Organisation interne, théories de la firme et gouvernance d'entreprise — programme de Spécialité SES 1re
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Définitions et notions essentielles
Corrigé :
1. Coûts de transaction (2 pts) : Les coûts de transaction sont les coûts liés à l'utilisation du marché : recherche d'information, négociation des contrats, surveillance de leur exécution. Coase (1937) montre que quand ces coûts sont supérieurs aux coûts d'organisation interne, il est préférable d'internaliser l'activité dans la firme. La firme existe donc parce qu'elle réduit les coûts de transaction.
2. Sélection adverse / aléa moral (2 pts) : La sélection adverse est pré-contractuelle : le principal ignore les vraies caractéristiques de l'agent avant la signature (ex. un employeur ne connaît pas les vraies compétences du candidat). L'aléa moral est post-contractuel : une fois le contrat signé, le principal ne peut pas observer tous les comportements de l'agent (ex. un actionnaire ne peut surveiller en permanence si le PDG fait des efforts).
Exercice 2 — Analyse d'un cas d'entreprise
Corrigé :
1. Coûts de transaction et fusion (3 pts) : ManuTech fabrique des actifs spécifiques (composants dédiés à un seul client). Cette spécificité crée une vulnérabilité : si le constructeur automobile renégocie brutalement à la baisse les prix une fois les investissements réalisés, ManuTech subit un hold-up. Les contrats sont incomplets (rationalité limitée) et l'opportunisme du client est possible. Les coûts de transaction ex post peuvent donc être très élevés. Pour y remédier, ManuTech peut préférer fusionner (intégration verticale) : cela internalise la relation, élimine le risque de hold-up et réduit les coûts de transaction.
2. Problème de gouvernance (2 pts) : Après la fusion, les anciens dirigeants de ManuTech deviennent des agents au sein du nouveau groupe. Un problème d'agence peut apparaître : ces dirigeants peuvent défendre les intérêts de leur ancienne entité plutôt que ceux du groupe fusionné (aléa moral). Des mécanismes de gouvernance (intégration au conseil d'administration, rémunération variable liée aux performances du groupe) seront nécessaires.
Exercice 3 — Parties prenantes et RSE
Corrigé :
1. Parties prenantes (2 pts) : Internes : salariés (caissiers, logisticiens, managers) dont l'intérêt est un emploi stable et une bonne rémunération ; actionnaires dont l'intérêt est le profit et les dividendes. Externes : clients dont l'intérêt est la qualité et le prix bas ; fournisseurs agricoles dont l'intérêt est un prix d'achat juste ; État dont l'intérêt est les impôts et le respect du droit ; associations de consommateurs et ONG dont l'intérêt est des pratiques éthiques et environnementales.
2. RSE (3 pts) : Le modèle shareholder pousse à maximiser la valeur actionnariale, parfois au détriment des salariés (pression sur les coûts), des fournisseurs (prix d'achat bas), ou de l'environnement (externalités négatives). La RSE cherche à intégrer les intérêts de l'ensemble des parties prenantes dans la stratégie de l'entreprise : bilan carbone, conditions de travail, relations équitables avec les fournisseurs. Elle peut être analysée comme un rééquilibrage vers le modèle stakeholder, reconnaissant que la pérennité de l'entreprise dépend de la satisfaction de toutes ses parties prenantes.
Exercice 4 — Gouvernance et théorie de l'agence
Corrigé :
Conseil d'administration et administrateurs indépendants (4 pts) : Dans une SA, les actionnaires (principal) délèguent la gestion aux dirigeants (agent). Cette délégation génère des problèmes d'agence : aléa moral (les dirigeants peuvent poursuivre leurs propres objectifs — augmentation de leur pouvoir, avantages en nature) et asymétrie d'information (les actionnaires ne connaissent pas précisément les décisions du dirigeant). Le conseil d'administration est un mécanisme de gouvernance interne qui surveille les dirigeants au nom des actionnaires : il approuve les grandes orientations stratégiques, valide la rémunération des dirigeants et peut les révoquer. Les administrateurs indépendants (sans liens financiers avec l'entreprise) renforcent cette surveillance en apportant un regard impartial, limitant les risques de collusion entre dirigeants et administrateurs. Ces deux mécanismes réduisent donc l'aléa moral en augmentant la capacité de contrôle du principal sur l'agent.
Exercice 5 — Question de synthèse
Corrigé :
Synthèse (2 pts) : L'organisation de l'entreprise cherche à coordonner efficacement les ressources humaines et matérielles. Mais cette coordination est compliquée par les asymétries d'information : les responsables hiérarchiques ne savent pas parfaitement ce que font leurs subordonnés, les actionnaires ne connaissent pas toutes les décisions des dirigeants, les dirigeants ne connaissent pas parfaitement les efforts de chaque salarié. Ces asymétries génèrent des coûts de transaction internes et des problèmes d'agence à tous les niveaux. La gouvernance d'entreprise (conseil d'administration, administrateurs indépendants, rémunération incitative, audits) cherche précisément à réduire ces asymétries pour aligner les comportements sur les objectifs de l'organisation. En ce sens, organisation et gouvernance sont deux réponses complémentaires aux défis posés par l'information imparfaite au sein des firmes.
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