaires motivées par une situation de crise, des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé. Le décret est pris après consultation du Conseil national de la consommation. Il précise sa durée de validité qui ne peut excéder six mois. »

Après avoir présenté le document, vous montrerez qu'il fait du marché une institution encadrée par le droit.

  1. Présentez le document : nature, date, portée.
  2. Quelle règle générale pose le premier alinéa ? Que signifie « le jeu de la concurrence » ?
  3. Dans quels cas l'État peut-il encore fixer les prix ?
  4. En quoi ce texte montre-t-il que le marché est une institution ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un texte juridique : l'article 1er de l'ordonnance du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence, aujourd'hui repris à l'article L410-2 du Code de commerce. Il a une portée générale : il s'applique à tous les biens, produits et services dont les prix étaient jusque-là encadrés par l'ordonnance du 30 juin 1945, et il fixe la règle en vigueur depuis le 1er janvier 1987.

2. Le premier alinéa pose le principe de la liberté des prix : ils « sont librement déterminés par le jeu de la concurrence ». Ni l'État ni une organisation professionnelle ne les décrète ; ils résultent de la confrontation, sur chaque marché, des offres des vendeurs et des demandes des acheteurs. Le prix d'équilibre est donc, en principe, le résultat de ce mécanisme. La formule « sauf dans les cas où la loi en dispose autrement » rappelle que des exceptions existent, comme le prix unique du livre fixé par la loi du 10 août 1981.

3. Le texte prévoit deux types d'exceptions. Les premières sont durables (deuxième alinéa) : là où la « concurrence par les prix est limitée », à cause d'un monopole, de « difficultés durables d'approvisionnement » ou de règles légales, un décret peut réglementer les prix ; c'est le cas, par exemple, des tarifs des taxis. Les secondes sont temporaires (troisième alinéa) : en cas de « crise », de « calamité publique » ou de « situation manifestement anormale du marché », le Gouvernement peut agir pour six mois au plus. Le décret du 5 mars 2020 a ainsi encadré le prix des gels hydroalcooliques au début de l'épidémie de Covid-19.

4. Ce texte montre que la liberté des prix n'est pas un état de nature mais une règle de droit, posée à une date précise (1986), qui a remplacé une autre règle (1945). L'État définit le cadre du marché, garantit son fonctionnement et se réserve le droit de le suspendre. Le marché concurrentiel est donc une institution : il existe parce que des règles, adoptées et garanties par la puissance publique, organisent l'échange.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte juridique : identifier la règle générale, puis ses exceptions, et en tirer une conclusion sur le rôle de l'État.

Document 2 — Adam Smith et la formation du prix de marché

Moyen

Texte d'époque (ouvrage d'économie politique) · Adam Smith, An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, Londres, 1776, livre I, chapitre VII, « Of the Natural and Market Price of Commodities » ; traduction française établie pour l'exercice d'après l'édition originale.

Adam Smith, philosophe écossais, publie en 1776 le premier grand traité d'économie politique, au début de l'industrialisation britannique. Il s'adresse aux gouvernants et au public éclairé pour montrer comment les marchés s'ordonnent sans direction centrale.

« Le prix de marché de chaque marchandise particulière est réglé par la proportion entre la quantité qui en est effectivement apportée au marché et la demande de ceux qui sont disposés à en payer le prix naturel […].

Lorsque la quantité d'une marchandise apportée au marché reste en deçà de la demande effective, tous ceux qui sont disposés à payer la valeur entière de la rente, des salaires et du profit qu'il faut payer pour l'y amener ne peuvent être pourvus de la quantité qu'ils désirent. Plutôt que de s'en passer entièrement, certains d'entre eux consentiront à donner davantage. Une concurrence s'établira aussitôt entre eux, et le prix de marché s'élèvera plus ou moins au-dessus du prix naturel […].

Lorsque la quantité apportée au marché excède la demande effective, elle ne peut être entièrement vendue à ceux qui sont disposés à payer la valeur entière de la rente, des salaires et du profit […]. Une partie doit en être vendue à ceux qui veulent payer moins, et le bas prix qu'ils en donnent doit réduire le prix du tout. Le prix de marché tombera plus ou moins au-dessous du prix naturel […].

Lorsque la quantité apportée au marché suffit tout juste à satisfaire la demande effective, et pas davantage, le prix de marché se trouve naturellement être, exactement ou d'aussi près qu'on puisse en juger, le même que le prix naturel. »

Après avoir présenté le document, vous expliquerez le mécanisme de formation du prix qu'il décrit et vous le traduirez dans le vocabulaire de l'offre et de la demande.

  1. Présentez le document.
  2. Qu'appelle Smith la « demande effective » ? À quelle notion actuelle correspond-elle ?
  3. Expliquez ce qui se passe lorsque la quantité apportée au marché est inférieure à la demande effective.
  4. Traduisez le raisonnement de Smith en termes d'offre, de demande et d'équilibre ; quelle différence subsiste avec l'analyse actuelle ?
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'un extrait des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, publiées à Londres en 1776 par Adam Smith (livre I, chapitre VII). Ce texte fondateur de l'économie politique décrit comment se fixe le « prix de marché » d'une marchandise, c'est-à-dire le prix auquel elle se vend effectivement.

2. La « demande effective » est la demande de « ceux qui sont disposés à en payer le prix naturel », c'est-à-dire à couvrir la rente, les salaires et le profit nécessaires pour produire le bien et l'amener au marché. Ce n'est donc pas un simple désir : c'est une demande appuyée sur la capacité et la volonté de payer. Elle correspond à la notion actuelle de disposition à payer et à la quantité demandée à un prix donné.

3. Quand la quantité apportée « reste en deçà de la demande effective », certains acheteurs ne peuvent être servis. « Plutôt que de s'en passer entièrement », ils « consentiront à donner davantage » : une concurrence s'établit entre acheteurs et le prix de marché s'élève au-dessus du prix naturel. C'est une situation de pénurie : l'ajustement se fait par une hausse du prix, provoquée par les acheteurs eux-mêmes, sans intervention extérieure.

4. Dans le vocabulaire actuel, la quantité apportée au marché est l'offre, la demande effective est la demande. Si l'offre est inférieure à la demande (excès de demande), le prix monte ; si elle est supérieure (excès d'offre), des vendeurs doivent céder à « ceux qui veulent payer moins » et le prix baisse ; quand les deux quantités s'égalisent, le prix se stabilise : c'est l'équilibre. Une différence subsiste : pour Smith, le prix de marché gravite autour d'un « prix naturel » fixé par les coûts de production, alors que l'analyse moderne, avec Marshall (1890), fait dépendre le prix d'équilibre à la fois des coûts (offre) et des dispositions à payer (demande).

Ce que cette analyse apprend — Lire un texte ancien : repérer les mots de l'auteur, les citer, puis les traduire dans les notions actuelles sans effacer ce qui les distingue.

Document 3 — Récoltes et prix du blé selon Gregory King

Moyen

Tableau statistique d'époque · Charles Davenant, An Essay upon the Probable Methods of Making a People Gainers in the Balance of Trade, Londres, 1699, d'après les estimations de Gregory King.

À la fin du XVIIe siècle, en Angleterre, Gregory King et Charles Davenant pratiquent l'« arithmétique politique », qui cherche à chiffrer la population et la richesse du royaume. Le blé est alors la base de l'alimentation et sa demande ne peut guère être réduite.

Davenant écrit qu'« a Defect in the Harvest may raise the Price of Corn » (un déficit de la récolte peut faire monter le prix du blé) dans les proportions suivantes, par rapport au prix habituel :

Déficit de la récolteHausse du prix du blé au-dessus du prix habituel
1 dixième3 dixièmes
2 dixièmes8 dixièmes
3 dixièmes1,6 fois le prix (16 dixièmes)
4 dixièmes2,8 fois le prix (28 dixièmes)
5 dixièmes4,5 fois le prix (45 dixièmes)

Lecture : quand la récolte est inférieure d'un dixième à une récolte normale, le prix du blé dépasse de trois dixièmes le prix habituel.

À l'aide du document, vous montrerez que la demande de blé est très peu élastique et vous en tirerez les conséquences.

  1. Traduisez en pourcentages les deux premières lignes du tableau.
  2. Calculez l'élasticité-prix de la demande de blé qu'implique la première ligne, puis la deuxième.
  3. Calculez, en indice (100 pour une année normale), la valeur de la récolte (prix × quantité) pour chaque ligne. Que constatez-vous ?
  4. Expliquez ce résultat à l'aide des courbes d'offre et de demande, puis indiquez une limite du document.
Voir la réponse rédigée

1. Selon le tableau, une récolte inférieure de 10 % à la normale fait monter le prix du blé de 30 % ; une récolte inférieure de 20 % le fait monter de 80 %.

2. La mauvaise récolte déplace l'offre ; on se déplace donc le long de la courbe de demande, ce qui permet de mesurer son élasticité. Première ligne : −10 % ÷ +30 % ≈ −0,33. Deuxième ligne : −20 % ÷ +80 % = −0,25. En valeur absolue, l'élasticité est nettement inférieure à 1 : la demande de blé est très peu élastique. Elle l'est de moins en moins quand la pénurie s'aggrave : environ −0,19 pour un déficit de 3 dixièmes, −0,11 pour 5 dixièmes.

3. Valeur = indice de quantité × indice de prix ÷ 100 : 90 × 130 ÷ 100 = 117 ; 80 × 180 ÷ 100 = 144 ; 70 × 260 ÷ 100 = 182 ; 60 × 380 ÷ 100 = 228 ; 50 × 550 ÷ 100 = 275. Plus la récolte est mauvaise, plus sa valeur totale augmente : une récolte réduite de moitié vaut 2,75 fois une récolte normale. Ce résultat illustre la règle vue en cours : quand la demande est peu élastique, une hausse du prix augmente la dépense totale des acheteurs.

4. La mauvaise récolte déplace la courbe d'offre vers la gauche. Au prix habituel apparaît une pénurie ; les acheteurs se disputent le blé et le prix monte. Comme la demande est très raide (le blé est vital et sans substitut proche), il faut une très forte hausse du prix pour réduire la quantité demandée au niveau de la récolte disponible. Limite : ces chiffres sont des estimations, non des mesures ; de plus, la hausse de la valeur totale profite aux producteurs qui ont encore du blé à vendre, pas à ceux dont la récolte a été détruite, et elle frappe durement les plus pauvres.

Ce que cette analyse apprend — Exploiter un tableau : transformer les données en pourcentages, calculer une élasticité et une valeur, puis relier le résultat à un mécanisme.

Document 4 — Les effets d'une taxe unitaire sur un marché concurrentiel

Difficile

Graphique offre-demande avec tableau de valeurs · Graphique construit pour l'exercice, selon la représentation offre-demande d'Alfred Marshall, Principles of Economics, Londres, 1890 ; données fictives.

Le document modélise un marché concurrentiel où l'État introduit une taxe d'un montant fixe par unité vendue. Il permet de mesurer l'effet de la taxe sur les prix, les quantités et les surplus.

Description du graphique. Axe vertical : prix en euros, de 0 à 60. Axe horizontal : quantités, de 0 à 120. La courbe de demande D est une droite qui part du point (0 ; 60) et rejoint (120 ; 0). La courbe d'offre O est une droite qui part de (0 ; 15) et passe par (60 ; 30). Une taxe unitaire, versée à l'État par les producteurs, est instaurée : la courbe O' est parallèle à O, décalée de 6 € vers le haut ; elle part de (0 ; 21) et passe par (52 ; 34). Deux points sont marqués : E (60 ; 30) et E' (52 ; 34). Une ligne en pointillés horizontale, au niveau de 28 €, va de l'axe vertical jusqu'à la verticale de E'.

Prix (€)Quantité demandéeQuantité offerte sans taxeQuantité offerte avec taxe
26684420
28645228
30606036
32566844
34527652

À l'aide du document, vous montrerez que l'instauration d'une taxe modifie l'équilibre du marché et la répartition des gains à l'échange.

  1. Déterminez l'équilibre avant la taxe et justifiez votre réponse.
  2. Quel est le montant de la taxe ? Déterminez le nouvel équilibre, le prix payé par les acheteurs et le prix reçu par les producteurs.
  3. Calculez la recette fiscale. Comment la charge de la taxe se répartit-elle ? Expliquez ce partage.
  4. Calculez le surplus total avant et après la taxe, puis la perte sèche. Interprétez.
Voir la réponse rédigée

1. Avant la taxe, l'équilibre se situe au point E : à 30 €, la quantité demandée (60) est égale à la quantité offerte sans taxe (60). À un prix inférieur, par exemple 28 €, la demande (64) dépasse l'offre (52) : la pénurie pousse le prix vers le haut. À 32 €, l'offre (68) dépasse la demande (56) : les invendus poussent le prix vers le bas. Le prix d'équilibre est donc 30 € et la quantité échangée 60 unités.

2. La courbe O' est décalée de 6 € vers le haut par rapport à O : la taxe est de 6 € par unité (les producteurs exigent 6 € de plus pour offrir chaque quantité). Le nouvel équilibre est E' : à 34 €, la quantité demandée (52) égale la quantité offerte avec taxe (52). Les acheteurs paient 34 € ; les producteurs reçoivent 34 − 6 = 28 €, ce que marque la ligne en pointillés. La quantité échangée passe de 60 à 52.

3. Recette fiscale : 6 € × 52 = 312 €. La charge se répartit ainsi : le prix payé par les acheteurs augmente de 4 € (de 30 à 34 €), le prix reçu par les producteurs baisse de 2 € (de 30 à 28 €). Les acheteurs supportent donc les deux tiers de la taxe alors que ce sont les producteurs qui la versent. Ce partage s'explique par les élasticités : quand le prix augmente de 1 €, la quantité offerte augmente de 4 unités, alors que la quantité demandée ne baisse que de 2. L'offre est plus élastique que la demande ; le côté le moins élastique, ici la demande, supporte la plus grande part de la taxe.

4. Avant la taxe : surplus du consommateur = (60 − 30) × 60 ÷ 2 = 900 € ; surplus du producteur = (30 − 15) × 60 ÷ 2 = 450 € ; surplus total = 1 350 €. Après la taxe : surplus du consommateur = (60 − 34) × 52 ÷ 2 = 676 € ; surplus du producteur = (28 − 15) × 52 ÷ 2 = 338 € ; en ajoutant la recette fiscale (312 €), on obtient 1 326 €. La perte sèche est de 1 350 − 1 326 = 24 €, soit le triangle 6 × (60 − 52) ÷ 2. Interprétation : l'essentiel de la baisse des surplus est transféré à l'État, qui peut l'utiliser ; mais 24 € de gains à l'échange disparaissent, car 8 unités qui auraient profité à la fois à l'acheteur et au vendeur ne sont plus échangées.

Ce que cette analyse apprend — Lire un graphique économique : repérer les équilibres, distinguer prix payé et prix reçu, puis mesurer surplus, recette et perte sèche.

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