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Histoire-Géographie · Classe de 1ʳᵉ

La France et ses territoires ultramarins dans la mondialisation

Géographie — Thème 3 : Les territoires dans la mondialisation (1re générale)

À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en première sur « La France et ses territoires ultramarins dans la mondialisation » suit le programme officiel de histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La France ultramarine : une présence mondiale, Diversité des statuts et des territoires, Des atouts géostratégiques majeurs, Des économies sous tension : retard de développement et dépendance. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · La France ultramarine : une présence mondiale
2 · Diversité des statuts et des territoires
3 · Des atouts géostratégiques majeurs
4 · Des économies sous tension : retard de développement et dépendance
5 · Intégration régionale et insertion dans la mondialisation
6 · Les défis sociaux et environnementaux
7 · Vers un développement durable des outre-mer ?
1La France ultramarine : une présence mondiale

La France est l'un des rares États au monde à posséder des territoires sur tous les océans et dans toutes les zones climatiques. On parle de France ultramarine pour désigner l'ensemble des territoires situés hors de l'Hexagone (et de la Corse).

Définition. Les territoires ultramarins (ou outre-mer) désignent les territoires français situés hors d'Europe continentale : Antilles, Guyane, La Réunion, Mayotte, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, TAAF (Terres australes et antarctiques françaises).

Ces territoires sont peuplés d'environ 2,8 millions d'habitants et couvrent des surfaces très variées, de la petite île de Saint-Pierre-et-Miquelon (242 km²) à la Guyane (83 534 km²). Ils représentent une dimension mondiale unique pour la France.

Cette dispersion géographique est un héritage de l'histoire coloniale française : la plupart de ces territoires ont été colonisés aux XVIIe-XVIIIe siècles et ont choisi de rester dans la République lors des décolonisations du XXe siècle.

2Diversité des statuts et des territoires

Les territoires ultramarins ne forment pas un ensemble homogène. Ils se distinguent par leurs statuts administratifs et leurs caractéristiques géographiques et humaines.

StatutTerritoires concernésParticularités
DOM-ROM (Département et Région d'Outre-Mer)Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, MayotteDroit commun français, intégrés à l'UE (régions ultrapériphériques)
COM (Collectivité d'Outre-Mer)Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin, Saint-BarthélemyStatut spécifique, plus grande autonomie législative
Collectivité sui generisNouvelle-CalédonieStatut unique, vers un possible référendum d'indépendance
TAAFTerres australes et antarctiques françaisesPas de population permanente, administration spéciale
RUP et PTU. Les DOM-ROM sont des Régions Ultrapériphériques (RUP) de l'Union Européenne : ils bénéficient du droit communautaire et des fonds structurels européens. Les COM et autres territoires sont des Pays et Territoires d'Outre-mer (PTOM), associés à l'UE mais non intégrés.
Astuce. Pour le bac, retenez la distinction DOM-ROM (intégrés à l'UE, droit commun) / COM (statut spécial) / Nouvelle-Calédonie (cas particulier).
3Des atouts géostratégiques majeurs

La dispersion mondiale des territoires ultramarins confère à la France des avantages géostratégiques considérables, qui lui permettent de maintenir son rang de puissance mondiale.

ZEE. La Zone Économique Exclusive (ZEE) s'étend sur 200 milles nautiques (370 km) autour de chaque territoire. Grâce à ses outre-mer, la France possède la deuxième ZEE mondiale avec environ 11 millions de km², derrière les États-Unis.

Cette ZEE représente d'immenses ressources potentielles :

  • Halieutiques : pêche dans des eaux riches (Pacifique, Indien)
  • Minières : nodules polymétalliques, cobalt, nickel (Nouvelle-Calédonie)
  • Énergétiques : hydrocarbures offshore (Guyane)
  • Biologiques : biodiversité marine exceptionnelle

Les outre-mer sont aussi des bases militaires avancées : la France peut projeter sa force dans toutes les zones du monde (présence dans le Pacifique, dans l'océan Indien, en Amérique du Sud). Le Centre Spatial Guyanais à Kourou (Guyane) est l'un des meilleurs sites de lancement du monde grâce à sa proximité de l'équateur.

Exemple. La Nouvelle-Calédonie fournit environ 10 % de la production mondiale de nickel. Ce métal stratégique est indispensable aux batteries et à l'industrie métallurgique. Le territoire représente donc un enjeu géopolitique de premier plan.
Attention ! La ZEE ne signifie pas automatiquement exploitation des ressources : il faut des capacités techniques et financières, et respecter les réglementations environnementales.
4Des économies sous tension : retard de développement et dépendance

Malgré leurs atouts, les territoires ultramarins accusent un retard de développement significatif par rapport à la métropole. Plusieurs indicateurs en témoignent :

  • PIB par habitant inférieur à celui de la métropole (50 à 80 % selon les territoires)
  • Taux de chômage très élevé : 20-30 % en Guadeloupe, Martinique et La Réunion, contre 7-8 % en métropole
  • Fort taux de pauvreté : plus de 35 % à La Réunion, 80 % à Mayotte
  • Économies peu diversifiées, héritées de la monoculture coloniale (canne à sucre, banane)
Dépendance. Les économies ultramarines sont fortement dépendantes des transferts publics (prestations sociales, fonctionnaires) et des importations de métropole, ce qui renchérit le coût de la vie. Cette dépendance est parfois qualifiée de « économie de comptoir ».

Les causes structurelles de ce retard sont multiples : insularité et éloignement augmentant les coûts de transport, faible tissu industriel, marché intérieur restreint, main-d'œuvre qualifiée qui quitte les territoires (émigration vers la métropole), et difficultés à attirer des investisseurs privés.

Méthode. Dans une composition ou une étude de doc, distinguez causes structurelles (histoire coloniale, insularité) et causes conjoncturelles (chocs économiques récents, crises du marché mondial).
5Intégration régionale et insertion dans la mondialisation

Pour réduire leur dépendance vis-à-vis de la métropole et s'insérer dans la mondialisation, les territoires ultramarins cherchent à développer leurs échanges avec les pays et territoires de leur environnement régional proche.

Cette intégration régionale se heurte cependant à des obstacles :

  • Barrières tarifaires : les DOM-ROM appliquent les tarifs douaniers européens, souvent élevés pour leurs voisins
  • Barrières réglementaires : normes européennes parfois inadaptées aux échanges régionaux
  • Différences de développement : les pays voisins (Brésil, Suriname pour la Guyane ; Haïti pour les Antilles) sont souvent moins développés
  • Différences linguistiques : langues et cultures différentes
Exemple. La Guyane partage des frontières avec le Brésil et le Suriname. Ses échanges commerciaux avec ces pays restent limités : les normes européennes et les tarifs douaniers freinent les échanges. Elle commerce davantage avec la métropole qu'avec ses voisins immédiats.
Double appartenance. Les DOM-ROM ont une double appartenance : ils font partie de l'espace national français ET de l'Union Européenne tout en étant géographiquement intégrés à leur bassin régional (Caraïbes, océan Indien, Pacifique). Cette situation est à la fois une chance et une contrainte.

Des efforts sont faits pour dépasser ces contraintes : la Martinique et la Guadeloupe sont membres de la CARICOM (Communauté caribéenne) en tant qu'observateurs ; La Réunion s'intègre davantage dans la Commission de l'Océan Indien. Le tourisme constitue souvent le vecteur principal d'intégration économique régionale.

6Les défis sociaux et environnementaux

Les territoires ultramarins font face à des défis sociaux et environnementaux spécifiques qui s'ajoutent aux difficultés économiques.

Défis sociaux :

  • Crise du logement : croissance démographique rapide, bidonvilles persistants (ex. Mayotte)
  • Accès aux soins : inégalités dans l'accès à la santé, désertification médicale dans les zones rurales
  • Mouvements sociaux : crises récurrentes (2009 aux Antilles, 2017 en Guyane) liées au coût de la vie et aux inégalités
  • Immigration irrégulière : Mayotte et la Guyane sont particulièrement touchées

Défis environnementaux :

  • Risques naturels : cyclones (Antilles), séismes (Guadeloupe, Martinique), volcanisme (La Réunion, Martinique)
  • Changement climatique : montée des eaux, blanchissement des coraux, intensification des cyclones
  • Biodiversité exceptionnelle mais menacée : les outre-mer abritent 80 % de la biodiversité française, avec des espèces endémiques
  • Pollution : chlordécone aux Antilles (pesticide utilisé jusqu'en 1993 dans les bananeraies, contaminant les sols)
Attention ! Le scandale de la chlordécone est un exemple emblématique des problèmes environnementaux spécifiques aux Antilles : ce pesticide a contaminé les sols et les eaux pour plusieurs siècles, avec des conséquences sanitaires graves (cancer de la prostate).
7Vers un développement durable des outre-mer ?

Face à ces défis, différentes stratégies sont mises en œuvre pour améliorer le développement des territoires ultramarins tout en préservant leur environnement exceptionnel.

Les Assises des outre-mer (2017-2018) ont défini des « Livres bleus » de stratégie pour chaque territoire, insistant sur le développement endogène (valoriser les ressources locales) et la coopération régionale.

Leviers identifiés :

  • Tourisme durable : valoriser les atouts naturels et culturels sans les détruire
  • Économie bleue : exploiter durablement les ressources marines de la ZEE
  • Énergies renouvelables : fort potentiel solaire, éolien, géothermique (La Réunion, Guadeloupe) — objectif 100 % énergies renouvelables à l'horizon 2030
  • Agriculture locale : diversifier les productions pour réduire la dépendance alimentaire
  • Formation et maintien des jeunes : freiner l'émigration des diplômés
Exemple. La Guadeloupe produit une part croissante de son électricité à partir de la géothermie (Bouillante). La Réunion vise l'autonomie énergétique grâce à l'éolien, le solaire et la biomasse. Ces initiatives montrent une voie vers un développement plus endogène.
À retenir. L'enjeu des outre-mer dans la mondialisation est de passer d'une dépendance subie à une insertion choisie : valoriser les atouts (ZEE, biodiversité, position géostratégique) tout en réduisant les handicaps (chômage, coût de la vie, insularité).
À retenir
En bref :
• La France possède des territoires ultramarins sur tous les océans (DOM-ROM, COM, Nouvelle-Calédonie, TAAF) héritages de la colonisation.
• Ils confèrent à la France la 2e ZEE mondiale (11 M km²) et un rôle géostratégique mondial.
• Malgré des atouts (ressources marines, position géographique, Centre Spatial de Kourou), ces territoires accusent un retard économique : chômage élevé, pauvreté, économies peu diversifiées, dépendance aux transferts de l'État.
• Leur intégration régionale est freinée par les normes européennes et les différences de développement avec les pays voisins.
• Les défis sont à la fois sociaux (logement, inégalités, immigration) et environnementaux (risques naturels, changement climatique, chlordécone).
• Le développement durable (tourisme, énergies renouvelables, économie bleue) est la voie recherchée pour dépasser la dépendance.
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