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Spécialité HGGSP 1ʳᵉ

Ressources · 1ʳᵉ · Spécialité HGGSP

Thème 4 — Axe 2 : liberté ou contrôle de l'information

Affaire Dreyfus, Havas et AFP, guerre du Vietnam, information fragmentée, lanceurs d'alerte, complotisme (spécialité HGGSP de 1re)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en première sur « Thème 4 — Axe 2 : liberté ou contrôle de l'information » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Liberté ou contrôle de l'information : un débat politique fondamental, L'affaire Dreyfus : la presse, arme et contre-pouvoir (1894-1906), L'information entre le marché et l'État : de Havas à l'AFP (1835-1957), Information et propagande en temps de guerre : les médias et la guerre du Vietnam. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité HGGSP.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Les médias face au pouvoir politique, de l'affaire Dreyfus à la guerre du Vietnam (1894-1975)

Analyse des termes — Les « médias » désignent ici la presse écrite, les agences de presse, la radio et la télévision ; le « pouvoir politique », les gouvernements, l'État et l'armée qui en dépend. Le sujet s'ouvre avec l'arrestation de Dreyfus (1894) et se ferme avec la chute de Saïgon (1975), et porte sur deux démocraties, la France et les États-Unis.

Problématique — Entre 1894 et 1975, les médias sont-ils parvenus à s'affirmer comme un contre-pouvoir indépendant, ou le pouvoir politique a-t-il seulement changé ses manières de contrôler l'information ?

Introduction rédigéeLe 13 janvier 1898, un quotidien parisien, L'Aurore, publie à environ 300 000 exemplaires la lettre ouverte d'Émile Zola au président de la République : « J'accuse… ! ». Un écrivain, par la voie d'un journal, met en cause l'état-major et la justice militaire. Soixante-dix ans plus tard, le 27 février 1968, le présentateur de CBS Walter Cronkite annonce en direct à des millions d'Américains que la guerre du Vietnam est enlisée. Entre ces deux moments, les médias, c'est-à-dire la presse écrite, les agences, la radio puis la télévision, ne cessent d'affronter le pouvoir politique, qu'il s'agisse des gouvernements ou de l'armée. De l'arrestation de Dreyfus en 1894 à la chute de Saïgon en 1975, en France comme aux États-Unis, ils semblent conquérir une place de contre-pouvoir. Mais cette conquête est-elle réelle ? Entre 1894 et 1975, les médias sont-ils parvenus à s'affirmer comme un contre-pouvoir indépendant, ou le pouvoir politique a-t-il seulement changé ses manières de contrôler l'information ? Nous verrons d'abord que l'affaire Dreyfus révèle une liberté conquise mais disputée, puis que l'histoire de Havas et de l'AFP montre une information longtemps prise entre le marché et l'État, avant d'étudier la guerre du Vietnam comme l'épreuve de vérité d'une démocratie face à ses médias.

I. Une liberté conquise mais disputée : la presse dans l'affaire Dreyfus (1894-1906)

  • La loi de 1881 offre un cadre libéral qui supprime le contrôle préalable.Loi du 29 juillet 1881 : « L'imprimerie et la librairie sont libres » ; un journal paraît sur simple déclaration.
  • La presse sert d'abord le pouvoir militaire et l'antisémitisme.La Libre Parole révèle l'arrestation le 1er novembre 1894 ; Zola dénonce en 1898 la campagne menée par les bureaux de la Guerre dans L'Éclair et L'Écho de Paris.
  • Elle devient ensuite un contre-pouvoir qui force la révision.« J'accuse… ! », L'Aurore, 13 janvier 1898, environ 300 000 exemplaires ; réhabilitation de Dreyfus le 12 juillet 1906.

II. L'information entre le marché et l'État : de Havas à l'AFP (1835-1957)

  • Havas, agence privée, dépend de la publicité et des subventions publiques.Fondée en 1835 ; cartel des agences de 1870 ; subventions du ministère des Affaires étrangères dans l'entre-deux-guerres.
  • Sous Vichy, l'État prend le contrôle direct de l'information.Création de l'Office français d'information en novembre 1940 à partir de la branche information de Havas.
  • À la Libération, la loi organise une indépendance protégée à la fois de l'État et de l'argent.Premières dépêches de l'AFP le 20 août 1944 ; ordonnance du 30 septembre 1944 ; loi du 10 janvier 1957, article 2.

III. La guerre du Vietnam : l'épreuve de vérité d'une démocratie (1964-1975)

  • Les médias relaient d'abord le discours officiel.Résolution du golfe du Tonkin, 7 août 1964, votée par 416 voix contre 0 à la Chambre et 88 contre 2 au Sénat.
  • Le « fossé de crédibilité » se creuse et culmine avec l'offensive du Têt.Offensive du 30-31 janvier 1968 ; éditorial de Walter Cronkite le 27 février ; Johnson renonce le 31 mars 1968.
  • La justice protège la liberté de la presse contre le secret d'État, mais les armées apprennent à encadrer les journalistes.Pentagon Papers : la Cour suprême autorise la publication le 30 juin 1971 (6 voix contre 3) ; « pools » de journalistes pendant la guerre du Golfe (1991).
Conclusion rédigéeDe 1894 à 1975, les médias ont bien conquis une place de contre-pouvoir : Zola en 1898, les journalistes de l'AFP en 1944, le New York Times en 1971 ont chacun arraché au pouvoir une part de vérité qu'il voulait taire. Cette conquête repose sur le droit, de la loi de 1881 au statut de l'AFP de 1957 et à l'arrêt de la Cour suprême de 1971. Mais elle n'est jamais définitive : la presse a aussi servi la calomnie antisémite, l'agence Havas a dépendu de l'argent public et privé, et les médias américains n'ont critiqué la guerre qu'une fois les élites divisées. Surtout, le pouvoir ne renonce pas au contrôle, il le transforme : aux lois de censure succèdent les subventions, les accréditations puis les « pools » de journalistes de la guerre du Golfe. À l'heure d'Internet, la question se pose à nouveaux frais : qui contrôle l'information quand ce ne sont plus seulement les États, mais aussi les plateformes numériques ?

Le piège — Réciter l'affaire Dreyfus ou la guerre du Vietnam comme des sujets d'histoire politique, sans jamais parler du rôle des médias ; ou affirmer sans nuance que « les médias ont fait perdre la guerre », alors que l'opinion basculait déjà en 1967.

Sujet 2 — Internet a-t-il libéré l'information ?

Analyse des termes — « Internet » désigne ici le réseau mondial ouvert au grand public depuis le milieu des années 1990, et surtout les réseaux sociaux nés au milieu des années 2000 ; « libérer » l'information, c'est l'affranchir des contrôles exercés par les États, les grands médias et le marché. Le sujet porte sur les années 1990 à nos jours, à l'échelle mondiale, avec des exemples français, européens et américains.

Problématique — En permettant à chacun de publier et d'accéder à tout, Internet a-t-il affranchi l'information des pouvoirs, ou a-t-il fait naître de nouvelles formes de contrôle et de nouvelles menaces pour le débat démocratique ?

Introduction rédigéeEn juin 2013, un informaticien de 29 ans, Edward Snowden, révèle depuis Hong Kong que l'agence de renseignement américaine, la NSA, surveille les communications de millions de personnes. Quelques années plus tard, les mêmes réseaux qui ont permis ces révélations servent à diffuser des théories du complot et des campagnes de manipulation électorale. Internet, réseau mondial ouvert au grand public depuis le milieu des années 1990 et transformé par les réseaux sociaux à partir du milieu des années 2000, a bouleversé la circulation de l'information. On attendait de lui qu'il la « libère », c'est-à-dire qu'il l'affranchisse des contrôles exercés par les États, par les grands médias et par le marché. Cette promesse s'est-elle réalisée ? En permettant à chacun de publier et d'accéder à tout, Internet a-t-il affranchi l'information des pouvoirs, ou a-t-il fait naître de nouvelles formes de contrôle et de nouvelles menaces pour le débat démocratique ? Nous montrerons d'abord que la libération a été réelle, puisque l'information a échappé à ses gardiens traditionnels, avant d'analyser la fragmentation et la vulnérabilité qui en résultent, pour étudier enfin le retour du contrôle, qui relance un débat démocratique ancien.

I. Une libération réelle : l'information échappe à ses gardiens traditionnels

  • La désintermédiation permet à tout citoyen de publier et de témoigner.En Tunisie, les vidéos diffusées après l'immolation de Mohamed Bouazizi (17 décembre 2010) contournent la censure du régime.
  • Les lanceurs d'alerte révèlent à l'échelle mondiale les secrets des États.WikiLeaks (2006), documents transmis par Chelsea Manning (2010), révélations d'Edward Snowden sur la NSA (juin 2013).
  • Le journalisme d'investigation se mondialise grâce au travail en réseau.Panama Papers, 3 avril 2016 : un consortium international de journalistes exploite 11,5 millions de documents.

II. Une information fragmentée et vulnérable

  • Les algorithmes enferment les publics dans des flux personnalisés.Notion de « bulle de filtre » proposée par Eli Pariser en 2011 ; fin du rendez-vous commun du journal télévisé.
  • Les données personnelles permettent de manipuler l'opinion.Scandale Cambridge Analytica (mars 2018) : jusqu'à 87 millions de profils Facebook exploités à des fins électorales.
  • Les théories du complot trouvent une audience nouvelle.Mouvement QAnon apparu en 2017 ; enquête IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch (janvier 2018) : près de huit Français sur dix adhèrent à au moins une théorie proposée.

III. Le retour du contrôle : un débat démocratique relancé

  • Les États autoritaires filtrent et répriment l'information en ligne.« Grand Pare-feu » chinois ; loi russe du 4 mars 2022 punissant de jusqu'à 15 ans de prison les « fausses informations » sur l'armée.
  • Les démocraties régulent, sous le contrôle du juge.Loi française du 22 décembre 2018 ; censure de la loi Avia par le Conseil constitutionnel (18 juin 2020) ; DSA européen du 19 octobre 2022.
  • Les plateformes privées deviennent des arbitres de l'information.Suspension du compte Twitter de Donald Trump (8 janvier 2021) ; fin du programme de vérification par des tiers de Meta aux États-Unis (annoncée le 7 janvier 2025).
Conclusion rédigéeInternet a bien libéré l'information : il permet à chacun de témoigner, aux lanceurs d'alerte de révéler les secrets des États et aux journalistes d'enquêter en réseau à l'échelle du monde. Mais cette liberté a un prix : l'information s'est fragmentée en flux personnalisés, elle est devenue exploitable par ceux qui ciblent les électeurs, et les théories du complot y trouvent une audience inédite. Le contrôle n'a donc pas disparu, il s'est déplacé : les États autoritaires filtrent le réseau, les démocraties cherchent à le réguler sous le regard du juge, et des entreprises privées décident de ce qui circule. Le débat « liberté ou contrôle de l'information », ouvert en France en 1789 et en 1881, reste donc un débat politique fondamental. Reste une question que l'intelligence artificielle générative rend plus pressante encore : comment garantir la confiance dans l'information quand produire un faux devient presque gratuit ?

Le piège — Répondre par un tableau « avantages / inconvénients » d'Internet, ou raconter l'histoire technique du réseau (qui relève de l'axe 1), au lieu de montrer que la question de fond reste celle du contrôle : qui décide de ce qui circule, et au nom de quoi ?

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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