Lycée · 1ʳᵉ · Spécialité Mathématiques
Logique, raisonnement et vocabulaire ensembliste
Quantificateurs, connecteurs logiques, ensembles et méthodes de raisonnement — outils transversaux de la Spé Maths 1re
À propos de cette page
Propositions et valeurs de vérité
En mathématiques, on travaille avec des propositions, c'est-à-dire des énoncés qui peuvent être déclarés vrais ou faux.
- «$2 + 2 = 4$» — proposition vraie.
- «$7$ est un nombre pair» — proposition fausse.
- «$\sqrt{2}$ est irrationnel» — proposition vraie.
- «$3 \gt 5$» — proposition fausse.
On note souvent $P$, $Q$, $R$… les propositions, et on utilise les symboles $\top$ (vrai) et $\bot$ (faux), ou simplement V et F.
Connecteurs logiques
On combine des propositions à l'aide de connecteurs logiques pour former de nouvelles propositions.
- Négation $\neg P$ (ou «non $P$») : vraie si $P$ est fausse, fausse si $P$ est vraie.
- Conjonction $P \land Q$ (ou «$P$ et $Q$») : vraie si $P$ et $Q$ sont toutes deux vraies.
- Disjonction $P \lor Q$ (ou «$P$ ou $Q$») : vraie si au moins une des deux est vraie.
On résume les valeurs de vérité dans une table de vérité :
| $P$ | $Q$ | $\neg P$ | $P \land Q$ | $P \lor Q$ |
|---|---|---|---|---|
| V | V | F | V | V |
| V | F | F | F | V |
| F | V | V | F | V |
| F | F | V | F | F |
Pour $n = 6$ : $P$ est vraie, $Q$ est vraie, donc $P \land Q$ est vraie.
Pour $n = 4$ : $P$ est vraie, $Q$ est fausse, donc $P \land Q$ est fausse mais $P \lor Q$ est vraie.
$\neg P$ : «$n$ est impair».
Implication et équivalence
Les connecteurs les plus importants en démonstration sont l'implication et l'équivalence.
| $P$ | $Q$ | $P \Rightarrow Q$ | $Q \Rightarrow P$ (réciproque) | $\neg Q \Rightarrow \neg P$ (contraposée) |
|---|---|---|---|---|
| V | V | V | V | V |
| V | F | F | V | F |
| F | V | V | F | V |
| F | F | V | V | V |
On peut démontrer que $P \Leftrightarrow Q$, c'est-à-dire que $n^2$ est pair si et seulement si $n$ est pair.
Quantificateurs
Les quantificateurs permettent d'exprimer qu'une propriété est vraie pour tous les éléments d'un ensemble, ou qu'il existe au moins un élément la vérifiant.
- Quantificateur universel $\forall$ (lire «pour tout») : $\forall x \in E,\, P(x)$ signifie que la propriété $P(x)$ est vraie pour chaque élément $x$ de $E$.
- Quantificateur existentiel $\exists$ (lire «il existe») : $\exists x \in E,\, P(x)$ signifie qu'il existe au moins un élément $x$ de $E$ pour lequel $P(x)$ est vraie.
- Existence et unicité $\exists!$ : $\exists! x \in E,\, P(x)$ signifie qu'il existe exactement un tel $x$.
- $\forall x \in \mathbb{R},\, x^2 \geq 0$ — vrai (le carré est toujours positif ou nul).
- $\exists x \in \mathbb{R},\, x^2 = 2$ — vrai ($x = \sqrt{2}$ convient).
- $\forall x \in \mathbb{R},\, x^2 = 2$ — faux (il suffit de prendre $x=0$).
- $\neg(\forall x \in E,\, P(x)) \equiv \exists x \in E,\, \neg P(x)$
- $\neg(\exists x \in E,\, P(x)) \equiv \forall x \in E,\, \neg P(x)$
Vocabulaire ensembliste
La théorie des ensembles fournit le langage commun à toutes les mathématiques.
Notations courantes :
| Symbole | Signification | Exemple |
|---|---|---|
| $\emptyset$ | Ensemble vide | $\{x \in \mathbb{R} \mid x^2 \lt 0\} = \emptyset$ |
| $A \subset B$ | $A$ inclus dans $B$ (sous-ensemble) | $\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}$ |
| $A \cup B$ | Réunion (union) de $A$ et $B$ | $[0;1] \cup [2;3]$ |
| $A \cap B$ | Intersection de $A$ et $B$ | $[0;2] \cap [1;3] = [1;2]$ |
| $\overline{A}$ ou $\complement_E A$ | Complémentaire de $A$ dans $E$ | $\complement_{\mathbb{R}}[0;+\infty[ = ]-\infty;0[$ |
| $A \setminus B$ | Différence : éléments de $A$ non dans $B$ | $\mathbb{R} \setminus \{0\}$ |
- $A \cup B = B \cup A$ et $A \cap B = B \cap A$ (commutativité)
- $(A \cup B) \cup C = A \cup (B \cup C)$ (associativité)
- $A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C)$ (distributivité)
- Lois de De Morgan : $\complement(A \cup B) = \complement A \cap \complement B$ et $\complement(A \cap B) = \complement A \cup \complement B$
$A \cup B = \{1,2,3,4,5,6\}$, $A \cap B = \{3,4\}$, $A \setminus B = \{1,2\}$.
Méthodes de raisonnement
En mathématiques, on distingue plusieurs grandes méthodes pour démontrer qu'une proposition est vraie.
Preuve. Supposons $n$ pair, i.e. $n = 2k$ pour un entier $k$. Alors $n^2 = (2k)^2 = 4k^2 = 2(2k^2)$, qui est pair. $\square$
Preuve par contraposée. Supposons $n$ pair (négation de «$n$ impair») : $n = 2k$, donc $n^2 = 4k^2$ pair — contradiction avec «$n^2$ impair». $\square$
Preuve. Supposons par l'absurde que $\sqrt{2} = \frac{p}{q}$ avec $p, q \in \mathbb{Z}$, $q \neq 0$, fraction irréductible. Alors $2 = \frac{p^2}{q^2}$, donc $p^2 = 2q^2$. Ainsi $p^2$ est pair, donc $p$ est pair, donc $p = 2m$. Alors $4m^2 = 2q^2$, donc $q^2 = 2m^2$, donc $q$ est pair. Or $p$ et $q$ seraient tous deux pairs, ce qui contredit l'hypothèse de fraction irréductible. Contradiction. Donc $\sqrt{2}$ est irrationnel. $\square$
— Si $n$ est pair : $n = 2k$, donc $n(n+1) = 2k(n+1)$ est pair.
— Si $n$ est impair : $n+1$ est pair, $n+1 = 2m$, donc $n(n+1) = n \cdot 2m$ est pair.
Dans les deux cas, $n(n+1)$ est pair. $\square$
Contre-exemple et négation
Pour montrer qu'une proposition universelle est fausse, il suffit d'exhiber un contre-exemple.
- «$\forall n \in \mathbb{N},\, n^2 + n + 41$ est premier» — faux : pour $n = 40$, $n^2 + n + 41 = 1681 = 41^2$, qui n'est pas premier.
- «$\forall x \in \mathbb{R},\, \sqrt{x^2} = x$» — faux : pour $x = -1$, $\sqrt{(-1)^2} = 1 \neq -1$. (On a en réalité $\sqrt{x^2} = |x|$.)
- $\neg(P \land Q) \equiv (\neg P) \lor (\neg Q)$
- $\neg(P \lor Q) \equiv (\neg P) \land (\neg Q)$
- $\neg(P \Rightarrow Q) \equiv P \land (\neg Q)$
- $\neg(\forall x,\, P(x)) \equiv \exists x,\, \neg P(x)$
- $\neg(\exists x,\, P(x)) \equiv \forall x,\, \neg P(x)$
- Une proposition est un énoncé mathématique ayant une valeur de vérité (V ou F).
- Connecteurs : $\neg$ (non), $\land$ (et), $\lor$ (ou).
- $P \Rightarrow Q$ est fausse seulement si $P$ vraie et $Q$ fausse ; elle équivaut à sa contraposée $\neg Q \Rightarrow \neg P$.
- Quantificateurs : $\forall$ (pour tout) et $\exists$ (il existe) — les nier échange les quantificateurs et nie le prédicat.
- Méthodes de démonstration : directe, contraposée, par l'absurde, disjonction de cas.
- Un seul contre-exemple suffit à réfuter une propriété universelle.
- Ensembles : $A \subset B$, $A \cup B$, $A \cap B$, $\complement A$ ; lois de De Morgan.
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