À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « La Chine : des recompositions spatiales multiples » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le point de départ : un territoire hérité et le tournant de 1978, Littoralisation : l'ouverture par la façade maritime, Des métropoles chinoises en pleine mutation, Des espaces productifs en recomposition. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Littoralisation et métropolisation en Chine depuis 1978
Analyse des termes — La littoralisation est la concentration des hommes et des activités sur les littoraux ; la métropolisation (thème 1) est la concentration des fonctions de commandement dans les plus grandes villes. Le sujet commence en 1978 (réformes et ouverture) et porte sur toute la Chine, littoral et intérieur, car la littoralisation se mesure aussi par ce qu'elle laisse à l'écart.
Problématique — Comment l'ouverture par la façade maritime a-t-elle concentré hommes et richesses dans quelques régions métropolitaines littorales, et dans quelle mesure l'État parvient-il à diffuser cette croissance vers l'intérieur ?
Introduction rédigéeEn 1979, Shenzhen n'est qu'un bourg frontalier face à Hong Kong ; au recensement de 2020, elle compte 17,6 millions d'habitants et abrite les sièges de Huawei et de Tencent. Ce destin résume les recompositions du territoire chinois depuis le lancement des réformes et de l'ouverture par Deng Xiaoping, en décembre 1978. La littoralisation désigne la concentration des hommes et des activités sur les littoraux ; la métropolisation, étudiée au thème 1, la concentration des fonctions de commandement dans les plus grandes villes. En Chine, les deux processus sont liés : c'est par sa façade maritime et ses métropoles que le pays s'est ouvert à la mondialisation, sous la direction d'un État qui décide où et quand ouvrir. On se demandera donc comment l'ouverture par la façade maritime a concentré hommes et richesses dans quelques régions métropolitaines littorales, et dans quelle mesure l'État parvient aujourd'hui à diffuser cette croissance vers l'intérieur. Nous verrons d'abord que l'ouverture a été pensée par le littoral, puis que les régions métropolitaines littorales sont devenues des pôles mondiaux, enfin que la diffusion vers l'intérieur reste réelle mais inachevée.
I. Une ouverture pensée par le littoral (1978-2001)
- Des ZES placées au contact des territoires capitalistes voisins.1980 : Shenzhen (face à Hong Kong), Zhuhai (Macao), Xiamen (Taïwan), Shantou (diaspora d'Asie du Sud-Est) ; impôt sur les bénéfices réduit à 15 %.
- Une ouverture étendue par étapes à toute la façade maritime.14 villes côtières ouvertes en 1984 ; Hainan en 1988 ; Pudong en 1990 ; tournée du Sud de Deng Xiaoping en 1992.
- L'entrée à l'OMC fait de la façade maritime l'atelier du monde.11 décembre 2001 ; Shanghai premier port à conteneurs du monde depuis 2010, près de 50 millions d'EVP en 2023.
II. Des régions métropolitaines littorales devenues des pôles mondiaux
- Trois grandes régions urbaines concentrent population et richesse.Jing-Jin-Ji (plus de 100 millions d'habitants), delta du Yangzi (plus de 200 millions), Grande Baie (environ 86 millions en 2020, plan de 2019).
- Des métropoles transformées par les fonctions de commandement et d'innovation.Quartier d'affaires de Lujiazui (Pudong) ; sièges de Huawei, Tencent, BYD à Shenzhen (17,6 millions d'habitants en 2020) ; pont Hong Kong-Zhuhai-Macao (2018).
- Des métropoles fragmentées par le hukou.Villages urbains de Shenzhen et de Canton ; près de 300 millions de mingong en 2023, souvent sans hukou urbain.
III. Une diffusion vers l'intérieur réelle mais inachevée
- Des politiques de rééquilibrage à partir de 2000.Grand développement de l'Ouest (2000), Essor du Centre (2004), Plan national de nouvelle urbanisation (2014) favorable aux régions urbaines de l'intérieur.
- L'émergence de métropoles intérieures.Chongqing, municipalité autonome depuis 1997 ; usine Foxconn de Zhengzhou (2010) ; Chengdu et Wuhan, métropoles régionales.
- Un intérieur devenu interface, mais une domination littorale intacte.Nouvelles routes de la soie (2013), trains Chongqing-Duisbourg depuis 2011 ; l'Est, environ un dixième du territoire, produit toujours un peu plus de la moitié du PIB ; ligne Hu toujours valable.
Conclusion rédigéeDepuis 1978, l'ouverture chinoise a d'abord été littorale : les ZES de 1980, les villes côtières de 1984 et l'entrée à l'OMC en 2001 ont fait de la façade maritime et de ses trois grandes régions urbaines le cœur productif et le centre de commandement du pays. Ces métropoles se sont intégrées aux réseaux mondiaux tout en se fragmentant, car le hukou maintient des centaines de millions de migrants aux marges des droits urbains. Depuis 2000, l'État cherche à diffuser la croissance vers l'intérieur : les métropoles du Centre et de l'Ouest progressent et les routes de la soie en font des interfaces, mais l'Est concentre toujours un peu plus de la moitié du PIB. Reste à savoir si le recul de la population, engagé depuis 2022, et le vieillissement ne ralentiront pas cette dynamique urbaine, défi que la Chine partage avec le Japon ou la Corée du Sud.
Le piège — Raconter l'histoire des réformes sans jamais localiser : chaque idée doit nommer des lieux (Shenzhen, Pudong, Zhengzhou) et les situer sur le territoire, sinon la copie devient une composition d'histoire.
Sujet 2 — Développement et inégalités en Chine depuis 1978
Analyse des termes — Le développement est l'amélioration durable des conditions de vie d'une population (revenu, santé, éducation), qui ne se réduit pas à la croissance ; les inégalités sont les écarts de revenus et d'accès aux services entre groupes et entre territoires. Le sujet part des réformes de 1978 et oblige à raisonner à plusieurs échelles : régions, villes et campagnes, quartiers.
Problématique — Le développement chinois, volontairement inégal au départ, a-t-il fini par réduire les écarts qu'il avait creusés, et à quelles échelles les inégalités persistent-elles ?
Introduction rédigéeEn 1978, moins d'un Chinois sur cinq vit en ville et le pays compte parmi les plus pauvres du monde ; fin 2020, le pouvoir déclare avoir éliminé la pauvreté absolue. Le développement désigne l'amélioration durable des conditions de vie d'une population, en revenu, en santé et en éducation, et ne se réduit pas à la croissance du PIB. Les inégalités sont les écarts de revenus et d'accès aux services entre groupes sociaux et entre territoires. Depuis les réformes lancées en décembre 1978, la Chine a connu un développement spectaculaire, mais volontairement inégal : l'ouverture a commencé par le littoral, et Deng Xiaoping assumait que certaines régions se développent d'abord. On se demandera donc si le développement chinois a fini par réduire les écarts qu'il avait d'abord creusés, et à quelles échelles les inégalités persistent. Nous verrons que la croissance a creusé les écarts jusqu'aux années 2000, que les inégalités se lisent à toutes les échelles, puis que le rééquilibrage engagé depuis 2000 reste volontariste mais partiel.
I. Un développement spectaculaire qui a d'abord creusé les écarts (1978-années 2000)
- Un décollage fulgurant.Taux d'urbanisation de 17,9 % (1978) à 51,3 % (2011) ; Chine classée à revenu intermédiaire de la tranche supérieure par la Banque mondiale en 2010.
- Un développement spatialement sélectif et assumé.ZES (1980), villes côtières (1984) ; en 1992, Deng Xiaoping justifie que certaines régions se développent d'abord.
- Un écart croissant entre villes et campagnes.Rapport des revenus urbains et ruraux de 2,2 en 1990 à 3,3 en 2009 ; hukou de 1958 qui maintient les ruraux hors des droits urbains.
II. Des inégalités lisibles à toutes les échelles
- À l'échelle régionale, un gradient littoral-intérieur.PIB par habitant de Pékin (environ 200 000 yuans) plus de quatre fois supérieur à celui du Gansu (environ 48 000) en 2023 ; Nord-Est en déclin industriel.
- À l'échelle des villes, une fragmentation entre citadins et migrants.Près de 300 millions de mingong en 2023 ; 66 % d'urbains mais moins de la moitié de détenteurs d'un hukou urbain ; villages urbains.
- À l'échelle des campagnes, des espaces vidés et vieillis.Enfants « laissés derrière », plusieurs dizaines de millions selon la Fédération des femmes de Chine (2013) ; villages de l'intérieur privés de leurs actifs.
III. Un rééquilibrage volontariste mais partiel
- Des politiques régionales pour l'intérieur.Grand développement de l'Ouest (2000), Revitalisation du Nord-Est (2003), Essor du Centre (2004) ; voie ferrée Qinghai-Tibet (2006) ; routes de la soie (2013).
- Une priorité nouvelle donnée aux campagnes et aux migrants.Suppression de l'impôt agricole (2006) ; réduction ciblée de la pauvreté (2013), environ 9,6 millions de ruraux relocalisés (2016-2020) ; réforme du hukou (2014).
- Des résultats réels mais limités.Rapport des revenus ramené à 2,4 en 2023 ; fin de la pauvreté absolue déclarée fin 2020 selon un seuil bas ; coefficient de Gini autour de 0,47 ; grandes métropoles toujours fermées au hukou.
Conclusion rédigéeLe développement chinois depuis 1978 a été à la fois spectaculaire et inégal : la stratégie d'ouverture littorale a enrichi d'abord les villes et la façade maritime, au point que l'écart entre revenus urbains et ruraux atteint 3,3 en 2009. Ces inégalités se lisent à toutes les échelles, des provinces de l'intérieur aux villages vieillis et aux migrants privés de hukou urbain. Depuis 2000, l'État mène un rééquilibrage volontariste dont les effets sont réels, comme la baisse de l'écart ville-campagne à 2,4 en 2023, mais partiels : Pékin reste plus de quatre fois plus riche par habitant que le Gansu. La Chine illustre ainsi une question posée par tout le programme de l'année : l'État peut-il corriger les inégalités territoriales que la mondialisation et la métropolisation tendent à accentuer ?
Le piège — Faire un plan « progrès / problèmes » qui juxtapose croissance et inégalités : il faut montrer que les inégalités sont le produit même de la stratégie de développement, puis la cible de politiques correctrices.