Thème 3 — Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et résolution (1re spécialité HGGSP)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire géopolitique
Corrigé :
1. Une frontière est une ligne conventionnelle — tracée par des traités — qui délimite le territoire d'un État souverain et sépare deux souverainetés étatiques.
2. La frontière naturelle s'appuie sur un obstacle physique (ex. : Pyrénées entre France et Espagne, Rio Grande entre USA et Mexique). La frontière artificielle est tracée géométriquement par accord diplomatique, sans lien avec la géographie physique (ex. : frontières africaines issues de la Conférence de Berlin, 1885).
3. L'uti possidetis juris est le principe de droit international selon lequel les nouveaux États indépendants héritent des frontières existantes (coloniales). Il a été appliqué lors de la décolonisation africaine et asiatique (années 1960) pour éviter une remise en cause généralisée de la carte.
Exercice 2 — Les principes du droit international des frontières
Corrigé :
1. L'art. 2§4 de la Charte de l'ONU interdit le recours à la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État. Aucun territoire ne peut être acquis par la force.
2. La Convention de Montego Bay distingue : la mer territoriale (0–12 M, souveraineté pleine), la zone contiguë (12–24 M, contrôle douanier et sanitaire), et la ZEE (jusqu'à 200 M, droits souverains sur les ressources naturelles). Il existe aussi le plateau continental (jusqu'à 350 M dans certains cas).
3. Le Kosovo a déclaré son indépendance au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, mais la Serbie et ses alliés (dont la Russie) invoquent l'inviolabilité des frontières serbes. La CIJ a estimé en 2010 que la déclaration d'indépendance n'était pas contraire au droit international, sans trancher la question de la reconnaissance.
Exercice 3 — Analyse d'un conflit frontalier contemporain
Corrigé :
1. Causes : richesses en hydrocarbures et ressources halieutiques, position stratégique sur les routes commerciales mondiales. La Chine revendique la quasi-totalité de la mer via la ligne des neuf traits (nine-dash line), revendication historique contestée par ses voisins. Acteurs : Chine (revendications maximales), Philippines, Vietnam, Malaisie, Brunei, Indonésie (ZEE contestées), États-Unis (liberté de navigation). La Chine a construit des îles artificielles pour matérialiser ses revendications.
2. Sur le plan juridique, la CPA a invalidé en 2016 les revendications chinoises au regard de la Convention de Montego Bay. Mais la Chine refuse cette sentence et continue à étendre sa présence militaire. Ce conflit montre que le droit international n'a pas de force coercitive propre face aux grandes puissances : son respect dépend de la volonté politique et des rapports de force. Les États-Unis conduisent régulièrement des opérations de « liberté de navigation » pour contester les prétentions chinoises, illustrant que les frontières maritimes se négocient aussi par la puissance.
Exercice 4 — Mondialisation et paradoxe frontalier
Corrigé :
1. Le paradoxe : la mondialisation efface les frontières pour les capitaux et les marchandises (libre-échange, OMC, Schengen) mais les renforce pour les personnes et la sécurité. Ex. 1 : L'espace Schengen a supprimé les contrôles frontaliers intérieurs pour faciliter la libre circulation, mais la crise migratoire de 2015–2016 et la pandémie de 2020 ont conduit plusieurs États à rétablir temporairement ces contrôles. Ex. 2 : La frontière USA/Mexique est devenue moins poreuse économiquement (USMCA facilite les échanges commerciaux), mais le mur construit pour stopper les migrations montre un renforcement simultané pour les personnes.
2. Le cyberespace génère de nouvelles formes de frontières numériques (contrôle des flux de données, censure via le Grand Firewall chinois, RGPD européen, loi sur le Runet en Russie). Ces frontières numériques deviennent un enjeu de souveraineté et de géopolitique au XXIe siècle, complétant les frontières physiques traditionnelles.
Exercice 5 — Analyse de la construction historique des frontières
Corrigé :
La Conférence de Berlin a organisé le partage colonial de l'Afrique entre puissances européennes (Grande-Bretagne, France, Belgique, Allemagne, Portugal, Espagne, Italie) sans consulter les peuples africains. Les frontières ont été tracées à la règle, selon des méridiens et parallèles, sans tenir compte des ethnies, des langues, des religions ni des réalités géographiques. Cette héritage explique : (1) les conflits irrédentistes actuels (certains groupes ethniques partagés entre plusieurs États, comme les Touaregs entre Mali, Niger, Algérie) ; (2) les guerres civiles liées à la coexistence forcée de communautés rivales dans un même État (Rwanda, Soudan, Nigeria) ; (3) la difficulté d'État-nation en Afrique (l'identité ethnique prime souvent sur l'identité nationale). Le principe d'uti possidetis a figé ces frontières coloniales à l'indépendance, perpétuant ces tensions.
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