À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La France et ses territoires ultramarins dans la mondialisation » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Onze territoires, trois océans, plusieurs statuts, Des colonies aux départements, Une présence mondiale sur tous les océans, Des systèmes productifs hérités, tournés vers la métropole. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les territoires ultramarins : une présence mondiale pour la France, une intégration inégale à la mondialisation ?
Analyse des termes — Les « territoires ultramarins » désignent les DROM, les COM, la Nouvelle-Calédonie et les TAAF. La « présence mondiale » renvoie à la ZEE, aux bases et à Kourou, et l'« intégration » à la participation aux flux (marchandises, capitaux, touristes, informations). Le sujet porte sur la situation actuelle, en remontant à la départementalisation de 1946 et à la convention de Montego Bay (1982) pour expliquer les héritages.
Problématique — Dans quelle mesure les territoires ultramarins, qui donnent à la France une envergure mondiale, sont-ils eux-mêmes intégrés à la mondialisation, et à quelles échelles ?
Introduction rédigéeLe 9 juillet 2024, la première fusée Ariane 6 décolle de Kourou, en Guyane, à plus de 7 000 km de Paris. Au même moment, une grande partie de la population de la Guyane vit loin de toute route, dans un intérieur couvert de forêt. Ce contraste résume la situation des territoires ultramarins, c'est-à-dire des onze territoires habités que la France compte hors d'Europe (départements et régions d'outre-mer, collectivités d'outre-mer, Nouvelle-Calédonie), auxquels s'ajoutent les terres australes. Peuplés d'environ 2,8 millions d'habitants, ils se trouvent dans les trois océans. Hérités de la colonisation, puis transformés pour une partie d'entre eux en départements en 1946, ils donnent à la France une envergure mondiale. Ils participent pourtant de façon inégale aux flux de la mondialisation, c'est-à-dire à la mise en relation croissante des territoires par les échanges. Dans quelle mesure ces territoires, qui font de la France une puissance présente partout, sont-ils eux-mêmes intégrés à la mondialisation, et à quelles échelles ? Nous verrons d'abord qu'ils font de la France une puissance présente sur tous les océans, puis que leur intégration reste sélective et passe par la métropole et l'Union européenne, avant de montrer que des recompositions sont en cours sans effacer leur position de marge.
I. Des territoires qui font de la France une puissance présente sur tous les océans
- Une dispersion qui crée un immense domaine maritimeEnviron 10 millions de km² de ZEE, 2e rang mondial, dont 97 % au large des outre-mer ; la Polynésie seule fournit près de la moitié du total.
- Des points d'appui stratégiquesDes forces de souveraineté aux Antilles, en Guyane, dans l'océan Indien, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie ; une stratégie indo-pacifique affichée depuis 2018.
- Des pôles scientifiques et technologiques d'envergure mondialeLe Centre spatial guyanais (premier lancement en 1968, premier vol d'Ariane 6 le 9 juillet 2024) ; les bases des TAAF et la station Concordia en Antarctique.
II. Une intégration sélective, qui passe d'abord par la métropole et l'Union européenne
- Des flux orientés vers la métropole, hérités du comptoir colonialDes importations massives, venues en grande partie de l'Hexagone et de l'UE, et un faible taux de couverture par les exportations.
- Quelques filières exportatrices exposées aux marchés mondiauxLa banane et le rhum antillais (AOC Martinique depuis 1996), le nickel calédonien frappé par la concurrence indonésienne en 2023-2024.
- Un cadre européen qui intègre et protègeLe statut de RUP (article 349 TFUE, 2009), les fonds FEDER et le POSEI, l'octroi de mer autorisé par dérogation ; Mayotte est RUP depuis 2014.
III. Des recompositions en cours, mais des territoires encore en marge
- Une insertion régionale qui progresseLa France est à la Commission de l'océan Indien depuis 1986, la Martinique et la Guadeloupe sont membres associés de l'OECO, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie membres du Forum des îles du Pacifique depuis 2016.
- Des fragilités sociales qui révèlent une intégration incomplèteUne alimentation au moins 30 % plus chère qu'en métropole (INSEE, 2022), les mouvements contre la vie chère de 2009 (LKP) et de 2024 (Martinique).
- Des marges internes et des tensionsL'intérieur guyanais enclavé face au littoral ; la pression migratoire et le cyclone Chido à Mayotte (décembre 2024) ; les émeutes de mai 2024 en Nouvelle-Calédonie.
Conclusion rédigéeLes territoires ultramarins sont une condition de la dimension mondiale de la France : sans eux, pas de deuxième ZEE du monde, pas de base spatiale européenne, pas de présence dans l'Indo-Pacifique. Mais cette présence mondiale ne signifie pas une intégration pleine. Leurs économies restent reliées au monde surtout par l'intermédiaire de Paris et de Bruxelles, dépendantes des importations et de quelques filières exposées, et marquées par la vie chère et les fragilités sociales et environnementales. L'insertion régionale progresse, mais elle se heurte aux écarts de richesse et aux normes européennes. On peut donc parler d'une intégration à la fois stratégique et sélective. Reste à savoir si les stratégies de valorisation locale, de l'économie bleue à l'autonomie énergétique fixée pour 2030, permettront à ces territoires de devenir des acteurs de la mondialisation et plus seulement des points d'appui de la puissance française.
Le piège — Réciter une liste d'atouts (ZEE, Kourou, tourisme) sans jamais répondre à la question de l'intégration : le sujet demande d'évaluer, territoire par territoire et échelle par échelle, et non de dresser un inventaire.
Sujet 2 — Les systèmes productifs ultramarins, entre valorisation locale et intégration européenne et mondiale.
Analyse des termes — Le « système productif » englobe les acteurs, les activités et les flux qui produisent des richesses. La « valorisation locale » désigne la mise en valeur des ressources propres (milieux, savoir-faire, position), et l'« intégration européenne et mondiale » l'insertion dans le marché unique et dans les échanges mondiaux. Le sujet porte sur les DROM et les COM aujourd'hui, en partant de l'héritage de la plantation.
Problématique — Comment les systèmes productifs des outre-mer, hérités d'une économie coloniale tournée vers la métropole, se recomposent-ils en valorisant des ressources locales, et quelles limites rencontrent-ils ?
Introduction rédigéeLa bagasse, fibre qui reste une fois la canne pressée, alimente aujourd'hui des centrales électriques à La Réunion. Un produit de la plantation coloniale sert ainsi la transition énergétique. L'exemple montre comment les outre-mer tentent de transformer leurs héritages en ressources. On appelle système productif l'ensemble des acteurs, des activités et des flux qui produisent des richesses sur un territoire. Dans les départements et collectivités d'outre-mer, ce système est né de l'économie de plantation, tournée vers la métropole, avant d'être profondément transformé par la départementalisation de 1946 et par l'intégration européenne, avec le statut de région ultrapériphérique. La valorisation locale consiste à tirer parti des ressources propres de chaque territoire, et l'intégration européenne et mondiale à s'insérer dans les échanges. Comment les systèmes productifs des outre-mer, hérités d'une économie coloniale tournée vers la métropole, se recomposent-ils en valorisant des ressources locales, et quelles limites rencontrent-ils ? Nous montrerons d'abord que ces systèmes restent hérités, spécialisés et dépendants, puis qu'ils se diversifient en valorisant des ressources propres, avant d'analyser le rôle des acteurs et les limites de cette intégration.
I. Des systèmes productifs hérités, spécialisés et dépendants
- L'héritage de la plantation et de l'Exclusif colonialLes Antilles sont françaises depuis 1635, dans une économie sucrière esclavagiste jusqu'en 1848, organisée pour commercer avec la seule métropole.
- Des spécialisations étroites exportées vers l'EuropeLa banane et le rhum aux Antilles, la canne à sucre à La Réunion, le nickel en Nouvelle-Calédonie.
- Des économies dominées par les services et les transfertsUn effort budgétaire de l'État supérieur à 20 milliards d'euros par an (ordre de grandeur), des importations massives et un taux de couverture très faible.
II. Valoriser les ressources propres : de nouvelles filières
- Une filière de haute technologie : le spatialLe Centre spatial guyanais, choisi en 1964 : Ariane depuis 1979, Ariane 6 depuis 2024 ; un poids souvent estimé autour de 15 % du PIB guyanais.
- Le tourisme et l'économie bleueLes croisières antillaises, Bora-Bora, la perle noire polynésienne, la pêche de la légine à Kerguelen et à Crozet sous quotas.
- Énergie et biodiversité, ressources d'avenirUn objectif d'autonomie énergétique en 2030 (loi du 17 août 2015), la géothermie de Bouillante, la bagasse réunionnaise, le parc amazonien de Guyane (2007).
III. Des acteurs multiples, une intégration encore limitée
- L'État et l'Union européenne, acteurs majeursLe statut de RUP (article 349 TFUE), les fonds FEDER et le POSEI, l'octroi de mer autorisé par dérogation, la loi « égalité réelle outre-mer » du 28 février 2017.
- Des filières fragiles face à la concurrence mondialeLa crise du nickel en 2023-2024 face à l'Indonésie ; la banane antillaise face aux producteurs d'Amérique latine.
- Des conflits entre valorisation et protectionLa contamination au chlordécone (utilisé jusqu'en 1993), l'orpaillage illégal en Guyane (opération Harpie depuis 2008), les récifs menacés.
Conclusion rédigéeLes systèmes productifs ultramarins portent encore la marque de leur origine coloniale : spécialisation étroite, échanges orientés vers la métropole, dépendance aux importations. Ils se recomposent pourtant autour de ressources propres, le spatial, le tourisme, la mer, l'énergie et la biodiversité, avec l'appui décisif de l'État et de l'Union européenne. Cette intégration reste fragile : elle expose les filières à la concurrence mondiale, comme l'a montré la crise du nickel, et elle entre parfois en conflit avec la protection des milieux et la santé des habitants. La réussite de la valorisation locale dépendra en grande partie de la capacité de ces territoires à mieux s'insérer dans leur environnement régional, caribéen, indien ou pacifique, et plus seulement dans le marché européen.
Le piège — Faire un plan par territoire (Antilles, puis Réunion, puis Nouvelle-Calédonie) : il juxtapose des monographies sans répondre au sujet. Les exemples doivent circuler dans un plan thématique.